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EAN : 9782754811460
96 pages
Éditeur : Futuropolis (11/02/2016)
3.21/5   24 notes
Résumé :
Comment peut-on être berlinois aujourd’hui ?
Inspirée de sa propre expérience outre-rhin, Mathilde Ramadier raconte le parcours d’une jeune femme partie à Berlin en quête d’une vie meilleure, dans cette ville moderne toujours en mouvement, où le marché de l’emploi semble d’avantage prometteur avec ses start-up sur internet, alors que la France s’épuise à vaincre une crise économique inquiétante. Mais, petit à petit, le modèle allemand ultra libéral révèle de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Noctenbule
  08 juillet 2016
L'ancien maire de Berlin disait : « Berlin est pauvre mais sexy ». Alberto Madrigal et Mathilde Ramadier vont montrer dans leur bd Berlin 2.0 que cette phrase très connu dans la capitale allemande est bien une réalité sociale. Direction, un album autobiographique pour découvrir la face cachée de Berlin.
Berlin m'évoque tout de suite la fameuse phrase « Ich bin ein Berliner » de John Fitzgerald Kennedy alors président des Etats-Unis qu'il prononça dans un discours lors d'une visite à Berlin-Ouest le 26 juin 1963. Mais cette époque est bien lointaine car comme son titre l'indique, l'histoire est contemporaine. Berlin est devenu une capitale dynamique où beaucoup de jeunes viennent du monde entier pour son aspect plus cool, vivante et créative. Certes, c'est une ville qui ne dort jamais, avec de nombreuses galeries, des musées… mais est-ce que cela suffit à l'épanouissement humain ? Margaux le croyait avant de partir de Paris en septembre 2011 pour Berlin et très vite elle va déchanter.
Elle espère y a trouver un emploi assez facilement grâce à plein emploi qui touche l'Allemagne. Mais cela cache une réalité de l'emploi moins réjouissante. Lorsqu'on lui annonce qu'elle va être payée 400€ par mois pour 40h par semaine sans sécurité sociale, elle en reste coi. Puis aussi ces stages de trois mois où te demande beaucoup de travail sans salaire. Il y a même des contrats où la rémunération va dépendre de la satisfaction de l'employeur. Elle va accepter toute de même un emploi où on lui avait promis un bon salaire et un emploi du temps adaptable pour suivre ces courts toutefois dès son arrivée tout cela changea avec un contrat avec un très bas salaire et avec une période de test. Comment pouvoir vivre avec si peu d'argent même si les loyers sont moins chers qu'à Paris ?
Heureusement pour tenir le coup suite à ce désenchantement, elle va très vite rencontrer des gens. Elle va être entourée de personnes bienveillantes qui vont lui expliquer la vie. Par chance, elle prend des cours d'allemand afin de bien s'intégrer. Son séjour en Allemagne va lui faire découvrir l'autre côté du boom économique, la précarité sociale. L'homme n'est plus au coeur de l'entreprise. Il devient juste une plante verte que l'on peut remplacer du jour au lendemain sans état d'âme et devoir le payer. Une opportunité éventuellement pour les étudiants qui ont des bourses d'étude qui par la suite rentreront chez eux mais grave problème sociale pour ceux qui y vivent. La colocation devient un mode de vie indispensable.
Une plongée en image dans la face cachée de la réussite économique allemande. La détente, le respect, le dynamisme qui attirent tellement au final cachent la détresse sociale de l'humain qui essaie juste d'avoir assez d'argent à la fin du mois pour vivre.

Lien : https://22h05ruedesdames.wor..
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Wildie
  16 février 2016
La sobriété des dessins de cette bande dessinée sert le propos de l'histoire, les nuances et l'intérêt de cette dernière. Berlin, ville fascinante pour la jeune génération qui ne voit que ses loyers modérés, sa techno et sa scène artistique, mais qui cache derrière ses artifices tous ses travers et sa précarité, son chômage très haut et ses emplois abusivement précaires. C'est là l'intérêt principal de cette bande dessinée de très bonne facture: elle se place temporairement dans la transition faite du Berlin "underground" d'hier et du Berlin "fané" victime de sa gentrification d'aujourd'hui... Cela s'est fait il n'y a pas si longtemps. L'héroïne le vit avec ses amis et camarades, et un des personnages le dira dans les dernière pages qu'il est content d'avoir quitté Berlin à temps et que cette ville, telle qu'elle actuellement, ne sera plus "son" Berlin. Il le dit sans tristesse ni nostalgie, juste sobrement.
