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Critiques sur Le saut oblique de la truite (13)
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joedi
25 mai 2017
Je remercie les éditions Phébus pour leur envoi et Babelio pour m'avoir sélectionnée dans le cadre de cette Masse critique.
Combien il s'avère difficile de porter un jugement sur un ouvrage qui ne comporte que 91 pages d'écriture.
La magnifique couverture, une aquarelle, me donne envie de connaître le peintre Jérôme Magnier-Moreno.
Le narrateur, Jérôme, élève à l'école d'architecture de Versailles, a donné rendez-vous, en Corse, à l'un de ses amis d'études. Jérôme embarque à Roissy muni d'une canne à pêche car après avoir lu la nouvelle d'Ernest Hemingway, La grande rivière au coeur double, il rêve de pêcher de belles truites. Évidemment, arrivé à destination, son ami Olivier, au caractère fantasque, n'est pas au rendez-vous ; c'est en solitaire que le narrateur va vivre ces quatre jours dont il a tant rêvé.
En clin d'oeil à sa carrière de peintre, Jérôme Magnier-Moreno a titré les différents chapitres de divers noms de teintes. Ce texte, qu'il a débuté en 1999, il l'a souvent retravaillé et ce n'est qu'en 2016 qu'il l'a confié à l'éditeur.
Une lecture agréable.
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Didili
01 juillet 2017
Abordée par l'auteur lui-même par mail début mai, j'ai répondu à cette délicate attention.

J'ai ainsi reçu une belle missive dans une enveloppe dessinée avec soin et reprenant en aquarelle la couverture avec le nom de la gare : Didi !

Une sympathique Didicace se glissait dans le livre.

J'ai accroché telle la truite aux reflets de la mouche ! Appâtée je le fus, mais déçue il est triste de l'avouer....

Faire un saut et s'écraser... Je m'attendais à de la poésie, des mots glissants comme l'eau d'une rivière dans le calme feutré d'une vallée encaissée.

Un texte très décousu, des mots jetés sur le papier comme autant d'impressions non transformées.

Mon attente d'un texte poétique était sans doute trop forte. Je n'ai perçu dans ce texte que des impressions individuelles, hâchées, lancées à coup de mots et de maux.

La belle île de Corse n'arrivera pas à transformer l'auteur...

Cet auteur est avant tout un artiste contemporain et à regarder ses tableaux je comprends mieux son style. Des couleurs plaquées aux paysages. Est-ce parce que je suis relativement hermétique à l'art contemporain que je n'ai pas accroché au texte de Jérôme Magnier-Moreno ? Sans doute il y a un peu de ça...

On entre dans ce livre en s'asseyant sur les toilettes du cimetière Montparnasse et je dirais qu'il n'y a pas que les fesses de l'auteur qui se sont refroidies.

Suis-je coincée ? Peut-être ... Mais ce qui est trop brut de décoffrage en terme de poésie ne me convient pas.

Un beau cadeau dans un très bel écrin, un auteur généreux et délicat mais que je n'ai pas su apprécier.

Désolée je le suis ... Et sincèrement merci pour votre proposition de lecture et de découverte.

