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ISBN : 2246681510
Éditeur : Grasset (04/03/2009)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 132 notes)
Résumé :
En ces premières années du XXIe siècle, le monde présente de nombreux signes de dérèglement. Dérèglement intellectuel, caractérisé par un déchaînement des affirmations identitaires qui rend difficiles toute coexistence harmo­nieuse et tout véritable débat. Dérèglement économique et financier, qui entraîne la planète entière dans une zone de turbulences aux conséquences imprévisibles, et qui est lui-même le symptôme d'une perturbation de notre système de valeurs. Dér... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
andman
27 décembre 2015
L’année 2015 avec son lot de malheurs est dans le droit fil de ses devancières et confirme, s’il en était besoin, l’impression générale d’un 3ème millénaire débutant sous de fâcheux auspices.
L’homme de la rue est abreuvé en temps réel de nouvelles du monde entier qui se télescopent à la une de l’actualité. Démêler le vrai du faux n’est pas chose aisée et le savoir d’un homme de lettres est souvent le meilleur antidote à un début de perplexité.
Paru en 2009, “Le dérèglement du monde” de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf est à ce titre éclairant.
Le maître-mot de cet essai est celui de “légitimité”. S’appuyant sur une analyse très fine des relations Nord-Sud post seconde guerre mondiale, l’auteur affirme :
“La légitimité, c’est ce qui permet aux peuples et aux individus d’accepter, sans contrainte excessive, l’autorité d’une institution, personnifiée par des hommes et considérée comme porteuse de valeurs partagées.”
De la légitimité morale dont se croient investis les Etats-Unis du fait de leur prééminence à la crise de légitimité que vivent aujourd’hui les Arabes, Amin Maalouf s’appuie sur un véritable travail d’historien avec le Moyen-Orient pour domaine de prédilection.
Son inquiétude quant à la montée en puissance des communautarismes se complaisant dans le radicalisme religieux est très vive. La cassure entre l’Occident et le monde arabo-musulman semble difficilement réparable à court terme et la fin de “la trop longue Préhistoire” que l’auteur appelle de ses vœux n’est assurément pas pour tout de suite.
Il égrène pourtant en conclusion un certain nombre de facteurs d’espoir permettant de conjurer la régression qui s’annonce.
“Le dérèglement du monde” n’a pas pris une ride depuis six ans. Cette synthèse géopolitique se rapportant à l'histoire contemporaine, écrite avec un souci évident de vulgarisation, permet de terminer cette triste année 2015 avec peut-être un peu moins de questionnements sur le village global qu’est devenue la planète.
Rien n’est pire qu’un excès de pessimisme. Nous n’avons pas le choix : il faut croire en l’Homme coûte que coûte !
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nadejda
29 mars 2011
Ce n'est pas une critique ni une analyse que je vais faire de ce livre. Je voudrais seulement, à la suite de Dominique "ivre de livres" (pour les identités meurtrières) et d'autres, conseiller la lecture du "Dérèglement du monde" et de celui qui précède car ce sont deux livres qui éclairent de manière ouverte, avec une analyse fine et abordable par tous, les événements nationaux et mondiaux qui se déroulent en ce moment. Ils permettent de ne pas juger de manière manichéenne. Amin Maalouf reste toujours très objectif dans ses études des problèmes du monde actuel expliqués au regard d'un passé qu'on a une fâcheuse tendance à occulter.
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JeanPierreV
28 mars 2016
Un titre « coup de poing », et un auteur qui m'a séduit chaque fois que j'ai ouvert un de ses livres…il n'en fallait pas plus pour m'attirer quelques mois après les attentats de Paris…et pendant cette lecture j'apprends les attentats de Bruxelles…
Le Maître-mot de ce livre est « Pourquoi? » Pourquoi en sommes nous arrivés à ces guerres, à cette violence, à ces dérèglements climatiques.. ?
