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EAN : 9782021135145
288 pages
Éditeur : Seuil (03/10/2013)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Comment échapper à son destin ? Vieille question. Des années après sa grise adolescence, Maxime habite toujours le quartier d’Hannouka, seul avec Hannah, sa vieille mère, son alzhei-mère, qui danse en écoutant Sun Ra. Il est coursier, et justement, il en a vraiment plein les bottes d’être coursier, car il pleut tous les jours sur Arkestra, la ville qui ne dort jamais, ghettoïsée et violente, où tentent de vivre les personnages de Karim Madani. Fils d’un petit truand... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
encoredunoir
  21 mars 2014
Maxime habite Hannouka, le quartier juif d'Arkestra, avec sa mère atteinte d'alzheimer, et tente de survivre avec un boulot de livreur. Adepte de bonne herbe – le seul remède qui l'aide à calmer ses crises de spasmophilie – il va régulièrement acheter sa ganja dans les Tours Organiques, véritable coupe-gorge accueillant le fond du panier du lumpenproletariat d'Arkestra, et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela lui pèse.
Et puis un jour vient la lumière. Son médecin apprend à Maxime que, malgré la prohibition, sa spasmophilie l'autorise à recevoir chaque semaine vingt grammes de marijuana pour usage thérapeutique. Et avec ça, l'idée. le moyen de peut-être pouvoir quitter enfin Arkestra et d'éviter le placement d'office de sa mère par les services sociaux. Un trafic d'herbe qui pourrait le mener bien plus loin qu'il ne le désire.
Le jour du fléau, précédent roman de Karim Madani mettant en scène la vie à Arkestra traîne depuis quelques années dans ma bibliothèque mais c'est finalement avec Casher Nostra que je rentre dans cet univers qui n'est ni vraiment le nôtre ni vraiment un autre, ni de demain ni d'aujourd'hui. C'est en effet d'abord ça qui impressionne chez Madani, la manière dont il crée entièrement Arkestra en prenant le pire de notre société pour en faire un monde crédible avec une géographie qui apparaît totalement réfléchie (on imagine d'ailleurs que l'on n'aperçoit qu'une infime partie de ce que l'auteur a pu créer pour donner une telle assise à son (ses) roman(s)).
L'histoire, quant à elle, se veut on ne peut plus classique. C'est celle du loser qui trouve un bon plan et fini par s'imaginer bien plus fort et malin qu'il ne l'est vraiment, celle du fils qui pense ne pas vouloir ressembler à son père mais va tout faire pour l'imiter et, surtout, le dépasser. C'est aussi une belle histoire d'amour filial dans un monde pourri jusqu'à la moelle. de ce récit dont le rythme va crescendo jusqu'au sprint final, Karim Madani fait émerger une singulière galerie de portraits amochés par le monde dans lequel ils évoluent et qu'il teinte d'un gris plus ou moins clair, ne désirant en faire ni des anges ni des démons. Ainsi Maxime apparaît-il tour à tour dévoué et égoïste, attendrissant et détestable, tout comme Alex, le personnage de vigile raciste, bas du front, finit par acquérir une humanité touchante. Il y a enfin les fugaces mais lumineuses apparitions de Skit, mystérieuse graffeuse de talent peignant la geste des habitants mort de Hannouka.
Le tout est porté par une langue travaillée pour coller au mieux au fond free jazz que Karim Madani, en le plaçant sous le patronage de Sun Ra, donne à son roman. Longues énumérations coupées par de brutales ruptures de rythme, fugaces envolées ou mélodies des assonances et allitérations sont là pour donner cette couleur originale à Casher Nostra ; parfois jusqu'à l'écoeurement, d'ailleurs, avec des moments peut-être un peu trop forcés qui font passer parfois cette écriture de séduisante à légèrement agaçante.
