AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

France Meyer (Traducteur)
ISBN : 2742795162
Éditeur : Actes Sud (03/11/2010)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 64 notes)
Résumé :

Le Caire, vers le milieu des années 1960. Au café Al-Karnak que gère une ancienne danseuse, le narrateur fait connaissance avec trois étudiants, Hilmi, Ismaïl et Zaynab. Le premier est l'amant de la gérante, et les deux autres, amis d'enfance, s'aiment tendrement. Tous les trois se considèrent comme des enfants de la révolution de 1952 et défendent ardemment ses principes et ses réalisations. Mais un jour ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Pancrace
  20 janvier 2019
J'ai eu plus de mal à franchir le seuil du Karnak café que de pénétrer dans l'immeuble Yacoubian (Alaa El Aswany) bien que ces deux sites ont été, par la force de ces écrivains, les creusets de la vie sociale, économique et politique de l'Egypte post-révolutionnaire.
L'hospitalité égyptienne légendaire n'en est pas la cause, plutôt la teneur du propos axé principalement sur la politique et la répression du récent régime socialiste Nassérien.
Au travers d'une ancienne gloire de la danse toujours séduisante, propriétaire du Karnak café, Naguib Mahfouz nous entraîne dans les tourments des habitués de l'établissement allant des vieux amoureux transis de la Qurunfala aux jeunes étudiants « enfants de la révolution ».
L'atmosphère s'assombrit et devient dramatique lorsque ce microcosme est chamboulé par les multiples arrestations des universitaires.
S'ensuivent questions et supplices qui contraignent à la délation et à la corruption.
Certains se feront indicateurs pour éviter à d'autres, par amour ou amitié, d'atroces tortures.
Cette critique acerbe sur le régime en place est ma première découverte de cet écrivain, prix Nobel de littérature. Je m'attendais à une écriture plus prenante, plus attachante.
Est-ce dû au sujet aride et sévère qui défend toute fantaisie, toute poésie?
J'imagine que ce roman ne doit pas être une oeuvre majeure de Mahfouz, sûrement écrit pour dénoncer les déficiences d'un régime balbutiant qui devait avoir peur de lui-même.
Extrait :
- le véritable ennemi des Arabes ce sont les Arabes eux-mêmes.
- Leurs dirigeants, tu veux dire ?
- Ou plutôt, leurs gouvernements !
- Tout repose sur l'union des peuples arabes et leurs efforts conjugués.
- Il faut tout reprendre de l'intérieur, c'est la seule issue.
- Parfait ! Revenons à la religion ! la religion, c'est tout !
- Revenons plutôt au communisme.
- Non ! A la démocratie.
- Pour que les Arabes ne soient plus sous tutelle.
- Liberté ! Liberté !
- Revenons au socialisme.
- Commençons par la guerre, les réformes suivront.
- Non, commençons par les réformes. Les solutions viendront d'elles-mêmes.
- Les deux doivent aller de pair…Et ainsi de suite…A l'infini.
Infiniment édifiant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          372
YvesParis
  15 février 2013
Karnak Café date de 1974. Surfant sur l'immense popularité acquise par le Prix Nobel, Actes Sud l'a republié récemment.
L'action de ce court roman se passe dans un café typique de la capitale égyptienne. Cette unité de lieu révèle le riche potentiel cinématographique de cette oeuvre qui fut adaptée à l'écran et y connut un vif succès (il me semble que le film n'est jamais sorti hors d'Égypte)
La patronne est une vedette de danse orientale. Autour d'elle gravite une série de caractères : des vieux qui jouent au backgammon, des jeunes qui parlent de politique. Ces fervents défenseurs du nassérisme seront bientôt arrêtés et persécutés par la police du régime dont ils croyaient être les enfants bienaimés. Chacun réagira à sa façon à la prison et à la torture. Ismail deviendra indic, Zeinab sera contrainte à la prostitution, Hilmi y laissera la vie. Paradoxalement, la morale de cette courte histoire arrive quelques années plus tard, après la défaite de 1967, de la bouche même du tortionnaire des trois jeunes gens.
Ce court roman n'a semble-t-il pas l'ampleur des autres oeuvres de Mahfouz. Il porte un regard désabusé et pessimiste sur l'échec de la révolution nassérienne.Il m'a donné envie de partir à la découverte d'autres livres de Mahfouz.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Moan
  29 novembre 2014
Dans les années 1960, le narrateur découvre par hasard un café géré par une ancienne danseuse connue: Qurunfula.
Il y reviendra souvent avec plaisir et la gérante et trois étudiants Hilmi, Ismaïl et Zaynab deviendront ses amis.
