AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Dawa Ma (Autre)
EAN : 9782807002456
316 pages
M.E.O. (01/09/2020)
4/5   5 notes
Résumé :
Confinée par la pandémie de coronavirus dans sa confortable demeure londonienne, la narratrice, mannequin de niveau international, relit son journal commencé en 2013, où elle relate, brute de décoffrage, une dépression existentielle abyssale. Souffrance, déchirements, révoltes, analyses, imprécations, quêtes philosophique et sociologique, assuétudes, automutilations et autodéfis jalonnent une tornade psychique. Aujourd'hui qu'elle a passé le cap, l'inactivité forcée... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
leolechat
  24 octobre 2020
Qui pourrait deviner que derrière ce visage de madone indéchiffrable se cache tant de souffrance ? Mannequin à l'échelle internationale née en France dans les années 1980, l'auteure a vécu une enfance effroyable.
Loin des podiums et des paillettes, cette dernière nous relate son enfance saccagée, dans une cité HLM gangrenée par la drogue et la violence, broyée par une génitrice monstrueuse d'égoïsme et de méchanceté qui ferme les yeux sur les sévices perpétrés par ses amants sur ses propres enfants.
La maltraitance physique et mentale, la faim, le viol… rien ne sera épargné à la petite Dawa Ma. "Pleure, tu pisseras moins", lui disait sa mère !
Alternant passé et présent, ce roman autobiographique écrit pendant le confinement raconte la sévère dépression dont a souffert l'auteure suite à cette enfance martyre. Elle relate sa dépendance à l'alcool, aux substances licites et illicites, à l'automutilation, sa difficulté d'aimer et de faire confiance à autrui, ainsi que sa longue et douloureuse thérapie. Un parcours semé d'embûches pour cette résiliente, bien déterminée à s'en sortir et à demander réparation devant la justice afin que les crimes commis par ses tortionnaires ne restent pas impunis et servent d'exemple !
Brut et sans fard, ce témoignage courageux est un cri de révolte contre des bourreaux voleurs d'enfance. On tourne les pages avec effroi, en découvrant ce récit révoltant de monstruosité.
Terrifiant mais utile !
Merci aux éditions MEO et à Babelio pour cette lecture.


Lien : https://leslecturesdisabello..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
anniefrance
  27 décembre 2020
Ce livre est d'abord un cri de révolte, une exhortation à toutes les victimes de clamer leurs souffrances , incitation à oser parler pour tous ceux qui feignent de ne pas voir et entendre. Il faut que justice soit faite.
L'autrice dont c'est le premier roman a fait une grave dépression durant laquelle son enfance a rejailli avec toute sa violence; elle a tout confié à un journal intime: écrire lui a permis de survivre; elle s'est aussi fait aider par des psys .Mannequin de dimension internationale, sauvée socialement, elle reste très traumatisée par une enfance martyre qu'elle a partagée avec sa fratrie (qu'elle essaie de protéger).
A Londres où elle vit le premier confinement, elle relit au calme son journal et les émotions ressurgissent : ce qu'elle a vécu est presque inimaginable: son père la battait mais il s'est pendu et elle s'aperçoit qu'il comptait pour elle malgré tout; la mère a pris le relais puis ce sont les amants qui ont successivement pris la place du père; le premier l'a violée: elle a souffert longtemps physiquement et ne sachant mettre un nom sur ce qui lui était arrivé, a encore plus souffert psychologiquement et moralement, ne pouvant se confier à personne. le suivant n'est pas mieux: la brutalité, les attouchements, devant la mère qui ne réagit pas...C'est la pire: celle qui dit "pleure, tu pisseras moins"; celle qui est incroyablement hypocrite. Impassibilité devant le petit qui s'ébouillante et qui mettra beaucoup de temps à guérir; devant celui blessé à la tête et qui gardera les cicatrices. La jeune fille en arrive à méditer un meurtre avec un de ses frères contre Pedro, le dernier amant.
Le plus souvent ils sont livrés à la rue sans manger pendant que la mère travaille. Les voisins ne s'en mêlent pas et que dire des services sociaux!!