À cette réserve près (et une autre quand même sur le dénouement un peu tiré par les cheveux des embrouilles de Maxime avec un gros dealer), Casher Nostra se révèle être un roman foncièrement original et attachant ; un très bon livre.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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collectifpolar
  08 octobre 2019
Arkestra. La ville qui ne dort jamais. Gangrenée par la came et les gangs. Une ville schizophrène, bipolaire. Les pires criminels y ont élu domicile. c'est là que vit Maxime qui est coursier dans le quartier d'Hannouka. Maxime découvre un jour qu'il est spasmophile. Et à ce titre, il peut bénéficier d'un programme gouvernemental. On lui attribue une dose de cannabis médical hebdomadaire. C'est pour Maxime une révélation. En ce procurant des faux papiers , il arrive a ce faire prescrire un stock conséquent de tétrahydrocannabinol . La meilleur beuh que l'on peut trouver… Il imagine qu'il va pouvoir aider sa mère et sortir de sa condition en revendant la précieuse herbe… Et oui Maxime Goldenberg n'est-il pas le fils d'un truand de la mafia juive. Il se retrouve donc entraîné dans un deal d'herbe qui ne se passe pas comme prévu. Forcément il met à mal toute l'organisation et le bel équilibre de la cité. Et les bandes, les gangs et la police va chercher à lui tomber sur le râble.Karim Madani réinvente le roman noir social, il lui redonne ses lettres de noblesse. Avec son style boxé qui tel un uppercut qui va droit au but et ne s'embarrasse pas de descriptions inutiles, il donne le ton. Il brosse un portrait réaliste de la vie dans les ghettos, ces cité dortoir où les habitants survivent plus qu'il ne vivent.
« Maxime était suffisamment défoncé pour passer entre les gouttes acides d'une biographie placide sans nourrir de pensées homicides ”
De plus, Karim Madani réinvente la langue. Son écriture est elle aussi coup-de-poing, mélange de mélopée et de mots crus. Avec sa plume il peint un décor en noir et blanc, univers gris où déambule des personnages magnifiques de noirceur. Et pourtant, tous plus attachant les uns que les autres. Maxime bien sur, son coté un peu gauche est attendrissant. Sa mère avec qui il forme un couple détonnant, celle ci partant peu à peu dans les limbes. Et même Alex, l'agent de sécurité, l'ami de Max, porté sur la bouteille et pratiquant la violence gratuite nous parait plutôt sympathique. Et puis j'ai oublié de vous parler de Skit que l'on entraperçoit de temps à autre, reliant ainsi les différentes parties du livre. Cette artiste, peintre des rues d'Hanoukka, adolescente virevoltante qui crée sur les murs de la cité un parcours tagué à coup de bombe de peinture et de pochoir, à la mémoire des héros juifs du ghetto.Vous l'aurez compris, j'ai surkiffé cette tragédie moderne et urbaine saisissante.
Lien : https://collectifpolar.com/
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mediatheque_pasdecalais
  14 avril 2014
Jeune juif d'une ville de banlieue où règnent trafic de drogues et violence, Maxime Goldenberg est tiraillé entre sa mère atteinte d'Alzheimer et qui doit être placée, et sa copine Sarah (de confession juive comme lui) qui souhaite être épousée et avoir des enfants.
Il vit chichement de son petit boulot de coursier mais rêve de gagner beaucoup d'argent afin d'offrir une fin de vie décente à sa mère. Il vend de l'herbe à un tout petit échelon, dans un secteur dominé par les parrains de la Casher Nostra. La société, via l'attribution régulière et légale de haschisch pour soigner sa spasmophilie, va lui fournir l'occasion de s'enrichir grâce à la revente de cette drogue bien meilleure que toute autre. Il va aller jusqu'à voler la totalité de cette herbe (10 kg). Mais la moralité (et la peur !) l'emportent et il négocie la revente aux dealers « assermentés » du quartier.

