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EAN : 9782021304534
304 pages
Seuil (16/08/2018)
3.55/5   174 notes
Résumé :
À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
3,55

sur 174 notes

aouatef79
  22 juillet 2019
"Les Cigognes sont immortelles", dans ce livre largement autobiographique , Alain Mabanckou glisse dans la peau de
Michel , un jeune garçon d 'une douzaine d 'années qui se raconte et raconte son pays .Le cadre du récit est la ville de Pointe-Noire et là on remarque l 'hommage que rend le romancier a sa chère ville natale .Les Cigognes sont immortelles est un récit qui décrit les trois jours : le samedi 19 mars 1977 , le dimanche 20 mars 1977 et le 21 mars 1977 c 'est durant cette période que fut assassiné le Président Marien Ngouabi par ses frères d 'armes .Suite à ce putsch , la violence s 'installe dans le pays et le chasse aux sorcières peut commencer : les Nordistes s 'en prennent aux Sudistes .Les tensions s'exacerbent entre les différentes ethnies et les différentes communautés .C est l 'occasion pour l 'auteur d 'évoquer avec force les ravages causés par le colonialisme et le néocolonialisme .Il s 'en prend aux élites africaines qui ont géré de façon catastrophique l 'indépendance du pays et leur faillite totale dans la gestion où tous les biens du pays
sont aux mains d 'une minorité et de l 'ancienne puissance qui a fait main basse sur toutes les ressources
du pays .Sur ce point de la colonisation , la gestion des indépendances , Alain Mabanckou partage la même vision qu 'un autre grand écrivain africain : Ahmadou Kourouma
( voir le roman : les Soleils des Indépendances ) .
Donc tout est évoqué par l 'enfant Michel qui est certes un
enfante rêveur qui décrit bien tout ce qui est autour de lui
Il nous parle de sa vie familiale avec Maman Pauline et Papa Roger .Il nous narre comment ils traversent ces graves événements . C 'est la vie intime , de l 'individu et de sa famille qui s 'entremêlent absolument à la vie politique , deux échelles qui s 'entrechoquent aussi éloignées qu'elles paraissent l 'une de l 'autre . Avec ce beau roman , Alain Mabanckou ,met en lumière une partie des ravages du pouvoir , ceux de son pays natal .


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montmartin
  26 septembre 2018
Michel 13 ans, vit avec maman Pauline et papa Roger ses parents dans une maison en planches à Pointe-Noire. Papa Roger travaille dans un hôtel et il passe son temps à écouter sur sa radio Grundig la voix de la révolution congolaise. « Une radio ne doit pas mentir, surtout si elle a coûté très cher et que les piles sont encore neuves. » Maman Pauline fait le commerce des bananes.
Michel est un garçon qui passe son temps à rêver, à noter des choses sur des bouts de papier, comme si des cafards se battent à l'intérieur de son cerveau. Il perd en permanence la monnaie lorsqu'il va faire les courses à l'épicerie de Mâ Moubobi. « Les prix ne sont pas fixés pour de bon, ça dépend de si vous connaissez ou pas Mâ Moubobi, voilà pourquoi la boutique s'appelle “Au cas par cas”. » Michel évite de parler de ce qui se rapporte au sexe, car il ne veut pas que l'on pense qu'il exagère toujours et être impoli sans le savoir.
Avec ses mots à lui, remplis d'innocence et de poésie Michel nous raconte les trois jours qui ont suivi l'assassinat du camarade président Marien Ngouabi, le chef de la révolution socialiste congolaise. Trois jours qui vont changer sa vie et celle de sa famille. « Il faut que je pleure moi aussi, j'essaye, mais c'est difficile. La seule façon c'est de mettre du piment dans les yeux comme font les veuves quand elles n'arrivent pas à pleurer leur mari. »
J'ai beaucoup aimé la façon dont Alain Mabanckou nous raconte l'Afrique post-coloniale. Il utilise la voix naïve et toujours teintée d'humour d'un jeune garçon pour nous raconter l'indépendance, les luttes entre ethnies pour prendre ou garder le pouvoir, la corruption, les arrangements, l'importance de la famille, l'influence de l'ancien colonisateur qui décide qui sera président. Un sujet grave donc, mais traité avec légèreté. L'auteur nous raconte le quotidien pittoresque de cette famille congolaise et c'est un monde coloré qui s'agite devant nous, où la polygamie fait partie de la vie.
