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France Meyer (Traducteur)
ISBN : 2070384233
Éditeur : Gallimard (13/11/1991)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Avril, mois de la poussière et des mensonges.
Une péniche amarrée à une berge du Nil, au Caire. Chaque soir, s'y réunit la " famille ", composée de sept personnes : une traductrice, un écrivain, un critique, un comédien, un avocat, un homme d'affaires, enfin, Anis Zaki, modeste fonctionnaire, mais homme de grande culture, leur hôte à tous, et leur obligé. C'est lui, assisté du vieil Abdu, qui prépare le narguilé. Un jour, une jeune journaliste, Samara Bahjat,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
DOMS
  08 novembre 2014
Au bord du Nil, au Caire, quelques péniches sont amarrées. Dans celle-ci vit Anis, un fonctionnaire, et son serviteur. Et surtout, viennent là, presque chaque soir, une nouvelle famille, celle recomposée grâce aux amis, ceux avec qui on fume la chicha, ceux avec qui on refait le monde. Ils sont six ou sept à se retrouver là, depuis longtemps, pour ce rituel immuable que rien ne peut perturber. Mais voilà, l'un d'eux amène avec lui Samara, une jeune femme journaliste. Même si elle apprécie de se retrouver là avec eux, elle ne comprend pas leurs habitudes et leur manque de sobriété, et va les pousser dans leurs retranchements. Eux qui sont prêts à refaire le monde, que sont-ils capables de faire de leur propre monde, celui dans lequel ils se complaisent soir après soir, dans cette facilité de gens qui parlent et critiquent, mais qui au final n'agissent pas.
On retrouve dans ce roman de Mahfouz toute la magie, la lenteur, la richesse de l'orient. le plaisir de partager, les discussions sans fin sur les sujets de la vie, politique, sentiments, l'amitié forte entre les personnages, jusqu'au point de non-retour. On se sent bercé au rythme lent du Nil qui clapote sous le plancher de la péniche, on voit les bateaux, amarrés là sans bouger, on respire les odeurs du narguilé et les vapeurs embrumées de ces compagnons de bavardages perpétuels. La dérive tient plus dans les mots, les rêves, les paroles, sur ce bateau ancré au bord des rives magiques du Nil, dans ces journées, ces soirées ponctuées par l'appel du muezzin.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   27 avril 2017
L'attente a quelque chose de réellement éprouvant. Attendre que la magie de la tasse enchantée agisse ! L'attente est une sensation qui appelle l'insomnie et que seul le baume d'éternité peut guérir. Avant cela, le Nil n'est pas ton ami, les vols de pigeons blancs non plus. Tu regardes d'un œil angoissé s'écrouler l'assemblée, comme tu vois s'écrouler toutes les fins. La lune qui se lève sur les branches d'acacias intensifie cette obsession sans apporter d'apaisement. Tout reste semblable à tout, et même s'il a bien agi, les remords le poursuivent. Le désarroi le prend devant n'importe quelle sagesse, sauf devant celle qui enterre toutes les maximes. Que la souffrance régressive aille s'adresser à la magie, au point de non-retour. Lorsque nous émigrerons vers la Lune, nous serons les premiers pèlerins à fuir le néant pour le néant. Hélas ! comme je regrette la toile de l'araignée qui chanta un soir dans notre village, accompagnée du coassement des grenouilles... Peu avant la sieste, j'entendis Napoléon accuser les anglais de le tuer avec un poison lent. Mais il n'y a pas que les anglais qui tuent de cette manière...
Page 93
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SophiePatchouliSophiePatchouli   14 juin 2016
Le souffle d'une brise venue du pont attisa les braises du narguilé. La fébrilité d'Anis s'intensifia, et sur son large visage une béatitude immobile s'épanouit. Il déclara que celui qui avait fait de l'histoire de l'humanité un cimetière glorieux ornant les étagères des bibliothèques ne l'avait pas privés d'instants parfumés de bonheur.
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gavarneurgavarneur   25 avril 2017
Des yeux ont veillé et des yeux ont dormi
Pour des choses qui sont, ou bien qui ne sont pas.
Bannis de ton esprit les soucis,
Car les soucis sont porteurs de folie.
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SarahcarabinSarahcarabin   05 août 2012
L'absurde, c'est la perte du sens, le sens de n'importe quoi. L'anéantissement de la foi, la foi en n'importe quoi. La vie s'écoule sous l'impulsion de la nécessité, sans conviction et sans véritable espoir. Cela se répercute sur la personnalité sous forme de prostration et de nihilisme, et l'héroïsme devient légende et dérision. Le bien et le mal se dressent côte à côte, et l'un des deux s'avance - quand il s'avance - poussé par l'égoïsme, la lâcheté ou l'opportunisme. Toutes les valeurs périssent, et la civilisation s'achève... Parmi ce qu'il faut étudier au cours de cette démarche, c'est la question des faux dévots. Ils ont la foi, mais ils se comportent dans la vie de façon absurde ; comment expliquer cela ? Est-ce une fausse compréhension de la religion, ou est-ce que leur foi n'est pas véritable mais routinière et sans racines, masquant les formes les plus viles d'opportunisme et d'exploitation ?
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SophiePatchouliSophiePatchouli   27 juin 2016
Il était aveugle , donc il ne voyait pas. Le fil s'est rompu, engloutissant quelque chose de splendide... L'important, c'est de garder... Garder quoi ? Demain, nous aurons un travail épuisant pour la clôture des comptes... Dans la prison des archives... Le musée des insectes... Quant aux moustiques, ce sont des mammifères.
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Videos de Naguib Mahfouz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Naguib Mahfouz
Rencontre avec Naguib Mahfouz.
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