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ISBN : 2707302767
Éditeur : Editions de Minuit (01/09/1979)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 15 notes)
Résumé :

Contribution à la discussion internationale sur la question de la légitimité : qu'est-ce qui permet aujourd'hui de dire qu'une loi est juste, un énoncé vrai ? Il y a eu les grands récits, l'émancipation du citoyen, la réalisation de l'Esprit, la société sans classes. L'âge moderne y recourait pour légitimer ou critiquer ses savoirs et ses actes. L'homme postmoderne n'y croit plus. Les décide... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
peloignon
  12 janvier 2013
Évidemment, ce livre vous décevra si vous y chercher une affirmation politico-philosophique, idéologique, ou encore, moderne, de la postmodernité.
Dans la mesure où l'Occident trouve l'une de ses affirmations civilisationnelles la plus pleine et entière dans le concept de « modernité », la « postmodernité » correspond en effet à une prise de conscience de son déclin.
L'état morbide de l'affirmation de modernité actuelle en Occident, subsistant par force d'inertie, se révèle effectivement comme déterminisme désespéré, contradiction historique logique de ses promesses initiales.
J'apprécie beaucoup le réalisme déployé de manière magnifiquement lapidaire par Lyotard, par exemple :
« La transmission des savoirs n'apparaît plus comme destinée à former une élite capable de guider la nation dans son émancipation, elle fournit au système les joueurs capables d'assurer convenablement leur rôle aux postes pragmatiques dont les institutions ont besoin. » (p.79-80)
Pour ce qui est d'une appropriation possible des « métarécits », qui pourrait éviter le paralogisme communicationnel, je crois que le livre ouvre la question plutôt qu'il ne la clôt puisqu'il demeure hors du sérieux existentiel.
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Enroute
  13 décembre 2016
L'essai s'attache à définir la place du savoir dans la société contemporaine, bouleversé par l'irruption de l'informatisation. Celle-ci, en prétendant autonomiser le savoir de l'individu, redéfinit son utilisation. Tandis que jusque là, le savoir était lié à la formation de l'individu, il est maintenant possible de le faire exister sans eux, dans des machines. On se prend à transférer des connaissances dans celles-ci.
Mais on aurait tort de penser que ce que l'on enregistre dans des bases de données se confond avec le savoir : celui-ci intègre des composantes comportementales (savoir-vivre, savoir-faire, savoir-être), que ne reprend pas l'enregistrement de "quantités d'informations", qui est la forme d'enregistrement des connaissances : seule la connaissance scientifique s'y prête facilement. A l'opposé, l'autre grand pan de la connaissance, la connaissance narrative, échappe aussi à la traduction en quantités d'informations.
Lyotard prévoit que l'informatisation des sociétés amènera une exigence de transparence de la connaissance, assimilée à la seule connaissance scientifique, et que cette exigence affaiblira la puissance publique, toujours acculée à plus de "transparence" et débarrassée de la connaissance narrative, ce qu'il nomme les "grands récits". Il s'ensuivra une fragmentation de la société, une explosion des échanges de la connaissance qui, parce qu'éloignée de la formation, ne sera plus réductible à un savoir nécessaire à la construction de la société.
Suivant les schémas financiers, elle se scindera en connaissance d'investissement (pour les décideurs) et en connaissance d'échange (pour acquitter sa dette envers la société). En perdant en partie sa valeur d'usage et ramené à une connaissance vérifiable et prouvable puisque scientifique, le savoir informatisé affaiblira le lien social et sera responsable de la redéfinition du rôle de l'Etat. le contrôle de l'information deviendra un enjeu essentiel pour la domination mondiale. La question ne sera pas qui décide, mais qui "sait", et ce "qui" pourra ne pas être une structure publique.
Ecrit en 1979, on est surpris de tant de (post)modernité. Changeons "IBM" par "Google", "connaissance" par "information", le monde décrit est pleinement le nôtre. Cependant, l'essai ne se veut ni pessimiste ni optimiste, traçant seulement des conséquences prévisibles à partir d'une évolution technologique. La lecture de l'essai nous permet de prendre de la hauteur sur les questions actuelles et la place du "savoir-connaissance-information" aujourd'hui.
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Diotime
  15 janvier 2011
Faut-il être absolument postmoderne ? :
Lien : http://didier-moulinier.over..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
peloignonpeloignon   13 mai 2013
La transmission des savoirs n’apparaît plus comme destinée à former une élite capable de guider la nation dans son émancipation, elle fournit au système les joueurs capables d’assurer convenablement leur rôle aux postes pragmatiques dont les institutions ont besoin.
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enkidu_enkidu_   27 mars 2015
Le savoir en général ne se réduit pas à la science, ni même à la connaissance. La connaissance serait l’ensemble des énoncés dénotant ou décrivant des objets, à l’exclusion de tous autres énoncés, et susceptibles d’être déclarés vrais ou faux. La science serait un sous-ensemble de la connaissance. Faite elle aussi d’énoncé dénotatifs, elle imposerait deux conditions supplémentaires à leur acceptabilité : que les objets auxquels ils se réfèrent soient accessibles récursivement, donc dans des conditions d’observation explicites ; que l’on puisse décider si chacun de ces énoncés appartient ou n’appartient pas au langage considéré comme pertinent par les experts.

Mais par le terme de savoir on n’entend pas seulement, tant s’en faut, un ensemble d’énoncés dénotatifs, il s’y mêle les idées de savoir-faire, de savoir-vivre, de savoir-écouter, etc. Il s’agit alors d’une compétence qui excède la détermination et l’application du seul critère de la vérité, et qui s’étend à celles des critères d’efficience (qualification technique), de justice et/ou de bonheur (sagesse éthique), de beauté sonore, chromatique (sensibilité auditive, visuelle), etc. (p. 36)
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Videos de Jean-François Lyotard (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-François Lyotard
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=38930&razSqlClone=1
LE POSTMODERNISME
Une utopie moderne
Thomas Seguin
Pour Comprendre
Voici décrit les principaux motifs de la théorie sociale et culturelle postmoderne en simplifiant l'abord de la pensée post-68 (Baudrillard, Deleuze, Derrida, Lyotard, Foucault, Guattari). Ce livre a pour ambition de clarifier les incompréhensions et les erreurs qui ont alimenté les débats parfois polémiques concernant ce courant de pensée. le postmodernisme n'est pas une constellation théorique, il déploie aussi ses valeurs propres au sein d'une utopie assumée.
Broché ISBN : 978-2-336-00638-3 ? décembre 2012 ? 188 pages
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