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EAN : 9782754811460
96 pages
Futuropolis (11/02/2016)
3.29/5   33 notes
Résumé :
Comment peut-on être berlinois aujourd’hui ?
Inspirée de sa propre expérience outre-rhin, Mathilde Ramadier raconte le parcours d’une jeune femme partie à Berlin en quête d’une vie meilleure, dans cette ville moderne toujours en mouvement, où le marché de l’emploi semble d’avantage prometteur avec ses start-up sur internet, alors que la France s’épuise à vaincre une crise économique inquiétante. Mais, petit à petit, le modèle allemand ultra libéral révèle de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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LePamplemousse
  14 décembre 2021
Une thésarde française en philosophie qui va passer une année à Berlin et qui nous raconte les différences entre Paris et Berlin, voilà l'idée générale de cette bande dessinée.
On y apprend en vrac que cette ville est une vraie ruche et qu'elle accueille des jeunes du monde entier, attirés par l'aura d'ouverture culturelle de cette capitale, que les jobs proposés sont souvent très mal payés voire pas payés du tout, sous couvert de stages formateurs, que la ville foisonne d'endroits dédiés à la musique et aux arts, que les allemands adorent boire un mélange de vin et d'eau gazeuse, que les mères sont censées élever leurs enfants eux-mêmes plutôt que de les faire garder, que la techno était en vogue dans les années 2010….
J'ai trouvé instructif cette plongée dans le Berlin de 2011, vu par les yeux d'une jeune étudiante parisienne, mais je n'ai pas accroché plus que ça aux dessins.
J'ai trouvé que cette bande dessinée était un bon témoignage d'une époque, mais j'ai également trouvé un peu prétentieuse cette jeune femme qui croit qu'il suffit d'avoir fait des études de philosophie pour décrocher tout de suite des boulots hyper bien payés dans le domaine culturel, d'autant que je ne vois pas bien le lien entre une thèse de philosophie et un job dans le monde de l'art…
Ce témoignage ne nous montre évidemment qu'une facette de cette ville, la partie « jeune » et « culturelle » qui se déroule dans les bars, des galeries d'art, des boites de nuits….
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Bobo1001
  16 janvier 2022
Tous à Berlin ?
J'ai beaucoup aimé ce roman graphique. J'ai été attiré par le sujet, puis j'ai découvert une véritable expérience racontée avec subtilité. Esthétiquement très agréable, on prend plaisir à découvrir la ville de l'intérieur. Berlin y apparaît avec ses facettes positives (tolérance etc...) et d'autres moins agréables.
le livre peut constituer le beau prolongement d'un séjour à Berlin, pour éviter de tout plaquer et d'aller s'y installer sur un coup de tête.
Je rêverai de livres identiques sur bien d'autres villes !
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Noctenbule
  08 juillet 2016
L'ancien maire de Berlin disait : « Berlin est pauvre mais sexy ». Alberto Madrigal et Mathilde Ramadier vont montrer dans leur bd Berlin 2.0 que cette phrase très connu dans la capitale allemande est bien une réalité sociale. Direction, un album autobiographique pour découvrir la face cachée de Berlin.
Berlin m'évoque tout de suite la fameuse phrase « Ich bin ein Berliner » de John Fitzgerald Kennedy alors président des Etats-Unis qu'il prononça dans un discours lors d'une visite à Berlin-Ouest le 26 juin 1963. Mais cette époque est bien lointaine car comme son titre l'indique, l'histoire est contemporaine. Berlin est devenu une capitale dynamique où beaucoup de jeunes viennent du monde entier pour son aspect plus cool, vivante et créative. Certes, c'est une ville qui ne dort jamais, avec de nombreuses galeries, des musées… mais est-ce que cela suffit à l'épanouissement humain ? Margaux le croyait avant de partir de Paris en septembre 2011 pour Berlin et très vite elle va déchanter.
Elle espère y a trouver un emploi assez facilement grâce à plein emploi qui touche l'Allemagne. Mais cela cache une réalité de l'emploi moins réjouissante. Lorsqu'on lui annonce qu'elle va être payée 400€ par mois pour 40h par semaine sans sécurité sociale, elle en reste coi. Puis aussi ces stages de trois mois où te demande beaucoup de travail sans salaire. Il y a même des contrats où la rémunération va dépendre de la satisfaction de l'employeur. Elle va accepter toute de même un emploi où on lui avait promis un bon salaire et un emploi du temps adaptable pour suivre ces courts toutefois dès son arrivée tout cela changea avec un contrat avec un très bas salaire et avec une période de test. Comment pouvoir vivre avec si peu d'argent même si les loyers sont moins chers qu'à Paris ?
Heureusement pour tenir le coup suite à ce désenchantement, elle va très vite rencontrer des gens. Elle va être entourée de personnes bienveillantes qui vont lui expliquer la vie. Par chance, elle prend des cours d'allemand afin de bien s'intégrer. Son séjour en Allemagne va lui faire découvrir l'autre côté du boom économique, la précarité sociale. L'homme n'est plus au coeur de l'entreprise. Il devient juste une plante verte que l'on peut remplacer du jour au lendemain sans état d'âme et devoir le payer. Une opportunité éventuellement pour les étudiants qui ont des bourses d'étude qui par la suite rentreront chez eux mais grave problème sociale pour ceux qui y vivent. La colocation devient un mode de vie indispensable.
Une plongée en image dans la face cachée de la réussite économique allemande. La détente, le respect, le dynamisme qui attirent tellement au final cachent la détresse sociale de l'humain qui essaie juste d'avoir assez d'argent à la fin du mois pour vivre.

Lien : https://22h05ruedesdames.wor..
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Sylvere
  22 avril 2022
Berlin, un nom, une ville qui font souvent rêver.
Margot étudiante en philosophie décide de quitter Paris pour Berlin, presque sur un coup de tête. Aucun plan précis en tête, juste l'envie de changer d'air, de quitter sa ville où le coût de la vie est devenu trop élevé...
La découverte est belle, les gens libres et ouverts. La réalité du monde du travail, notamment dans la culture, l'est beaucoup moins. L'Europe n'a pas applanit toutes les différences en matière d'aides sociales et de conditions de travail. le monde vient poser ses bagages dans la capitale allemande, surtout dans le domaine de la culture et de la communication. Il n'y a qu'à se baisser pour trouver des petites mains corvéables à souhait pour des salaires de misère voir pas de salaire du tout. Margot en prend vite conscience.
Un ouvrage intéressant qui aborde notamment la question de la différence entre les images projetées, rêvées et la réalité.
Un livre emprunté à la bibliothèque Claude Lévi-Strauss de Paris.
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Wildie
  16 février 2016
La sobriété des dessins de cette bande dessinée sert le propos de l'histoire, les nuances et l'intérêt de cette dernière. Berlin, ville fascinante pour la jeune génération qui ne voit que ses loyers modérés, sa techno et sa scène artistique, mais qui cache derrière ses artifices tous ses travers et sa précarité, son chômage très haut et ses emplois abusivement précaires. C'est là l'intérêt principal de cette bande dessinée de très bonne facture: elle se place temporairement dans la transition faite du Berlin "underground" d'hier et du Berlin "fané" victime de sa gentrification d'aujourd'hui... Cela s'est fait il n'y a pas si longtemps. L'héroïne le vit avec ses amis et camarades, et un des personnages le dira dans les dernière pages qu'il est content d'avoir quitté Berlin à temps et que cette ville, telle qu'elle actuellement, ne sera plus "son" Berlin. Il le dit sans tristesse ni nostalgie, juste sobrement.
L'auteur avait écrit un article il y a quelques années sur son expérience professionnelle berlinoise qui m'avait interpellé et que j'avais par la suite plusieurs fois relu, parlant de "cynisme absolu" qu'elle a découvert en s'installant et travaillant dans la capitale allemande. Par hasard, j'ai découvert sa bande dessinée que j'ai adoré, donc dévoré. le ton est relatif, objectif, ne critique jamais le système allemand ni le compare au système français. L'auteur a l'intelligence de ne pas faire dans le parti pris et comparer deux systèmes, deux sociétés, radicalement opposées bien qu'elles soient voisine géographiquement. Elle brosse un portrait, son expérience, et par là décrit le Berlin d'il y a quelques années devenu cette ville que récemment les médias ont décrit comme une ancienne place artistique aujourd'hui passée de mode.
Ayant passé une partie de mon adolescence dans cette capitale, l'ayant quittée puis y étant revenu lors de mes études, je ne peux que dire que ce récit m'a touché sans être dramatique et encore moins comique, peut-être parfois un brin caustique.
Une intéressante bande-dessinée à découvrir.
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critiques presse (4)
ActuaBD   12 avril 2016
Le portrait nuancé de la ville des extrêmes : Berlin. Un récit honnête, intelligent, instructif et très bien construit.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BulledEncre   04 avril 2016
Un album sucré salé, comme un petit déjeuner Allemand.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BoDoi   14 mars 2016
Les lignes d’Alberto Madrigal sont élégantes, ainsi que les couleurs: une belle homogénéité se dégage de l’ensemble. Le fil conducteur est bien tenu et l’ouvrage propose une réelle réflexion, sans manichéisme.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom   26 février 2016
Grâce aux dessins tout en finesse d’Alberto Madrigal, grâce à ses couleurs d’une grande douceur, le charme de la ville opère aussi sur nous… On la trouve aussi séduisante que trompeuse, aussi passionnante que menteuse.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   21 février 2016
J'avais rendez-vous chez un conseiller. Non pas un conseiller matrimonial, ni fiscal...