Quant à vous, je vous laisse le soin de découvrir ce livre,
les goûts et les couleurs sont affaires de chacun
A vous de faire le grand Saut, pour voir si ce livre vous plaira ou pas ... !
Lien : http://imagimots.blogspot.fr..
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kathel
13 juin 2017
Cela commence dans les toilettes du cimetière Montparnasse, puis avec des enveloppes contenant chacune un roman qui disparaissent dans une boîte aux lettres. le roman lui-même est le récit d'un court voyage en Corse d'un architecte fraîchement diplômé qui ne sait pas encore trop quoi faire de sa vie. En attendant de savoir, il va passer quelques jours à pêcher en Corse avec son ami Olivier. Ils ont rendez-vous à la gare d'un petit village. Olivier n'arrive pas, notre architecte observe, écrit beaucoup et parfois dessine, les couleurs l'inspirent, la fraîcheur des rivières, les parfums de la myrte et du romarin.
Je ne ressors pas plus emballée que ça par ce roman qui a des qualités qui sont à la fois des défauts : il est un peu foutraque, mélangeant les styles et sautant d'une tonalité à une autre et je trouve à cela un côté plutôt rafraîchissant, mais qui au bout d'un moment finit par dépasser ce qu'on en attend, et lasser... le roman n'est pas très long et pourtant je me surprenais à avoir envie de supprimer quelques paragraphes : raconter ses rêves, quel intérêt ? Noter de longues citations d'Hemingway ou Thoreau a-t-il lieu d'être dans ce qui ressemble plus à un journal de bord de voyage ? Que dire de la longue digression où l'auteur fait parler la rivière ?
Au final, de même que le spectateur qui se met à regarder la mise en scène au cinéma montre qu'il n'est pas vraiment dans le film, le lecteur qui mentalement réarrange le texte n'est certes pas absorbé par l'histoire. Et si de temps à autre la Corse de l'auteur devenait bien réelle (ce sont les passages sur la nature qui sont les plus réussis) à d'autres moments je me suis demandée ce que je faisais là.
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Aifelle
18 mai 2017
La narrateur a une vingtaine d'années et est sur le point d'obtenir son diplôme d'architecte, quand il part en Corse rejoindre son ami Olivier dans le but de pêcher la truite. Olivier qui par bien des côtés est exaspérant, mais tellement libre et créatif.

Comme d'habitude, il n'est pas à l'heure au rendez-vous et après un délai généreux, le narrateur part tout seul sur le GR20, excité à l'idée de la pêche formidable qu'il ne va pas manquer de faire.

Ce court roman est une bouffée de fraîcheur en compagnie d'un jeune homme à l'aube de sa vie, avec des préoccupations de son âge, un peu foutraque, un peu obsédé par la gente féminine, passionné par la truite et la nature. L'auteur a su mélanger en souplesse l'auto-dérision et la poésie, la trivialité et l'imagination. Il est également peintre et ça se sent dans la description des lieux et des paysages.

L'ami attendu ne viendra pas et pourtant il est constamment présent entre les lignes, ainsi que la mère et la psy du narrateur. le roman prend toute sa saveur avec quelques rencontres pittoresques et déconvenues diverses, le tout rattrapé par des séquences de pêche réelles ou fantasmées.

L'auteur a mis dix ans à écrire son roman, j'espère qu'il n'en restera pas là et nous offrira un jour une plus longue histoire.

Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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motspourmots
22 avril 2017
"Pour que quiconque entrevoie ce bleu lumineux et profond, il lui faudrait vivre exactement mon expérience. Partir en Corse dans le but d'y rencontrer un ami, ne pas le trouver au rendez-vous, puis dormir dans cette horrible maison d'hôte et, de bon matin, s'accouder à la rambarde du pont surplombant les gorges du Golo. Seule cette expérience lui donnerait accès au bleu que je vois ce matin".

Jérôme Magnier-Moreno est peintre et son roman se compose de touches de couleurs qui sont autant de sensations et d'instants comme photographiés sur le vif. On imagine que pour lui, chaque souvenir est relié à une ou plusieurs couleurs, comme le jaune de la boîte aux lettres à laquelle il confia les exemplaires de son manuscrit un beau jour de 2016, plus de dix ans après avoir commencé à relater cette escapade corse de 1999. Quelques jours de marche et de pêche à la mouche prévus en compagnie d'un ami, Olivier, rencontré lors de leurs études d'architecture, un être assez fantasque et imprévisible pour que son absence au rendez-vous n'inquiète pas plus que ça notre narrateur. Quelques jours essentiels, d'introspection et de retour sur lui-même, qui vont marquer à jamais la suite de son parcours.

Le moins que l'on puisse dire c'est que ce roman n'est pas commun. Plus qu'un livre, c'est une oeuvre d'art. Et comme toute oeuvre d'art, il peut laisser perplexe, ouvrir des abîmes de réflexion, faire sourire ou grincer des dents. On peut être sensible, comme je l'ai été à la palette du peintre dans laquelle l'écrivain trempe sa plume. Et en même temps un peu agacée par les moments plus crus dont nous gratifie ce héros un peu paumé alors qu'on aurait préféré qu'il continue à nous faire profiter du paysage en silence. Question de sensibilité sans doute...