En effet : « Nous sommes entrés dans le nouveau siècle sans boussole. Dès les premiers mois, dès événements importants se produisent, qui donnent à penser que le monde connaît un dérèglement majeur, et dans plusieurs domaines à la fois – dérèglement intellectuel, dérèglement financier, dérèglement climatique, dérèglement géopolitique, dérèglement éthique »
Alors Amin Maalouf, Homme sage et érudit recherchant le dialogue entre les civilisations s'appuie sur une bibliographie importante et sur sa connaissance du Moyen Orient, pour poser le problème et tenter de comprendre et de nous faire comprendre : « D'une manière ou d'une autre, tous les peuples de la terre sont dans la tourmente. Riches ou pauvres, arrogants ou soumis, occupants, occupés, ils sont – nous sommes – embarqués sur le même radeau fragile, en train de sombrer ensemble. Cependant nous continuons à nous invectiver et à nous quereller sans nous soucier de la mer qui monte »
A aucun moment il ne cherchera à désigner LE coupable de ces dérèglements climatiques, culturels, sociologiques, religieux. La responsabilité est collective : Colonialisme, poids et influence démesurés des Etats-Unis, politique de dirigeants Arabes et musulmans, consommation du monde occidental, poids des idéologies, gaspillage de notre intelligence collective, religions, immigrations et politique d'accueil des immigrés, importance donnée à l'argent… Aucune de ces causes n'est exclusive, aucune ne peut être montrée du doigt et expliquer à elle seule ce dérèglement actuel de notre monde, elles sont souvent imbriquées et interdépendantes.
Connaissant bien le Moyen Orient où il est né et qu'il a quitté il y a quarante ans, Amin Maalouf, nous détaille ces guerres et ces politiques menées par Israël, par les dirigeants musulmans, depuis Kemal Atatürk qui réussit à occidentaliser la Turquie, à lui faire abandonner l'écriture arabe, jusqu'à Saddam Hussein en passant par Nasser et le Shah d'Iran…une longue suite de succès en Turquie et d'échecs ailleurs, d'échecs qui créent la rancoeur, des échecs dus à la fois à la politique de ces dirigeants et à des fautes de l'Occident, fautes parmi lesquelles il note la politique coloniale de la France ou de l'Angleterre, prônant des valeurs, prêchant la démocratie chez eux et incapables de les appliquer dans leurs colonies.« Contrairement à l'idée reçue, la faute séculaire des puissances européennes n'est pas d'avoir voulu imposer leurs valeurs au reste du monde, mais très exactement l'inverse : d'avoir constamment renoncé à respecter leurs propres valeurs dans leurs rapports avec les pays dominés » (P. 62). Un rappel historique très documenté, bougrement intéressant, notamment sur la politique de ces dirigeants arabes .

La politique américaine n'est pas non plus étrangère à ces dérèglements…les quelques bulletins de vote qu'il a fallu examiner à la loupe et qui ont permis élection de George Bush ont été déterminants…Guerre ou pas guerre….Quelques américains ont changé pour toujours la face du monde, et depuis « Chaque élection américaine sera l'occasion d'un psychodrame planétaire » (P. 104). Une image de Guantanamo, centre de torture reconnu par le gouvernement américain – Première fois qu'un gouvernement officialise la torture! – peut aussi par sa violence perçue dans le monde musulman, créer une autre violence incontrôlable en retour…un monde en permanence sur le fil du rasoir

La religion, devenue facteur identitaire, est également source d'incompréhension et de division entre les hommes. Nombreux sont ceux et celles qui sont d'abord musulmans ou chrétiens avant d'être citoyen d'un pays. S'il ne viendrait pas à l'idée d'un pape de revenir sur une décision prise par l'un de ses prédécesseurs, il n'en est pas de même en ce qui concerne le monde musulman, qui n'est pas organisé hiérarchiquement comme l'est la religion catholique, et dans lequel une fatwa plus rigoriste d'un imam peut annuler une autre fatwa prise par un autre imam. « C'est l'absence d'une institution «papale» capable de tracer la frontière entre le politique et le religieux qui explique à mes yeux, la dérive qui affecte le monde musulman, plutôt qu'une directive divine instaurant la confusion des genres » (P. 227-8)

L'actualité confirme, si besoin était, que ce « coup de poing sur la table » donné par cet honnête homme Amin Maalouf, conserve toute sa pertinence. Il est dommage qu'il ne soit pas mieux connu, que chacun de ses aspects, notamment ceux relatifs à la politique d'intégration des immigrés, ne soient pas discutés, ne soient pas connus par chacun de nous. Ils prouvent si besoin était la grandeur d'âme et l'ouverture d'esprit de l'écrivain, de l'homme.