- Tu veux du thé ?
Mais un agent spécialisé dans les assurances... qui allait m'aider à trouver la sécurité sociale qu'il me fallait, au milieu des centaines d'offres privées et publiques existantes.
- Alors, raconte-moi tes malheurs...
- Eh bien, mon problème, c'est que l'Europe, ça n'existe pas.
- Allons bon.
- J'y croyais pourtant? J'ai grandi avec les étoiles sur le drapeau et dans la tête. Les coupoles franco-allemands. La même monnaie partout. les frontières ouvertes. La liberté. J'ai déménagé comme ça, hop, trop facile. Je prends l'avion en un clic avec ma carte d’identité et une seule carte bleue qui marche partout.
- Hum hum...
- Et puis la langue allemand, son datif, son génitif, son accent pas possible. Le froid et le gris de Berlin. La bouffe trop riche en cholestérol. La bière qui fait prendre du ventre... Tout ça, je suis arrivé à le surmonter. Par contre je n'ai rien compris à votre système de sécurité sociale.
- Ah ! T'en fais pas aucun cas ne me résiste. Où t'en es à présent ?
- Eh bien, je paie 60 euros par mois un truc nul pour les étudiants. Qui n'est valable qu’en cas d'urgence. Genre si je me fais piétiner par un ours.
- tu es étudiante en ce moment ?
- Non... mais ils n'ont pas vérifié.
- Et en France ?
- En France je ne peux plus m’inscrire à la sécu, car je n'y vis plus. Même si je travaille encre de temps en temps en tant qu’indépendante, avec l'adresse de mes parents. Et ici je ne suis pas salarié. Je n'ai que des contrats en freelance. Ça parait simple, dit comme ça. En venant te voir, je pensais que j'aurais droit à la sécu des artistes ?
- Si tu es artiste, tu dois prouver que tu a au moins trois clients réguliers qui te passent commande. Dans des domaines différents, pour des sommes qui te permettent de vivre.
- Euh...
- Bon, Oublions ça. Écoute, c'est simple une sécu pour un travailleur indépendant va te couter 150 euros par mois. Il n'y a pas moins cher.
- !
- Fais-moi un sourire.
Je n'en trop envie mais bon...
- Bon tu as une bonne dentition. tant mieux. Par contre, il ne faut pas leur dire que tu vis ici depuis plusieurs mois.
- Pourquoi ?
- Parce qu'ils vont te demander de payer rétroactivement pour tous les mois qui viennent de s'écouler depuis ton arrivée.
- Quoi ?! Mais par définition ils n'ont rien fait pour moi pendant ce temps-là. C'est absurde.
- Je sais. C'est bien parce que ce système qu’un métier comme le mien existe...
Et voilà, le cliché sur l'Allemagne, pays de la logique implacable et du sens pratique, s'envolait.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   20 février 2016
- Alors comme ça tu es française ? Tu viens de Paris ?
- Oui. Enfin non. J'ai vécu quelques années à Paris mais je suis née dans le sud. En province quoi.
- Ah j'adore la Provence ! Je suis allée à Aix-en-Provence quand j'étais petite.
- Non, pas la Provence. La province, c'est le nom que donnent les parisiens aux autres régions.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   21 février 2016
Berlin, pauvre mais sexy. Des milliers de jeunes du monde entier y débarquent chaque année. En quête d'une qualité de vie meilleure, à la recherche d'une certaine lenteur, dépourvue de stress urbain. A la conquête d'un marché du travail plus moderne, plus prometteur, plus créatif. Décomplexée et attractive la ville bouillonne, elle qui a si bien su renaître de ses cendres. Mais parfois, elle ne dévoile, sous son irrésistible appel à la liberté, que le vertige encouru par ceux qui refusent le cruel principe de réalité. Berlin, c'est la liberté au risque de la réalité. Un des symptômes du mal dont souffre l'Europe aujourd'hui.
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SylvereSylvere   21 avril 2022
Le salaire est de 600 euros.

Ah... C'est... C'est donc un mi-temps ?

Non, c'est 40 heures par semaine, classique.
Commenter  J’apprécie          40
Erik_Erik_   11 octobre 2020
Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest, et pour cette raison, en ma qualité d'homme libre, je dis " Ich bin ein Berliner ".
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