AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2916207465
Éditeur : Editions Ca et Là (19/11/2010)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 143 notes)
Résumé :
À l'été 1984, deux jeunes punks autrichiennes, Ulli et Edi décident sur un coup de tête de partir pour l'Italie, sans papiers, avec pour seul bagage leurs sacs de couchage et les fringues qu'elles ont sur le dos. Leur voyage durera deux mois, et les mènera de Vienne à Vérone, Rome et Naples pour se terminer en Sicile. Trop n'est pas assez est le récit de cette aventure, à travers les bonnes rencontres et les nombreuses galères. Après un départ bucolique à travers le... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
KrisPy
  21 septembre 2015
Attention, histoire vraie !
Été 1984. Ulli, 17 ans, déterminée à vivre sa vie comme si chaque jour était le dernier, en a marre de zoner à Vienne avec sa bande de potes punks.
Elle décide de partir pour l’Italie avec une copine, Edit, grande asperge nympho, barjot et sans complexe.
Les deux filles voyagent en train, en stop, puis à pied, sans papier, sans argent, mais avec une détermination boostée à l’insouciance électrique de l’adolescence.
Ce road-trip sauvage et chaotique est une véritable ode à la liberté, à la jeunesse et aux idéaux qui la nourrissent, avec le revers de la médaille en prime.
Ulli et Edit arrivent en Italie. Là leur périple ne fait que commencer. Elles veulent voir la mer, direction Rimini, en stop. Les Italiens sont trop choux… Vraiment ?
Ulli va vite déchanter : les hommes sont tous des frustrés qui ne veulent que son cul.
Pour Edit, pas de problème, elle aime ça, et sait dire non quand il le faut.
Pour Ulli c’est différent. Ces regards lourds de concupiscence, ces dragues lourdes tout court, ces hommes comme des bêtes, toujours à l’affut d’une proie, Ulli en l’occurrence, c’est insupportable à la longue. C’est violent, c’est dégradant, c’est déprimant de n’être qu’un objet aux yeux des hommes.
Passe encore à Rome, entourée de toute cette bande «d’amis», routards-zonards de tous pays, qui le soir venu, squattent les jardins somptueux de la villa Borghese. On fait la fête, on fait des combines pour gagner quelques lires. On a l’impression de vivre quelque chose de grand, quelque chose de vraiment important.
Mais la fin de l’été s’annonce, et les routards s’envolent pour des régions plus clémentes.
On dit que la Sicile est super l’hiver, tous les «freaks» vont passer la fraiche saison à Palerme.
Mais ce qu’Ulli découvrira aussi, c’est que c’est une région où les femmes sont considérées soit comme des saintes – la mère, la femme mariée, qui restent à la maison – soit comme des putes - toute femme qui se montre en public non accompagnée par un homme -.
Ayant perdu son amie Edit, lâchée par ses soi-disant nouveaux amis, Ulli se retrouve seule pour continuer son voyage vers le sud. Là commence pour elle la descente aux enfers. Elle retrouvera Edit, qui part totalement en vrille, frayant dangereusement avec la mafia…
Au terme de cette longue errance qui durera plus de deux mois, Ulli «se réveillera» enfin – une arrestation et une expulsion de Palerme feront office de douche froide - et elle prendra la sage décision de rentrer à Vienne dans sa famille, sans nouvelles d’elle depuis tout ce temps.
Ce roman graphique d’Ulli Lust, inspiré de sa propre histoire, comporte tout ce qui faisait défaut à un autre roman graphique vanté pour son soi-disant esprit punk libertaire, Locas, qui m’avait beaucoup déçu par sa superficialité et son côté «Aggie & Lily».(Éventuellement, voir ma critique - lien ci-dessous.)
Ici, avec cet intense « Trop n’est pas assez », je n’ai pas été déçue. On retrouve bien le goût de cette jeunesse folle et avide de liberté, sans concession avec l’ordinaire, des vrais punks des années 80 – dont j’ai fait partie… ayant le même âge qu’Ulli, j’ai moi-même vécu «un voyage en Italie», mais moi c’était l’Angleterre… -.
J’ai été enthousiaste, gaie, puis angoissée et enfin soulagée de suivre Ulli dans ses pérégrinations. Je les ai vécues avec elle, j’ai pris le récit d’Ulli de plein fouet.
Ulli Lust est un grand auteur, très fine, sensible et intelligente, et son dessin est agréable, un peu brouillon mais tellement vivant, qui reflète parfaitement l’ambiance de cette période.