Un livre dont il faut parler, un morceau de bravoure qui tout d'abord permet à chacun d'apprendre, de réfléchir, de ne pas avancer des solutions simplistes du type « Y a qu'à » ou « Il faudrait » en réponse à la complexité des problèmes, un ouvrage qui devrait donner lieu à des échanges, dans nos vies, dans nos cités, des échanges pour beaucoup mieux se connaître et tenter à partir de là de se comprendre et s'accepter, pour que notre regard sur les autres change : « Il n'y a plus d'étrangers en ce siècle, il n'y a plus que des compagnons de voyage » (P. 205)

Un livre indispensable si nous voulons tous balancer du bon côté : « Je balance entre l'extrême inquiétude et l'espoir » (P. 277)
Lien : http://mesbelleslectures.com..
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IreneAdler
03 juin 2013
Amin Maalouf n'est pas pessimiste. Juste inquiet. Bon, très inquiet. de voir qu'une seule puissance souffler le chaud et le froid sur le monde, détruit et est incapable de reconstruire. de voir monter la frustration des pays musulmans (et celle des diasporas). Frustration violente et sanglante. Que l'Europe n'arrive pas à retrouve une place dans le concert des nations depuis la chute du bloc communiste.. Il déplore la montée des des peurs, les crispations identitaires et religieuses partout dans le monde, l'abandon des valeurs universelles. le refus du dialogue entre l'Occident et l'Orient.
C'est une très bonne analyse de ce qui se passe autour de nous, qui bien souvent nous échappe : frustration, crispation, désespoir. le sujet est beaucoup plus vaste que Les Identités Meurtrières ; plus grave et plus urgent aussi. Il en dépend peut-être de la paix des années qui viennent, pour éviter d'autres foyers de violence. La vie tout court, au vue de l'urgence climatique.
Les ferments d'un changement positif sont là, il n'y a qu'à les exploiter ; apprendre à connaître "l'Autre" (nous sommes tous l'autre de quelqu'un), à dialoguer, à s'ouvrir au monde, à sortir de nos contradictions. de notre mépris.
Et vite !
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Drych
12 janvier 2016
Quelle analyse à la fois humble, limpide, lucide et talentueuse des enjeux de notre société. La réflexion qu'elle suscite est essentielle. Cet ouvrage date de 2010 et pourtant il a conservé toute son actualité et aurait pu être écrit hier. Malgré l'optimisme forcené de l'auteur, l'état des lieux est malheureusement sombre et au delà du constat, la voie d'un avenir radieux est étroite. Mais ce constat est déjà une étape et je vous invite vivement à lire ce livre et à le faire connaître. Il est relativement court, simple, très bien écrit et passionnant.
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Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda26 mars 2011
Contrairement à l'idée reçue, la faute séculaire des puissances européennes n'est pas d'avoir voulu imposer leurs valeurs au reste du monde, mais très exactement l'inverse : d'avoir constamment renoncé à respecter leurs propres valeurs dans leurs rapports avec les peuples dominés. Tant qu'on n'aura pas levé cette équivoque, on courra le risque de retomber dans les mêmes travers.
La première de ces valeurs, c'est l'universalité, à savoir que l'humanité est une. Diverse, mais une. De ce fait, c'est une faute impardonnable que de transiger sur les principes fondamentaux sous l'éternel prétexte que les autres ne seraient pas prêts à les adopter. Il n'y a pas des droits de l'homme pour l'Europe, et d'autres droits de l'homme pour l'Afrique, l'Asie, ou pour le monde musulman. Aucun peuple sur terre n'est fait pour l'esclavage, pour la tyrannie, pour l'arbitraire, pour l'ignorance, pour l'obscurantisme, ni pour l'asservissement des femmes. Chaque fois que l'on néglige cette vérité de base, on trahit l'humanité, et on se trahit soi-même.