À travers le jeune Michel, il sait se moquer des pays occidentaux dont les présidents sont incapables de rester chefs jusqu'à leur mort, il rend hommage à la langue française « Les fables de Jean de la Fontaine qu'on aimait parce que dedans il y avait des animaux intelligents qui parlaient le français sans faire de fautes de grammaire ou d'orthographe, comme s'ils étaient allés à l'école. »
Ce roman est donc avant tout un témoignage qui nous ouvre les clefs du fonctionnement politique des pays africains, en choisissant comme narrateur un jeune garçon dont la fraîcheur, la spontanéité et le naturel nous emportent, Alain Mabanckou réussit son pari de ne jamais nous ennuyer.


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Nuageuse
  04 septembre 2018
Sous un titre poétique, Alain Mabanckou nous emmène au plus profond de la violence après la décolonisation du Congo et de l'Afrique, via les nouvelles transmises à la radio.
Il faut s'accrocher pour les dates et le nom de tous ces présidents élus à vie et donc "sont plus développés que les pays d'Europe qui se croient déjà développés".
Alain Mabanckou a su garder une écriture innocente pour faire parler Michel, son double autobiographique.
Un roman fort sur le continent africain où l'indépendance de chaque pays est assez récente (enfant, je ne me rendais pas compte que 1960 était si proche de nous..) .
J'ai beaucoup aimé son "anaphore" : "[..] sinon on va dire que moi Michel j'exagère toujours et que parfois je suis impoli sans le savoir . "
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traversay
  10 octobre 2018
Après Petit Piment, Alain Mabanckou revient de nouveau dans sa chère ville de Pointe-Noire avec Les cigognes sont immortelles, au fort goût autobiographique. L'écrivain avoue d'ailleurs dans ses interviews que ce roman est une sorte de "chaînon manquant" dans son oeuvre, celui qui ne pouvait être écrit qu'après tous les autres. le livre se concentre sur 3 journées, en mars 1977, celles qui ont suivi le meurtre du président du Congo-Brazzaville, Marien N'Gouabi. C'est à hauteur d'un enfant de 11 ans que Mabanckou nous raconte une histoire familiale impactée par l'épuration qui a suivi cet assassinat. Avec un style inimitable, gouailleur et empreint d'innocence, devant des rebondissements imprévus pour ce garçon, tant dans sa sphère proche que dans un environnement politique qu'il essaie de comprendre. Et les personnages qui l'entourent sont inoubliables : père, mère, oncle mais aussi un chien qui s'enfuit sans demander son reste en apprenant à la radio ce qui est arrivé au président (sic). A travers une plume apparemment légère, l'écrivain franco-congolais évoque avec force les ravages du colonialisme et l'instabilité et versatilité des dictatures qui ont suivi les indépendances africaines. A l'aide de cercles concentriques, le roman part d'une foyer congolais, s'étend à un quartier, à une ville, à un pays et plus largement à un continent tout entier. Et Mabanckou de rappeler au passage que la plupart des grands hommes de progrès de cette époque (par exemple Lumumba) ont été assassinés avec la complicité de l'occident. Derrière l'humour de Les cigognes sont immortelles, il y a une blessure originelle de l'Afrique qui n'a sans doute pas cicatrisé aujourd'hui. Ce message ne s'oppose pas, loin de là, à l'écriture chatoyante, débridée et picaresque d'un livre souvent irrésistible où l'on découvre le quotidien du Congo sous un régime marxo-léniniste vu à travers le regard d'un gosse intrépide que la candeur ne peut plus protéger. Avec ses multiples lectures et son impressionnante fluidité narrative, Les cigognes sont immortelles ne serait-il pas le roman le plus accompli et même simplement le meilleur d'Alain Mabanckou ?
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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nanek
  03 novembre 2020
1977 au Congo-Brazzaville. Plus précisément les 19,20 et 21 Mars.
On retrouve Michel déjà rencontré dans « Demain j'aurais vingt ans », sortant de son certificat d'étude. Il semble tête en l'air mais observe son monde, le questionne, l'écoute à travers les actualités internationales que diffuse la radio Grundig, comparant et critiquant du haut de son jeune âge le pendant propagandiste martelé par les ondes de l'état.
Il habite toujours Pointe-Noire avec maman Pauline et Papa Roger.
Maman Pauline est une redoutable mais respectée commerçante de banane mais soumise aux lacunes d'un état naissant, omnipotent mais en même temps dépassé par le manque de formation de sa population pour faire tourner les reliques industrielles comme le chemin de fer par exemple.
Élevant la scolarité en point d'orgue de son éducation « poli », il se nourri également des voisins qui distillent les codes sociaux et entraide tel Mâ Moudoubi la marchande du quartier et ressent les affres post coloniaux des nantis qu'il appelle « les capitalistes noirs », petit nombre s'enrichissant au détriment du reste de la population.
Le récit alterne entre candide géopolitique, descriptions du régime communiste, la décolonisation récemment débutée et le portrait du chef suprême de la révolution congolaise Marien Ngouabi.
Donc en ce 17 Mars 1977, la Grundig annonce l'assassinat du chef de la révolution et c'est l'occasion pour Michel de voir débarquer de la capitale Brazzaville, trois oncles venant colporter la peur et le malheur sur la famille parce qu'un frère par alliance de Mama Pauline s'est trouvé accusé et condamné pour contestation du pouvoir.
S'en suit un dilemme pour respecter le mort et les rites funéraires sans risquer de mettre en danger la famille élargie forcément coupable de traitrise aux yeux du régime despotique cherchant des bouc-émissaires à un coup d'état déguisé.
Alain Mabanckou romance sa jeunesse et dépeint les enjeux de la décolonisation dans un contexte de guerre froide. Il dénonce le rôle joué par les médias non-indépendants d'un état vacillant et fragile.
Il nous expose un condensé d'Histoire de son pays à hauteur d'enfant, la violence qui se déchaine à la mort du camarade président.
Plane sur ce récit un fatalisme de rigueur devant l'Histoire se répétant et nous permet d'ouvrir la porte de ses familles congolaises sur qui se répercute un événement politique dans une construction postcoloniale chaotique faite d'instabilité ethnique.
Plus intimement, c'est aussi l'apprentissage du mensonge salvateur pour un enfant, régissant désormais sa vie et l'observation violente des mécanismes du deuil par le personnage de Mama Pauline.
Difficile de savoir s'il y a des éléments autobiographiques dans ce roman mais certainement une part de vérité sur la nostalgie de la jeunesse de l'auteur toujours persona non grata dans son pays, dirigé autocratiquement par Sassou-Nguesso depuis ces événements de 1977.
Quel dommage pour ce peuple d'être privé d'une voix qui porte l'étendard de la liberté à mon humble avis.
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critiques presse (10)
LeMonde   12 novembre 2018
Incontournable de la littérature francophone, le Franco-Congolais, qui publie « Les cigognes sont immortelles », porte une voix joyeuse et engagée.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   09 novembre 2018
Alain Mabanckou, à travers ce récit frais d’un collégien, nous fait entrer dans le quotidien d’une famille congolaise.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Liberation   15 octobre 2018
Le jeune Michel ne parvient pas à pleurer, c’est un problème. Entre ses premiers succès auprès des filles et son interprétation très particulière et imagée de la géographie congolaise, se faufile le vacarme des camions militaires, qui fait battre le cœur. Une langue tendre et ironique pour raconter l’histoire.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   12 octobre 2018
En 1977, au Congo, le «président éternel» est assassiné. Un enfant raconte. Du grand art.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   01 octobre 2018
Avec “Les Cigognes sont immortelles”, l’écrivain congolais qui a consacré son talent à dépeindre la société africaine est au sommet de son art. Et, plus engagé que jamais face à l’urgence de décrire un continent à la dérive, marque un tournant dans son œuvre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   13 septembre 2018
Ce roman, c'est Antigone à Pointe-Noire, conté sur le ton ingénu du Petit Nicolas. Et une nouvelle déclaration d'amour de Mabanckou à Pauline Kengué, mère courage, mère chérie qui «ne savait pas lire, même si elle se débrouillait très fort en français parlé.»
