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ISBN : 2743615370
Éditeur : Payot et Rivages (05/04/2006)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Jenny a consacré sa vie à son mari, le naturaliste Wilkie Walker. Cette année-là, au début de l'hiver, Wilkie lui paraît distant et déprimé. Au désespoir, Jenny le persuade de faire un séjour à Key West, mais ni le soleil ni le paysage des tropiques ne réussissent à le dérider. Plus son mari se replie sur lui-même, plus Jenny s'implique dans la vie locale et s'intéresse aux séduisants personnages de l'île. Parmi eux Gerry, l'ex-poète beatnik, ou Lee, la propriétaire... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  13 mai 2017
J'ai passé toute la journée d'hier à Key West et ça m'a fait un bien fou !
Il faut dire que j'étais confortablement installée sur mon lit, emmitouflée dans un gros pull, avec la pluie qui ruisselait sur les carreaux, alors quoi de mieux dans ces conditions que de passer une journée en Floride, sous le soleil, au milieu d'une végétation luxuriante, en compagnie d'une galerie de personnages attachants.
Alison Lurie sait rendre ses personnages sympathiques et on éprouve alors de la tendresse pour eux, malgré leurs failles et leurs défauts.
Un couple composé d'un illustre naturaliste tout juste retraité et de sa femme dévouée décident d'aller passer l'hiver au soleil, fuyant le froid mais aussi la déprime.
Ils vont donc louer une maison à Key West et alors que Wilkie Walker le naturaliste va s'assombrir au fil des jours, Jenny, son épouse va s'illuminer.
Key West est un endroit touristique et foisonnant, et on y fera la connaissance de toute une brochette de personnages aussi différents que révélateurs d'une époque et d'un certain milieu : il y a des homosexuels séropositifs ou en train de mourir de cette maladie qu'on appelle sida, qu'on ne connaît pas très bien et qui fait terriblement peur, des intellectuels dont la carrière est en déclin, des personnes âgées ayant encore toute leur tête mais dont le corps ne répond plus, des ambitieux pour qui le succès est le moteur de tout et aussi quelques personnes pour lesquelles le bonheur d'autrui passe avant le leur.
Tous semblent avoir perdu quelque chose : leur jeunesse, leur talent, leur amour ou leur envie de vivre, et tous semblent également fuir quelque chose, que ce soit la vieillesse, la maladie, l'oubli et la mort.
Ce roman est extrêmement bouleversant, le rythme y est lent, les personnages sont au fond aussi énervants qu'attendrissants, oeuvrant tous pour retrouver quelque chose d'eux.
J'ai beaucoup aimé relire ce roman quinze ans après ma première lecture, je l'ai d'ailleurs plus apprécié aujourd'hui, maintenant que j'ai moi-même un peu vieilli.
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Commenter  J’apprécie          413
Stockard
  12 juillet 2019
Avec Un été à Key West, Alison Lurie part d'un argument ultra classique qu'on retrouve aussi bien au cinéma qu'en littérature : une femme totalement dévouée à son mari (obligations à respecter pour le conjoint : toujours beaucoup plus âgé et exerçant une profession dans un domaine suffisamment pointu que, hormis sa femme dévouée et aimante et deux ou trois collègues, personne ne cerne réellement...) mais qui ne s'en plaint pas au contraire, qui voit même défiler les années tout en se félicitant de sa dévotion, de son amour sans bornes et ne voulant surtout rien faire d'autre de sa vie que de servir de secrétaire/relectrice/documentaliste/bonniche pour monsieur. Bref, une femme qui a la tête sur les épaules, mais vraiment hein, genre le cou bien collé au buste à la cyanolit.
Alison Lurie choisit pour ce personnage de muse serviable et empressée une jolie femme qui ne laisse pas grand monde indifférent mais elle, va t'faire fiche, elle n'a bien sûr d'yeux que pour son universitaire homophobe de mari qui fait office d'autorité dans le domaine de la faune et de la flore.
Et puis un beau jour, après de nombreuses années de mariage heureux, une rencontre et hop, tout bascule.
La suite de l'aventure peut prendre différentes directions mais l'assise, elle, est immuable.
Bon là je vais un peu vite en besogne. Pour faire une rencontre, selon les codes établis, il faut nécessairement qu'un élément nouveau se présente dans la vie du couple. Ici Wilkie Walker, la sommité de mari, persuadé d'avoir un cancer en phase terminale se replie sur lui-même, devient atrabilaire et cruel, bref à la limite du supportable. Voyant ça, sa femme dévouée et aimante a l'heureuse idée de vacances à Key West qui devraient dérider un peu son naturaliste de mari.
