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ISBN : 2757805193
Éditeur : Points (23/08/2007)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 279 notes)
Résumé :
Mémoires de porc-épic est le second volet d'une trilogie inaugurée par l'inoubliable Verre Cassé. Ici encore, en détournant, avec le sens de la dérision qu'on lui connaît, les codes narratifs de la fable, Alain Mabanckou revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaines.

Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède un double animal dans la nature, il nous l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  18 novembre 2016
Pas de majuscule, pas de point. Les seuls signes de ponctuation sont des virgules et quelques guillemets. Déroutant … des phrases qui font plusieurs pages ne m'ont certainement pas permis d'apprécier ce conte à sa juste valeur.
Chaque être humain à son double dans la nature, pour Kibanbi, c'est un porc-épic, que son maitre charge de perpétrer, à l'aide de ses piquants, des meurtres parmi les villageois de son entourage. Kibandi mort, le vieux porc-épic sait qu'il lui reste peu de temps à vivre, il en profite pour se confier à un baobab.
C'est toujours une frustration d'arrêter un livre, il y a une certaine culpabilité de penser que la rencontre n'a pas eu lieu et d'en être responsable.
- Bah t'auras un gage !
- Ah oui lequel ?
- Lire un autre livre de l'auteur.
- Dommage ! Je m'attendais à quelques coups de fouet.
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Missbouquin
  16 juillet 2012
Mémoires de porc-épic est le second volet d'une trilogie inaugurée par Verre Cassé, que je n'ai pas lu (mais ça ne va pas tarder ! ) L'idée est la réception d'un manuscrit écrit par ce fameux Verre Cassé
Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède un double animal dans la nature, il nous livre l'histoire d'un porc-épic, chargé par son alter ego humain, Kibandi, d'accomplir, à l'aide de ses redoutables piquants, toute une série de meurtres. Pour le plus grand désespoir des villageois qui ne satisfont pas les exigences de son maître, le porc-épic est bien obligé d'obéir, pendant plus de quarante ans.
Une fois son maître mort, au crépuscule de sa vie, le vieux porc-épic décide de se confier à un baobab, et d'expliquer quelle a été sa vie. “la parole, me semble t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait m'aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde”. de sa vie en groupe de porc-épic à son lien avec son maître, lorsqu'il devient un “double nuisible”, jusqu'aux exactions qu'il commet, il n'omet rien et se dépouille devant nous.
“J'appartiens plutôt au groupe des doubles nuisibles, nous sommes les plus agités des doubles , les plus redoutables, les moins répandus aussi, et comme tu peux le deviner la transmission d'un tel double est plus compliquée, plus restreinte, elle s'opère au cours de la dixième année du gamin, encore faut-il parvenir à lui faire avaler le breuvage initiatique appelé mayamvumbi, l'initié le boira régulièrement afin de ressentir l'état d'ivresse qui permet de se dédoubler, de libérer son autre lui-même, un clone boulimique sans cesse en train de courir, de cavaler, d'enjamber les rivières, de se terrer dans le feuillage quand il ne ronfle pas dans la case de l'initié, et moi, je me retrouvais au milieu de ces deux êtres, non pas en spectateur puisque, sans moi, l'autre lui-même de mon maître aurait succombé faute d'assouvir sa gloutonnerie…”
Le roman prend donc la forme d'un récit atypique, sans ponctuation ni majuscules (ce qui demande 10 minutes d'adaptation), raconté d'un trait par le porc-épic qui devient finalement très attachant. Mabanckou détourne ainsi la forme traditionnelle du conte africain et de la fable, avec beaucoup d'humour et de verve. le porc-épic émaille en effet son récit de réflexions sur la nature humaine, qu'il a appris à connaître et qui nous nous interroger sur la cruauté et la volonté de puissance de tout individu, à n'importe quelle échelle de la société. Il critique à plusieurs reprises en particulier la déformation qui oblige les Occidentaux à vouloir tout explique …
“car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d'un porc-épic, deviennent si bornés qu'ils estiment que les histoires de doubles n'existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique”.
Or ici, superstitions, magie, croyances, meurtres, tout explose en un magnifique cocktail très concentré, en restant un formidable conte terriblement dépaysant.
Un livre écrit dans un souffle. Et qui se lit dans ce même souffle. Fascinant.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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diablotin0
  15 juillet 2016
Je suis sans doute trop classique dans mes lectures car dès les premières pages, j'ai senti que j'aurais du mal avec le style. Je n'arrive pas à apprécier l'ambiance Africaine à travers ce conte.
Je le regrette vraiment au regard des très belles critiques élogieuses.
Je n'aime pas arrêter un livre en cours, surtout quand je sais qu'il est majoritairement apprécié car j'ai bien conscience de rater quelque chose.
Bien sûr, je me dis que je le reprendrai plus tard, à un autre moment plus favorable, mais vu la PAL devant moi et toutes mes envies de lectures, je dois rester honnête et dire Adieu à ce livre.
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Macha_Loubrun
  26 septembre 2013
Le vieux Porc-épic a trouvé comme seul confident, le baobab. Kipandi son maître vient de mourir et il a bien des choses à lui raconter. Telle est la fable qui débute dans ce roman singulier, drôle, plein du mystère africain… Une mise à nu de la noirceur humaine sans concessions.
Alors qu'il n'était encore qu'un enfant, Papa Kibandi a initié Kipandi en lui faisant boire le mayamvumbi afin qu'un double animal se charge de le débarrasser de tous ceux qui entravent son chemin.
Les scènes cocasses avec les villageois ou avec des ethnologues venus tenter comprendre comment les morts sont les seuls capables de dire qui les ont mangés, entendez par là, tués… s'enchainent sans laisser de répit au lecteur.
Un récit mené tambour battant, sans ponctuation, Alain Mabanckou est un conteur de talent.
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Charybde2
  20 juin 2013
Explorant avec bonheur la noirceur des contes de la brousse, un porc-épic au service d'un sorcier.
Publié en 2006, couronné par le prix Renaudot, le sixième roman d'Alain Mabanckou se présentait malicieusement, dans un drôlatique prière d'insérer final, comme un "complément" du précédent, "Verre cassé", deuxième manuscrit communiqué à l'éditeur par L'escargot entêté, mythique patron du bar négropontain "Le crédit a voyagé", exécuteur testamentaire du défunt poète ivrogne Verre cassé.
Entièrement raconté, dans une longue phrase ponctuée uniquement de virgules, adressée sans reprendre son souffle à un baobab obstinément muet, par un porc-épic, ce roman est un flamboyant hommage au conte congolais, à l'imaginaire de la sorcellerie de la brousse, désertant les territoires urbains jusqu'alors chers à l'auteur pour ceux du mythe, des animaux "doubles nuisibles" affectés dès leur naissance à un petit d'homme destiné à la magie noire, aux querelles de sang, de lignée, de terrain ou de prestige qui dégénèrent alors en crimes, le sorcier "mangeant" ses adversaires avc l'aide de son tueur animal familier. Un rythme étonnant et curieusement enchanteur pour dire la noirceur de l'âme, fût-ce dans l'univers du conte traditionnel africain, et pour apprendre entre autres les mille moyens utilisés par un sorcier pour s'affranchir des lois humaines, et même de certains féticheurs bénéfiques, véritables enquêteurs du surnaturel aux pouvoirs parapsychiques surdéveloppés, qu'une simple noix de cola judicieusement placée peut toutefois suffire à berner...
Roman atypique chez Mabanckou, pourrait-on croire, il explore pourtant avec tendresse une autre facette de l'espace des mythes et des clichés - comme toujours discrètement subvertis - entourant son "petit Congo" natal.
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Citations & extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
urbanbikeurbanbike   16 mars 2008
au petit matin, Amédée entreprit sa promenade quotidienne dans la brousse, il ne portait qu'un short, marcha en sifflotant jusqu'au bord de la rivière où il plongea ses pieds dans l'eau, s'étendit sur la rive et se mit à lire ses livres de mensonges, mon maître m'avait dit d'aller l'épier, d'aller voir ce qu'il était en train de manigancer seul, de m'assurer que ce jeune homme ne possédait pas lui aussi un double qui pourrait nous causer des ennuis lorsque nous nous occuperions de lui, c'était une précaution inutile car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d'un porc-épic, deviennent si bornés qu'ils estiment que les histoires de doubles n'existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique, et quand Amédée me vit déboucher d'un bosquet près de la rivière, nom d'un porc-épic, il hurla de rage « sale bête, dégage de ma vue, espèce de boule à piquants, je vais te réduire en pâtée et te manger avec du piment et du manioc
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SachenkaSachenka   06 juin 2017
mon cher Baobab, je suis assis à ton pied, je te parle, je te parle encore même si je suis certain que tu ne me répondras pas, or la parole, me semble-t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait aussi m'aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde
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MissbouquinMissbouquin   16 juillet 2012
“car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d’un porc-épic, deviennent si bornés qu’ils estiment que les histoires de doubles n’existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique”.
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Charybde2Charybde2   20 juin 2013
je n'ai pas demandé à survivre, comme d'ailleurs je ne demanderai pas à mourir, je me contente de respirer, de voir ce que je pourrais faire d'utile dans le futur, j'ai pour cela deux pistes que j'aimerais suivre, d'abord je voudrais mener une bataille sans merci contre les doubles nuisibles de cette contrée, je sais que c'est un grand combat, mais je voudrais les traquer les uns après les autres, une manière de me racheter, d'effacer ma part de responsabilité quant aux malheurs qui ont endeuillé ce village et beaucoup d'autres, la deuxième piste à laquelle je songe est simple, mon cher Baobab, je voudrais retourner vivre dans notre ancien territoire parce que la fréquentation des hommes a créé en moi le sentiment de la nostalgie, un sentiment que je qualifierais de mal du territoire, eux parleraient de mal du pays, je tiens désormais à mes souvenirs comme l'éléphant tient à ses défenses, ce sont ces images lointaines, ces ombres disparues, ces bruits éloignés qui m'empêchent de commettre l'irréparable, oui, l'irréparable, j'y pense aussi, me donner la mort, mais c'est la pire des lâchetés, de même que les êtres humains estiment que leur existence vient d'un être suprême, j'ai fini par le croire à mon tour depuis vendredi dernier, et si j'existe encore, nom d'un porc-épic, c'est parce qu'une volonté au-dessus de moi l'a décidé, or s'il en a été décidé ainsi, c'est que je dois forcément avoir une dernière minute à remplir ici-bas
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binabina   09 avril 2012
pour simplifier les choses et ne pas polluer ton esprit, je dirai que les romans sont des livres que les hommes écrivent dans le but de raconter des choses qui ne sont pas vraies, ils prétendent que ça vient de leur imagination, il y en a parmi ces romanciers qui vendraient leur mère ou leur père pour me voler le destin de porc-épic, ils s'en inspireraient (...) je t'assure que les êtres humains s'ennuient tellement qu'il leur faut ces romans pour s'inventer d'autres vies, et dans ces romans, mon cher Baobab, en s'y plongeant, on peut parcourir le monde entier
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