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ISBN : 2021003949
Éditeur : Seuil (03/01/2013)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Après vingt-trois ans d’absence, Alain Mabanckou retourne à Pointe-Noire, ville portuaire du Congo. Entre-temps, sa mère est morte en 1995.

Puis son père adoptif, peu d’années après. Le fils unique ne s’est rendu aux obsèques ni de l’un, ni de l’autre.

Entre le surnaturel et l’enchantement, l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des années de l’enfance et de l’adolescence dans ses lieux d’origine.
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Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  08 mai 2014
Après vingt-trois ans d'absence, Alain Mabanckou revient au Congo pour écrire un livre sur sa famille.
Quelques années plus tôt, quand ses parents sont morts, il n'a pas fait le voyage — pas par manque d'amour, mais plutôt par phobie des cadavres. Cette peur remonte à l'enfance, quand la tradition voulait qu'on expose les défunts afin que chacun, même les enfants, leur disent adieu en leur parlant à l'oreille. Aujourd'hui, invité par l'Institut français pour des conférences, il va rencontrer des membres de sa famille, des amis et des Congolais. C'est l'occasion de se retourner sur son passé d'enfant et d'adolescent ponténégrin.
Il redécouvre la ville de Pointe-Noire : la basse ville, le bord de mer, son ancien lycée. Les gens le reconnaissent et lui racontent ce qui s'est passé pendant son absence. En 1960, le pays a acquis son indépendance. le contrôle du pétrole a entrainé deux guerres civiles qui ont opposé les Nordistes et les Sudistes soutenus, les uns par les français, les autres par les américains. Puis il y a eu la période marxiste avec Marien Ngouabi et Denis Sassou Nguesso. Et aujourd'hui, après un exil en France et des élections très contestées, Sassou est revenu au pouvoir.
Au-delà de l'histoire politique, Lumières de Pointe-Noire est un roman qui parle de l'Afrique traditionnelle, de la mort et du rapport aux morts. Alain Mabanckou revient sur les croyances, les coutumes et les superstitions de son pays. Quand il retrouve sa famille, chacun attend de lui qu'il donne un cadeau. Il ne doit pas regarder l'hôpital, ni visiter ceux qui y sont, car cela porte malheur. Sur la parcelle de sa mère, deux chaises vides sont disposées, une cousine lui chuchote à l'oreille : « c'est ton père et ta mère qui sont assis sur ces deux chaises ».
L'auteur a illustré son roman avec des photos. Et symboliquement, les personnages photographiés semblent ne pas prendre la vie (et la mort) au sérieux.
Alain Mabanckou n'est pas allé sur la tombe de ses parents. Ce n'était plus nécessaire puisqu'ils se sont retrouvés pendant ce voyage, « ils sont venus vers lui ».
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nadiouchka
  08 mai 2016
Après plusieurs romans, tous à succès, Alain Mabanckou nous emmène à Pointe-Noire où il est né et où il n'est pas retourné depuis vingt-trois ans, et ce, malgré le décès de sa mère et celui de son père adoptif.
Lumières de Pointe-Noire est un roman autobiographique où l'auteur nous fait rencontrer, tour à tour, les nombreux membres de sa famille – cousins, cousines, oncles et tantes ... - et nous raconte également les croyances de son pays ainsi que les problèmes politiques.
Ce roman n'est pas sans rappeler L'Enigme du Retour de Dany Laferrière qui, lui, par contre, ayant reçu l'appel téléphonique fatal lui annonçant la mort de son père, retourne immédiatement dans son pays pour l'enterrement. Il y renoue, lui aussi des liens avec toute sa famille.
Lumières de Pointe-Noire est composé de plusieurs chapitres portant un titre de film. Chacun de ces chapitres est relatif à un fait particulier et le premier est consacré à sa mère pour laquelle il avait fait croire, longtemps, qu'elle était toujours en vie.
Retournant à Pointe-Noire lors d'une invitation, il nous livre, d'une écriture très simple et presque familière, ce qu'il ressent en présence de chacun car ce que l'on attend de lui, c'est surtout une aide financière à cause de sa célébrité, ce qu'il fait toujours volontiers.
Mais sa mère, Pauline Kengué, reste le thème principal du livre et l'auteur nomme sa cabane le Château de ma Mère.
Par contre, la fin peut laisser le lecteur un peu étonné car on voit que l'écrivain ne se rend pas au cimetière de ses parents mais c'est le livre qui leur rend hommage et en quelque sorte l'auteur ne ressent pas le besoin de se recueillir sur les tombes de ses chers disparus.
De plus, il y a une certaine émotion quand il se pose la question de savoir quand il reviendra à Pointe-Noire.
Avec le sujet de ce livre, on éprouve de la tristesse mais l'auteur sait y glisser, de temps en temps, plusieurs notes d'humour. D'un autre côté, il nous explique aussi dans quelle misère est tombé son pays.
On peut dire qu'Alain Mabanckou a su écrire un véritable éloge à l'Afrique et il n'oublie pas de parler de l'importance tenue par la famille qui sait toujours se montrer solidaire.
Ce retour au pays a été pour l'écrivain une forme de salut dont il va garder une certaine nostalgie que l'on ressent bien dans les dernières pages, à l'occasion de son départ.
Alain Mabanckou est pour moi un très important porte-parole de la littérature africaine, mondialement reconnu et j'ai l'habitude de lire et de relire ses ouvrages.
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ninachevalier
  23 février 2016
Alain Mabanckou Lumières de Pointe -Noire – Seuil –( 19,50€- 282 pages)
Alain Mabanckou aura attendu vingt-trois ans pour effectuer son « retour au bercail », sorte de pèlerinage , à l'instar de Dany Laferrière dans l'Enigme du retour.
Invité par l'Institut français de Brazzaville, en 2012, l'auteur en profitera pour retrouver des ponténégrins et renouer avec ses proches tout en alimentant le terreau pour le livre qui retracera ce séjour. le récit alterne passé et présent, conjugue la veine autobiographique et une fresque qui capte la vie dans les rues, les bars et la foule anonyme, sorte d'état des lieux du Congo.
L'auteur nous ouvre des pans plus intimes en insérant des photos de son album familial en fin de chapitre.
Le roman débute par une confession d'autant plus touchante qu'il s'agit de révéler pourquoi l'auteur avait choisi d'occulter ( en 1995) la disparition de sa mère: « atermoyer le deuil ».
Tout en brossant un sincère portrait de Pauline Kengué , figure féminine déjà évoquée dans de précédents romans. Il met en exergue les qualités de business woman « chevronnée ». Sa maturité précoce lui permit de percevoir ce que sa mère lui taisait. Avec émotion et gravité il se remémore son enfance, leur relation filiale et leur ultime tête à tête. Les dernières paroles de cette mère, pétrie d'abnégation, sont à jamais gravées : «  Mon petit,ne me déçois pas », « Deviens celui que tu voudras devenir... »et scellent une douloureuse et poignante séparation. Les références culturelles s'infiltrent dans la description de la « bicoque » digne d'un roman de Sepulveda ou Hemingway. Alain Mabanckou témoigne de son attachement viscéral au « patrimoine familial ».
Son enfance a été baignée de légendes rattachées à la lune,( « l'oeil céleste», fête du Sacrifice) et de prophéties, de croyances ( présence d'un corbeau) qui lui ont laissé de profondes empreintes, tant il fut rempli d'effroi à la vue de Massengo, cet épouvantail ou d'un corbillard.
Autour de Pauline, gravite une famille exponentielle. Parmi cette fratrie,un bataillon de cousins, on croisera les figures les plus marquantes. Son géniteur ayant déserté, Papa Roger sera son père de substitution, autodidacte qui lui inculqua le goût des mots, la curiosité, l'ouverture d'esprit. Il l'initia à la lecture de la presse, « lectures du monde » et à l'usage du dictionnaire pour enrichir son vocabulaire (apocryphe).Il développa son appétence pour« la fragrance de la pomme verte ». Pathétique sa rencontre avec «  mère Teresa », qui veilla sur sa croissance et qui n'est plus qu' « une loque humaine », en état de déliquescence. Avec Grand Poupy, « tombeur de ces dames », il revisite ses frasques amoureuses. Yaya Gaston sème le trouble, grisé d'être un personnage de roman.
Il est impressionné par « ces petits anges »qui lui collent aux basques et veulent une photo avec lui.
Alain Mabanckou convoque aussi les disparus « personnages ensevelis dans les ténèbres » et les ressuscite en évoquant des tranches de vie ( chasse nocturne). Il découvre le sens des chaises vides.
Le narrateur est perçu différemment selon les personnes croisées. Quand on a renié sa famille depuis des décennies, on doit s'attendre à prendre des claques et recevoir un tombereau de reproches. Pour certains il est le « grand frère », pour d'autres « petit frère », ou encore « l'Américain ». Pour les plus jeunes de sa fratrie, il est « une apparition, une ombre... »
Il incarne l'écrivain que beaucoup rêvent de devenir,celui qui vit chez les Blancs,qui passe à la télé. Pour Grand Poupy il était devenu « un affabulateur public ». On devine un fossé entre lui-même et les autochtones, devenu un étranger, dans leurs échanges. N'est-il pas « déconnecté de la réalité »?
Le cinéma Rex marqua l'enfance de l'auteur au point de donner aux chapitres de la seconde partie des titres de films, traduisant les références cinématographiques de l'auteur.
En parallèle s'esquisse la façon dont le narrateur a engrangé ses connaissances au fil de sa scolarité, fréquentant très tôt la bibliothèque. Il prit plaisir à mystifier ses camarades en leur contant ses fictions. Il reste imprégné par ses cours de philosophie qui lui forgèrent l'indépendance d'esprit.
L'auteur sait alterner gravité et scènes plus légères, matinées d'humour comme les leçons de drague, l'incident du kundia. Avec auto dérision , il revient sur sa naïveté quant à sa lecture dans l'ordre alphabétique. Avec tendresse il évoque sa confusion quand il découvrit que sa mère lisait le journal à l'envers, elle qui se sentait exclue de la complicité de son fils et Papa Roger.

Alain Mabanckou radiographie la vie congolaise: port de l'uniforme dans les écoles, levée
des couleurs et hymne national, pénurie de médecins qualifiés, rejet de l'anglais, méfiance des Blancs. Il aborde la religion ( catholicisme supplanté par l'église pentecôtiste), la prostitution.
Il ne partage pas la vision d ' « un paradis de misère », au contraire il nous conduit vers « les points de lumière » que savent débusquer les enfants. Pour eux le bonheur se niche dans un pneu, des tongs, l'imaginaire prend la relève. L'auteur souligne l'esprit solidaire,l'euphorie collective.
En filigrane défilent le passé colonial une nation marquée par les stigmates de « la traite négrière » , les conflits nordistes/sudistes,la guerre civile,jusqu'à son indépendance en 1960.
Avant de s'envoler pour Paris, l'auteur, « oiseau migrateur » confie ce qu'il n'a pas fait, aurait dû faire. Une pointe de nostalgie accompagne ses adieux à sa « concubine », car il subodore comme C.M. Cluny qu' « il y a des lieux que l'on pressent ne jamais revoir, des êtres ne jamais revoir ».
Alain Mabanckou signe un roman touchant dans lequel il tente de s'amender après avoir été taraudé par tant de culpabilité et d'ingratitude. Voilà «  l'oubli, l'indifférence réparés », mais peut-être achetés par ses enveloppes laissées discrètement à ses proches. Récit ponctué d'anecdotes, de souvenirs immarcescibles servi par une écriture épurée, une plume « corrodée par le sel des regrets ». Un livre-mémoire, empreint de tendresse, d'amour, de déférence.
Une bel hommage d'un fils à sa mère. Inutile d'attendre d'être à la lettre M pour découvrir cet auteur couronné en 2012 par le prix de l'Académie française.
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sylvaine
  07 novembre 2015
Pointe-Noire Congo vingt -trois ans qu'il est parti! Invité par le centre culturel français à Pointe-Noire Alain Mabanckou revient au Congo; sa mère Maman Pauline est décédée en 1995, son père adoptif Papa Roger 10 ans plus tard.
Il va brutalement reprendre contact avec la ville de son enfance, avec sa famille les 8 enfants de Papa Roger et leurs cousins et descendance. Il arpente les rues essayant de retrouver souvenirs et fragrances enfouis au fin fond de sa mémoire.
Un récit intimiste , un chant d'amour, un effort de mémoire et de transmission.Je ne sais si découvrir l'oeuvre d'Alain Mabanckou à travers ces lignes était le mieux mais j'ai été subjuguée par son écriture et je me suis promise de partir bien vite à la découverte des romans précédents..
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camilleD
  13 mars 2013
Qu'il est frustrant d'aborder l'oeuvre d'un auteur par un livre comme Lumières sur Pointe-Noire… Il s'agit d'un récit autobiographique, auto-sublimé, auto-décrypté, auto-complimenté, auto-commenté… L'auteur le dit lui-même, Lumières sur Pointe-Noire est une clé de lecture pour son oeuvre entière, pour sa vie aussi.
Mais si l'écriture y est envoûtante, si les images, les parfums, les sons y sont palpables, nets, intenses, le lecteur souffre d'un dangereux manque de liberté lorsqu'il aborde ce texte.
Impossible, d'abord, de laisser son imaginaire travailler les figures des personnages, puisque chacun de ceux que le lecteur serait amené à croquer pour lui-même sont donnés en photographie à la fin des chapitres.
Il n'y a aucune place pour le code, ou le non-dit, l'écriture est peut-être douce mais le récit est grossier. C'est un reportage que nous donne à voir Alain Mabanckou, avec toute la violence des images que cela implique. Non pas que ces visages soient dérangeants, mais seulement parce qu'ils nous forcent à réduire à néant notre travail de lecteur. L'auteur nous dicte chacun de nos mouvements. Il nous dit comment il faut penser, comment il faut imaginer, quand il faut être triste, ou quand il faut avoir pitié. Ce manque de modestie n'est pas seulement déroutant, il dégoute.
L'auteur le dit aussi, il est rentré au Congo pour écrire un livre. Qu'il ressente le besoin de recharger sa batterie d'écrivain ne pose a priori aucun problème. Ce qui dérange, c'est qu'il cherche à le cacher derrière un acte de deuil.
Avec sa famille, il semble honnête cependant. La distance froide qui le sépare aujourd'hui de ceux qui ont partagé son enfance est à peine voilée. Il semble vouloir nous présenter les personnes qui ont inspirées les personnages de ses romans. Et pourtant, comme victime de sa propre fiction, il parvient difficilement à nous masquer sa propre déception. Et pour combler ce manque, il agrémente son récit de légendes, de gris-gris, de fruits exotiques et de souvenirs, car au moins, les souvenirs, eux on peut les saupoudrer de fiction sous couvert des années.
Pièce centrale de son oeuvre, sa mère. le deuil est grossier, et il sonne faux. Qui sommes-nous pour juger ? Certes, mais en nous ouvrant la porte de ses souvenirs, l'auteur prend le risque de partager son deuil avec le lecteur. Or pour ma part, je ne peux accepter ce rôle de légitimation. Tout d'abord parce qu'il nous est imposé : nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter que le portrait de cette femme dans sa chambre d'hôtel représente sa mère, et que son geste final l'autorise à rentrer, serein. Peu nous importe, finalement, qu'il n'ait pas envie d'aller sur la tombe de ses parents. Alors pourquoi ressent-il tant le besoin de s'en justifier ? le portrait de cette femme, dans sa chambre, était là depuis le début –et il nous précise même que depuis des années, il n'a jamais quitté cet emplacement. Alors, comment s'empêcher de penser qu'arrivé à la fin de son voyage, comme arrivé à la fin de son livre, l'évidence lui ai apparue, terrible : il a oublié son deuil. Alors tout à coup, il tombe sur ce visage, nous en parle, nous dit que c'était elle, que ça ne pouvait être qu'elle. Forcés d'y croire, lui-même y compris, il ferme la chambre de son hôtel, l'air satisfait. Il peut cocher la case « maman » après avoir coché la case « livre » et la case « cousins ».
C'est cette prétention qui enveloppe le texte qui, malheureusement empiète sur la beauté de l'écriture de Mabanckou dans Lumières sur Pointe-Noire.
Ce récit est donc bien plus un reportage qu'un roman. Il s'agit bien plus d'un scénario que d'un morceau de littérature… de quoi décevoir ses plus fervents lecteurs, et rebuter ses potentiels nouveaux adeptes…
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Les critiques presse (6)
LaPresse   15 février 2013
Un récit ondoyant et poignant, cru et poétique. Bref, un tableau fait de mots.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs   21 janvier 2013
Mabanckou raconte, décrit, transcrit, plutôt que de s'appesantir sur les sentiments contradictoires qu'il éprouve. Au lecteur de les deviner. Ce n'en est que plus bouleversant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   14 janvier 2013
Dans Lumières de Pointe-Noire, Mabanckou sonde sans cesse l’écart entre le territoire mythique dont il garde la mémoire et le devenir réel des choses soumises au passage du temps.
Lire la critique sur le site : Liberation
LePoint   14 janvier 2013
Ce récit brûlant d'amour [...] ressuscite en mots le lien puissant, ineffaçable, éternel, qui vibre entre un fils - unique - et sa mère, entre un écrivain congolais de la diaspora devenu une vedette en Europe et en Amérique et Pauline Kengué, "modeste paysanne de Louboulou".
Lire la critique sur le site : LePoint
Lhumanite   06 janvier 2013
Vingt-trois ans après, Mabanckou revient dans 
la ville de son enfance, 
Pointe-Noire. Le choc est tel qu’il se sent contraint de noter tout ce qu’il voit.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Telerama   02 janvier 2013
Le regard scrute l'espace et le temps de manière cinématographique — chaque chapitre renvoie à un titre de film, passe avec le même brio de la couleur au sépia, du plus léger au plus grave. Au bout du voyage, le constat est lucide : ce pays qui vit en lui n'est plus le sien
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   02 mai 2016
J’appris la mort de ma mère en 1995. Etudiant, j’habitais dans un petit studio du IXème arrondissement de Paris, rue Bleue, depuis plus de six ans. On m’attendait à Pointe-Noire pour les funérailles, et le téléphone sonnait sans relâche. Un cousin me pressait de descendre au pays. Ma tante, Dorothée menaçait de se donner la mort si je n’arrivais pas. Mon cousin Kihouari hurlait que ce serait une malédiction si je ne prenais pas le premier avion.
Je ne décrochais plus le téléphone. J’étais comme paralysé par la nouvelle, et ces supplications venues de plusieurs milliers de kilomètres me poussaient encore plus dans mon retranchement. Le monde me semblait étriqué tandis que les heures avaient cessé de s’écouler. Même lorsque je montais les escaliers de notre immeuble je dépassais mon studio, et arrivais au sixième étage alors que je résidais au deuxième.
Je ne fis pas le déplacement.
P.27
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nadiouchkanadiouchka   01 mai 2016
J’ai certes grandi, mais la croyance demeure intacte, protégée par une révérence réfractaire à la tentation de la Raison. Et je ressens encore plus cette foi depuis que je suis revenu au bercail après plus de vingt-trois ans d’absence. Chaque nuit de pleine lune, l’angoisse me saisit et me pousse dehors. Je remarque tout autour de moi les silhouettes des objets comme des ombres qui m’épient et s’étonnent que je ne rende pas hommage à la femme aux miracles. Et je regarde vers le ciel en me disant que cette vieille bohémienne a peut-être trouvé le repos éternel et a été remplacée par une autre femme un peu plus jeune qu’elle, celle que je connais le plus et qui aurait, elle aussi, accepté un tel sacrifice, cette femme qui m’a mis au monde, Pauline Kengué, et qui, je le dis et l’écris maintenant pour que se dissipe toute ambiguïté, est morte en 1995…
P.17
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nadiouchkanadiouchka   08 mai 2016
Lève-toi, Patrie courageuse,
Toi qui, en trois journées glorieuses,
Saisis et portes le drapeau
Pour un Congo libre et nouveau
Qui jamais plus ne faillira,
Que personne n’effrayera.

Nous avons brisé nos chaînes,
Nous travaillerons sans peine,
Nous sommes une nation souveraine.
Extrait page 128
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rkhettaouirkhettaoui   12 janvier 2013
Manger une pomme était un privilège dans la ville. C’était, pour nous, un des fruits les plus exotiques venus des régions au climat froid. En la croquant je sentais pousser en moi des ailes qui me portaient loin. Je humais d’abord le fruit les yeux fermés, avant de le croquer goulûment comme si je craignais que quelqu’un vienne me demander un petit bout et gâche du coup le plaisir que j’aurais de broyer même les pépins puisque personne ne m’avait appris comment manger une pomme.
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nadiouchkanadiouchka   07 mai 2016
- Parce que, tonton, tu comprends, quand tu n’as pas de sandales neuves, tu peux pas arriver à l’heure en classe, tu dois les réparer dans la rue pendant deux heures, et quand tu expliques ça au maître, lui il ne veut pas comprendre, il dit que tu n’es qu’un petit menteur alors que c’est même pas vrai que moi je peux mentir ! Est-ce que tu me crois, tonton ?
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