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ISBN : 2253097829
Éditeur : Le Livre de Poche (23/02/1994)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 314 notes)
Résumé :
Que peut-il arriver lorsque des sortilèges millénaires se conjuguent à une science moderne aussi performante que dépourvue d'éthique ? Au départ, il y avait de mystérieuses fèves, réputées favoriser les naissances de garçons, trouvées par le narrateur sur un marché égyptien. Puis ce fut la raréfaction, un peu partout, des naissances féminines. Commença alors l'épopée d'un homme passionnément attaché à la "féminité du monde" ...


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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  11 avril 2018
Bien que ses romans se lisent facilement, Amin Maalouf n'est pas pour moi un auteur mineur. Il fait partie dans mon parcours de lecture personnel et depuis quelques années de cette galerie d'auteurs humanistes qui racontent, pour les avoir observés autour du monde et dans L Histoire, les petits héroïsmes et grandes misères des hommes. Pour autant, ses romans s'appuient sur des faits réels, mais n'ont rien de réalistes ; ils me semblent devoir se lire comme des fables, des romans initiatiques mêlant réflexion morale et poésie vécue dans le monde.
Né à Beyrouth, ayant grandi en Egypte dans une éducation multireligieuse turque, chrétien maronite, protestante, complétée chez les jésuites, il est devenue journaliste international, avant de devoir fuir le Liban en guerre, pour la France, en 1976. Influencé, entre autres, par Thomas Mann, Albert Camus, tolstoï, Yourcenar, Dickens ou Stefan Zweig, ainsi que par Omar Khayyam, Amin Maalouf a écrit son oeuvre en France et en français, tout en voyageant beaucoup, et a obtenu les palmes académiques.
Ce parcours marque fortement ses romans d'un message d'humanisme et de tolérance. On retrouve également dans ses romans, dont le cadre est en général le Moyen Orient, l'Afrique et le bassin méditerranéen, une influence de la tradition orientale du conte et des récits de voyages, au travers d'une langue riche et poétique, et jusque dans la construction de ses phrases. L'usage de la narration polyphonique est mise au service d'une mise en perspective multiple des points de vue identitaires des personnages. Dans tous ses romans, Amin Mmalouf semble se vivre comme médiateur culturel entre l'occident et l'orient méditerranéens... et c'est passionnant !
Fida Dakrouv écrivait ainsi en Juillet 2014 : "Dans le roman d'Amin Maalouf, c'est tout l'« Orient » qui semble parler, l'Orient musulman comme l'Orient chrétien byzantin et sassanide, soit horizontalement, à travers ses régions géographiques, de la ville de Grenade en Andalousie musulmane et du Maghreb (léonl'africain5) jusqu'à Samarkand en Asie centrale et au Mashreq (Samarcande) ; soit verticalement à travers ses époques historiques, c'est-à-dire de Ctésiphon au IIIe siècle (Les Jardins de lumière) jusqu'à Beyrouth au XXe siècle (Les Échelles du Levant).
... et en effet, les amateurs de romans historiques n'auront rien à envie aux aficionados de récits de voyages. Appartenant aux deux castes, je me suis trouvé comblé par la lecture de ses récits, "dévorés" en quelques jours sans pouvoir décrocher de ma lecture.
Le Premier Siècle après Bérénice n'est sans doute pas le roman le plus représentatif de cette réflexion de l'auteur sur la tolérance multiculturelle, mise en perspective dans L Histoire. En effet, ce court roman de 140 pages est au contraire un roman de science fiction, ou d'anticipation.
Le thème nous projette dans un futur proche ou un "substance" se répandant dans les pays du tiers monde, menaçant même le monde des pays riches, qui permettrait de choisir sans faillir le sexe d'un enfant. Confrontée à la préférence séculaire pour l'individu mâle de la plupart des sociétés traditionnelles, cette (nouvelle) production toxiques du capitalisme mondial vient à mettre en danger l'Humanité toute entière.
Le narrateur, professeur, nous raconte dans un récit chronologique les efforts désespérés de son couple avec la journaliste Clarence (ou Cassandre...) pour faire prendre conscience du danger aux foules et aux puissants de ce monde. Pour savoir s'il parviendront à leurs fins, lisez le roman...
Bien entendu, le titre du roman fait sens : Bérénice, fille du narrateur, mère en puissance, incarne la femme en général, et Maalouf nous rappelle -ce dont je suis également intimement convaincu que la femme reste -chaque jour et en tout temps- "l'avenir de l'homme".
Même s'il s'essaie dans ce roman de science fiction à un "genre" différent, le message humaniste de Maalouf reste le même. Dans un cadre contemporain de confrontation idéologique et culturelle, il replace des enjeux éthiques fondamentaux, face à une économie-monde inégalitaire,consumériste, scientiste et déstructurante. Il nous rappelle l'importance des "ancrages", des repères culturels locaux -traditionnels ou reconstruits- et familiaux, des rites d'interaction dont parle Erving Goffman, dans la construction des individus et des sociétés... pour le meilleur ou pour le pire...
Lire Maalouf est une expérience immersive ! Cette immersion-là mêle science fiction, sociologie, ethnologie et politique internationale ! Cinq étoiles pour moi !!!
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Erveine