La Corse et ses paysages sont comme une pommade sur les blessures des corps et des âmes, tout comme l'écriture semble l'avoir été pour l'auteur, des années après ce voyage et les événements qui l'ont marqué. Et cet ouvrage, en lui permettant de lier écriture et peinture (dessins de couverture), ses deux modes d'expression favoris, revêt certainement une importance qui dépasse largement le simple objet éditorial et que l'on pense percevoir entre les lignes.

"J'écris quotidiennement depuis si longtemps maintenant, depuis les débuts de mon adolescence, l'écriture fait tellement partie de moi, de ma manière de vivre, que j'utilise les mots exactement comme d'autres le feraient d'une caméra ou d'un appareil photo."

Et la balade fut loin d'être désagréable entre bleus, verts, rouges et jaunes qui donnent envie de se laisser aller à la contemplation et de laisser la nature combler nos vides et lisser nos cicatrices.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Syl
15 juillet 2017
Le récit de ce petit livre débute dans les toilettes du cimetière Montparnasse où l'auteur confie que la décision qu'il a prise le rend malade. Depuis dix ans, il trimballe dans un vieux sac à dos rouge, sorte de gri-gri, garde-corps et compagnon d'aventures, un journal de bord dans lequel il raconte son séjour en Haute-Corse ; les pérégrinations d'un jeune Parisien, architecte, peintre et pêcheur de truite. Une décennie plus tard, il est enfin prêt à le faire publier.
Dans une gamme de couleurs allant du rouge au bleu profond, l'auteur saisit le paysage, l'odeur du maquis, l'ambiance, ses rencontres et ses sentiments. Il devait rejoindre son ami Olivier qui n'est jamais venu et il s'est retrouvé à longer le fleuve Tavignanu, seul et, au final, heureux de l'être.

Quelques jours d'introspection pour appréhender l'avenir et reconquérir le goût de la vie, réflexions en tout genre, sexualité exacerbée, méditation poétique, de belles images et une communion forte avec l'espace, l'écriture peut aussi parfois se montrer sinueuse, comme un chemin de randonnée. Par « sinueux », je définie ainsi les déséquilibres de ma lecture où j'ai souri et… de temps en temps, fait la moue..
La quête initiatique du jeune homme n'aurait pas pu trouver plus belle terre que cette île, forte et fière…
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Walkyrie29
27 mai 2017
Ce petit roman, très joliment illustré d'une aquarelle de l'auteur, artiste peintre dans la vie de tous les jours, écrivain à ses heures perdues, et présenté comme une « histoire qui ne parle de rien » à un goût de liberté, d'expérience et surtout d'une Corse aux saveurs illimitées. Où comment une banale histoire de pêche tourne au vinaigre au profit de toute autre chose !

Notre héros, l'auteur lui même, a priori, à l'époque étudiant architecte, se rend en Corse pour une partie de pêche le long du GR 20, il doit y retrouver un ami, Olivier au coeur rêveur, ami auquel il ne faut pas se fier, et cela va vite se prouver, notre héros se retrouve seul, en pleine pampa Corse, à dormir chez une hôte flippante qu'il va très vite fuir pour entamer ce voyage, devrait-on dire parfois périple, prévu à deux, en solitaire. Afin d'en savourer ce que la Corse peut vous offrir de plus tentant ; le charme féminin et méditerranéen de la Corse expérimentée, les paysages changeants, la fraîcheur des eaux vives alléchantes et ces parties de pêche fantasmées, et toujours l'absence de cet ami qui rôde telle une ombre qui offre au personnage une quête solitaire initiatique où les tentations toujours plus grandes peuvent se révéler aussi bonnes que mauvaises mais ne viendront pas à bout de son but ultime ; pêcher une véritable truite Corse.

L'auteur a cette façon de narrer son récit de manière assez crue, les mots, les expressions, les images, tout est franc, intuitif, spontané, il y a énormément de naturel dans ces mots. S'il a voulu en faire un roman, se définissant lui – même comme un « auteur raté, du genre qui ne publiera jamais rien, c'est certainement aussi parce que cette expérience aura été très instructive et très murissante pour lui – même.