Très perturbant mais au niveau de l'écriture, j'ai trouvé que c'était bâclé: fin d'écriture en mai, sortie en septembre, cela n'a pas laissé le temps d'un travail avec les éditeurs belges (habituellement j'aime bien les éditions M.E.O): le style est assez relâché et il y a beaucoup de répétitions mais cela n'enlève rien au témoignage et au désir de l'autrice de faire bouger les lignes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
zazimuth
  10 octobre 2020
J'ai reçu cet ouvrage dans le cadre de la dernière Masse Critique Babelio de la part des éditions M.E.O. et même s'il indique "roman" sur la couverture il prend la forme d'un journal intime, alternant des extraits du journal de l'auteur entre 2013 et 2018 et de celui qu'elle a tenu pendant le confinement de mars à mai 2020.
Le contenu est rude à la lecture lorsqu'on découvre - et sans vraiment d'éclaircie au fil des pages - tout ce qu'a subi cette jeune femme devenue mannequin et actrice depuis sa prime enfance. le premier journal - en italique - témoigne d'une grave crise de dépression quand le trauma a explosé à travers une nouvelle vie de célébrité plus aisée avec l'envie de faire payer à sa mère et son beau-père l'enfer auquel elle a survécu par la seule force de sa volonté. C'est un contenu brut, rédigé tout en intensité, plein d'humeurs et d'épines, un cri douloureux qui nous déchire les oreilles.
J'ai trouvé vraiment très intéressant et bien trouvé que ces pages alternent avec le journal de confinement en contrepoint, qui ne parle pas vraiment de comment la narratrice a vécu le confinement mais ce que cette situation vécue par les personnes les plus vulnérables (enfants, femmes, marginaux...) réveille en elle comme révolte contre une société qui ne les protège pas.
Et c'est dans ces pages rédigées en 2020 - qui sont également une relecture du journal en italique - que l'auteur analyse, explicite et recontextualise toutes les horreurs qu'elle a subies depuis ses 3 ou 4 ans de la part de sa mère et ses acolytes.
Je ne souhaite pas développer plus ici sur les thèmes qui font le coeur de ses pages car mes mots ne seront jamais à la hauteur et ne pourraient que minimiser tout ce que j'ai lu.
Ce livre extrêmement fort a été écrit pour parler aussi au nom de tous les enfants maltraités, violentés, abusés, utilisés qu'on essaye de détruire dans l'espoir que cette dénonciation fasse avancer les choses et pour dire à toutes ces victimes qu'elles ne sont en rien coupables et qu'il est possible de s'en sortir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
lyanea
  06 octobre 2020
Avis : CHAMBOULATOIRE
Je tiens à remercier les Éditions M.E.O pour le service presse du roman autobiographique Pleure, tu pisseras moins, reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio.
Dire que je sors bouleversée, atterrée, honteuse, écumante de rage n'est pas à la hauteur de l'état dans lequel je suis à la dernière ligne de ce livre. Je souhaite vraiment à Dawa Ma d'avoir trouvé un peu de paix et de s'être donné l'occasion de mettre sa souffrance au service de ceux qui n'ont pas encore parlé. Je salue l'élégance de ses mots malgré l'horreur des actes, et l'authenticité de son témoignage, qui nous donnent l'occasion de constater encore et toujours que l'enfance n'est toujours pas protégée.
Dawa Ma fait partie d'une fratrie dont le père est mort alors qu'ils étaient très jeunes. La mère faisant bonne figure devant sa famille a toujours été, loin des regards, une mégère tyrannique et perverse. Les amants, eux, ont fait porter aux enfants, la croix des martyrs. Rattrapée par une dépression qui va la briser, Dawa Ma reprend son journal intime et met des mots sur tout ce qu'elle a subi. Nous découvrons sa vie avec ses horreurs intérieures et sa vie de mannequin en façade : 316 pages qui nous parlent de résilience, de courage, et de VIE.
Cette autobiographie s'organise en allers-retours entre la période de dépression et les années d'enfance qui ont conduit à cet état. Autant la période adulte est faite de constats amers et statiques sur l'auteur, sa meilleure ennemie, autant l'enfance est faite d'imprécations, de lutte pour l'honneur, de sacrifice pour protéger frère et soeur, d'intelligence pratique et d'évasion psychique qui la sauveront.