C'est sur cette île paradisiaque qu'elle rencontre Lee Weiss, gironde propriétaire d'un gîte women only et que les deux femmes sont dans un même élan touchées par l'impitoyable flèche de Cupidon.
J'avais prévenu, c'est du classique, sauf peut-être la relation saphique mais pour le reste, on est pile dans les clous.
De ce postulat, Alison Lurie tire une critique sociale de la bourgeoisie américaine qui malgré une douceur et une bienveillance de façade remue son petit monde, n'épargnant ni les mandarins nombrilistes ni les touristes qui ont souvent tendance à laisser leur cerveau à la maison avec les plantes vertes avant de vivre les grandes aventures qu'ils ont fantasmées pendant onze mois.
Malgré ça, sensation que parfois les personnages secondaires et leurs intrigues n'ont été développés que dans l'intention de donner de l'épaisseur à Jenny, la femme dévouée et aimante. Ce ne serait pas un reproche si cette formule fonctionnait, malheureusement à aucun moment je n'ai pu ressentir de l'intérêt ni éprouver le moindre attachement pour cette femme (dévouée et aimante) qui malgré les efforts de Lurie, demeure lisse, pâlotte et difficilement crédible dans sa dévotion comme dans son coup de foudre.
Du bon et du moins bon donc dans cet été à Key West, impossible sur cette base de se faire un avis sur cette auteure alors même si ce titre ne m'a pas convaincue, je suis bien décidée à retenter ma chance à la prochaine occasion.
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Myriam3
  28 juillet 2015
Key West, c'est cette île plein ouest au large de la Floride, où les Américains du nord du continent viennent se réchauffer ou passer les dernières années de leur vie. Jenny propose donc à son mari, Wilkie Walker, écrivain écologiste vieillissant et déprimé depuis quelques mois, d'y passer quelques semaines, dans le but de le dérider.
Toute une faune les attend là-bas: la vieille Molly, illustratrice atteinte d'arthrite, Lee, belle féministe aux épais cheveux noirs, Jacko, jeune homosexuel séropositif et sa douce mère, sa cousine Barbie niaise et maladroite et enfin sa tante arriviste et républicaine.
Mais rien ne soulage Wilkie Walker, de plus en plus distant avec sa femme; c'est qu'il cache un secret: il n'en a sans doute plus pour longtemps et cherche par tous les moyens à mourir dignement. Pour cela, une seule solution, le suicide, et vite.
Ces tentatives de suicide sont le moteur de l'histoire et Alison Lurie nous mène irrémédiablement de la peine éprouvée pour cet homme angoissé au rire sarcastique quand les tentatives échouent les unes après les autres. Je me suis surprise à penser au Coyote de Bip Bip et le Coyote qui multiplie les plans ingénieux sans jamais réussir.
Mais il y a aussi Jenny, épouse totalement dévouée à son mari, incomprise des autres femmes, enviée des autres écrivains mâles, qui, subissant la froideur de Wilkie, se tourne vers d'autres horizons et se découvre elle-même.
Je ne voudrais pas en dire trop sur ce récit où l'on suit tous les personnages et tous les points de vue tour-à-tour. J'ai été heureusement surprise par l'humour subtilement sarcastique qui se dégage petit-à-petit et qui m'a fait sourire pas mal de fois. Alison Lurie rend les personnages attachants en montrant leurs travers et leurs faiblesses et critique sans pitié le milieu des intellectuels.
J'ai dévoré la deuxième partie du livre, et je compte bientôt me jeter sur Liaisons Etrangères qui a obtenu le Prix Pulitzer. Il semblerait que je me suis dégottée une nouvelle romancière à mon goût!
Lien : http://pourunmot.blogspot.fr..
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docare
  02 juin 2016
Une Alison égale à elle même, formidablement agréable à lire, dotée d'une belle écriture (et d'une bonne traduction, ce qui est à souligner). Des situations parfois cocasses, une belle dose d'humour, des sujets très actuels et des personnages toujours bien définis dans leur diversité. J'ai quasiment tout aimé chez elle. Qui plus est, il est très amusant de lire en parallèle Alison Lurie et David Lodge; L'une américaine, l'autre britannique, tous deux universitaires donc légèrement détachés des choses de ce bas monde et contraints par la force des choses de s'y frotter de temps à autre, monde sur lequel ils poseront un regard un peu "enfantin" voire carrément innocent. Ils se croiseront d'ailleurs lors d'échanges universitaires. Un même bonheur de lecture avec tous deux.
