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Laurence Sendrowicz (Traducteur)
EAN : 9782715229389
448 pages
Éditeur : Mercure de France (09/09/2010)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Si Anna avait eu ne serait-ce qu'un tout petit peu de piston, voilà ce qu'elle lui aurait dit, à l'autre, là-haut : je ne te demande rien, mon Dieu, rien, juste de guérir Haïm-Tom.

Promis-juré, elle n'aurait pas profité de l'occasion pour lui suggérer de réparer son manque de coordination des jambes ou de la rendre aussi belle que sa sœur Naomi. Elle ne lui aurait pas non plus demandé d'aider ses parents à gagner plus facilement leur vie.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  12 juin 2020
Qu'est-ce-qu'elle écrit bien Mira Maguen, et quelle belle traduction, voilà mes pensées en entamant son deuxième livre. Comme dans “La soeur du menuisier”le premier lu d'elle, il est question ici de la fatalité. Nos vies ne tiennent qu'à un fil , une petite inattention, une malchance de parcours peuvent faire basculer le cours de nos vies d'un moment à l'autre, à jamais.
Anna est une ado de treize ans, elle a les jambes mal synchronisées suite à quelques minables bulles d'oxygène restées coincées en cours de route à sa naissance et n'ont pas atteint son cerveau . Un jour qu'elle se sent en forme elle pique un vélo, prend son petit frère de cinq ans derrière elle et fonce...... la suite est l'innommable, le petit est dans le coma, et à part Anna personne ne sait comment l'accident est survenu. Les parents, lui chauffeur de bus en hiver à Jérusalem, elle juste maman, font tourner en été un snack sur la plage de Tel-Aviv, afin de réaliser leur rêve: L'Amérique. L'accident va tout chambouler....
Dieu, personnage centrale du roman, l'injustice faite par Dieu, Dieu qui dépose une peau de banane afin qu'ils glissent dessus et qu'en une seconde tout foire.....imprécations constantes d'Anna et de sa mère Shely . Alors que le père et la fille cadette Naomie tracent leurs propres sentiers de réconfort entre les mines que le bon Dieu pose sur leurs chemins,(« Le monde a beau être un fils de pute, je n'ai pas l'intention de baisser les bras »). Chez Maguen, on ne peut changer le destin, c'est une réalité, mais chacun est libre de l'interpréter comme il veut . Le temps d'un été on va s'immiscer dans l'univers de cette famille terriblement attachante et émouvante, et nous laisser emporter par leur soif de vivre et leur volonté à s'en sortir coûte que coûte malgré l'handicap de leurs deux enfants et de leurs soucis matériels. D'excellents personnages secondaires dont le pudique et silencieux Adisso, le jeune éthiopien qui aide au snack. et la grosse Gloria l'allumeuse de service, viennent complèter le tableau.
Maguen comme la plupart des écrivains israéliens étant une pacifiste, elle y ajoute aussi sa touche politique. De la bouche du père , Mike, elle s'exprime contre l'occupation des territoires occupés par Israël, “Quel gâchis , toutes les sommes qu'on dépense ici ! En ce qui me concerne on devrait tout leur rendre et en finir.” Et sans entrer dans l'idéologie, décrit à travers les vies de Shély et de sa soeur Sarah, le contraste entre vie séculaire et celle orthodoxe en Israel. L'une aussi blanc ou presque, sans Dieu, l'autre noir avec Dieu, couleur que porte d'ailleurs les orthodoxes. Un pays où être juif ne suffit pas, il faut aussi la juste couleur de peau....Quand on pense à la Shoah, ça laisse dubitatif.
Un sujet sombre , une prose lumineuse, un livre sublime !
“Qui peut dire combien pèse un coeur pas plus gros qu'un poing mais qui contient tout ce que la vie t'a donné et tout ce que tu espères encore ?”
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prune42
  11 juin 2019
Anna, une jeune fille de 14 ans, son frère Tom et ses parents vont tenir durant l'été un bar sur la plage. Ils espèrent que ces vacances seront heureuses mais un accident change le cours des choses. Tom est retrouvé dans le coma, il va passer plusieurs semaines à l'hôpital. Anna se sent responsable puisque c'est elle qui est à l'origine de cet accident. Elle va lier amitié avec Adisso, le jeune adolescent d'origine africaine qui aide au bar. Pendant ce temps, les parents d'Anna et Tom, Mike et Shély, vont devoir résister aux tentations pour sauver ce qui peut l'être de leur famille. Tom sort du coma et plonge Anna dans l'angoisse qu'il révèle la vérité…
J'ai emprunté ce roman à la médiathèque de ma commune, intriguée en partie par son titre étrange. J'ai eu du mal lors des cent premières pages à rentrer dans l'intrigue car je trouvais qu'il ne se passait pas grand-chose. J'ai mis du temps à me faire à l'idée que chaque chapitre est construit autour d'un personnage, de son ressenti et de ses émotions. J'ai finalement pris du plaisir ensuite en avançant dans le livre et j'ai apprécié au bout du compte de me laisser dépayser par ce roman atypique.
La petite Anna est un personnage attachant, plein d'innocence, elle porte un lourd fardeau en elle et on a de la peine pour elle. Adisso aussi est un personnage qui ne laisse pas le lecteur indifférent, il incarne l'amitié et le sens du partage.
Je ne mets qu'une note relativement moyenne à ma lecture car j'ai eu de la peine lors des cent premières pages mais si on accepte de dépasser cette première impression, cette lecture est intéressante.
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Cath36
  05 juin 2011
Faire de l'absence de Dieu un personnage de roman à part entière ce n'est pas banal ! Il est vrai que cette magnifique histoire se passe en Israël : une jeune ado, Anna, handicapée moteur de naissance, provoque involontairement l'accident de son frère qui restera dans le coma pendant plusieurs semaines avant de se réveiller et de tout devoir réapprendre.
Ce livre décrit le quotidien entre rire et larmes des personnages, principalement des parents, qui survivent entre joies et chagrins, espoirs et découragements, un peu comme tout un chacun, à cela près que leur situation est tout sauf banale et pourrait en démoraliser plus d'un. L'histoire est centrée sur le sentiment de culpabilité d' Anna qui n'ose pas avouer qu'elle est responsable de l'accident de Tom et se pose sans cesse la question du destin, ainsi que de l'existence ou de la non-existence de Dieu. Émouvant, profondément vrai, un peu long quelquefois, ce livre à l'écriture simple pose un beau regard sur notre humanité et les grandes questions de l'existence. le problème du handicap est évoqué avec beaucoup de pudeur et de sensibilité, tandis qu'un amour passionné de la vie remet à leur juste place les problèmes qui se posent. Confrontés à toutes sortes de situations, les personnages en sortent tous grandis et la fin du livre s'ouvre sur un nouveau départ, une espérance toujours renouvelée. C'est le livre le plus pur et le plus émouvant que j'ai lu depuis longtemps.
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cathlivres
  07 août 2015
Très beau roman à plusieurs voix : celle d'Anna qui un jour a laissé son petit frère tomber de vélo, et qui garde ce secret espérant juste qu'il ne reste pas handicapé, car dans ce domaine il y a déjà bien assez d'elle.
Et les voix de son père, sa mère, sa tante, de bien beaux personnages denses et attachants, à qui la vie ne fait pas de cadeau... quoique !
En refermant le livre on voudrait prolonger la lecture, juste rester encore un peu dans cette famille pleine d'esprit et d'espoir.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   09 juin 2020
Elle s’était donc assise dans le fauteuil sans pieds que son père avait ramené de la poubelle, où il avait aussi déniché une banquette de camionnette Dodge éventrée. Il avait disposé le tout à un mètre des l’eau, lançant:  « Enfin un salon avec quadruple exposition! » .........Des vagues vinrent s'écraser sur la plage et se transformèrent en écume, si bien que le fauteuil cul-de-jatte et la banquette de la Dodge parurent posés sur un tapis de dentelle déchiré .
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BookycookyBookycooky   10 juin 2020
Si seulement il avait pu, lui aussi envoyer ses deux sœurs dans une implantation.....Mais où dégoter une implantation ? Ça n’existait pas un Éthiopien qui avait des oncles dans une implantation. Ces structures n’acceptaient que des gens qui avaient du travail , parlaient un hébreu parfait, croyaient en Dieu, avaient des relations au gouvernement et pour unique problème le sort du Grand Israel.
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BookycookyBookycooky   11 juin 2020
Quand on riait , on se souvenait qu'une pièce de monnaie avait toujours deux faces et que la vie tombait parfois sur l'une , parfois sur l'autre.
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prune42prune42   11 juin 2019
Tout être humain, même s'il n'est qu'un enfant, a le réflexe, lorsque tombe un peu de bonheur dans son escarcelle, d'en couper un petit bout pour la garder en souvenir, une photo, un coquillage, un bouton, quelque chose dont il pourra se nourrir les jours de disette.
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Cath36Cath36   05 juin 2011
Une gamine de treize ans qui en paraissait neuf, un gamin de cinq ans qu'un coup sur la tête avait fait régresser. Deux petites silhouettes maigrichonnes qui s'entraînaient en vue de la vraie vie, celle où on ne vous fait pas de cadeau, où il n'existe aucune discrimination positive, pas même pour celui qui traîne la patte. Au mieux, il obtiendra un macaron de handicapé pour sa voiture. Oui, ils étaient si petits, tous les deux, avec la mer en toile de fond, que Dieu, s'il voyait d'en haut ce que Mike voyait de la rampe d'accès, devait s'en mordre les doigts.
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