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EAN : 9782070384297
416 pages
Éditeur : Gallimard (05/11/1991)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Pierre Magnan nous conte ici sa petite enfance, d'aussi loin que ses souvenirs reviennent, et à leur gré, entre 1925 et 1931. Il naît dans les Alpes-de-Haute-Provence - le cadre de l'essentiel de ses romans -, à Manosque. À l'époque, le village compte 3 500 habitants. La plupart vivent de la terre. Chaque foyer a sa bête de somme - âne, cheval ou mulet - et une charrette ; on parle le patois. Les tantes, les oncles, les amis proches, l'inoubliable Marie Priape, les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fortuna
  06 novembre 2016
Pierre Magnan nous raconte ici son enfance bas-alpine à Manosque.
Né en 1922, fils d'ouvrier et petit-fils de paysans, il grandit dans un milieu modeste mais heureux. C'est d'une autre époque qu'il nous parle, dure mais empreinte d'une certaine joie de vivre, une liberté pour les enfants d'aller et venir, le souci de l'essentiel, la proximité de la nature. Il nous livre ses premiers émois, ses angoisses, sa découverte émerveillée de la lecture, ses premières déceptions face à la méchanceté et la lâcheté. Bien qu'il sache lire à cinq ans, il arrête tôt l'école, car étant nul en maths, il se pense incapable de continuer des études et d'affronter la modernité. Mais c'est plus sa condition modeste qui l'arrête, fils de pauvre, il ne sent pas à sa place au collège, malgré les encouragements de ses professeurs. Le déterminisme social lui paraît indépassable.
On découvre Manosque et la vie de ses habitants dans les années 30 à travers le regard de cet enfant du pays, on écoute chanter le provençal, on y hume l'odeur de la sarriette (poivre d'âne), on se plonge dans cette époque lointaine, et pourtant pas tant, qui est celle de l'enfance de nos parents ou grands-parents, où avoir l'électricité et l'eau courante n'était pas encore évident, où l'existence était dure, la mort frappait aveuglément jeunes ou vieux, mais qui pourtant nous laisse un parfum de nostalgie...
Né à cette période où le monde était en train de changer, enfant vif et doué mais au caractère têtu, il va préférer rester au pays et apprendre le métier d'imprimeur.
Ce qui ne l'empêchera pas, bien des années plus tard, de nous régaler grâce à sa plume généreuse et son "intelligence extravagante".
Un texte qui nous plonge dans le passé de nos ancêtres, les paysages inondés de soleil de la haute Provence, l'accent chantant de sa langue, les odeurs enivrantes de ses chemins mais aussi celles du charbon, du calel, des animaux, de la terre, des hommes...
Il nous livre quelques-unes des sources d'inspiration des romans de l'auteur, toutes enracinées dans les moeurs et les paysages de sa région natale, à travers les portraits truculents de ses oncles, tantes, cousins, voisins, instituteurs, professeurs, vagabonds...On les suit dans les rues de Manosque, dans leurs ateliers, leurs champs, les mariages, les enterrements, on partage leurs secrets au coeur de leurs foyers.
Une autobiographie incontournable pour comprendre l'oeuvre d'un écrivain profondément lié à la terre qui l'a vu naître.
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Epictete
  12 mars 2014
Je me trouve à la fin de cette lecture avec plein de notes et d'impressions multiples, contraires et pas forcément cohérentes… Je vais essayer de faire une critique avec tout ça. Cependant, elle risque d'être mitigée, oscillante en permanence car pour chaque point d'analyse, il y a des « plus » et des « moins ».
Pierre Magnan, dans un ouvrage bourré de nostalgie, mais pas trop pleurnichard, nous raconte une partie de son enfance (six années) et il a la finesse au début du récit de nous ramener régulièrement à une vision et une compréhension d'enfant. Tout est basé sur la perception de l'environnement (les sons, les bruits, les odeurs, les images bien sûr). On explore les peurs enfantines- bien entretenues par certains adultes – comme faisant partie d'un système éducatif et culturel (Ex :« Les romanichels qui vont te prendre et on ne te reverra plus »)
On commence par les premiers souvenirs, y-compris la découverte de ses parents (!) Souvenirs au début un peu désordonnés, ce qui pourrait ajouter à la crédibilité du récit. Je reste cependant étonné du luxe de détails dont se souvient l'auteur ; soit il a réfléchi longuement à son enfance, soit il a une mémoire vraiment exceptionnelle, soit il a recréé ou nourri ces souvenirs dans le but de décrire une époque. J'ai quand même du mal à croire à la totalité des « souvenirs » en tant que véritables souvenirs. Certains détails sont en réalité représentatifs d'une vision d'adulte. S'agit-il de la conséquence inéluctable de la situation d'un homme âgé (et ce n'est pas un reproche !) qui se souvient ou alors une non-maîtrise du style choisi. Sans vouloir les comparer, l'objectif étant différent, ceux qui ont lu des livres comme « Autobiographie d'une courgette » de Gilles Paris, ou « Quand j'avais cinq ans je m'ai tué » de Howard Buten comprendront ce que j'appelle le choix d'un style.
En ce qui concerne les étapes de l'évolution du jeune garçon, l'épisode sur la découverte du mensonge, de la manipulation et et de la force d'une accusation mensongère est très bien menée.