En bref, tout comme ses chapitres aux notes colorées, ce roman peut être aussi amusant que triste, aussi léger que grave, toujours cette fluidité entre le fictif et le réel, est-ce réellement une expérience de l'auteur, des mots alignés sur une feuille blanche dès que l'occasion se présentait ? Il y a quelque chose d'aussi peu malléable qu'une truite Corse frétillante. Intéressant !

Je remercie Babelio et son partenaire les éditions Phébus pour cet étrange partenariat.
Lien : https://songesdunewalkyrie.w..
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TmbM
19 avril 2017
La couverture est très jolie, la quatrième également, le contenu est moins convaincant.

En l'espace de trois pages, autant dire d'entrée de jeu, l'auteur évoque sa mère, son psy, son ex - dans cet ordre. Ça m'a fait lever les yeux au ciel. Merde, je me suis dit, derrière le récit annoncé d'un pêcheur en goguette se cache une analyse personnelle, voire une autofiction nombriliste. Heureusement, ce n'est pas le cas, juste un mauvais début. le personnage, armé de sa canne à pêche, saute dans l'avion, s'essaye à la poésie, se sent obligé de préciser qu'il s'agit là d'alexandrins - sait-on jamais, le lecteur pourrait ne pas s'en rendre compte par lui-même - et nous voilà en Corse. Enfin ! le récit va pouvoir commencer.

Mais non. Il faut d'abord s'égarer un brin, g̶a̶s̶p̶i̶l̶l̶e̶r̶ consacrer quelques pages au programme d'une radio locale et aux chansons ringardes qu'elle diffuse. Après cela seulement, enfin, on peut aborder le vif du sujet. Et là, ça devient intéressant. le problème, c'est que le quota de pages est terminé. Eh oui... C'est ballot.

Quel dommage d'avoir besoin de soixante pages d'échauffement pour un livre qui n'en fait que vingt de plus.
Lien : http://touchezmonblog.blogsp..
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cathulu
06 mai 2017
à deux doigts de ne pas "pouvoir faire autrement que de devenir architecte", alors qu'il se rêve romancier, le narrateur se rend à un rendez-vous avec son maître ès liberté, Olivier. Olivier, pour qui il a "la plus grande affection parce qu'il y a, sous le tissu de névroses qui l'enserre quelque chose de vaste, de beau et de bleu. Comme une aspiration non négociable à la liberté."
Las, l'ami n'est pas au rendez-vous. Commence alors un périple solitaire sur le GR20 corse, entrecoupé de parties de pêche à la truite et de rencontres éphémères.
Placé sous le signe de la couleur, ce roman lumineux est tout à la fois une quête initiatique d'un jeune homme à la croisée des chemins et un récit qui embarque son lecteur dans des paysages magnifiques. Avec une grande économie de moyens, des descriptions par petites touches efficaces, sans oublier quelques touches d'humour pleines d'auto-dérision, une construction maîtrisée qui fait naître l'émotion, ce premier roman est une formidable découverte.
Comme la truite, qui par un saut oblique parvient à tromper le pêcheur, le narrateur, dont on devine qu'il a beaucoup de points communs avec l'auteur, par ce roman est parvenu à conserver sa liberté, tout en prouvant son envie de vivre, ce qui n'est pas rien !
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SophieDelnoy
23 avril 2017
J'ai énormément apprécié ce livre, dès les premières pages, j'ai été captivée par cette écriture fraîche et sensible qui sait nous faire voir, ressentir, toucher. Même s'il n'y a pas d'intrigue "musclée", je ne me suis jamais ennuyée une seule seconde. L'intérêt est surtout dans la belle écriture ciselée de Monsieur Magnier-Moreno qui nous tient en haleine et nous fait découvrir un monde de sensations. C'est profond et léger à la fois, sensible et parfois cynique, cru, un peu dandy...On sent derrière la provocation de certains passages une âme sensible... Une magnifique balade à travers les couleurs de ce peintre-écrivain. Je l'ai offert autour de moi ce beau petit livre, et mes amis l'ont aussi beaucoup apprécié.
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