L'auteur avait écrit un article il y a quelques années sur son expérience professionnelle berlinoise qui m'avait interpellé et que j'avais par la suite plusieurs fois relu, parlant de "cynisme absolu" qu'elle a découvert en s'installant et travaillant dans la capitale allemande. Par hasard, j'ai découvert sa bande dessinée que j'ai adoré, donc dévoré. le ton est relatif, objectif, ne critique jamais le système allemand ni le compare au système français. L'auteur a l'intelligence de ne pas faire dans le parti pris et comparer deux systèmes, deux sociétés, radicalement opposées bien qu'elles soient voisine géographiquement. Elle brosse un portrait, son expérience, et par là décrit le Berlin d'il y a quelques années devenu cette ville que récemment les médias ont décrit comme une ancienne place artistique aujourd'hui passée de mode.
Ayant passé une partie de mon adolescence dans cette capitale, l'ayant quittée puis y étant revenu lors de mes études, je ne peux que dire que ce récit m'a touché sans être dramatique et encore moins comique, peut-être parfois un brin caustique.
Une intéressante bande-dessinée à découvrir.
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Erik_
  30 août 2020
Il faut sans doute être un européen pour savoir ce que Berlin représente. Quoique. Il y avait un célèbre président américain qui n'hésitait pas à scander : "ich bin ein Berliner" avant de finir assassiné. Il est vrai que la formule a été reprise depuis dans des circonstances bien plus sombres entre Charlie, Paris, Nice et à nouveau Berlin.
C'est une ville décomplexée et attractive qui bouillonne car elle a su renaître de ses cendres après avoir affronté deux guerres mondiales ainsi qu'une guerre froide qui l'a divisé en deux jusqu'en 1989 et la chute du mur. Elle appelle à la liberté mais celle-ci a toujours un prix. On va découvrir également la face sombre du pays leader en Europe façonnée par l'indétrônable Angela Merkel.
Il est très intéressant de suivre une jeune femme de 23 ans à savoir Margot future doctorante en philo qui a quitté Paris pour venir s'installer à Berlin, capitale européenne de la culture et de la fête. Si vous aimez la techno e ytles boites de nuit, Berlin semble être le paradis sur terre. Êt puis, même les punks respectent le feu rouge au passage protégé. La fête chez un convive se fait en enlevant ses chaussures.
Et puis, pas d'embrassade la première fois qu'on rencontre une personne chez des amis communs. N'oubliez pas de payer à chaque fois que vous arrivez en retard comme par exemple au travail. Après tout, on vous paye 600€ le mois avec vos diplômes en travaillant d'arrache-pied dès le premier jour. Oui, Berlin a également ses mauvais côtés avec ses stages sous-rémunéré. Derrière le paradis techno, il y a l'enfer libéral. C'est ce qu'on appelle le réalisme.
Bref, c'est un témoignage qui m'a bien plu car fait en sincérité tout en restant parfaitement lucide et objectif. Cela peut donner un aperçu pour les futurs migrants.
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bdelhausse
  27 septembre 2017
Berlin 2.0 a un petit côté "Auberge espagnole", le film de Klapisch... La découverte d'une autre culture, les expats français à l'étranger... mais en plus sérieux, en version critique sociale.
L'Allemagne a un aspect terre promise pour beaucoup. C'est le fameux modèle allemand. La prospérité, l'acier, la technologie, cette opulence qui s'exporte à grands renforts de bière, de BMW, de culottes de peau et de surplus de balance commerciale.
L'Angleterre a eu les années Thatcher, l'Allemagne les années Merkel... est-ce mieux... ? Au fil des pages, par des dessins d'une simplicité efficace, délicatement ombrés, on découvre l'envers du décor. Les Ossies, les start-ups et les galeries d'art semblables dans leur exploitation des travailleurs, les jobs précaires, les contrats qui n'en sont même pas, la sécurité sociale inexistante ou trop chère, la fragmentation d'une Berlin réunifiée, l'arrogance des nantis... Bref, une ville dans un pays occidental. Un taux de chômage assez bas, mais une pauvreté qui explose. La "ghettoisation" des individus.
Une BD intéressante qui nous raconte une histoire simple, voire banale, de manière sobre et efficace. Et qui semble nous poser deux questions, au-delà de la vie berlinoise au jour le jour, quelle société voulons-nous, et sommes-nous prêts à en payer le prix?
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alouett
  04 mars 2016
Septembre 2011.
Margot a 23 ans lorsqu'elle quitte Paris pour s'installer à Berlin.
Elle prépare un doctorat de philosophie, le sujet de sa thèse : la liberté face au temps. Elle dispose d'une bourse d'études pour quelques mois encore. Elle trouve facilement son pied-à-terre dans la capitale allemande, s'inscrit à des cours d'allemand pour parfaire son niveau, tisse de nouvelles relations amicales… A Berlin, elle a l'impression de respirer, d'être à sa place. Margot profite pleinement de son nouveau cadre de vie.
Côté professionnel en revanche, le bât blesse. Elle épluche la quantité d'annonces publiées chaque jour et si les postes sont accrocheurs, ils n'ont dans le fond rien de très réjouissant : contrats de travail de courte durée et la plupart ne sont même pas rémunérés. Margot découvre ainsi les minijobs, très répandus en Allemagne. Margot pense pourtant avoir trouvé le job idéal, rémunéré à 1500 euros par mois, inespéré. Mais pour des raisons comptables, le gérant de la start-up lui fait comprendre qu'elle doit attendre un peu avant de signer le CDI. Au final, elle se retrouve titulaire d'un CDD d'un mois, payée 600 euros pour un temps plein et avec une charge de travail étourdissante. Un minijob…
En postface, nous pouvons lire que « le minijob est un contrat de travail datant du gouvernement Schröder, de sa série de grandes réformes du travail en 2003, et en particulier des lois de Peter Hartz, un ancien directeur du personnel chez Volkswagen devenu ministre du travail. Créé pour « assouplir » le marché du travail, le minijob stagne avec nonchalance à 400 euros mensuels. Sa durée ne doit pas excéder deux mois, et la durée de travail quinze heures par semaine. En théorie. »
Mathilde Ramadier s'est inspirée de sa propre expérience pour écrire le scénario de « Berlin 2.0 ». Elle s'attarde dans un premier temps à décrire le quotidien et l'ambiance de la ville. La richesse de l'offre culturelle, la facilité avec laquelle il est possible de lier connaissance, la quiétude qui se dégage de la ville notamment grâce à ses nombreux espaces verts… Bien que le personnage principal connaisse Berlin pour y avoir passé quelques week-ends, il doit pourtant changer son fusil d'épaule, dépoussiérer ses idées préconçues. Il avait escompté trouver un emploi rapidement et facilement… il n'en est rien. En effet, pour trouver un emploi, cette femme va devoir revoir ses desiderata à la baisse si elle souhaite entrer sur le marché du travail allemand. Car c'est bien là le thème de cet album. Nous suivons pas à pas le parcours d'une expatriée mais la question de son intégration dans la société allemande est secondaire.
(...)
https://chezmo.wordpress.com/2016/03/04/berlin-2-0-ramadier-madrigal/
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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critiques presse (4)
ActuaBD   12 avril 2016
Le portrait nuancé de la ville des extrêmes : Berlin. Un récit honnête, intelligent, instructif et très bien construit.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BulledEncre   04 avril 2016
Un album sucré salé, comme un petit déjeuner Allemand.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BoDoi   14 mars 2016
Les lignes d’Alberto Madrigal sont élégantes, ainsi que les couleurs: une belle homogénéité se dégage de l’ensemble. Le fil conducteur est bien tenu et l’ouvrage propose une réelle réflexion, sans manichéisme.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom   26 février 2016
Grâce aux dessins tout en finesse d’Alberto Madrigal, grâce à ses couleurs d’une grande douceur, le charme de la ville opère aussi sur nous… On la trouve aussi séduisante que trompeuse, aussi passionnante que menteuse.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   21 février 2016
J'avais rendez-vous chez un conseiller. Non pas un conseiller matrimonial, ni fiscal...
- Tu veux du thé ?
Mais un agent spécialisé dans les assurances... qui allait m'aider à trouver la sécurité sociale qu'il me fallait, au milieu des centaines d'offres privées et publiques existantes.
- Alors, raconte-moi tes malheurs...
- Eh bien, mon problème, c'est que l'Europe, ça n'existe pas.
- Allons bon.
- J'y croyais pourtant? J'ai grandi avec les étoiles sur le drapeau et dans la tête. Les coupoles franco-allemands. La même monnaie partout. les frontières ouvertes. La liberté. J'ai déménagé comme ça, hop, trop facile. Je prends l'avion en un clic avec ma carte d’identité et une seule carte bleue qui marche partout.
- Hum hum...
- Et puis la langue allemand, son datif, son génitif, son accent pas possible. Le froid et le gris de Berlin. La bouffe trop riche en cholestérol. La bière qui fait prendre du ventre... Tout ça, je suis arrivé à le surmonter. Par contre je n'ai rien compris à votre système de sécurité sociale.
- Ah ! T'en fais pas aucun cas ne me résiste. Où t'en es à présent ?
- Eh bien, je paie 60 euros par mois un truc nul pour les étudiants. Qui n'est valable qu’en cas d'urgence. Genre si je me fais piétiner par un ours.
- tu es étudiante en ce moment ?
- Non... mais ils n'ont pas vérifié.
- Et en France ?
- En France je ne peux plus m’inscrire à la sécu, car je n'y vis plus. Même si je travaille encre de temps en temps en tant qu’indépendante, avec l'adresse de mes parents. Et ici je ne suis pas salarié. Je n'ai que des contrats en freelance. Ça parait simple, dit comme ça. En venant te voir, je pensais que j'aurais droit à la sécu des artistes ?
- Si tu es artiste, tu dois prouver que tu a au moins trois clients réguliers qui te passent commande. Dans des domaines différents, pour des sommes qui te permettent de vivre.
- Euh...
- Bon, Oublions ça. Écoute, c'est simple une sécu pour un travailleur indépendant va te couter 150 euros par mois. Il n'y a pas moins cher.
- !
- Fais-moi un sourire.
Je n'en trop envie mais bon...
- Bon tu as une bonne dentition. tant mieux. Par contre, il ne faut pas leur dire que tu vis ici depuis plusieurs mois.
- Pourquoi ?
- Parce qu'ils vont te demander de payer rétroactivement pour tous les mois qui viennent de s'écouler depuis ton arrivée.
- Quoi ?! Mais par définition ils n'ont rien fait pour moi pendant ce temps-là. C'est absurde.
- Je sais. C'est bien parce que ce système qu’un métier comme le mien existe...
Et voilà, le cliché sur l'Allemagne, pays de la logique implacable et du sens pratique, s'envolait.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   20 février 2016
- Alors comme ça tu es française ? Tu viens de Paris ?
- Oui. Enfin non. J'ai vécu quelques années à Paris mais je suis née dans le sud. En province quoi.
- Ah j'adore la Provence ! Je suis allée à Aix-en-Provence quand j'étais petite.
- Non, pas la Provence. La province, c'est le nom que donnent les parisiens aux autres régions.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   21 février 2016
Berlin, pauvre mais sexy. Des milliers de jeunes du monde entier y débarquent chaque année. En quête d'une qualité de vie meilleure, à la recherche d'une certaine lenteur, dépourvue de stress urbain. A la conquête d'un marché du travail plus moderne, plus prometteur, plus créatif. Décomplexée et attractive la ville bouillonne, elle qui a si bien su renaître de ses cendres. Mais parfois, elle ne dévoile, sous son irrésistible appel à la liberté, que le vertige encouru par ceux qui refusent le cruel principe de réalité. Berlin, c'est la liberté au risque de la réalité. Un des symptômes du mal dont souffre l'Europe aujourd'hui.
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Erik_Erik_   11 octobre 2020
Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont citoyens de cette ville de Berlin-Ouest, et pour cette raison, en ma qualité d'homme libre, je dis " Ich bin ein Berliner ".
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bdelhaussebdelhausse   27 septembre 2017
[En Allemagne] Même les punks attendent que le feu passe au vert. (p.86)
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