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nanoucz
  30 novembre 2009
Jenny Walker est mariée depuis de longues années à Wilkie, écrivain et naturaliste de renommée internationale. Elle tient le rôle d'épouse aimante, d'assistante personnelle, de documentaliste et de première lectrice, au côté de cet homme plus âgé qu'elle. Mais depuis quelques mois, Wilkie a changé à son égard, il est devenu distant, désagréable parfois.
Elle décide de louer une villa en Floride, à Key West, afin d'y passer la mauvaise saison, espérant que le dépaysement mettra fin à cette dépression, comme le suggèrent ses deux grands enfants.
Ce qu'elle ignore, c'est que Wilkie se croit atteint d'un cancer et se prépare à mettre fin à ses jours, afin d'épargner à sa femme une horrible agonie.
C'est donc ce séjour dans un lieu qui pourrait être idyllique qui nous est raconté dans ce livre, vu tour à tour selon le point de vue de Jenny et de Wilkie. Jenny, dégagée petit à petit de ses tâches d'assistante, puisque son mari ne fait plus rien, s'accorde plus de temps libre et lie connaissance avec les habitants de Key West, bien différents de ses relations habituelles. Wilkie s'enfonce dans sa quête morbide et échafaude des plans de suicide, qui tombent souvent à l'eau (c'est le cas de le dire, dans cet endroit !).
Il est question des relations conjugales qui évoluent avec les années, de la vieillesse et du temps qui passe, sans doute pas à la même vitesse pour un homme et sa femme de vingt-cinq ans sa cadette. Jenny se découvre une autre femme et accepte des expériences nouvelles, alors que Wilkie est crispé sur ses certitudes et son manque de confiance envers les autres.
Mon premier contact avec ce livre date de sa sortie en 1998. Même si je me souvenais vaguement de la trame, j'en avais oublié les détails. Je l'ai donc relu avec plaisir cette année, dans le cadre de mon challenge Relecture 2009, profitant des vacances pour m'y replonger.
Alison Lurie est un de mes auteurs préférés : elle raconte des histoires modernes, explore souvent les relations amoureuses, sans complaisance pour ses personnages, dont elle montre les failles, avec ironie parfois, mais sans méchanceté. Elle met souvent en scène des intellectuels, des universitaires, dans des situations qui me rappellent les romans de David Lodge.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   17 juillet 2019
D'après Wilkie, aimer une personne de son propre sexe était soit une erreur de la nature, soit un signe d'immaturité, un refus égoïste de faire face aux responsabilités des adultes.
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Myriam3Myriam3   27 juillet 2015
Vous voyez, le problème, c'est que la plupart des gens ne peuvent pas admettre qu'ils ne veulent rien faire en vacances. C'est par ce que, selon le code moral auquel adhèrent la plupart des Américains, ne rien faire est un péché: le péché de la paresse. Mais dans une villégiature, les règles sont différentes. Aussi longtemps qu'il fait chaud et qu'il y a du soleil, surtout à proximité de l'eau, vous pouvez enlever la plupart de vos vêtements et rester couché des heures d'affilée, ça ne compte pas. (...) Alors naturellement, quand il y a des nuages, tout le monde se plaint.
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StockardStockard   27 juin 2019
Jenny avait toujours trouvé qu'en général les femmes étaient plus belles que les hommes. La plupart des hommes, même les beaux comme Wilkie, avaient des poils peu soignés aux mauvais endroits – parfois même partout sur le dos –, une peau rêche, des mains calleuses, des pieds pâles et noueux, et des parties rouges pendantes inesthétiques qui auraient dû être conçues pour être plus discrètes. Les femmes étaient plus gracieuses, plus élégantes, faites plus délicatement.
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StockardStockard   03 juillet 2019
Pour moi, tout le monde a le droit d'être amoureux. C'est une convention idiote qui fait que ces deux personnes doivent être du même âge, de la même race, de la même religion et de la même classe sociale, mais pas du même sexe. On peut s'estimer heureux d'aimer quelqu'un quand ce quelqu'un vous aime aussi. 
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StockardStockard   29 juin 2019
Il y avait toujours un conflit d'intérêts potentiel dans les oeuvres de bienfaisance, puisque leurs directeurs et employés dépendaient d'un approvisionnement continu en individus malheureux qu'ils étaient censés aider. Les organismes sociaux avaient besoin de clients ; les dealers avaient besoin de drogués, et il en allait de même avec les entreprises spécialisées dans le sauvetage des animaux.
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