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ISBN : 2021304531
Éditeur : Seuil (16/08/2018)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes)
Résumé :
À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
QPerissinotto
  15 septembre 2018
Pour ouvrir cette rentrée littéraire, on retrouve un auteur qui a su s'imposer comme l'un des grands romanciers francophones d'aujourd'hui : Alain Mabanckou. Il est un des rares écrivains contemporains à construire, livre après livre, une oeuvre. Avec Les cigognes sont immortelles, Alain Mabanckou se penche à nouveau sur l'histoire de son Congo natal, pour la rendre personnelle. Non pas autobiographique, mais personnelle dans le sens qu'il arrive à ancrer des enjeux politiques et sociétaux dans le quotidien d'un personnage de fiction, Michel, sans que ce soit démonstratif. Comme à son habitude, Mabanckou nous brosse le portrait d'un pays en pleine mutation historique sous un ton léger, parfois badin. À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Ces personnages, nous les avions découverts dans Demain j'aurai vingt ans ! Par petites anecdotes, on découvre la vie du quartier et ses habitants, leurs querelles et leurs petits commerces. Mais bien vite, leurs existences tranquilles sont troublées par un fait majeur. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Dès lors tout change pour Michel et sa famille. Des oncles surgissent de nulle part, les relations avec les voisins sont plus tendues… Pour Michel le rêveur, c'est un apprentissage brutal qui commence. L'apprentissage du mensonge aussi…

C'est avec une habileté remarquable qu'Alain Mabackou nous fait vivre les tensions qui émaillent le Congo en cette année 1977. Sans avoir l'impression d'assister à une tournure politique majeure, nous assistons aux répercussions directes de celle-ci sur le quotidien d'habitants sans lien apparent avec le régime. Puis peu à peu la fresque se dessine et c'est un pays morcelé entre le Nord et le Sud, entre le colonialisme et la décolonisation, entre les rivalités et luttes des différentes tribus qui se dévoile. Un Congo familier, aux odeurs et saveurs du souvenir. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, Mabanckou explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix. Il use d'un processus romanesque assez commun — en partant du microcosme, il élargit peu à peu au macrocosme — mais le fait si intelligemment qu'on ne perçoit pas le glissement. S'attablant à rendre des faits historiques aussi limpides que percutants, Mabanckou s'attache à rendre la grande histoire aussi transparente que possible, jusqu'à la faire croiser les destinées particulières. Ainsi ce qui n'était que des détails insignifiants au niveau historique prend une importance capitale en façonnant différemment la vie des personnages. À travers une langue marquée par son oralité, il construit des personnages qui ne s'estompent pas. le petit Michel, rêveur maladroit, va se retrouver pris dans l'engrenage des faux-semblants de la révolution bien malgré lui… Que l'on s'intéresse ou non à l'histoire ou la politique, on se laisse emporter par la prose de Mabanckou et on dévore ces pages d'histoire sans même avoir l'impression d'être face à un récit de source historique. En mêlant politique, histoire et tranches de vie, le romancier les fait se croiser pour construire un autre événement charnière ; celui de l'enfance. Mabanckou est passé maître dans l'art de nous livrer des fresques historiques sous l'apparence d'histoires simples. Et c'est le propre des grands romanciers je pense que d'avoir une telle fluidité au risque de passer pour trop simple.
Lien : https://eterneltransitoire.w..
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Nuageuse
  04 septembre 2018
Sous un titre poétique, Alain Mabanckou nous emmène au plus profond de la violence après la décolonisation du Congo et de l'Afrique, via les nouvelles transmises à la radio.
Il faut s'accrocher pour les dates et le nom de tous ces présidents élus à vie et donc "sont plus développés que les pays d'Europe qui se croient déjà développés".
Alain Mabanckou a su garder une écriture innocente pour faire parler Michel, son double autobiographique.
Un roman fort sur le continent africain où l'indépendance de chaque pays est assez récente (enfant, je ne me rendais pas compte que 1960 était si proche de nous..) .
