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EAN : 9782842614386
190 pages
Le Serpent à plumes (02/09/2003)
3.22/5   71 notes
Résumé :
« Que les choses soient claires : je ne souhaite pas être plus grand que l’Angoualima, ni me greffer des petits doigts, je veux être apprécié en fonction du résultat de mon geste criminel. Ne pouvant égaler les prouesses du Grand Maître, j'aimerais au moins être considéré comme son fils spirituel. Pour cela, j'en suis conscient, je dois encore travailler : tuer Germaine ce 29 décembre, c'est-à-dire dans deux jours, n'est qu'une étape vers ce couronnement. »
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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afriqueah
  29 novembre 2021

La police et la justice devraient remercier les assassins, dit le héros d'African psycho : c'est grâce à nous qu'ils trouvent du travail. « ils sont payés pour cela, c'est un peu grâce à des gens comme nous qu'ils gagnent leur vie. »
Il le répète tout au long du livre : pour s'instaurer assassin, il fait avoir des qualités supérieures aux êtres ordinaires.
Encore plus si on veut être reconnu comme tel.
Quelle humiliation ce serait qu'après enquêtes, recherches, spéculations, après tout ce temps passé à choisir une victime, et d'un, et de déterminer l'arme appropriée, et de deux*, après tout ce long travail, ce soit un autre à qui le crime est imputé ?
* pour donner une idée de la complication inutile : « il faut une autorisation pour posséder une arme ? Pourquoi pas pour les couteaux aussi ? Et nos ancêtres enregistraient-ils leurs sagaies empoisonnées ? .. Où va-t-on ? »

Rien n'est simple donc, d'autant que les rumeurs fausses courent, par exemple sur les têtes coupées alignées le long du fleuve par son idole le serial killer, et dénoncées comme une invention par certains citoyens qui ne voulaient pas payer d'impôt « sans que personne ne comprenne le lien qu'il y avait entre les impôts et les têtes des victimes ramassées sur la côte sauvage ».
De plus, comme tous les crimes sont imputés à cet Agoualima, il est devenu plus anodin de tuer et de voler, pas de risque de se faire prendre, ni vu, ni connu, je t'embrouille.
Alors, vu la situation dramatique, le préfet ouvre le CIA( Capture Immédiate d'Angoualima) que malheureusement il a dû fermer au bout d'une semaine : les dénonciations pullulent, les informations de celui qui avait vu quelqu'un qui avait vu quelqu'un qui avait vu ont formé une file d'attente de plusieurs jours.
Le maire du village, qui connaît personnellement le maire de Paris, et qui lui téléphone chaque jour, attend la visite de ce dernier d'un jour à l'autre.
Notre héros calcule l'heure la meilleure, la femme la plus appropriée, car certaines ne valent même pas la peine « je ne perdrais pas mon temps, dit-il, à les gratifier de la mort. Elles n'ont qu'à attendre de mourir à la suite d'une longue maladie, comme on dit à la radio »
Bien décidé, donc, sauf qu'une petite panne interlope, dommage, lui coupe ses effets, juste au moment où il s'apprête à violer et que sa « chose-là » refuse de se mettre au garde-à-vous, se rebelle et devient « molle comme une chenille de palmier batéké ».
Bref, rien ne marche, et lorsqu'un criminel reconnaît son crime, qu'il y a un témoin qui l'a vu de ses propres yeux vu…. Eh bien, non, ne croyez pas, ça ne suffit pas, on nous bassine encore avec le refrain sur la présomption d'innocence, le respect des libertés individuelles.
Où va-t-on ?
Je ne sais pas si American Psycho de Brett Easton Ellis écrit en 1991 est aussi drôle que la version congolaise de la Rue :Celui-qui-boit-de-l'eau-est-un–idiot. Monologuant /fantasmant sur ses futurs crimes, le héros de Mabanckou, loin du marketing new-yorkais et du monde de la finance, nous fait juste mourir de rire.
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PiertyM
  07 juillet 2021
Une version humoristique du mauvais vent des yankees qui a sévit à une certaine période la ville de Pointe-Noire. Certains noms des grandes figures de ces gangs ont fait parler d'eux par leurs actes criminels.