Nous n'échappons pas bien sûr aux découvertes sensuelles, érotiques puis sexuelles liées à l'arrivée de la puberté.
Nous n'échapperons pas non-plus à un discours nostalgique sur la mort du cheval, du crottin, des vieux métiers … et à l'invasion des techniques qui remplacent des siècles de pratique (ou d'immobilisme). Tout cela étant bien regrettable, etc…
L'ensemble est écrit dans une langue un peu surannée, simple cependant, malgré tous les dialogues en Provençal (traduits, quand même) qui deviennent vite pénibles et encombrants.
Ce livre est plein d'anecdotes, donc agréable à lire, mais avouez que 400 pages avec une petite police, pour raconter six années d'enfance, ça finit par être long.
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lehibook
  29 octobre 2019
J'aime beaucoup ce livre qui raconte avec une extrême sensibilité la petite enfance de l'auteur à Manosque dans les années trente . On trouve des points communs avec Jean le Bleu de Giono (qui fut le maître et l'ami de Magnan) dans cette évocation d'un monde qui a totalement disparu. Un grand art de conteur et une belle écriture. J'ajoute que Pierre Magna décédé il y a peu était un homme extrêmement attachant (J'ai eu la chance de le rencontrer plusieurs fois) .
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
FortunaFortuna   04 novembre 2016
Le pèbre d’aï, le pèbre d’ase, car on disait indifféremment les deux, le poivre d’âne, la sarriette des Français, c’est le parfum omniprésent qui flotte sur ma mémoire.
J’ai littéralement brouté en mon enfance plus de sarriette que de laitue. Fraîche, elle parsemait les tommes et je dévorais en même temps les feuilles et les fromages. Cette plante est l’emblème que nous portons dans nos cœurs. Elle couvre des milliers d’hectares là où l’aridité du calcaire ne supporte rien d’autre qu’elle. A la fin de l’été, début septembre, alors que tout est brûlé et que nos ruisseaux tirent des langues de mousse verte là où l’eau coulait encore voici un mois, où les chemins ne sont plus que poudre blanche, voici qu’elle refleurit, elle la sarriette, toute pimpante, à vingt centimètres au-dessus du sol.
C'est cette plante, ce parfum, que m'a transmis dès mon plus jeune âge la biasse que mon père traînait par les collines.
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EpicteteEpictete   11 mars 2014
Nous allions sur le quai. Nous entendions le bruit de fil de fer qui précédait le tintement grêle de l’annonce du train. Là-bas, à Corbières, à trois kilomètres d’ici, le chef de gare venait de renverser l’aiguille à contrepoids qui actionnait le signal sonore. Il y en avait encore pour dix bonnes minutes. Enfin, dans le tournant de la voie, ce gros œil glauque de cyclope atteint de cataracte trouait la brume qui sourdait de la Durance proche. Le train râlait et ahanait, il chuintait sa mauvaise humeur par toutes ses plaques mal jointes. La machine passait devant nous comme une bouilloire ambulante, nous baignait dans une odeur d’huile chaude. En un éclair on apercevait le mécanicien et le chauffeur dans l’habitacle. Ils étaient noirs avec des yeux rouges d’oiseaux nocturnes. Ainsi aperçus en un éclair entre deux trous zébrés d’acier, il m’apparaissait toujours que leurs visages exprimaient la tragédie. Et c’était cette aura de tragédie sans doute qui me faisait souhaiter d’être un jour à leur place devant le foyer à la gueule féroce.
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EpicteteEpictete   08 mars 2014
Car j'ai la disgrâce, ce dont je n'ai pas conscience mais dont toute la famille parle, d'avoir les oreilles en paravent. Chaque matin, de deux doigts experts ma mère me les engage sous le béret, après m'avoir fait souffrir le martyre à m'écouvillonner l'intérieur du conduit auditif avec le bout d'une serviette tordue en mèche. Ce béret m'agace, me démange, me tient chaud. Je n'ai pas le droit d'y toucher mais à force de froncer le front pendant un bon quart d'heure, ce qui m'agite les pavillons, je parviens à faire sortir ceux-ci de la prison du béret et à les abandonner en toute quiétude face au vent.
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FortunaFortuna   05 novembre 2016
- Un jour on saura, disait mon père.
- Oui ! Quand on sera morts !
- Et qu'est-ce que tu veux ! Les animaux meurent, nous on meurt, c'est ça qui fait la terre. C'est tout ce qui est mort qui fait qu'on peut y vivre.
- C'est pas rigolo ! disait ma mère.
- Ce qui n'est pas rigolo, ce sont ceux qui nous ont fait croire qu'il y a autre chose pour mieux nous ensuquer (assommer).
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EpicteteEpictete   03 mars 2014
C'est la mère Gondrand à sa fenêtre, laquelle comme moi n'a plus qu'à regarder passer le monde. Je contemple intensément et sans rien y comprendre son visage de jeune fille. Je sais pourtant qu'elle est vieille. J'ai son mari comme point de comparaison, et lui a l'air vraiment vieux. Elle, il me semble qu'elle a posé un rideau sur ses traits, et que, là derrière elle continue à être fraîche et rose.
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