Les trois étudiants de milieux différents, enfants de la Révolution de 1952, sont heureux, Ismaïl et Zaynab s'aiment, Hilmi est l'amant de Qurunfula. Pourtant, ils seront plusieurs fois arrêtés par la police et suspectés d'être frères musulmans, communistes et la prison changera leur vie. "Nous vivions une époque gouvernée par des forces obscures, où les espions hantaient jusqu'à l'air que nous respirions".
le film tiré de ce roman, joué avec plusieurs grandes vedettes du cinéma égyptien a longtemps été censuré.
Un tout petit livre 113 pages: A lire!
Commenter  J’apprécie          170
moustafette
  23 mai 2012
Au détour d'une promenade dans le centre du Caire, les pas du narrateur le mènent au Karnak Café tenu par la très belle Qurunfula.
Il reconnaît en elle une célèbre danseuse des années 40 qui a enchanté son adolescence et révolutionné la danse orientale.
Le narrateur prend ses habitudes parmi les joueurs de trictrac et les étudiants qui s'y retrouvent quotidiennement.
"L'autre secret, c'est qu'il rassemblait - et rassemble encore - un groupe de voix pertinentes dont les murmures et les exclamations épelaient les vérités de l'actualité."
Nous sommes dans le milieu des années soixante et si la révolution nassérienne de 1952 a rétabli la fierté de tout un peuple, des scissions apparaissent, la police politique est à l'oeuvre, traquant communistes et Frères musulmans, des étudiants disparaissent, réapparaissent, les commentaires se font plus prudents, l'atmosphère du Karnac Café devientde plus en plus lourde, jusqu'au coup de tonnerre de Juin 1967 qui signe la défaite des nations arabes contre Israël lors de la Guerre des Six jours.
En témoin de son temps, l'auteur nous livre ici non pas un roman foisonnant, comme il sait si bien le faire, mais un court texte dont l'unique décor est la scène de ce petit café sur laquelle défilent les différents acteurs qui permettent à l'auteur de nous livrer une réflexion synthétique sur le pouvoir, la corruption, et les dérives du président Nasser.
Le livre prend sur la fin des allures de conte philosophique, entre sagesse des anciens et engouements de la jeunesse, et laisse ouverte la porte sur l'avenir.
"Ils attendaient.
Mais qui n'attend pas ?"
L'auteur, prix Nobel de littérature, est décédé en 2006 et nous ne saurons jamais ce que lui auraient inspiré la récente révolution en Egypte et le printemps arabe.
Mais une chose est certaine, c'est toujours au fond des cafés qu'on refait le monde et que s'y réfugient les amoureux...

Lien : http://moustafette.canalblog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Corboland78
  30 janvier 2017
Naguib Mahfouz (1911-2006) est un écrivain égyptien de langue arabe et un intellectuel réputé, couronné du prix Nobel de littérature en 1988. Né dans une famille de la petite bourgeoisie cairote, il fait des études de philosophie à l'université, commence à écrire à l'âge de 17 ans et publie ses premiers essais d'écriture dans les revues littéraires des années 1930 avant que ne paraisse sa première nouvelle en 1939. Karnak Café date de 1974 pour la traduction.
Au Caire dans le milieu des années 1960, dans le café Karnak que gère Qurunfula, une ancienne vedette de la danse du ventre, le narrateur fait la connaissance de trois étudiants : Hilmi, Ismaïl et Zaynab. le premier est l'amant de la gérante, et les deux autres, amis d'enfance, s'aiment tendrement. Tous les trois se considèrent comme des enfants de la révolution de 1952 (Rappel : La Révolution égyptienne de 1952 a commencé le 23 juillet 1952 avec le coup d'Etat du Mouvement des officiers libres dirigé par Mohammed Naguib et Gamal Abdel Nasser, pour renverser Farouk Ier, et en finir avec l'occupation par le Royaume-Uni) et défendent ardemment ses principes et ses réalisations. Mais un jour ils sont arrêtés par la police politique qui les suspecte d'appartenir au mouvement des Frères musulmans…
Roman très court et huis-clos, découpé en quatre chapitres mais pour moi il y a deux parties. La première nous présente ce petit café de quartier où il fait bon boire et discuter, « Nous fuyions notre solitude en nous retrouvant au Karnak, comme si nous esquivions les coups du sort en nous serrant les coudes, et échappions au vertige des hypothèses en échangeant nos opinions », fréquenté par des retraités, des commerçants et quelques étudiants. Nous découvrons les personnalités des uns et des autres, fruit des observations du narrateur – jamais nommé et dont nous ne saurons jamais rien, un avatar de Naguib Mahfouz peut-être ? Puis il y a la guerre (perdue) avec Israël (juin 1967, la Guerre des Six-Jours « qui n'opposerait pas seulement les Arabes à Israël, mais aussi les Arabes à eux-mêmes ») et les premières disparitions des étudiants durant plusieurs semaines, répétées plusieurs fois sans que l'on sache vraiment ce qui se passe. La seconde partie nous en révèle les causes et les conséquences dramatiques par les témoignages d'Ismaïl et Zaynab, emprisonnés par le pouvoir et torturés, vivants mais à quel prix ? Ou bien assassiné dans le cas d'Hilmi.
le texte s'achève sur une sorte de coup de théâtre avec l'improbable entrée dans le café, de Khalid Safwan, le geôlier et bourreau des étudiants, devenu à son tour l'opprimé et qui s'en explique, comme pour boucler temporairement la boucle d'une époque, celle de l'Egypte de Nasser. On devine l'écrivain pessimiste et amer et son roman, écrit en 1971, considéré comme un pamphlet, aura un retentissement conséquent dans son pays.