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   10 septembre 2018
Inlassable conteur qui puise dans l’humour de quoi alléger un quotidien parfois trop lourd, Alain Mabanckou narre le Congo des années 1970, un pays en prise avec un régime marxiste-léniniste qui va se muer en dictature militaire. Et comme bien souvent lorsqu’il convoque Michel, l’écrivain offre un cantique à ses parents aujourd’hui disparus.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   29 août 2018
Le style faussement naïf du narrateur, Michel étant un héros rêveur et peu concerné par la vie adulte, glisse avec douceur. Sous ses airs pacifiques et drolatiques, le récit de Michel est profondément ironique, sans qu'il en soit conscient lui-même.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeSoir   29 août 2018
Alain Mabanckou tient sa promesse d’imaginer d’autres mondes face au chaos du réel avec « Les cigognes sont immortelles ».
Lire la critique sur le site : LeSoir
Culturebox   14 août 2018
Après "Petit Piment" en 2015, l'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou nous invite une nouvelle fois chez lui, dans le pays de son enfance et de sa jeunesse, Pointe-Noire, ville côtière du Congo. [...] Un roman plein d'humour, qui mêle habilement petites et grande histoires.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   17 mai 2022
Beaucoup de camions de l'Armée Nationale Populaire prenaient la direction de la base militaire, du côté du quartier Bloc-55. Les militaires avaient leur arme pointée sur les gens qu'ils croisaient, mais ceux-ci avaient surtout peur de leurs lunettes noires. Moi je me disais : Ils ont fini le couvre-feu, ils vont se reposer un peu à la base militaire, et ils vont revenir tout frais dans nos quartiers à partir de dix-neuf heures pour continuer à bien nous effrayer. Je me disais aussi que s'ils avaient des lunettes noires c'est parce qu'ils fument trop le chanvre, et quand ils n'ont plus ça, ils cassent les cartouches de leur PMAK, récupèrent la poudre qui est dedans, la versent dans leur café qui devient très fort et les rend méchants comme s'ils avaient bu du Johnnie Walker Red Label que les capitalistes noirs donnent à leurs bouledogues pour effacer la pitié dans leur coeur.
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le_Bisonle_Bison   08 mai 2022
Quand le maître avait fini de dire que nous étions les cigognes blanches de la Révolution socialiste congolaise, il nous reposait la question pour contrôler si vraiment nous avions bien compris :
- Qui êtes-vous ?
Nous répondions en chœur :
- Nous sommes les cigognes blanches de la Révolution socialiste congolaise !
- En tant que cigognes blanches de la Révolution socialiste congolaise, quelle est votre mission ?
Nous répondions encore en chœur :
- Notre mission consiste à sacrifier notre vie pour la réussite de la Mission suprême du camarade président Marien Ngouabi, en vue de développer notre pays, notre continent et tous les continents aussi, y compris les pays d'Europe qui croient qu'ils sont déjà développés alors qu'ils changent trop de présidents et que, malheureusement, c'est toujours leur peuple qui vote le chef au lieu de simplement créer leur Parti Congolais du Travail à eux qui va leur apprendre comment faire les choses pour que leur camarade président reste au pouvoir jusqu'à sa mort !