Ulli Lust a publié plusieurs reportages bd, ainsi qu’un recueil de récits érotico-mythologiques «springpoems». Egalement éditrice, elle gère les éditions en ligne www.electrocomics.com qui publient un nombre croissant de dessinateurs de bd et d’auteurs de romans graphiques . Bon sang que j’aime cette femme !

Lien : http://www.babelio.com/livre..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Tampopo
  18 août 2011
Avec ce roman graphique, je m'attendais à quelque chose d'assez exceptionnel, en effet, cette bd a tout de même gagné le Fauve de la révélation au festival d'Angoulême 2011 ! J'avais également lu « çà et là » (sans mauvais jeu de mots, hinhin) des critiques assez dithyrambiques. Je m'attendais donc à un récit d'apprentissage dans la veine d'un Persépolis, j'ai été assez déçue… le propos de ce roman graphique est authentiquement trash. L'auteur n'élude aucun épisode de son périple à travers l'Italie, ni la faim et son corollaire, la mendicité, ni le viol, ni la prostitution, ni même la drogue… J'ignore quelles sont les « bonnes rencontres » évoquées dans la quatrième de couverture car, à mon sens, les deux filles ne croisent que des hommes concupiscents (pour rester polie…). Elles partent sur les routes car elles sont avides de liberté et d'aventure mais elles ne feront que multiplier les galères et leur amitié n'y survivra pas. L'épisode où elles tombent entre les griffes de la mafia est le summum. Pourtant, j'ai lu cette bd de bout en bout, j'ai pensé naïvement qu'il se passerait quelque chose et qu'enfin elles finiraient par faire une rencontre décisive qui allait enrichir leur vision du monde. Mais rien ne se passe et un épisode glauque en chasse un autre, Ulli finit se fera arrêter par la police des frontières et ses parents viendront la chercher en tôle. Il est vain de chercher une morale à cette histoire si ce n'est : « quand on est une jeune fille mineure et qu'on prend la clé des champs, on est vulnérable et on devient une proie ».
On s'attache en particulier à Ulli qui n'oublie jamais qui elle est, à la différence de Edi, totalement givrée, qui se met perpétuellement en danger. Au final, on ne sait pas trop pourquoi Ulli est partie d'Autriche, elle n'explique jamais ce qu'elle cherche à fuir, c'est pourtant ce qui aurait été intéressant de voir développer. On devine toutefois en filigrane un malaise familial, l'ennui profond d'Ulli, ennui qu'elle partage avec toute une génération dans le Vienne des années 80, ajoutez à cela un fond de rébellion adolescente et vous tenez les ressorts psychologiques de cette histoire.
En conclusion, j'ai quelques difficultés à comprendre l'engouement autour de cette bd et ni l'histoire, ni le dessin ne me laissera un souvenir impérissable, en clair, « trop c'est assez ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
chocobogirl
  18 avril 2011
Vienne, 1984. Ulli est une jeune fille autrichienne de 17 ans, une gentille punkette qui passe son temps avec les copains à refaire le monde et à boire. Les chambres sont squattées par les uns et les autres. L'ambiance est plutôt libertaire et la famille assez loin. Un jour débarque Edi, une nana quelque peu délurée qui n'a pas froid aux yeux. Les deux sympathisent et décident de partir sur un coup de tête pour prendre la route, direction l'Italie. Mais le goût de l'aventure et de l'interdit les mèneront surement un peu plus loin qu'elles ne l'auraient souhaités.
Parties les mains dans la poche, sans passeport, sans bagage, sans argent et sans prévenir personne, Edi et Ulli sont pourtant bien décidés à franchir la frontière et à prendre du bon temps. En faisant du stop et en prenant des chemins détournés, elles débarquent en Italie, joyeuses et insouciantes. Pourtant sur place, elles rejoignent le milieu des marginaux et découvrent la nécessité de la survie : il faut trouver de l'argent de quelque manière que ce soit. Mendicité, vols et bientôt offres de gâteries diverses pour avoir à manger. La violence règne, les bastons sont récurrentes, la drogue fait aussi des ravages et la mafia n'est pas loin. Si Edi couche sans scrupules avec des hommes pour un simple repas ou par pur plaisir, Ulli a un peu plus de mal avec tout ce qui touche au sexe.