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JeanPierreVJeanPierreV28 mars 2016
Si nous tenons à préserver la paix nos villes, dans nos quartiers, comme sur l’ensemble de la planète, si nous souhaitons que la diversité humaine se traduise par une coexistence harmonieuse plutôt que par des tensions génératrices de violence, nous ne pouvons plus nous permettre de connaître «les autres» de manière approximative, superficielle, grossière. Nous avons besoin de les connaître avec subtilité, de près, je dirais même dans leur intimité. Ce qui ne peut se faire qu’à travers leur culture. Et d’abord à travers leur littérature. L’intimité d’un peuple, c’est sa littérature. C’est là qu’il dévoile ses passions, ses aspirations, ses rêves, ses frustrations, ses croyances, sa visions du monde qui l’entoure , sa perception de lui-même et des autres y compris de nous-mêmes. Parce qu’en parlant des «autres» il ne faut jamais perdre de vue que nous-mêmes, qui que nous soyons, nous sommes aussi «les autres» pour tous les autres » ( P. 206)
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gflorens84gflorens8415 mars 2012
Nous commençons peut-être à sortir [...] d'une ère sinistre où il était de bon ton de cracher sur la culture et de faire de l'inculture un gage d'authenticité. Une attitude populiste qui, paradoxalement, rejoint celle de l'élitisme, dans la mesure où, dans un cas comme dans l'autre, on accepte implicitement l'idée selon laquelle la "population" aurait des capacités limitées, qu'il ne faudrait pas lui demander trop d'efforts intellectuels, qu'il suffirait de lui fournir des caddies bien remplis, quelques slogans simplistes, et des amusements faciles, pour qu'elle demeure béate, tranquille et reconnaissante. Et que la culture doit rester l'apanage d'une infime minorité d'intiés.
Il s'agit là d'une conception méprisante et dangereuse pour la démocratie. Parce qu'on ne peut pas être un citoyen à part entière, ni un électeur responsable, si on se laisse passivement manipuler par les propagandistes, si l'on se laisse enflammer ou calmer selon le bon vouloir des gouvernants, si l'on se laisse docilement entrainer dans des aventures guerrières. Pour pouvoir décider en connaissance de cause, surtout dans un pays dont les orientations déterminent dans une large mesure le sort de la planète, un citoyen a besoin de connaître, en profondeur et avec subtilité, le monde qui l'entoure. S'accommoder de l'ignorance, c'est renier la démocratie, c'est la réduire à un simulacre.
Pour toutes ces raison, [...] je suis persuadé que notre échelle des valeurs ne peut aujourd'hui se fonder que sur la primauté de la culture et de l'enseignement. Et que le XXI°, pour reprendre la phrase déjà citée, sera sauvé par la culture, ou bien il sombrera.
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PhilochardPhilochard18 août 2015
Nul ne prétendra, je suppose, que les papes ont été, à travers l'Histoire, les promoteurs de la liberté de pensée, de l'avancement social, ou des droits politiques. Pourtant, ils l'ont été ; indirectement, et comme par ricochet, mais de puissante manière. En faisant contrepoids aux tenants du pouvoir temporel, ils ont limité l'arbitraire royal, rabattu l'arrogance impériale, et ménagé de ce fait un espace de respiration à une frange significative de la population européenne, notamment dans les villes. C'est dans cet interstice entre deux absolutismes que s'est lentement développé l'embryon de la future modernité qui allait un jour ébranler les trônes des monarques et l'autorité des souverains pontifes. [...]
Dans le monde musulman [...] en l'absence d'une autorité ecclésiastique musclée et reconnue comme légitime, les conceptions les plus radicales se propagent régulièrement parmi les fidèles sans qu'on parvienne à les contenir. Aujourd'hui comme hier, toute contestation politique ou sociale peut se servir impunément de la religion [...].
C'est l'absence d'une institution "papale" capable de tracer la frontière entre le politique et le religieux qui explique, à mes yeux, la dérive qui affecte le monde musulman, plutôt qu'une "directive divine" instaurant la confusion des genres.
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PhilochardPhilochard18 août 2015
L'une des conséquences les plus néfastes de la mondialisation, c'est qu'elle a mondialisé le communautarisme. La montée des appartenances religieuses au moment même où les communications se globalisaient a favorisé le regroupement des hommes en "tribus planétaires" [...]. Notamment dans le monde musulman, où l'on observe un déchaînement des particularismes communautaires, qui a trouvé sa manifestation la plus sanglante dans le conflit entre sunnites et chiites d'Irak ; mais où l'on observe aussi une forme d'internationalisme qui fait qu'un Algérien ira se battre en Afghanistan, un Tunisien en Bosnie, un Égyptien au Pakistan [...]. Ce double mouvement de cloisonnement et de décloisonnement n'est pas le moindre des paradoxes de notre époque.
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