Roman historique et politique qui d'un côté reste un témoignage fort et puissant sur une époque mais qui, à être lu aujourd'hui, oblige à un effort de mémoire (ou de recherches) pour se remettre les faits en tête. Pourtant, si l'on se détache du contexte historique et factuel précis relaté ici, les faits et les gestes des personnages restent reproductibles à l'infini et peuvent s'appliquer encore et toujours à l'Egypte ou à ses voisins plus ou moins lointains…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   11 novembre 2016
Nous vivions une époque gouvernée par des forces obscures, où les espions hantaient jusqu'à l'air que nous respirions, et où les fantômes osaient s'aventurer en pleine lumière. Je réfléchissais, je me souvenais. Je songeais aux arènes des amphithéâtres romains, aux tribunaux de l'Inquisition, à la folie des empereurs. Je songeais aux destins des grands criminels, aux épopées de la misère, aux volcans des âmes noires, aux batailles des forêts d'antan... Et pour échapper à ces réflexions sur l'humanité, je me disais que les dinosaures avaient eu beau régner sur terre pendant des millions d'années, ils avaient disparu en un rien de temps dans un bref combat à la vie à la mort, et il n'en restait qu'un ou deux squelettes...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
najnajenajnaje   13 mars 2016
Il est devenu une forteresse de certitude et de tranquilité, capable de résister à toutes les tempêtes et à tous les malheurs. Tout à son bonheur, il ne prenait garde au temps qui passait : dans cette douce inconscience, les jours d'été se suivirent à toute allure et l'automne arriva à pas légers, exhalant dans l'atmosphère ses souffles subtils, coloriant le ciel de ses pinceaux blancs, conquérant les cœurs de ses douces sonorités. Le feu de la passion s'apaisait peu à peu, laissant place à un amour paisible, tempéré, libéré de ses excès, maître d'un temps que l'on passait désormais à traiter avec toutes les choses de la vie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Cath36Cath36   16 avril 2011
Du coin où se réunissaient les jeunes, montait une clameur exaltée. Pour la majorité d'entre eux, l'histoire commençait à la révolution, celle-ci ayant mis fin à une longue période d'obscurantisme. Ils s'en sentaient les véritables héritiers, et, sans elle, la plupart auraient fini dans la rue, sans vision ni avenir... Ils chantaient, malgré l'âpre vie qu'ils enduraient, comme si la victoire, l'espoir, et l'honneur retrouvé soulageaient leur misère. En réalité, chacun voulait participer à ce bel élan de ferveur, même ceux qui ruminaient leur rancœur et leur jalousie. Tous portaient en eux la lie de la disgrâce, de la défaite ou de l'échec ; la soif qui les dévorait les jetait vers la dive bouteille, les verres pleins ranimant la haine de l'ennemi d'hier. Ils y buvaient jusqu'à l'ivresse, dansaient au rythme fou de leur jubilation. Or à quoi bon argumenter avec des ivrognes ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2015
Le charme de Qurunfula, le panache des vieillards, l’enjouement des étudiants, la beauté de la jeune fille, le fait que ce café fût là, au cœur de la métropole, lieu propice au repos pour le promeneur que j’étais, le lien brûlant qui y unissait le passé au présent – savoureux passé, glorieux présent –, la magie d’une rencontre fortuite, voilà qu’une montre arrêtée suffisait à me précipiter dans les rets d’une passion aux ramifications multiples. Soit ! le Karnak serait mon repaire, chaque fois que j’en aurais le temps.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Cath36Cath36   16 avril 2011
Mon pays me fascinait. Malgré ses digressions, il se développait, s'affirmait, gagnait en puissance et en influence, produisait toutes sortes de choses, des aiguilles aux missiles, et avançait à grands pas vers un bel humanisme. Pourquoi l'homme y avait-il perdu toute valeur, réduit à la plus abjecte insignifiance, pourquoi y était-il privé de droits, de respect, de tout soutien, pourquoi ployait-il sous le joug de la lâcheté, de l'hypocrisie et de la solitude ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Naguib Mahfouz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Naguib Mahfouz
Rencontre avec Naguib Mahfouz.
autres livres classés : littérature egyptienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1746 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
.. ..