" Même si je m'efforçais de jouer les dures à cuire, mes besoins érotiques étaient étonnamment innocents. Embrasser, des câlins, je trouvais ça super. La baise, je m'en fichais. "
Passant de Vérone à Rome puis s'enfonçant un peu plus vers le Sud et la Sicile, les 2 amies vont peu à peu découvrir que les italiens sont de plus en plus intéressées par les parties de jambes en l'air potentielles qu'elles représentent. Leurs regards se faits de plus en plus lourds et leurs demandes de plus en plus insistantes. Pour eux, une étrangère est une fille facile, voire une pute.
" le pire, c'est d'être matée et pelotée sans arrêt, le viol mental. D'être traitée comme un petit toutou, qui par hasard sait parler. Mais ce que toutou dit, tout le monde s'en fiche. "
Le mode de vie des 2 punkettes basé sur la liberté commence à trouver ses limites et se fait de plus en plus inquiétant. A raison car le drame finit par arriver. Ulli perd le contact avec Edi mais continue malgré tout son voyage seule. Elle tombe de déchéance en déchéance et ses retrouvailles avec Edi n'y changeront rien.
Edi, inconsciente, les entraine dans les mains de mafieux sans scrupules avant d'abandonner son amie.
Les 2 mois de voyage se termineront abruptement. Ulli rentrera chez elle, seule, avec ses illusions perdues.
Récit autobiographique, "Trop n'est pas assez" est la chronique amère et violente d'un voyage initiatique qui conduira notre héroine sur la voie du désenchantement.
Exaltée par la liberté et les interdits bafoués, Ulli va pourtant découvrir la face noire des hommes.
L'idéal punk et ses idées libertaires sont bien mis à mal dans ce récit qui n'épargne pas non plus l'amitié et ses petites trahisons.
L'auteur décrit, sans complaisance aucune envers elle-même et avec beaucoup de recul et d'à-propos son expérience quelque peu borderline qui l'a emmené au-delà des limites qu'elle souhaitait. Cru et sans équivoque, elle évoque sans pudeur la sexualité, devenue un moyen de se protéger, de se nourrir plutôt que de se donner du plaisir.
Un récit toujours sur le fil mais qui ne tombe pas dans le glauque et sait se ménager des passages plus légers où l'humour affleure.
L'odyssée italienne d'Ulli est entrecoupée ici de passages textuels, extraits de son carnet de voyage, donnant ainsi une résonnance encore plus forte et réaliste de son périple.
Ce voyage en Italie restera indélébile pour Ulli, marquant d'une certaine manière la fin de l'enfance et de ses illusions. Découvrant la cruauté et l'oppression masculine, son regard sur le monde sera à jamais changé et laissera place à une vision plus féministe des choses.
On notera le graphisme, plutôt surprenant avec sa bichromie dans les tons verts, et son trait simple assez expressif qui sert bien le propos.
Prix révélation Angoulême 2011.
Lien : http://legrenierdechoco.over..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Bequelune
  31 juillet 2015
Je ne sais pas s'il y a eu plusieurs éditions de ce roman graphique, mais la version en ma possession n'a pas le même résumé que celui affiché sur Babelio. Celui que j'ai laisse seulement entendre qu'on va lire une histoire de deux jeunes autrichiennes allant en stop en Italie, en mode punk. Il laisse entendre une bédé sur le voyage et l'amitié...
Aussi, quand j'ai avancé dans la lecture, j'ai été assez surpris, et j'ai faillis arréter ma lecture à de nombreuses reprises. Ce n'est pas que ce roman graphique est mauvais – il est même très bon – ou que les dessins soient désagréables – bien qu'assez simples, avec un jeu de couleurs sobre et original, je les ais beaucoup appréciés – c'est simplement qu'il traite de sujets très durs qui n'ont rapidement plus rien à voir avec le voyage ou l'amitié.
Ce bouquin parle d'abord de violences sexuelles. C'est l'histoire d'une Autrichienne, joli blonde au décolleté avantageux, qui va se retrouver dans une Italie des années 80 très machiste où on se moque un peu du consentement des filles. Il y a aussi la drogue, la mafia... Ulli, l'héroïne, va aller de galère en galère...
Le livre est très dur. J'aurais apprécié une sorte de trigger warning sur la couverture, car je ne pense pas que n'importe qui puisse lire ce bouquin en en sortant indemne.