Lien : http://mediatheque.pasdecala..
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critiques presse (1)
Actualitte   17 octobre 2013
Cela dit, l'intérêt du livre ne réside pas tellement dans son intrigue. C'est plutôt le ton qui fait avancer la lecture. Karim Madani a le don de l'écriture coup-de-poing qui ne s'embarrasse pas de descriptions inutiles.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
collectifpolarcollectifpolar   08 septembre 2019
Vendredi 1er février. Dans tous les immeubles de rapport d’Hanoukka, des collecteurs encaissaient les loyers. À peine l’inspectrice partie, un jeune gars vif et musclé tapa à la porte. Maxime hésita avant d’ouvrir, mais il savait que l’homme de main de monsieur Salomon ne le lâcherait pas avant d’avoir récolté le fric du loyer.

– Laisse-moi une semaine, fit Maxime, qui avait du mal à respirer.

– Tu m’as fait le même coup le mois dernier. Je t’ai laissé une semaine et tu as payé au bout de quinze jours.

– Je suis un peu juste ce mois-ci… Tu sais que ma mère est malade et que les médicaments me coûtent un fric fou.

– Des histoires comme la tienne, on m’en sert tous les jours. Tu n’imagines même pas tous les gens malades, à l’article de la mort, tous les endettés, toutes les mères avec des bébés qui ont dépensé l’argent du loyer en couches et en lait en poudre. Tous les jours j’entends des histoires tristes. Mais monsieur Salomon me paie pour collecter l’argent des loyers, pas pour écouter toutes ces jérémiades.

Les agences immobilières envoyaient des huissiers avec des commandements de payer. Monsieur Salomon envoyait des ex-boxeurs qui cassaient les mâchoires des mauvais payeurs, avant de les expulser manu militari. Dans les immeubles de rapport qui lui appartenaient, les procédures d’expulsion ne se réglaient jamais devant une juridiction compétente. Elles étaient expéditives.

– Une semaine, pas plus. Sinon, tu connais la chanson. Je vous jette à la rue, ta mère et toi. Et me dis pas : non, un juif peut pas faire ça à un autre juif. C’est juste du business. On fait pas dans l’humanitaire.

Maxime ferma la porte. Sa mère buvait un café dans la cuisine.

– C’était qui, mon chéri ?

– Rien. Encore un ramoneur. Je lui ai expliqué qu’on n’utilisait plus notre cheminée.

Plus que jamais, il avait besoin de fumer un joint. Il était sur le point de se consumer.
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collectifpolarcollectifpolar   08 septembre 2019
Maxime ouvrit la porte et l’inspectrice ne fut pas surprise par le spectacle pathétique qui s’offrait à elle, le capharnaüm, la vieille femme dans son peignoir sale et malodorant qui déblatérait, suintant de démence, et son fils de vingt-cinq ans, qui avait l’air toujours à côté de la plaque. Elle exhiba le formulaire de placement en hospice. Max avait l’impression que quelqu’un s’amusait à trancher dans le vif de son système nerveux, au scalpel.

– Elle ne peut pas aller à l’hospice, geignit Max.

– Il y a une autre solution, mais elle n’est pas dans vos moyens.

L’institut Chaplin d’éveil et de thérapie structurelle. Cinquante mille balles pour deux ans.

Maxime ne disposait pas d’une telle somme. Il était coursier dans une boîte spécialisée dans le matériel photo et cinéma. Il touchait à peine le salaire minimum.
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collectifpolarcollectifpolar   08 septembre 2019
Maxime vidait une boîte à chaussures remplie de photos, de figurines et d’autres bibelots, à la recherche de son dernier gramme de beuh. Il avait la tête en feu, tourbillonnant dans l’œil du cyclone d’une crise de spasmophilie autour de sept sur l’échelle de Richter. L’inspectrice des services sociaux tambourinait contre la porte, et Hannah s’asphyxiait lentement dans un nuage toxique d’Alzheimer, en tenant des propos incohérents. Les monologues du sarin
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collectifpolarcollectifpolar   08 septembre 2019
– Ton père n’était pas un lâche. Il n’est pas mort comme un lâche.

Hannah portait un vieux peignoir élimé et affichait regard dément et sourire fané. Le même disque rayé, en boucle, tous les jours que Dieu faisait.
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Payot - Marque Page - Karim Madani - Jewish gangsta
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