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Francis Lacassin (Autre)
EAN : 9782070374830
224 pages
Gallimard (04/07/1983)
3.75/5   26 notes
Résumé :
«Au gibet de Savannah, sur le quai devant la Mer Océane, un homme jeune est pendu.
Ses vêtements sont ceux qu'il portait sur L'Étoile Matutine : un bel habit rouge, un gilet brodé, des culottes de velours noir et des bas blancs. Le tout abondamment orné de galons d'or...»
Mac Orlan, aventurier de l'imaginaire, invente des Antilles où les gentilshommes de fortune vivent mille aventures, de l'abordage à la potence.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Yanoune
  30 janvier 2021
A bord de L'étoile Matutine.. Ou le bouquin sapin cuvée 2020 demandé pasque j'avais lu l'adaptation en bd, et que je me demandais si c'était fidèle... et pi je suis plus à un bouquin de pirate près.
Pitch :
Lui, et bien il n'a pas de nom, un misérable, sans famille, sans abrit, sans amis.. un sauvage de quinze ans qui se nourri de grenouilles de rats, de corneilles... Alors quand une jeune paysanne le prend en pitié et lui apporte de la soupe, il est content... normal. Seulement y a des curiosités, des curiosités de son âge pourrait-on dire.. Seulement lui n'a pas la manière, ou l'éducation, ou autre chose... et la paysanne en fera les frais... la pauvrette. Et lui le sauvage et bien il ne comprend pas, et il ne devrait pas se vanter, s'en vanter... se vanter va le mener bien loin, ailleurs... Sur le pont de L'Étoile Matutine, un brick pirate.
Bon...
Oui, vu que j'avais lu l'adaptation en bd de Riff Reb's, je n'ai pas été surprise par les histoires, et d'ailleurs c'est une très bonne adaptation.
Là où j'ai été plus surprise, c'est par la construction narrative. Nous sommes face à des chapitres histoires, sans vraie continuité de temps, d'espace. Chaque chapitre racontant soit une histoire vécue par le narrateur, soit une histoire entendue au détour d'une taverne et racontée par un vieux forban qui se souvient d'un temps disparu. Certaines n'ayant aucune suite, Mac Orlan ne revenant pas dessus, nous ne savons pas ce qu'il en est par la suite.
Alors je dois dire qu'elles sont très vivantes, même s'il y a beaucoup, beaucoup de morts, de sang... et d'une manière ou d'une autre d'ailleurs, il n'y a pour ainsi dire pas tant de batailles navales, non. Il y a des bûchés, des gibets, la peste, et des colliers faits grâce à des couteaux aiguisés, voir des crânes défoncés à coup de gourdins... vous voyez le genre.
Nous ne sommes pas dans l'angélisme pirate, du tout. Nous somme dans la cruauté. Et encore, une cruauté presque enfantine, j'ai lu des bouquins de pirates bien plus violents et bien plus sanglants que L'étoile-Matutine (avec tortures comack, estrapades, grande cale voir boyaux à l'air, là non des colliers offerts aux dames...). Et c'est pas désagréable...
Des monstres pétris de croyances, où l'on mélange tout allégrement.. Des gars capables de zigouiller comme ça, mais qui ont toujours la prière idoine, et qui font dans leur froc à la mention du Hollandais Volant...
Il passe pas mal le Hollandais Volant aussi... ils vont même récupérer un de ces marins, l'est pas désagréable d'ailleurs, malgré sa condition ^^.
Oui un zeste de fantastique, avec fantômes... Je comprends même mieux le parti pris de Reb's niveau dessins des personnages, des mômes cruels... ça va très bien.
Le style d'Orlan même s'il mêle de l'argot, n'est pas, à mon sens, difficile à comprendre ( toujours mis dans un contexte bien précis, et souvent usité, en gros si la première fois que tu vois le terme et que t'as un ti doute, la deuxième fois l'efface ( le doute)). Un style assez visuel, même s'il ne s'appesantit pas, et puis de toute façon tout ça on le connaît ( les îles, les cocos, les aras et les bouges...).
Ensuite niveau date (quand même, histoire de) et bien le 18 eme siècle, 1720, un peu avant un peu après. Les grands noms pirates sont énumérés, égrainés autour d'une chopine, d'un rhum chauffé au brasero, Low, Rackham, Flint et son Walrus.. Mary Reid vient nous faire un clin d'oeil ( c'est bien bichette ! Parce que d'une manière générale les femmes ne sont pas à la fête, du tout. ) le Vasseur et son île de la Tortue et encore quelques autres. Faut dire eux ont eu le prestige, sur l'Etoile-Matutine niveau prestige c'est pas vraiment ça, du tout même... Les coups d'éclats font des flops, et les trésors sont pas pour demain... Ou peut-être que si, tant que y a la vie y a le rêve.. tant que la mer est là...
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raton-liseur
  15 janvier 2014
J'ai lu ce livre rapidement, mais je dois avouer qu'il m'a plutôt déçue. Je voulais une histoire de mer, j'ai eu une histoire de pirates, bon soit. Mais non, pas exactement une histoire, des historiettes en réalité, puisque chaque chapitre, et le livre en compte vingt, sont autant d'histoires indépendantes les unes des autres, parfois des histoires vécues par le narrateur lui-même, parfois celles d'individus rencontrés dans une taverne mal famée ou tout autre lieu aussi louche. Ce manque d'unité de l'ensemble m'a déçue et ne m'a pas permis de rentrer dans un récit dont j'ai trouvé la construction décousue. Et en plus, j'ai pu voir passer le capitaine Flint, ainsi qu'une énième chasse au trésor. Alors peut-être que je fais une overdose de Long John Silver et de ses acolytes après avoir lu récemment une version abrégée de L'île au trésor par Stéphane Frattini puis une nouvelle aventure de Long John Silver par Xavier Dorison et Mathieu Lauffray, toujours est-il que j'aurais aimé un peu plus de nouveauté, d'inventivité. Les pirates ne se résument quand même pas à l'équipage du Walrus ! Et avec tout cela un style sans unité, oscillant entre le précieux et l'argot.