Dans African Psycho, Alain Mabankou nous peint le paysage d'un milieu sadique, cruel avec une légèreté qui rend la lecture plus facile, moins émotionnelle mais beaucoup captivante...
Sur ces faits criminels assez réels, l'auteur fait vivre un personnage beaucoup divergent, très controversé avec lui-même . En effet, Gregory veut devenir , se fait passer ou est simplement un criminel.... Il s'inspire de son maître déjà mort, le grand maître Angoualima vers qui il implore bénédiction et inspiration afin de devenir un grand criminel...
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MaggyM
  23 juin 2020

Grégoire Nakobomayo veut assassiner quelqu'un pour se rapprocher de son idole, le plus célèbre serial killer de son quartier de celui-qui-boit-de-l-eau-est-un-idiot. Mais devenir un assassin, ça ne s'improvise pas.
Si le pitch parait bien sympa au premier abord, cette lecture fut pour moi bien laborieuse. Toute la première partie consacrée à la vision idéalisée de Angoualima, un serial killer qui s'est récemment suicidé et que le personnage principal du roman considère comme son Grand Maître s'apparente presque à ces légendes qui s'échangent au coin du feu, les soirs de pleine lune.
Dans la suite, quand notre héros commence à organiser son premier meurtre, il semble qu'il tombe dans une espèce de transe. Je ne suis pas parvenue à adhérer au style de l'auteur qui a réussi l'exploit de nous servir une phrase longue de presque 10 pages !
Bref, je suis passée à côté.
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Charybde2
  18 mars 2013
Brillante réécriture de l' "American Psycho", explorant d'autres facettes de la folie du serial killer mondialisé...
Le cinquième roman d'Alain Mabanckou, publié en 2003, est un hommage et une profonde transcription / réécriture, au Congo contemporain, de l' "American Psycho" de Brett Easton Ellis paru en 1991. Monologuant plans et réflexions comme son prédécesseur, il introduit toutefois, là où le serial killer new-yorkais nourrissait sa psychopathie d'une exacerbation de la folie financière et marketing ambiante, une profonde différence, intégrant aussi dans le psychisme de son "héros" la conscience dévoyée de l'histoire, du surnaturel et des mauvais génies africains...
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valunivers
  22 décembre 2009
Grégory est un enfant “ramassé”, un orphelin. Ce qui pourrait être pour lui une belle histoire d'adoption, tourne au cauchemar le jour où son grand frère décide de le mettre à genoux pour qu'il fasse la femme. Greg, se montre alors habile et pour éviter le pire, se retourne contre son frère et s'enfuit dans les rues de Celui-qui-boit-de-l'eau-est-un-idiot.
Ne prenez pas en pitié Grégory, parce que c'est aussi un voyou…bon je vous l'accorde, c'est surtout un voyou raté dont les échecs en série nous font sourire. Greg, mettra tout en oeuvre pour devenir le plus grand tueur en série de Celui-qui-boit-de-l'eau-est-un-idiot. Plus grand encore que son maître spirituel “Le grand maître Angoualima” à qui il voue un culte sans borne et s'entretient avec son esprit au cimetière-des-morts-qui-n'ont-pas-droit-au-sommeil.
Chaque soir, Greg se recueille donc sur la tombe de son maître tout en mandiant des conseils dans l'espoir de le remplacer voire de devenir meilleur et surtout plus célèbre. Sa future victime, Germaine, est une ancienne prostituée qu'il a sorti de la rue pour en faire sa compagne.
African psycho dure le temps de la réflexion sur la procédure à tenir pour reussir en grande pompe ce meurtre qui rendra fière de lui son maître spirituel.
Dans ce roman très bien écrit, on se délecte des “fouarages” de Greg, on rit des situations coquasse dans lesquelles il arrive à se mettre.