J'ai beaucoup aimé son "anaphore" : "[..] sinon on va dire que moi Michel j'exagère toujours et que parfois je suis impoli sans le savoir . "
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Killing79
  25 août 2018
Alain Mabanckou situe son aventure dans les années 70, le jour de l'assassinat du camarade président Marien Ngouabi, et par conséquent celui du bouleversement de tout le système du pays. Il nous entraîne dans la tête de Michel, un narrateur de 14 ans. Celui-ci nous dépeint avec précision son quotidien. Il nous fait visiter son village, son foyer, les magasins… On y croise ses parents, ses proches, ses camarades… Il nous fait part de ses pensées les plus intimes, de ses petits tracas de tous les jours et de ses petits plaisirs d'enfant. Il décrit tout et aucun détail ne nous est épargné. Grâce à ses précisions indiscrètes, inhérentes à son âge, on comprend parfaitement comment vivaient ses gens dans cette région à cette époque. le réalisme est saisissant parce que raconté sans filtre. le lecteur est transporté dans cet espace et dans ce temps et le dépaysement est total.
Par les yeux innocents et naïfs, on assiste aussi à des moments importants de l'Histoire du pays. Michel observe sans comprendre les dialogues des adultes. Ceux-ci découlent des évènements tragiques dont les conséquences auront une importance capitale dans le destin de la nation. Par son intermédiaire, l'auteur rend compte des incidents qui ont emmaillé son enfance et qui ont bouleversé le cours de sa vie.
Le texte est original dans sa structure. En effet, la tournure des phrases est volontairement enfantine et répétitive pour coller au mieux aux pensées de l'adolescent. La narration part dans tous les sens au gré de ses réflexions. Cela crée une lecture foisonnante, souvent drôle que certains/es pourront trouver fastidieuse sur la longueur. Pour ma part, j'ai adhéré au concept. A travers cette aventure, Alain Mabanckou se raconte et raconte son pays d'origine. Il mélange sa petite histoire intime à la grande Histoire pour créer un miroir de son passé et le partager avec le monde. C'était ma première expérience avec cet écrivain. J'ai beaucoup aimé cette découverte, qui sous ses airs de conte candide, m'a éclairé sur les conditions de ce coin du globe que je ne connaissais pas.
Lien : http://leslivresdek79.com/20..
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micetmac
  23 septembre 2018
A vrai dire, la quatrième de couverture est un brin trompeuse. Elle nous promet une fresque de la décolonisation et l'on suit surtout les déambulations d'un enfant et jeune adolescent dans les ruelles de Pointe Noire, ville tentaculaire du Congo de son enfance. Et de son retour, une fois adulte, dans cette même ville.
Il est notifié Roman sur la couverture et j'ai un peu du mal à le croire. L'inspiration autobiographique en imprègne franchement les paragraphes, chaque page.
Cette enfance africaine et le retour de l'écrivain reconnu, de l'homme qui a réussi, sont les médias de Alain Mabanckou pour partir de l'anecdotique familial, de la spiritualité locale pour nous parler du fracas de la décolonisation, des errements dictatoriaux des potentats qui ont suivi et de leur doxa marxiste catastrophique. J'ai lu que LE MANIFESTE des pères Engels et Marx fut même l'une des sources d'inspiration de ces CIGOGNES. Cela ne m'a pas sauté aux yeux.
Le pari n'est pas réussi pour parler franchement. Parfois trop allusif, rarement plus direct, LES CIGOGNES SONT IMMORTELLES ne dépassent pas du cadre stricto intime pour déboucher sur quelque chose d'universel.
Néanmoins, ce livre n'est pas désagréable, loin de là. La plume précise, empathique de Mabanckou fait merveille et transpire par moments les regrets d'occasions manquées, toujours sans se départir de cette distance, cette nuance ironique, sans verser dans le panégyrique de "l'Afrique éternelle", sans en nier la beauté ni les travers ni les effets pervers d'une décolonisation qui perpétue une dépendance toujours présente. Et s'il se cantonne au petit bout de la lorgnette, la vue est belle.
Immortelles ces cigognes ? Non, peut-être pas. Mais elles volent droit et juste. C'est déjà ça.
Lien : https://micmacbibliotheque.b..