Bref, peu de nouveautés dans cette description de la piraterie alors sur le déclin, et encore moins de vraisemblance. Alors, peut-être suis-je passée à côté du propos de l'auteur, ou du moins de l'interprétation qu'en fait le préfacier de mon édition Folio, Francis Lacassin. Pierre Mac Orlan aurait voulu peindre « une Ile au trésor sans trésor, sans perroquet et sans espoir » (titre de la préface), de dépouiller la figure du pirate de tout l'apparat romanesque dont les siècles l'ont parés, pour le décrire tel qu'il est, c'est-à-dire un assassin, plus cruel que courageux, plus égoïste qu'anarchiste. Et c'est vrai que les personnages de ce roman ne sont guère glorieux et ne correspondent pas à l'image d'Epinal du pirate. Pas d'abordages intrépides, juste des prises qui capitulent à la simple vue du drapeau noir (ce qui était souvent la réalité, ni les marins des bateaux de commerce ni les pirates n'étaient assez fous pour s'engager dans des combats à l'issue incertaine mais toujours sanglante), des personnages sans foi ni loi, certes, mais pas au grand coeur, impulsifs, batailleurs, plus prompts à user de leur couteau que de leur cervelle…
Vu sous cet angle, le roman commence peut-être à avoir un intérêt, mais si il faut lire les préfaces pour apprécier un bouquin, où va-t-on ? Non, je reste sur ma première idée, pour une aventure marine ou une croisière en compagnie de pirates, on peut passer son chemin, et trouver mieux ailleurs. J'ai un autre livre de Mac Orlan dans ma bibliothèque, L'Ancre de Miséricorde, qui a l'air dans la même veine en plus, je ne sais trop quel sort réserver à ce livre après cette première pêche infructueuse…
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Thaddeus
  14 mai 2015
Nous lisons quelques histoires de la vie des gentilshommes de fortune sous le pavillon noir, histoires qui montre aussi une certaine érudition de l'auteur. Écrit au «je», il y a aussi un prolifération de récits dans le récit. On y prend ce qu'on veut, à la bonne franquette. Récits qui sont souvent terribles et sanglants. Des coups de couteaux, des gorges tranchées, des hommes pendus, des morts qui frappent aux portes réclamant leurs biens usurpés, l'inquisition, la peste, l'esclavage; voilà ce que le lecteur peut trouver dans ce roman, non sans un indubitable désordre. Désordre qui ne lassera jamais l'amateur de récits.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   15 janvier 2014
C’est George Merry, le capitaine de L'Étoile Matutine. Il ne fumera plus mélancoliquement sa pipe longue et pour lui, maintenant, les Espagnoles replètes n’ont plus sous leurs jupes de quoi exciter sa curiosité.
Raide et somptueux au bout de sa corde, il attire à peine le regard des passants et l’exemple de sa mort ne remplit de crainte que le cœur des faibles.
(p. 191, Chapitre 20).
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raton-liseurraton-liseur   15 janvier 2014
Mac Graw disait encore : « La vie des hommes qui vont droit devant eux, renaîtraient-ils dix fois en dix mondes meilleurs, serait toujours semblable à la première. Il n’y a qu’une façon d’aller droit devant soi. »
(p. 24, Introduction).
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ThaddeusThaddeus   14 mai 2015
Les fous, dit Mac Graw, ne sont pas les envoyés de Dieu mais du Diable. Cette fille est folle et, bien qu'elle soit plus dévote qu'une duègne, le feu qui la consume n'est pas celui qui réchauffe les saintes.
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ThaddeusThaddeus   10 mai 2015
Nous en avons tous vu plus qu'il n'est permis à un homme et nous ne nous rappelons rien, si ce n'est un petit nom de femme entendu dans notre jeunesse.
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line70line70   23 mars 2011
La vie des hommes qui vont droit devant eux, renaîtraient-ils dix fois en dix mondes meilleurs, serait toujours semblable à la première. Il n'y a qu'une façon d'aller droit devant soi.
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Vidéo de Pierre Mac Orlan
https://www.editions-harmattan.fr/livre-la_butte_3d_montmartre_hier_aujourd_hui_et_peut_etre_demain_georges_millot-9782343246260-71631.html
Sur la butte Montmartre, il s'est passé bien des événements. La Commune de Paris y a débuté. Plus tard, les affranchis s'y sont installés, dans le sillage d'Aristide Bruant. Aujourd'hui, elle bourdonne de touristes et... de pickpockets. Et demain, que deviendra ce confetti, si le monde survit et change ? Sur la butte Montmartre, du temps de la Commune, se sont croisés des personnages historiques luttant pour une société meilleure : Louise Michel, Jules Vallès, Théo et Marie Ferré... de nos jours, les petits-enfants des écrivains Pierre Mac Orlan, Albert Simonin ou Marcel Aymé célèbrent la beauté germant du quotidien interlope. Dans un monde futur, quel beau décor pour concevoir l'union de l'idéal et du bonheur ! de tous les coins du monde on vient sur la Butte, admirer Paris à ses pieds. Il ne faut pas oublier de tourner son regard vers l'intérieur de ce volcan, éteint seulement en apparence, dans les ruelles duquel se fondent les différences de genres, de milieux et d'époques.
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