Ceci est le premier roman de Dawa Ma, un travail d'introspection d'un niveau supérieur autant dans l'écriture que dans le style. Il est évidemment autocentré, mais l'auteur fait preuve d'une plume puissante apte à se mettre au service de toute fiction faisant sens.
Ce roman n'est peut-être pas à mettre devant tous les yeux, il faut vouloir se confronter à l'incarnation du viol, aux stigmates de l'horreur absolue. Mais c'est aussi la seule reconnaissance à pouvoir apporter à l'auteur. Si vous y êtes prêt, vous participerez à la renaissance d'une femme, devenue auteur pour se sauver.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          44
Sard9876
  15 avril 2021
Voilà une autobiographie sans ronds de jambe ! Dawa Ma, ancien mannequin pour de grandes maisons et de nombreuses revues (L'Oreal, Dior, Chevignon, Cartier, Sonia Rickyel, Jean Paul Gautier,Kenzo, Stella Mc Cartney, Zucca, Tsumori Chisato, le coq Sportif, Adidas, Everlast, Morgan,Virgin, Makin jan Ma, Elle, Marie-Claire. Harper's bazaar, etc.), revient sur son passé. de nationalité française, elle vit actuellement à Londres et s'épanche sans pudeur. Elle évoque une dépression abyssale qui l'a assaillie voilà quelques années, avec son cortège de souffrances et de déchirements, de révoltes, d'analyses, d'imprécations, et de quêtes philosophiques. Sans craindre les mots, elle parle également de ses addictions et de ses automutilations. Avec une force interne et l'aide de tiers, elle a réussi à surmonter ce cap difficile et à ressusciter.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
anniefranceanniefrance   27 décembre 2020
Oui, regarder mon histoire en face! Je suis née dans la street culture des cités, j'ai eu une enfance, une adolescence martyres, méprisée, battue, affamée, violée...je me suis tirée de tout ça, j'ai fait comme on dit carrière dans la mode, j'ai un nom qui m'a fait voyager dans le monde, j'ai fréquenté toutes les couches sociales, j'ai vécu en Asie comme à Paris ou à Londres...alors, je dis merci à toutes les galères, aux merdes qui me sont tombées sur le coin de la gueule, aux sales enfoirés que j'ai croisés...grâce à eux j'ai compris que je suis plutôt forte!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
anniefranceanniefrance   27 décembre 2020
Je suis la pute des mots qui tortille de la plume! Reluquez-moi, aucune pudeur verbale dans mon strip-tease de l'âme! Je veux conquérir ma place au soleil en tapant sur mon clavier avec cette main restée pure et franche dans un gant de velours noir dégueulassé au foutre. Une main tranchante, térébrante, qui va fister avec mes mots dans le cul des salauds.
Commenter  J’apprécie          20
anniefranceanniefrance   27 décembre 2020
Je refuse d'être prisonnière de la fatalité. Je refuse d'entrer dans les statistiques des gens programmés pour se casse la gueule. Victime de ma propre histoire, je veux la chevaucher pour en devenir l'héroïne. Pas besoin de cape, d'épée ou de collant de superhéros invisible, seulement d'un journal intime, d'un soutien psychologique et spirituel, et d'un peu ou de beaucoup de courage, ça dépend des moments.
Tout est question de temps et d'endurance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lyanealyanea   06 octobre 2020
La dépression est une fatigue énorme de la vie, un dégoût, un éloignement de sa propre existence, on traîne les pieds pour tout, le moindre truc devient impossible et on fait chier son entourage. Voilà, c’est ainsi.
Commenter  J’apprécie          20
anniefranceanniefrance   27 décembre 2020
J'ai longtemps cru qu'avoir raconté (le viol) à Pedro l'avait encouragé à prendre le relais. Pendant des années, j'ai culpabilisé .Aujourd'hui je n'en ai plus rien à foutre. Gérez comme vous pourrez, si je vous dérange, arrêter de lire, cassez vous, que le plus gêné s'en aille.
Commenter  J’apprécie          10

autres livres classés : journalVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1242 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre