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ISBN : 2253115940
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Il était une fois deux frères, Gebrayel et Botros, nés dans ce Liban de la fin du XIXe siècle encore partie intégrante de l'Empire ottoman.

Le premier rêve de conquérir le monde et quitte l'Orient natal pour faire souche à Cuba.

Le second, homme de pensée et de livres, reste au pays.

Ainsi commence la saga des Maalouf, sédentaires ou nomades, emportés par l'histoire dans une diaspora familiale, et que relient, du Brési... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
JeanPierreV
  29 juillet 2016
Face à une malle remplie de courriers familiaux divers Amin Maalouf écrira : "Moi qui étais venu chercher en ce lieu une clé pour ma porte, je voyais de dresser devant moi mille portes sans clés. Que faire de cet amas de vieux papiers ? Je ne pourrai jamais rien écrire à partir de cela ! Et, ce qui est pire : tant que ces reliques encombreront ma route, je n'écrirai rien d'autre non plus.".
Et commence pour l'auteur un long travail de tri et de recoupements de courriers, de télégrammes, de photos, pour comprendre ce passé familial, l'histoire de son grand père et de son frère, son grand oncle. Une enquête minutieuse, associée à ses souvenirs, aux conversations avec ses parents, pour comprendre et nous faire partager cette histoire familiale mais aussi une partie de cette histoire de l'immense Turquie, qui s'étendait avant la Première Guerre mondiale bien au delà de ses frontières actuelles...c'était avant la création des actuels Syrie, Irak, Liban, Palestine, Jordanie, Yemen, de la Grèce dans ses frontières d'aujourd'hui....
C'était un vaste territoire de tolérance dans lequel la religion était une affaire personnelle, où chaque religion était acceptée, plusieurs religions pouvant se côtoyer au sein d'une même famille, d'un même couple...comme dans toute la famille d'Amin Maalouf.
C'était il y a un siècle.
Deux frères aux profils différents, un grand père poète, amoureux des mots, de culture, de la Connaissance et d'éducation, créant des écoles ouvertes au plus grand nombre, dans l'actuel Liban, et un oncle, cherchant à s'enrichir, parfois par tous moyens, au delà des frontières en Amérique et à Cuba. Deux frères qui entretiennent avec les leurs et entre-eux une correspondance importante, correspondance d'amour et de querelles parfois.
Amin Maalouf ira à leur rencontre, courra le monde pour retrouver dans les archives des États américains, ou cubains la trace de leur arrivée, de leur passage, de leur vie, et dans les journaux de l'époque, l'histoire de leur vie, de leur mort, traces, courriers et vieux bâtiments qui lui permettront de mieux connaître ainsi la mémoire de la famille Maalouf, une famille ouverte sur le Monde.
Que reste-t-il de ce passé de cette fortune de son grand oncle..les problèmes familiaux sont passés par là...les décès brutaux ont exacerbé l'avidité de certains....dans cette famille aussi
L'occasion pour nous de lire un roman familial d'amour et de découverte du passé
J'ai lu ce livre, ces moments d'histoire familiale et d'Histoire avec grand plaisir, l'écriture d'Amin Maalouf attaché à ses racines est toujours aussi envoutante, et je l'ai quitté avec un sentiment de vide : que sais-je de mes grands-parents, de mes grands oncles et tantes..? Je ne dispose malheureusement pas d'une correspondance importante, je n'en sais que ce que m'ont dit mes parents, je n'ai que ces souvenirs d'enfance faits de tendresse, et ces querelles familiales aussi...et que vais je faire pour le transmettre à mes enfants et petits-enfants ?
Je ne pense pas être le seul.
Parmi tous les extraits de livre qui m'ont touché je retiendrai ce passage qui devrait pousser chaque lecteur à être un trait d'union entre ses anciens et ses enfants : "La présence des vieilles personnes est un trésor que nous gaspillons en calories et boniments, puis nous restons à jamais sur notre faim ; derrière nous des routes imprécises qui se dessinent un court moment, puis se perdent dans la poussière. Certains penseront : Et alors ? Quel besoin avons-nous de connaitre nos aïeuls et nos bisaïeuls ? Laissons les morts, selon une formule galvaudée enterrer les morts et occupons-nous de notre propre vie ! Aucun besoin pour nous, il est vrai, de connaître nos origines. Aucun besoin non plus pour nos petits-enfants de connaitre ce que fut notre vie. Chacun de nous traverse les années qui nous sont imparties, puis s'en va dormir dans sa tombe. À quoi bon penser à ceux qui viendront après nous puisque pour eux nous ne serons plus rien. Mais alors si tout est destiné à l'oubli, pourquoi bâtissons-nous, et pourquoi nos ancêtres ont-ils bâti ? Pourquoi écrivons-nous, et pourquoi ont-ils écrit ? Oui dans ce cas pourquoi planter des arbres et pourquoi enfanter ? À quoi bon lutter pour une cause, à quoi bon parler de progrès, d'évolution, d'humanité, d'avenir ? À trop privilégier l'instant vécu on se laisse assiéger par un océan de mort. À l'inverse en ranimant le temps révolu, on élargit l'espace de vie. Pour moi, en tout cas, la poursuite des origines apparaît comme une reconquête sur la mort et l'oubli, une reconquête qui devrait être patiente, dévouée, acharnée, fidèle." (P. 259-60)

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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dido600
  18 mai 2016
Sous l'instigation d'un ami diplomate, Amin Maalouf troque sa plume d'écrivain contre celle de l'historien généalogiste. Cette fois, il ne s'agit pas de partir sur les traces d'un héros de légende ou les péripéties d'une histoire d'un peuple antique mais de sonder les dédales de la mémoire familiale.Amin Maalouf part dans cette aventure avec un formidable avantage qui lui permettra de mener à bien cette quête : il peut compter sur des archives abondantes conservées de génération en génération dans sa famille. Sa mère qui vivait entre le Liban et la France lui ouvrit une sorte de caverne d'Ali Baba où voisinent une profusion de photos, de lettres et d'autres documents. A partir de là avec la minutie de l'orfèvre, Amin Maalouf commence le long travail de dépouillement et de ventilation de tous les documents qui pourraient restituer une histoire familiale limpide expurgée de toutes les fioritures hagiographiques et mythiques.Dans ''Origines'' et au fil de la narration se dégage une figure quasi légendaire, c'est celle de ''Botros M. Maalouf''. Ce dernier est le grand père de l'écrivain.Botros, qui était né à la fin du 19e siècle, a vraiment marqué la grande famille des ''Maalouf'' par ses rêves de grandeur et ses ambitions qu'on pourrait qualifier d'utopiques. Il eut une formation religieuse mais prônait les valeurs humanistes de la révolution française qu'il essaya de transmettre à travers son sacerdoce dans l'enseignement. Innovateur, pétri de fantaisie et de modernisme, il fonda une école privée dans le mont Liban. Cette école ne sera pas du goût de l'église et devint la cible de toutes les attaques.Mais c'était sans compter sur la détermination de ''Botros'' qui contre vents et marées, il put maintenir la tête hors de l'eau. Ainsi au fur et à mesure que l'histoire progresse, apparaît une autre figure qui avait choisi de réussir dans les affaires : c'est '' Gebrayel '', le grand oncle de l'écrivain. Poussé par la précarité de la situation générale du Liban, il partit en Amérique pour faire fortune. Il y parviendra au prix de grands sacrifices à se faire un nom à Cuba. Une île accueillante où il faisait bon vivre. ''Gebrayel'' qui était un bon vivant, connut une fin tragique en perdant la vie au volant d'une voiture. Amin Maalouf, là aussi part à la trace de ce grand oncle en se rendant à la Havane. Dans cette ville Cubaine aux charmes incontestables, rien ne subsiste de cette aventure familiale, à part une tombe et un petit fils. La fortune des Maalouf à Cuba a été engloutie par les affres du temps et la mauvaise gestion du beau frère du défunt. Dans ''Origines'' Amin Maalouf, a fait un travail remarquable par son objectivité et sa perspicacité. Dans cette entreprise périlleuse, à aucun moment, il ne sombra dans l'hagiographie ou la célébration des mythes. Un travail sur la mémoire familiale poignant, une quête de la vérité et un regard sans concession sur certains travers qui ont jalonnés la grande saga des Maalouf.
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miriam
  05 octobre 2014
Amin Maalouf, mène une enquête minutieuse, plus historien que romancier, à la recherche de son grand-père Botros.
« Puisqu'il ne servait plus à grand-chose d'interroger les vivants, j'allais interroger les morts. [….]N'y avait-il pas, dans l'armoire de ma mère, une malle ancienne qui bruissait de leurs voix ? »
Nous le suivons dans cette enquête, dans la Montagne libanaise, jusqu'à Cuba. Ses recherches le font remonter au milieu du 19ème siècle, époque du Rocher de Tanios – livre que j'ai beaucoup aimé. Elles rappellent un passé très ancien du temps des Omayyades où les princes brigands de la Montagne avaient imposé un tribut au calife de Damas.
Dans sa famille, on a beaucoup écrit et conservé les écrits. D'ailleurs Maalouf écrit ::
« Hommage à la tradition orale, entend-on souvenir ! Pour ma part, je laisse ces pieux ébahissements aux coloniaux repentis. Moi je ne vénère que l'écrit. »
Parole d'écrivain, mais aussi, en droite ligne de ces personnages qu'il évoque : maîtres d'école, journalistes, pourfendant l'ignorance et voulant étendre l'esprit des Lumières sur le Moyen Orient encore englué dans les traditions et les querelles religieuses. Ecole catholique ou protestante ? Botros est fier de son oeuvre : l‘Ecole Universelle où l'on accueille toutes les confessions et où on enseigne aussi bien l'Arabe que le Turc, l'Anglais que le Français.
« Des milliers de lettrés jeunes ou moins jeunes « complotaient » de la sorte dans ce même espoir de « dissiper les ténèbres »
Au détour du 20ème siècle s'ouvrent des perspectives, des rêves, des possibles « bâtir chez nous au Levant, nos propres Etats-Unis, une fédération des différentes provinces ottomanes »
C'est une grande leçon d'histoire : la fin de l'empire Ottoman, la révolution des Jeunes-Turcs de Salonique où prévalait aussi cet esprit des Lumières, jusqu'aux péripéties du Mandat français.
Origines complexes qui ne se limitent pas au village de la Montagne. On voyageait beaucoup. On s'exilait pour chercher fortune, en Egypte et aux Amérique. L'enquête se déroule aussi à La Havane où l'auteur cherche les maisons « familiales » de Gebrayel, le frère de Botros.
« Nous les âmes nomades, avons le culte des vestiges. Nous ne bâtissons rien de durable, mais nous laissons des traces ».


Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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tesdichiti
  18 novembre 2015
Amin MAALOUF est à la recherche des siens.
Une grande malle, pleine des archives (courriers, poèmes,…) de son grand-père, Botros, l'attend dans la maison familiale au Liban.
La famille est grande et beaucoup ont cherché fortune au quatre coins de la planète.
Amin MAALOUF racontera leur histoire en s'appuyant sur la vie de Botros, le marginal de la famille, poète, intellectuel, enseignant et humaniste. Botros qui est , peut être, celui qui a le plus rêvé de grands horizons mais qui est finalement resté au pays.
Nous découvrirons Gebrayel, son frère qui fit fortune à Cuba, qui invita son aîné à le rejoindre. Il perdra la vie dans son amour de la voiture et de la vitesse.
Nous serons au Liban, berceau familial, nous partagerons les difficultés de ces femmes en noir, mères, filles, soeurs, veuves suppléant dans le silence l'absence des hommes, élevant seules leurs enfants ; nous verrons les haines religieuses qui détruisent encore ce pays.
Tout s'éclairera pour l'auteur lors d'un voyage, un pèlerinage à Cuba ou il retrouvera les traces de Gebrayel, la légende de la famille.
Un bien beau livre.
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crapette
  02 décembre 2016
Je repique une partie de la critique de JeanPierreV : "Une enquête minutieuse, associée à ses souvenirs, aux conversations avec ses parents, pour comprendre et nous faire partager cette histoire familiale mais aussi une partie de cette histoire de l'immense Turquie, qui s'étendait avant la Première Guerre mondiale bien au delà de ses frontières actuelles...c'était avant la création des actuels Syrie, Irak, Liban, Palestine, Jordanie, Yemen, de la Grèce dans ses frontières d'aujourd'hui....
C'était un vaste territoire de tolérance dans lequel la religion était une affaire personnelle, où chaque religion était acceptée, plusieurs religions pouvant se côtoyer au sein d'une même famille, d'un même couple...comme dans toute la famille d'Amin Maalouf.
C'était il y a un siècle."
Cette lecture permet de revoir sa copie en matière d'histoire du proche orient et de géo-politique.
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critiques presse (1)
Bibliobs   25 octobre 2012
En puisant dans sa propre histoire, il parvient à capter ce qui se déroule dans la tête d'un exilé, qui songe constamment à ses origines, à ceux qu'il a connus et laisse très souvent (parfois très inconsciemment) son passé le hanter
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
ChezLoChezLo   12 janvier 2011
Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines, les hommes pas. Nous respirons la lumière, nous convoitons le ciel, et quand nous nous enfonçons dans la terre, c'est pour pourrir. La sève du sol natal ne remonte pas par nos pieds vers la tête, nos pieds ne servent qu'à marcher. Pour nous, seules importent les routes. Ce sont elles qui nous convoient - de la pauvreté à la richesse ou à une autre pauvreté, de la servitude à la liberté ou à la mort violente. Elles nous promettent, elles nous portent, nous poussent, puis nous abandonnent. Alors nous crevons, comme nous étions nés, au bord d'une route que nous n'avions pas choisie.
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JeanPierreVJeanPierreV   29 juillet 2016
En l'absence de tous les témoins, ou presque, j'étais forcé de tâtonner, de spéculer, et de mêler parfois, dans ma relation des faits, imaginaire, légende et généalogie - un amalgame que j'aurais préféré éviter, mais comment aurais-je pu compenser autrement les silences de ces archives ? Il est vrai que cette ambiguïté me permettait en outre de garder à ma pudeur filiale un territoire propre, où la préserver, et où la confiner aussi. Sans la liberté de brouiller quelques pistes et quelques visages, je me sentais incapable de dire «je». Tel est l'atavisme des miens, qui n'auraient pu traverser tant de siècles hostiles s'ils n'avaient appris à cacher leur âme sous un masque. (P. 42)
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tesdichititesdichiti   26 juin 2015
P161 Le nationalisme était exactement le contraire du patriotisme. Les patriotes rêvaient d’un Empire ou coexisteraient des peuples multiples, parlant diverses langues et professant diverses croyances, mais unis par leur commune volonté de bâtir une vaste patrie moderne qui insufflerait aux principes prônés par l’Occident la sagesse subtile des âmes levantines. Les nationalistes eux, rêvaient de domination totale quand ils appartenaient aux communautés minoritaires ; l’Orient misérable d’aujourd’hui est le monstre né de leurs rêves conjugués.
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ChezLoChezLo   12 janvier 2011
D'autres que moi auraient parlé de "racines"... Ce n'est pas mon vocabulaire. Je n'aime pas le mot "racines", et l'image encore moins. Les racines s'enfouissent dans le sol, se contorsionnenet dans la boue, s'épanouissent dans les ténèbres ; elles retiennent l'arbre captif dès la naissance, et le nourrissent aux prix d'un chantage : "Tu te libères, tu meurs !"
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dido600dido600   15 mai 2016
« Je suis d'une tribu qui nomadise depuis toujours dans un désert aux dimensions du monde. Nos pays sont des oasis que nous quittons quand la source s'assèche, nos maisons sont des tentes en costume de pierre, nos nationalités sont affaire de dates ou de bateaux. Seul nous relie les uns aux autres, par-delà les générations, par-delà les mers, par-delà le Babel des langues, le bruissement d'un nom... »
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Videos de Amin Maalouf (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amin Maalouf
Amin Maalouf vous présente son ouvrage "Le naufrage des civilisations" aux édition Grasset.
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