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Jean-Yves Masson (Éditeur scientifique)Antoine Fongaro (Traducteur)
ISBN : 2070313654
Éditeur : Gallimard (13/05/2005)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Ce volume reprend les six premiers recueils de poèmes publiés par Mario Luzi, de «La Barque» (1935) à «Honneur du vrai» (1957), dans la version définitive que l'auteur en a donnée en 1960. C'est par la volonté de l'auteur que ces six livres forment un tout, qui correspond à la première période de son œuvre : celle qui a fait de lui le chef de file de la génération de poètes nés autour de 1914 et qui ont assuré la relève de la génération d'Ungaretti et de Montale. >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
michfred
  04 avril 2016
Mario Luzi a été influencé par Montale et Ungaretti. Il est un grand admirateur de Mallarmé -encore un!
De là à le "classer" dans le mouvement de l'hermétisme, il n'y aurait qu'un pas ..mais si sa poésie, comme un papillon capricieux, ne se laisse pas capturer aisément, on peut l'apprivoiser et on sent tout de suite que cet immense poète a des choses à nous dire.
Alors on tend l'oreille, on s'accroche un peu - il y a de quoi être bouleversé:
"Je t'invoque pour la nuit
qui vient et pour le sommeil;
toi qui souffres , toi seule peux me secourir
dans ce passage aveugle du temps
vers les temps, dans cet âpre voyage
de celui que je suis vers celui que je serai,
vivant une vie dans la vie,
dormant un sommeil dans le sommeil.
Toi, adorée, qui souffres comme moi,
toi dont cela me donne le vertige de penser
que le temps, ce froid
parmi les astres et sur les tempes, et autre chose encore, contient
la naissance, la maladie, la mort,
la présence dans mon ciel et la perte. "
Comment mieux dire la fragile parenthèse de la vie et de l'amour dans la vaste indifférence du temps, ce "froid parmi les astres et sur les tempes"?
Qui n'a pas éprouvé, quand il aime, le déchirement d'avoir en son ciel à la fois la présence et la perte de l'être aimé?
La poésie de Luzi est à la fois philosophique et charnelle, elle parle à l'esprit, elle rend plus intelligent et en même temps, elle bouleverse le coeur jusqu'aux larmes, comme quand il évoque le paysage de la vie, paisible et solaire , obstinément vivant malgré la mort qui guette:
"Là où l'ombre progresse et où cessent les routes
parmi les fleurs, me rappeler les mots
et les cris de l'homme est peut-être un leurre.
Mais toujours sous le ciel coutumier
je retrouve mes traces, mon soleil
et les arbres loin du temps
figés derrière les virages. Et toujours,
encore que me soit connu le doux secret,
sur la poussière paisible, au milieu des parterres,
je m'attarde, attendant que saille
du soleil un visage inexprimable."
Pas pressé de connaître "le doux secret", s' attarder obstinément " sous le ciel coutumier", "sur la poussière paisible"..
Quelle plus belle image avoir de notre musardise indolente et provisoire sur terre?
Pas fini d'en faire mon miel, de Mario Luzi...
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ericbo
  07 mars 2017
Dans la lignée de la poésie hermétique dont il assurera la continuité, Mario Luzi nous offre des tableaux, comme des images en arrêt sur l'Italie. Je préfère les poèmes d'avant et pendant la guerre qui me semblent plus poignants. On sent tout le tragique et la précarité de l'existence et du monde qui nous entoure.
La nature et les choses semblent comme en suspens, en attente de quelque évènement.
Prendre son temps et ne pas hésiter à relire pour en savourer toute la subtilité.
Une poésie de l'instant.
La poésie comme je l'aime.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura   23 juin 2012
Je t’invoque pour la nuit
qui vient et pour le sommeil ;
toi qui souffre, toi seul peut me secourir
dans ce passage aveugle du temps
au temps, dans cet âpre voyage
de ce que je suis à ce que je serai
vivant une vie dans la vie,
dormant un sommeil dans un sommeil.
Toi, adorée, qui souffre comme moi,
qui me donne vertige à penser
que le temps, ce froid
entre les astres et sur les tempes et plus encore, contient
la naissance, la maladie, la mort,
la présence de mon ciel et la perte.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   11 mars 2016
Prémices du désert III


Chant

Où vas-tu, toi qui dans le vent aride cours
par une de ces rues sans saisons
derrière des murs lumineux de laquelle
un pas qui vient à retentir excite les chiens
et éveille l’écho ? Vus de la maison
d’où je te regarde, où le corps est vivant,
mouvement et quiétude se défont.

Je t’invoque pour la nuit
qui vient et pour le sommeil ;
toi qui souffres, toi seule peut me secourir
dans ce passage aveugle du temps
vers le temps, dans cet âpre voyage
de celui que je suis à celui que je serai,
vivant une vie dans la vie,
dormant un sommeil dans le sommeil.
Toi, adorée, qui souffres comme moi,
toi dont cela me donne le vertige de penser
que le temps, ce froid
parmi les astres et sur les tempes et autre chose encore, contient
la naissance, la maladie, la mort,
la présence de mon ciel et la perte.

p.225
+ Lire la suite
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MalauraMalaura   08 septembre 2012
Vague

C’est ici le combat de la mer avec elle-même,
elle se tord dans les criques livides,
s’arrache à sa continuité,
se soulève, frémit toute et retombe.
La mer, sais-tu, m’unit à son tourment,
la mer vient, prend la fuite, vient,
conjugue temps et espace dans cette voix
qui souffre et prie, brisée sur les écueils.
Commenter  J’apprécie          260
MalauraMalaura   16 juin 2012
Je me trouve ici à l’âge que tu sais,
ni jeune ni vieux, j’attends, je regarde
cette incertitude suspendue ;
je ne sais plus ce que j’ai voulu ou ce qui me fût imposé,
tu entres dans mes pensées et tu en sors sauvé.
Tout ce qui doit encore être est toujours,
le fleuve s’écoule, la campagne se transforme,
il grêle, il pleut, des chiens aboient,
et la lune émerge, rien ne bouge,
rien de ce long sommeil aventureux.
+ Lire la suite
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michfredmichfred   18 mars 2016
Ville lombarde

Claire ville qui sombres dans un miroir,
cet au-delà de l'âme qui meurt,
dans chaque geste le glacial appareil
de tes murs l'enflamme, et tes canaux.

Et que reste-t-il d'autre, que la douleur
n'ait pas rendu parfait?Dans le reflet
des opales pesantes hésite la vieille
horreur de ma vie, à contrecœur

derrière d'éternels cristaux des yeux de mica
rayonnent une funèbre intégrité,
montant des sables livides et de l'ortie

la nuit exulte, érodée par la brise
vacillante une lune se dégage
des saules, et ton gel ne se brise pas.
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