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bar187
  29 août 2018
J'avais lu petit piment il y a quelques années et j'avais suivi Alain Mabanckou avec un plaisir certain. J'ai donc de façon assez naturelle inaugurée ma rentrée littéraire par son nouveau roman les cigognes sont immortelles. On note certaines similitudes avec petit pays de Gaël Faye. La petite et la Grande histoire racontés par les yeux innocents d'un enfant. Ca se déroule dans des pays d'Afrique ou les conflits ethniques, les instabilités gouvernementales et les grosses ficelles tirées par les occidentaux sont éternelles. Alain Mabanckou est un poète de l'instant présent et il arrive admirablement à nous guider dans les quartiers de Pointe Noire et on voit les ruelles, les maisons, les boutiques sans jamais y avoir mis le moindre orteils. Ce n'est pas donné à tout le monde de nous offrir un voyage sans billet d'avion.
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critiques presse (5)
Bibliobs   13 septembre 2018
Ce roman, c'est Antigone à Pointe-Noire, conté sur le ton ingénu du Petit Nicolas. Et une nouvelle déclaration d'amour de Mabanckou à Pauline Kengué, mère courage, mère chérie qui «ne savait pas lire, même si elle se débrouillait très fort en français parlé.»
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   10 septembre 2018
Inlassable conteur qui puise dans l’humour de quoi alléger un quotidien parfois trop lourd, Alain Mabanckou narre le Congo des années 1970, un pays en prise avec un régime marxiste-léniniste qui va se muer en dictature militaire. Et comme bien souvent lorsqu’il convoque Michel, l’écrivain offre un cantique à ses parents aujourd’hui disparus.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   29 août 2018
Le style faussement naïf du narrateur, Michel étant un héros rêveur et peu concerné par la vie adulte, glisse avec douceur. Sous ses airs pacifiques et drolatiques, le récit de Michel est profondément ironique, sans qu'il en soit conscient lui-même.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeSoir   29 août 2018
Alain Mabanckou tient sa promesse d’imaginer d’autres mondes face au chaos du réel avec « Les cigognes sont immortelles ».
Lire la critique sur le site : LeSoir
Culturebox   14 août 2018
Après "Petit Piment" en 2015, l'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou nous invite une nouvelle fois chez lui, dans le pays de son enfance et de sa jeunesse, Pointe-Noire, ville côtière du Congo. [...] Un roman plein d'humour, qui mêle habilement petites et grande histoires.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
montmartinmontmartin   25 septembre 2018
Les fables de Jean de La Fontaine qu'on aimait parce que dedans il y avait des animaux intelligents qui parlaient le français sans faire de fautes de grammaire ou d'orthographe, comme s'ils étaient allés à l'école.
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montmartinmontmartin   25 septembre 2018
Dans le salon nous avons une table qui bouge beaucoup, et ma mère dit qu'elle est handicapée, qu'elle a un pied malade. j'ai pour mission d'équilibrer ce pied avec deux petits cailloux quand des personnes importantes viennent manger chez nous.
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montmartinmontmartin   25 septembre 2018
Une radio ne doit pas mentir, surtout si elle a coûté très cher et que les piles sont encore neuves.
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montmartinmontmartin   25 septembre 2018
Il faut que je pleure moi aussi, j'essaye, mais c'est difficile. La seule façon c'est de mettre du piment dans les yeux comme font les veuves quand elles n'arrivent pas à pleurer leur mari.
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montmartinmontmartin   25 septembre 2018
Les prix ne sont pas fixés pour de bon, ça dépend de si vous connaissez ou pas Mâ Moubobi, voilà pourquoi la boutique s'appelle Au cas par cas.
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Videos de Alain Mabanckou (108) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Mabanckou
Mercredi dans Mediapart Live: Mabanckou, le scandale Heineken, le populisme de gauche .Au menu : le témoignage de la fille de Maurice Audin, un retour d?enquête sur les pratiques de Heineken et Nestlé, avant un grand entretien avec Alain Mabanckou et un débat autour du dernier livre de Chantal Mouffe, la philosophe proche de Podemos et des Insoumis.
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