Pour en discuter, c'est par ici
Lien : http://www.valunivers.fr/200..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
carrecarre   22 avril 2015
D'ailleurs, il y a des périodes ou nous sommes traversés par une idée d'éternité. Nous nous disons que nous avons le temps de tout accomplir. Et puis le corbillard qui passe, la mort du voisin, le crime entendu à la radio ou lu dans le journal nous rappellent notre condition de passager sur terre ...
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Charybde2Charybde2   09 avril 2013
J'ai décidé de tuer Germaine le 29 décembre. J'y songe depuis des semaines parce que, quoi qu'on dise, tuer une personne nécessite une préparation à la fois psychologique et matérielle. Je crois à présent être dans cet état d'esprit même si je n'ai pas encore choisi le moyen avec lequel j'accomplirai mon acte. C'est désormais une question de détail. Je préfère sur ce point pratique me laisser une marge de manœuvre et ajouter ainsi une dose d'improvisation à mon projet.

Non, je ne cherche pas la perfection, et loin de moi cette idée. En réalité, je n'aime pas prendre à la légère ce que j'entreprends, et ce n'est pas un meurtre qui me ferait changer ma façon de concevoir les choses...
Lorsque je lis les faits divers dans les quotidiens de notre ville, je constate qu'il n'y a pas de geste aussi simple que celui de mettre un terme à la vie de quelqu'un. Il suffit de se munir d'une arme quelle qu'elle soit, de tendre un guet-apens à la future victime et de passer enfin à l'acte. La police et la justice feront alors leur boulot en supputant sur les mobiles de l'auteur. Il arrive même que ces gardiens des lois attribuent du génie à un scélérat alors que son acte était d'une évidence mathématique et se serait passé de toute spéculation. Il faut bien qu'ils travaillent, les pauvres. Ils sont payés pour cela, et c'est un peu grâce à des gens comme nous qu'ils gagnent leur pain. Je me demande bien ce qu'ils diront de moi après que j'aurai commis mon crime. Le pire serait que ce forfait passe inaperçu. Il est clair que je n'envisage pas cette hypothèse humiliante. Sinon, à quoi m'auraient servi ces jours de réflexion pendant lesquels mes méninges s'emmêlaient à propos du choix de l'arme appropriée à ce crime à venir, au point que je m'étais presque retrouvé au bord d'une crise de nerfs ?
En fait, l'idéal pour moi serait de bénéficier d'une couverture médiatique aussi large que celle qu'aurait eue mon idole Angoualima, le plus célèbre des assassins de notre pays. De temps à autre, pour rendre grâce à son génie, pour le tenir au courant de mes actes ou rien que pour le plaisir de lui parler, je vais m'agenouiller devant sa tombe au cimetière des Morts-qui-n'ont-pas-droit-au-sommeil.
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afriqueahafriqueah   29 novembre 2021
Je m’étais dit que, vers minuit ou une heure du matin, pour meubler les plages horaires creuses pendant lesquelles on sature les oreilles des auditeurs avec de la musique traditionnelle des Pygmées de l’ancien Oubangui-Chari, on aurait fini .
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afriqueahafriqueah   29 novembre 2021
J’émets des doutes quant au théories qui prétendent expliquer le comportement des gens qui me ressemblent comme provenant d’un passé perturbé, d’une enfance corrompue. N’aurais-je donc aucune part de volonté dans ce que j’entreprends ? Toute ma vie a-t-elle été tracée d’avance, de sorte que je ne ferais que suivre un chemin indiqué par une force au-dessus de moi ? Laissez moi rire un moment !
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MabialaRolandNaguydemMabialaRolandNaguydem   19 avril 2020
"L'ignorance enfonce l'être humain dans les ténèbres, et qu'en revanche, chaque notion qu'il apprend le rapproche peu à peu de la lumière"
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Vidéo de Alain Mabanckou
Alain Mabanckou, directeur de la collection Points Poésie, nous présente l'ouvrage inédit de Dany Laferrière à paraître chez Points le 4 mars 2022. Une traversée nocturne de Port-au-Prince sous forme de grande odyssée poétique, entièrement dessinée en couleur.
Pour en savoir plus : www.editionspoints.com/ouvrage/dans-la-splendeur-de-la-nuit-dany-laferriere/9782757892824
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