Une très bonne bédé, un témoignage très puissant, mais lecteur sache le : c'est aussi une oeuvre très sombre !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Marguerite87
  02 février 2013
On s'entend, les punks, c'est loin d'être mon truc ! Mais l'histoire de deux jeunes autrichiennes de 17 ans qui errent le temps d'un été en Italie, ça me plaisait d'avance parce que j'aime bien le vagabondage et j'aime beaucoup l'Italie ! Faut dire que mon séjour en Italie n'a rien à voir avec la galère d'Ulli par contre. Donc, j'ai décidé de passer outre le look d'Ulli et d'Edi et j'ai bien fait.
Ulli est un personnage que j'ai aimé accompagner dans son périple trash. Elle est une vraie anarchiste, aventurière et têtue (j'aurais rebroussé chemin bien avant) mais elle a quand même ses limites morales ce que ne semble pas posséder l'insouciante Edi. Cependant, en cavale, elle atteint vraiment le fond des bas-fonds ! Elle ne brosse pas un portrait avantageux des italiens mâles en général et avec raison car, ils la traitent très mal. Elle en vient à se considérer elle-même comme "un trou sur deux jambes avec des seins qui pendent en avant". Ça, c'est sans parler du fricotage avec la mafia ! Donc, non, ce n'est pas toujours joyeux ! Ce n'est pas souvent joyeux même. Mais, c'est bien fait.
J'ai trouvé ingénieux que lorsqu'un personnage parle en italien, les mots sont mal écrits. L'écriture est illisible par endroit, si bien qu'on ne distingue que quelques mots dans une phrase ou quelques syllabes. C'est très représentatif de ce que comprennent Ulli et Edi qui n'ont qu'une base en italien au début de l'histoire.
Les annexes à la fin sont pertinentes et intéressantes. Bref, c'est un gros album (il fait 450 pages) de grande qualité ! Encore une bonne BD à se mettre sous la dent !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (1)
BoDoi   27 novembre 2017
Par ses choix et son engagement, autant que par sa mise en forme, Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien se pose comme un livre fort, un témoignage intime audacieux et, tout simplement, une très belle bande dessinée.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
KrisPyKrisPy   21 septembre 2015
- Ces ritals sont affamés ! Dans ce pays règne encore le mythe de la virginité. La femme est sacrée ! Sainte Vierge Mère de Dieu ! Et plus on va vers le sud, pire c'est.
C'est pourquoi le foutre leur sort par les yeux, le nez et les oreilles ! Ils se jettent sur les touristes pour tirer un coup facile. Ils pensent qu'il suffit d'inviter une étrangère à manger des spaghettis... pour que ces connes tombent dans le panneau !
J'espère que vous n'êtes pas assez bêtes pour vous vendre pour une bouchée de pain !
- Bien sûr que non !
- Tu déconnes ?
[...]
- Les Romains ont l'habitude des mendiants. A Rome, la différence entre riches et pauvres est extrême. Alors faire l'aumône est de bon ton.
En plus, t'es une jeune fille, toute dépenaillée.
- Hé, c'est la mode ! A Vienne, on vend ces pantalons lacérés dans les boutiques !
- Hahaha ! Les gens d'ici ne savent pas ce que c'est que des punks ! De toute façon, y a qu'une société d'abondance qui puisse produire une mode pareille ! En Italie du Sud, il y a de la vraie pauvreté. Là, personne ne se mettra volontairement des loques sur le dos !
- Au début, je les ai lacérés moi-même. Et je suis fière de chaque déchirure qui s'ajoute.
- Les mecs aussi raffolent des déchirures. Pour mater ta culotte !
- Et alors ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
LadydedeLadydede   14 juillet 2013
Edi est couchée avec Andreas. J'ai le sac de couchage pour moi toute seule. Enfin assez de place pour m'étirer. La brise fraîche de la nuit balaie le parc. Bruissement des feuilles. L'espace infini tout autour se déploie en moi aussi. Blottie dans mon nid, je suis heureuse.
Commenter  J’apprécie          60
gaspardBgaspardB   17 juillet 2011
Il y a une légende autrichienne qui dit : celui qui veut traverser la tour sombre doit regarder vers l'avant. Celui qui se retourne sera englouti par l'enfer.
Commenter  J’apprécie          50
gridougridou   08 mars 2012
On ne dit pas "oui" à un type qui dit "tu veux baiser" à la place de "bonjour"!
Commenter  J’apprécie          30
CocotteMoineauCocotteMoineau   28 février 2018
Je fais quelque chose d'intelligent! Je veux dire, je refuse cette société de merde! Je la quitte!
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Ulli Lust (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ulli Lust
Ulli Lust - Voix de la nuit
autres livres classés : punkVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
379 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre