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ISBN : 2757805193
Éditeur : Points (23/08/2007)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 323 notes)
Résumé :
Mémoires de porc-épic est le second volet d'une trilogie inaugurée par l'inoubliable Verre Cassé. Ici encore, en détournant, avec le sens de la dérision qu'on lui connaît, les codes narratifs de la fable, Alain Mabanckou revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaines.

Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède un double animal dans la nature, il nous l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  18 novembre 2016
Pas de majuscule, pas de point. Les seuls signes de ponctuation sont des virgules et quelques guillemets. Déroutant … des phrases qui font plusieurs pages ne m'ont certainement pas permis d'apprécier ce conte à sa juste valeur.
Chaque être humain à son double dans la nature, pour Kibanbi, c'est un porc-épic, que son maitre charge de perpétrer, à l'aide de ses piquants, des meurtres parmi les villageois de son entourage. Kibandi mort, le vieux porc-épic sait qu'il lui reste peu de temps à vivre, il en profite pour se confier à un baobab.
C'est toujours une frustration d'arrêter un livre, il y a une certaine culpabilité de penser que la rencontre n'a pas eu lieu et d'en être responsable.
- Bah t'auras un gage !
- Ah oui lequel ?
- Lire un autre livre de l'auteur.
- Dommage ! Je m'attendais à quelques coups de fouet.
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Missbouquin
  16 juillet 2012
Mémoires de porc-épic est le second volet d'une trilogie inaugurée par Verre Cassé, que je n'ai pas lu (mais ça ne va pas tarder ! ) L'idée est la réception d'un manuscrit écrit par ce fameux Verre Cassé
Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède un double animal dans la nature, il nous livre l'histoire d'un porc-épic, chargé par son alter ego humain, Kibandi, d'accomplir, à l'aide de ses redoutables piquants, toute une série de meurtres. Pour le plus grand désespoir des villageois qui ne satisfont pas les exigences de son maître, le porc-épic est bien obligé d'obéir, pendant plus de quarante ans.
Une fois son maître mort, au crépuscule de sa vie, le vieux porc-épic décide de se confier à un baobab, et d'expliquer quelle a été sa vie. “la parole, me semble t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait m'aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde”. de sa vie en groupe de porc-épic à son lien avec son maître, lorsqu'il devient un “double nuisible”, jusqu'aux exactions qu'il commet, il n'omet rien et se dépouille devant nous.
“J'appartiens plutôt au groupe des doubles nuisibles, nous sommes les plus agités des doubles , les plus redoutables, les moins répandus aussi, et comme tu peux le deviner la transmission d'un tel double est plus compliquée, plus restreinte, elle s'opère au cours de la dixième année du gamin, encore faut-il parvenir à lui faire avaler le breuvage initiatique appelé mayamvumbi, l'initié le boira régulièrement afin de ressentir l'état d'ivresse qui permet de se dédoubler, de libérer son autre lui-même, un clone boulimique sans cesse en train de courir, de cavaler, d'enjamber les rivières, de se terrer dans le feuillage quand il ne ronfle pas dans la case de l'initié, et moi, je me retrouvais au milieu de ces deux êtres, non pas en spectateur puisque, sans moi, l'autre lui-même de mon maître aurait succombé faute d'assouvir sa gloutonnerie…”
Le roman prend donc la forme d'un récit atypique, sans ponctuation ni majuscules (ce qui demande 10 minutes d'adaptation), raconté d'un trait par le porc-épic qui devient finalement très attachant. Mabanckou détourne ainsi la forme traditionnelle du conte africain et de la fable, avec beaucoup d'humour et de verve. le porc-épic émaille en effet son récit de réflexions sur la nature humaine, qu'il a appris à connaître et qui nous nous interroger sur la cruauté et la volonté de puissance de tout individu, à n'importe quelle échelle de la société. Il critique à plusieurs reprises en particulier la déformation qui oblige les Occidentaux à vouloir tout explique …
“car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d'un porc-épic, deviennent si bornés qu'ils estiment que les histoires de doubles n'existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique”.
Or ici, superstitions, magie, croyances, meurtres, tout explose en un magnifique cocktail très concentré, en restant un formidable conte terriblement dépaysant.
Un livre écrit dans un souffle. Et qui se lit dans ce même souffle. Fascinant.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Macha_Loubrun
  26 septembre 2013
Le vieux Porc-épic a trouvé comme seul confident, le baobab. Kipandi son maître vient de mourir et il a bien des choses à lui raconter. Telle est la fable qui débute dans ce roman singulier, drôle, plein du mystère africain… Une mise à nu de la noirceur humaine sans concessions.
Alors qu'il n'était encore qu'un enfant, Papa Kibandi a initié Kipandi en lui faisant boire le mayamvumbi afin qu'un double animal se charge de le débarrasser de tous ceux qui entravent son chemin.
Les scènes cocasses avec les villageois ou avec des ethnologues venus tenter comprendre comment les morts sont les seuls capables de dire qui les ont mangés, entendez par là, tués… s'enchainent sans laisser de répit au lecteur.
Un récit mené tambour battant, sans ponctuation, Alain Mabanckou est un conteur de talent.
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A_fleur_de_mots
  16 janvier 2019
“assieds-toi au pied d'un baobab et, avec le temps, tu verras l'Univers défiler devant toi”.... ce n'est pas l'Univers que l'on voit défiler devant soi, une fois réfugié au pied d'un immense baobab en haut d'une colline, mais plutôt les confessions de notre porc-épic repenti, double maléfique de Kibandi, qui voit défiler les 42 années de sa vie (une longévité record pour un porc-épic) et nous la confie.
Écrit sans point ni majuscule, on plonge en apnée dans le récit de notre porc-épic, sans pouvoir reprendre son souffle, car il semble pressé de se délester du poids de ses actes, voulant se délivrer de la peur de la mort dans sa confession.
Avec lui, nous nous immergeons dans un monde enchanté et envoûte, où certains animaux sortent du monde animal pour assister les “cousins germains du singe “, où dotés de la parole, ils peuvent nous tendre le miroir de notre société et de nos défauts.
Car, au-delà de l'hommage à la parole libératrice et à la culture orale ancestrale africaine, cette fable moderne est un portrait de la Nature humaine, dépeinte crûment et de façon pertinente, pourtant non dénouée d'un humour fin et d'une certaine tendresse pour le genre humain.
Je ne regarderai jamais plus les animaux de la même façon après cette lecture passionnante qui nous entraine dans un monde enchanté où tout est possible, si on se laisse entraîner par le pouvoir des mots. Tu peux reposer en paix porc-épic, ta dernière mission est accomplie.
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diablotin0
  15 juillet 2016
Je suis sans doute trop classique dans mes lectures car dès les premières pages, j'ai senti que j'aurais du mal avec le style. Je n'arrive pas à apprécier l'ambiance Africaine à travers ce conte.
Je le regrette vraiment au regard des très belles critiques élogieuses.
Je n'aime pas arrêter un livre en cours, surtout quand je sais qu'il est majoritairement apprécié car j'ai bien conscience de rater quelque chose.
Bien sûr, je me dis que je le reprendrai plus tard, à un autre moment plus favorable, mais vu la PAL devant moi et toutes mes envies de lectures, je dois rester honnête et dire Adieu à ce livre.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
urbanbikeurbanbike   16 mars 2008
au petit matin, Amédée entreprit sa promenade quotidienne dans la brousse, il ne portait qu'un short, marcha en sifflotant jusqu'au bord de la rivière où il plongea ses pieds dans l'eau, s'étendit sur la rive et se mit à lire ses livres de mensonges, mon maître m'avait dit d'aller l'épier, d'aller voir ce qu'il était en train de manigancer seul, de m'assurer que ce jeune homme ne possédait pas lui aussi un double qui pourrait nous causer des ennuis lorsque nous nous occuperions de lui, c'était une précaution inutile car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d'un porc-épic, deviennent si bornés qu'ils estiment que les histoires de doubles n'existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique, et quand Amédée me vit déboucher d'un bosquet près de la rivière, nom d'un porc-épic, il hurla de rage « sale bête, dégage de ma vue, espèce de boule à piquants, je vais te réduire en pâtée et te manger avec du piment et du manioc
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MissbouquinMissbouquin   16 juillet 2012
“car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d’un porc-épic, deviennent si bornés qu’ils estiment que les histoires de doubles n’existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique”.