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le_Bisonle_Bison   10 mai 2022
Puisque notre chef de la Révolution socialiste congolaise était déjà à l'étranger, il en avait profité pour aller dire un petit bonjour au camarade président Leonid Ilitch Brejnev de I'URSS, dans ce pays où les cigognes blanches qui volent au-dessus des têtes des gens ne sont pas de vrais oiseaux mais des soldats soviétiques morts sur les champs de bataille inondés de sang. Chez les Soviétiques, le camarade président Marien Ngouabi était comme chez lui. Il y a beaucoup de Congolais qui étudient là-bas et qui, à leur retour au pays, deviendront des membres du Parti Congolais du Travail. Et puis, il parait que les femmes russes ne sont pas trop compliquées à épouser, elles ne posent pas de problème si on les demande en mariage même si on les prévient qu'elles ne seront pas véhiculées, qu'elles iront puiser de l'eau dans la rivière comme les Congolaises et qu'elles mangeront avec leurs doigts du manioc, du foufou ou de la pâte d'arachide au poisson fumé. Elles viennent sans hésiter, elles peuvent vivre dans nos villages, et elles seront toujours contentes comme si elles n'aimaient pas leur propre pays à cause de la neige qui fait qu'on ne peut pas trop remarquer leur beauté car les gros manteaux cachent trop les belles choses qu'elles ont devant et derrière et que je ne veux pas décrire ici sinon on va encore dire que moi Michel j'exagère toujours et que parfois je suis impoli sans le savoir.
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le_Bisonle_Bison   04 mai 2022
Ce matin Papa Roger ne veut pas écouter La Voix de la Révolution Congolaise, il s'est branché sur La Voix de l'Amérique. Il pense que seuls les Américains savent tout ce qui se passe dans le monde. Quand vous croyez être au courant des informations avant eux, ils éclatent de rire parce qu'ils ont des magnétophones minuscules comme des graines de maïs qu'ils cachent dans les résidences des présidents africains qui vont être assassinés. Donc ça ne m'étonne pas qu'aujourd'hui ils donnent plein de détails que nos journalistes congolais ne peuvent pas posséder parce qu'ils n'ont pas de magnétophones minuscules comme des graines de maïs. La Voix de la Révolution Congolaise attend encore que le Comité Militaire du Parti lui souffle ce qu'elle doit dire en direct sur la façon dont notre camarade président Marien Ngouabi a été liquidé le 18 mars dernier à 14h 30, à une heure où normalement les gens font la sieste parce que c'est la chaleur partout.
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le_Bisonle_Bison   01 mai 2022
J'étais là le jour où nous avions accueilli le président des Français. On nous avait interdit de l'appeler "le camarade président Georges Pompidou", la Révolution des Français était déjà périmée depuis longtemps et de toute façon ce n'était pas ce président-là qui l'avait commencée. Nous devions l'appeler Tonton Pompidou parce que, d'après le maître et le directeur, il était un parent de notre propre famille grâce à la colonisation que son pays a amenée chez nous et de leur langue que nous parlons. Eh bien, nous ça nous arrangeait car Pompidou c'est un nom que nous aimions bien, c'était comme le surnom d'un bébé gentil qui boit son biberon le soir et qui s'endort sans embêter ses parents jusqu'à sept heures du matin. Ses cheveux étaient tirés en arrière, il souriait tout le temps comme s'il nous connaissait et que nous étions ses nièces et ses neveux. Nous aussi nous lui souriions tout le temps, comme si nous le connaissions et qu'il était notre oncle en vrai alors qu'il n'était même pas noir et congolais.
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Videos de Alain Mabanckou (110) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Mabanckou
Alain Mabanckou, directeur de la collection Points Poésie, nous présente l'ouvrage inédit de Dany Laferrière à paraître chez Points le 4 mars 2022. Une traversée nocturne de Port-au-Prince sous forme de grande odyssée poétique, entièrement dessinée en couleur.
Pour en savoir plus : www.editionspoints.com/ouvrage/dans-la-splendeur-de-la-nuit-dany-laferriere/9782757892824
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