  21 mars 2016
C'est le premier siècle après Béatrice qui va nous situer dans le temps et constituer le titre du roman. Si nous devions le résumer en une seule phrase, nous pourrions dire que : pour avoir occulté le Sud, nous avons perdu le Nord. La mémoire y est apocryphe et le narrateur s'attache à impliquer le lecteur à l'intérieur du texte afin de l'orienter vers une réalité perceptuelle, bien qu'elle soit à venir, en vérité. La datation évolue à partir de la naissance de Béatrice, la fille d'un éminent professeur, spécialiste des coléoptères, dont le sisyphus, ce qui nous amène au commencement, en Egypte. On y parle de fèves, qui sont vendues sur les marchés d'Orient, puis du pouvoir d'une certaine « substance » qui aurait la propriété d'influer sur la naissance, mais plutôt celles des garçons que celles des filles, ce qui a pour conséquence, à terme, de déréguler l'harmonisation et le partage qui s'opéraient naturellement, entre les sexes. Influences Nord-Sud donc, puis finalement Sud-Nord, archaïques les unes ou modernes les autres, puis vice-versa mais tout aussi néfastes et débouchant sur un fléau, voire plus, selon les différentes lectures que propose cet ouvrage.
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kuroineko
  15 décembre 2018
J'ai découvert l'auteur Amin Maalouf à l'université avec le premier siècle après Béatrice. Vivement recommandé par un ami, je n'ai même pas cherché à lire le résumé en quatrième de couverture. Au vu de l'illustration de la première, je m'attendais à un roman historique. La surprise n'en fut que plus grande.
J'ai tout de suite aimé la belle écriture d'Amin Maalouf qui m'a emportée dès les premières lignes.
Quant à l'histoire proprement dite, il se base sur la tendance traditionaliste des familles à vouloir des garçons pour perpétuer le nom. Il n'invente rien à ce propos, il suffit de lire les chiffres sur le féminicide infantile pour s'en convaincre.
Or, voilà qu'on découvre une matière qui permettrait aux femmes enceintes de ne donner naissance qu'à des fils. Une belle aubaine pour qui vendra ce produit. Et des conséquences gravissimes pour la natalité et même, le devenir de l'humanité.
Profondément humaniste, Amin Maalouf se sert de la fiction romanesque pour interroger sur l'eugénisme et l'éthique, sur la place des femmes et leurs rôles dans le monde et sur les dangers du traditionnalisme exacerbé.
Avec cette intrigue d'anticipation, je me trouvais bien loin du roman historique. Ce livre m'a fortement ébranlée en montrant ce vers quoi l'orgueil masculin dans ses extrêmes pourrait tendre. Tensions et violences en découleraient forcément et ne seraient qu'un premier pas vers la chute. Mémorable ouvrage.
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Myriam3
  01 octobre 2015
Le narrateur, au Caire pour une conférence sur les insectes, découvre par hasard les fèves de scarabée, produit miracle pour la libido des hommes ayant comme second effet d'empêcher la gestation de bébés-filles; Il fait part de sa découverte à Clarence, jeune journaliste ambitieuse dont il tombe amoureux et avec laquelle il aura la fille dont il a toujours rêvé: Béatrice. Cette naissance marquera, fortuitement, le début d'une nouvelle ère, par la révélation de la régression sans précédent de naissances féminines sur terre.
Amin Maalouf part de cette hypothèse: qu'adviendra -t'il de nos sociétés si le nombre de femmes diminue drastiquement?
Tout le roman se construit sur la révélation que la Terre court à sa perte à cause de cette substance, par le regard d'un groupe de scientifiques résolu d'en avertir les Terriens afin de limiter l'impact que causera cette société dépourvue de femmes.
Si j'ai suivi le début du roman avec intérêt, j'avoue que la deuxième moitié, que j'ai trouvé confuse, m'a plutôt ennuyée... où veut-il en venir? Que va-t'il vraiment se passer? J'ai fini par trouver le style pompeux et j'ai fini le livre parce qu'il était court mais y ai trouvé peu d'intérêt une fois l'intrigue établie...
Mais je pense, après cette deuxième lecture, que je ne fais pas partie des bons lecteurs d'Amin Maalouf, et j'en resterai sans doute là.
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araucaria
  24 mars 2013
Ce roman d'anticipation évoquant un futur proche où la natalité sera sélective et ou le sexe masculin sera privilégié, n'est pas mon roman préféré de Amin Maalouf. Je n'y ai pas retrouvé la poésie qui m'avait séduite dans "Les échelles du Levant". Un livre correct sans plus... qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Rendez-vous manqué avec le thème et avec l'auteur.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   21 mars 2013
La sagesse est la vertu oubliée de notre temps. Un savant qui n'est pas aussi un sage est, soit dangereux, soit, dans le meilleur des cas, inutile.
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adonisosadonisos   21 juin 2009
Je l’avais appelée dès la parution de son article, nous nous étions vus, parlés, murmurés, tenus retenus, aimés, sans gâte mais sans délais, comme si nous avions pris date depuis l’aube des créatures. Amoureux, l’un et l’autre, ravis, incrédules, soudain espiègles, adultes resquilleurs au paradis des gamains. Je sais, pour avoir observé les espèces, que l’amour n’est qu’une ruse de survie ; mais il est doux de fermer les yeux.

Laisse couler tes larmes, cette nuit, mais demain tu recommenceras à te battre. On n’est jamais vaincu que par sa propre amertume.

Je pense que tout au long de nitre amitié, j’ai « déposé » des idées entre les oreilles d’André, comme on se décharge d’un poids, ou comme on laisse tomber un grain sur un sol familier. Dans sa tête rien ne se perdait, tout cheminait, et quand je croisais à nouveau mon idée, ele avait acquis racines et branches : souvent aussi elle s’était épurée, à en devenir méconnaissable.

J’ai eu l’occasion d’observer comment l’humanité utilise les moyens les plus modernes au service des causes les plus éculées. On se sert des armes de l’an 2000 pour régler des conflits qui remontent à l’an 1000.

Par ta faute, mon corps sera difforme. Difforme, un ventre qui s’arrondit comme la terre ? Difformes des seins qui s’irriguent de lait, qui tendent leurs lèvres brunes vers les lèvres de l’enfant, des brasqui serrent la chair contre la chair et ce incliné ?

Et ici, chez nous, qu’avons nous fait ? Nous nous sommes abondamment égorgés, pilonnés, gazés, avec fureur, jusqu’au beau milieu du vingtième siècle. Puis, un jour, repus, assagis, fatigués, quelque peu vieillis, nous nous sommes assis sur le plus confortable fauteuil en hurlant à la cantonade « Et maintenant, tout le monde se calme ! » Eh bien non, vois-tu, tout le monde ne se calme pas en même temps que nous. Il y a un peu partout des Alsaces-Lorraine, des querelles de papistes et de huguenots, tout aussi absurdes que l’ont été les nôtres, tout aussi meurtrières : i
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latracelatrace   03 décembre 2010
"— Est-ce moi que tu aimes ou ta fille?
— C'est le monde entier que j'aime en cet instant, mais c'est à ton corps que j'ai envie de l'exprimer.
— Par ta faute, dans quelques mois, mon corps sera difforme.
— Difforme, un ventre qui s'arrondit comme la terre? Difformes des siens qui s'irriguent de lait, qui tendent leurs lèvres brunes vers les lèvres de l'enfant, des bras qui sers la chair contre la chair, et ce visage incliné? Dieu, c'est la plus belle image qu'un mortel puisse contempler. Viens!
C'est à ce moment que, dans les films pudiques, une lampe s'éteint, une porte se ferme, un rideau se rabat. Et dans certains livres, une page se tourne, mais lentement, comme doivent tourner ces minutes, lentement, et sans autre son qu'une toile qui frémit."
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candlemascandlemas   11 avril 2018
Nous le savons à présent, les moyens d'information répandent l'inconscience aussi sûrement que la lumière répand l'ombre ; plus le projecteur est puissant, plus l'ombre est épaisse.
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araucariaaraucaria   20 mars 2013
Nous ne sommes pas des invités sur cette planète, elle nous appartient autant que nous lui appartenons, son passé nous appartient, de même que son avenir."
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Videos de Amin Maalouf (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amin Maalouf
Bienvenue dans le premier CRASH TEST BIBLI ! Dans ce nouveau rendez-vous sur la chaîne, je vais vous parler de tous les livres que j'emprunte en bibliothèque (où je vais quasiment tous les samedis...) Romans contemporains, classiques, français, étrangers, BDs, mangas, essais... tout y passera :-)
? Chronique des Désorientés d'Amin Maalouf : http://ulostcontrol.com/les-desorientes-amin-maalouf/
? Blog : http://ulostcontrol.com/
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