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Critique de pititecali


pititecali
  25 octobre 2016
Ce roman est comme un rêve loufoque par 39°C de fièvre...



Voilà, et c'est le moins qu'on puisse dire, un roman surprenant et qui sort vraiment de l'ordinaire. Est-ce une bonne chose ? C'est pour répondre à cette question que je vais tacher de vous donner mon avis sur cette nouveauté Michel Lafon.

Tout d'abord, rien, et surtout pas la couverture ou le résumé, ne vous prépare à la lecture que vous vous apprêtez à découvrir. Et quand je dis rien, c'est rien du tout. Dès les premières lignes, la surprise est de taille.

Franchement, et surtout après avoir découvert la plume (et le genre) de l'auteure avec la saga Insaisissable, j'étais à des années lumières de m'attendre à ce que j'ai découvert dès l'ouverture de ce roman très particulier.

Pour tout vous dire, j'ai d'abord pensé que je n'aimais pas du tout, d'ailleurs. Je sortais juste d'une lecture qui m'avait enthousiasmée au plus haut point, et la cassure de style fut très, très brutale !

Pendant toute la première moitié de Au pays de l'ailleurs, je me suis demandé si j'allais savoir le finir, avec l'impression que je n'adhérais pas du tout à ce style vraiment bizarre, ni à cette histoire vraiment loufoque.

Et puis... La magie a fini par opérer tout de même, alors même que je n'y croyais plus. (alors bon, passer toute la première moitié d'un livre à se demander si on va savoir arriver au bout, je n'allais tout de même pas finir sur un coup de coeur, c'est certain, mais je reste sur une note positive car au final ma lecture m'a tout de même procuré du plaisir :) )

Ce livre est un doux mélange entre le surréalisme sans queue ni tête d'Alice au pays des Merveilles, et la poésie ingénue de le petit prince. Et je suis absolument certaine que ce sont ces deux romans qui ont servi de base d'inspiration à Tahereh Mafi pour nous raconter cette histoire pour le moins tordue et spéciale.

En effet, l'héroïne, qui s'appelle Alice, (COMME DE PAR HASARD !) est une jeune fille un peu butée et têtue, mais pas méchante pour un sou, qui aime divaguer et se laisser bercer par la beauté, la couleur, la magie. Elle vit dans un pays, d'ailleurs, qui en est entièrement constitué. (de magie). Et ce qui se remarque le plus, au pays magique de Ferenwood, c'est la couleur. C'est le pays le plus coloré qu'on puisse imaginer. A ferenwood, plus on a de pouvoir, plus on est coloré ! Les gens, comme les paysages, ne sont qu'un arc-en-ciel des plus joyeux. Mais Alice se sent à part, et pour cause, elle est totalement dénuée de couleur. Aussi, les gens semblent se méfier d'elle, ne pas l'apprécier, et, le jour de sa présentation (A 12 ans, les enfants viennent présenter leur talent magique principal au cours d'une démonstration) Alice rate totalement sa prestation, ainsi que tout le monde s'y attendait, semble-t-il. C'est le moment où tout va basculer pour elle, quand elle cherchera à fuir la honte et l'humiliation qu'elle ressent, et qu'elle décidera, sur un coup de tête, d'accompagner un jeune garçon qu'elle ne supporte pas, pour l'aider à remplir la mission qu'on lui a confiée à l'issue de sa propre présentation. Tout plutôt que rester chez elle et subir l'humiliation de son échec. Alice va donc partir dans une contrée dont elle ignorait l'existence, le pays de l'Ailleurs, avec Oliver, et vivre une grande aventure. Car si elle pensait savoir ce qu'était la magie en vivant à Ferenwod, elle va comprendre que sans les règles imposées par son pays, la magie peut prendre bien des formes et recéler bien des dangers.

Le premier choc vient du style de narration. L'histoire semble racontée de façon niaisement poétique, ou poétiquement niaise, au choix. A la façon du petit prince, Alice va découvrir des mondes surprenants et totalement improbables, tel le monde en deux dimensions où un renard en origami viendra lui arracher le bras, le monde "derrière" le tableau totalement en noir et blanc, ou le monde de gauche, oublié et jamais visité, où les habitants vont leur servir le thé en leur donnant du "Votre honorablitude" avec moultes courbettes (vous les voyez, les similitudes avec Alice au pays des merveilles ?) Toutes ces loufoqueries avec un ton un peu beaucoup ingénu. Quand on s'attend à lire un livre young adult fantastique, croyez-moi, il faut quelques chapitres pour se mettre dans le bain !

Tahereh Mafi dit (dans le livre) qu'elle n'est pas très douée pour les têtes de chapitres, ils m'ont personnellement bien fait rire (je vous laisse la surprise de découvrir comment elle s'est illustrée à ce niveau ^^)

Au pays de l'Ailleurs est donc clairement un conte délirant pour enfants, - on pourrait presque imaginer Alice discuter tout du long avec la chenille Absolem (souvenez-vous, tout ce qu'il dit n'a aucun sens !) - que nos yeux d'adultes vont pourtant pouvoir interprêter différemment.

Après la moitié du livre, comme je vous le disais, alors même que je commençais à desespérer, la magie a réussi à investir mon coeur. J'ai fini par me laisser envahir, et à me prendre au jeu. Et au final, la seconde moitié fut vite lue, et appréciée. Il m'aura fallu cela pour m'habituer à tout ça, à cette univers, à ce style de narration, à ce pur délire totalement inattendu.

Et je termine donc ce livre positivement, même si ma note peut paraître un peu sévère, je ne peux décemment pas mettre plus à un livre qui m'aura fait douter pendant 200 pages d'en arriver au bout ! Mais franchement, rien que par curiosité pour ce roman surprenant et déroutant, il faut le lire, ouvrir son esprit, mettre ses "yeux d'enfant" et découvrir :)

Cali
Lien : http://calidoscope.canalblog..
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