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SachenkaSachenka   06 juin 2017
mon cher Baobab, je suis assis à ton pied, je te parle, je te parle encore même si je suis certain que tu ne me répondras pas, or la parole, me semble-t-il, délivre de la peur de la mort, et si elle pouvait aussi m'aider à la repousser, à lui échapper, je serais alors le porc-épic le plus heureux du monde
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Charybde2Charybde2   20 juin 2013
je n'ai pas demandé à survivre, comme d'ailleurs je ne demanderai pas à mourir, je me contente de respirer, de voir ce que je pourrais faire d'utile dans le futur, j'ai pour cela deux pistes que j'aimerais suivre, d'abord je voudrais mener une bataille sans merci contre les doubles nuisibles de cette contrée, je sais que c'est un grand combat, mais je voudrais les traquer les uns après les autres, une manière de me racheter, d'effacer ma part de responsabilité quant aux malheurs qui ont endeuillé ce village et beaucoup d'autres, la deuxième piste à laquelle je songe est simple, mon cher Baobab, je voudrais retourner vivre dans notre ancien territoire parce que la fréquentation des hommes a créé en moi le sentiment de la nostalgie, un sentiment que je qualifierais de mal du territoire, eux parleraient de mal du pays, je tiens désormais à mes souvenirs comme l'éléphant tient à ses défenses, ce sont ces images lointaines, ces ombres disparues, ces bruits éloignés qui m'empêchent de commettre l'irréparable, oui, l'irréparable, j'y pense aussi, me donner la mort, mais c'est la pire des lâchetés, de même que les êtres humains estiment que leur existence vient d'un être suprême, j'ai fini par le croire à mon tour depuis vendredi dernier, et si j'existe encore, nom d'un porc-épic, c'est parce qu'une volonté au-dessus de moi l'a décidé, or s'il en a été décidé ainsi, c'est que je dois forcément avoir une dernière minute à remplir ici-bas
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nelly76nelly76   02 janvier 2018
La brise s'élève à présent,tes feuilles me tombent dessus,c'est une sensation agréable, ces petits détails me permettent désormais d'apprécier l'allégresse de vivre,et lorsque je regarde vers le ciel je me dis que tu as une sacrée chance, toi,de vivre dans un lieu paradisiaque, tout est vert ici,tu es au-dessus d'une colline ,tu domines le voisinage, les arbres alentour se prosternent tandis que tu contemples les humeurs du ciel avec l'indifference de celui qui a tout vu durant son existence.........
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Videos de Alain Mabanckou (119) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Mabanckou
Leçon inaugurale d'Alain Mabanckou, écrivain, professeur de littérature à UCLA (17 mars 2016). "L?Afrique a pendant plusieurs siècles été vue, imaginée, fantasmée par les Européens comme un continent sauvage, ténébreux, matière première des récits d?aventures et d?exploration, teintés d?exotisme, qui ne laissaient pourtant entendre qu?une seule voix, celle du colonisateur. Il faut attendre le milieu du XXe siècle pour qu?une littérature écrite par et pour les Africains se révèle. de la négritude à la « migritude », il appartient aux écrivains noirs d?aujourd?hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière." Revoir tous les cours donnés par Alain Mabanckou au Collège de France : https://www.college-de-france.fr/site/alain-mabanckou/_course.htm
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