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Philippe Vigreux (Traducteur)
EAN : 9782070416868
283 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.98/5   112 notes
Résumé :
En 1930, la société cairote soumise aux hiérarchies séculaires réprouve la liaison que Qasim bey Fahmi, riche aristocrate, entretient avec Ihsane, jeune roturière. Craignant le scandale, le bey cherche à acheter un mari complaisant pour sa belle. Etudiant pauvre à la nouvelle Université du Caire, Mahgoub Abd al©Dayim envie la jeunesse bourgeoise qu'il côtoie sur les bancs de la faculté. Ce contrat de marie lui offre l'occasion d'échapper à sa condition. Il accepte s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Sachenka
  03 septembre 2018
La Belle du Caire est un autre roman social de Naguib Mahfouz. Il n'a peut-être pas la même envergure que d'autres de ses oeuvres mais le résultat est le même. On y présente une jeunesse estudiantine un peu désoeuvrée, qui achève son parcours universitaire mais seuls quelques privilégiés peuvent espérer trouver un emploi bien rémunéré. Et cela, pas sans contacts ou, à tout le moins, sans argent. Mais comment «acheter» une position sans emploi. C'est un cercle vicieux. Ainsi, cette société égyptienne de la première moitié du XXe siècle est corrompue et, si on se fie à l'histoire récente récente, elle l'est restée un bon moment. Dans tous les cas, l'auteur a bien su la reconstituer à travers une multitude de petits détails.
Mais, dans La Belle du Caire, cette société corrompue ne sert que d'arrière-plan. Ce qui importe, ce sont les étudiants. Certains sont plus chanceux que d'autres, plus riches, plus brillants, en couple. Ce n'est pas le cas de Mahgoub Abd el-Dayim, qui envie ses camarades. À travers ce jeune homme, aux parents malades et sans soutien financier, on se rend compte que la jeunesse est partout pareille : elle recherche l'amour, un emploi, l'aisance financière, le succès, une position dans le monde. Et, pour y arriver, Mahgoub doit accepter un marché scrupuleux. Tout le long du roman, je pouvais comprendre ce jeune homme mais, malheureusement, il ne me paraissait pas sympathique alors je n'ai pas suivi ses aventures avec autant d'intérêt que je l'aurais espéré. N'empêche, j'ai quand même apprécié cette lecture.
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MELANYA
  12 mars 2022
Un Prix Nobel 1988 : l'écrivain égyptien Naguib Mahfouz, dont j'ai relu « La Belle du Caire », afin de me remettre en mémoire certains points, d'autant plus facile car livre court (283 pages).
1930. On découvre quatre étudiants de l'université du Caire, discutant en marchant. Tous les quatre sont très différents mais ils sont amis :
L'un est socialiste – le second, traditionaliste – le troisième, aime la vie et la pensée positive d'Auguste Comte – quant au quatrième, Maghoub al-Dayim, il se comporte comme s'il n'était pas concerné et quand il répond à ses amis, c'est le plus souvent par : « Baste ! »
Le père de celui-ci est pauvre et vit à quelques kilomètres du Caire, dans un petit village. Il se prive pour faire parvenir à son fils un peu d'argent qui lui, doit se priver pour faire ses études, ce qui n'est pas le cas pour ses trois amis.
Ses études terminées, Maghoub découvre combien il est loin de la fin de ses peines : trouver un emploi dans une société corrompue, n'est pas facile. Mais tout de même, il réussit du travail dans une administration avec un salaire ridicule. On en arrive rapidement à se dire que sa vie est pleine de problèmes auxquels se rajoute son problème sexuel : il n'a de cesse de regarder, dans la rue, la belle Ihsane qui attise tous ses sens (« le volcan de ses seins » - « sa poitrine » - « sa croupe et ses jambes »)… de quoi en perdre la raison.
Il devient un des employés du futur bras droit du ministre Quasim bey Fahmi et finalement, sa vie bascule : le bras droit du Bey lui propose un marché (un bien drôle de marché) : celui d'épouser la belle Ihsane que son père a vendue au Bey, qui est déjà marié et ne tient pas à ce que l'on jase).
La solution ? Trouver un mari « de convenance » qui, évidemment devra fermer les yeux lors des visites du Bey. C'est bien rémunéré et cela suppose un logement plus décent qui serait payé par le Bey.
Maghoub accepte, se marie (il n' a même pas présenté sa femme à ses parents). Mais voilà que ce bonheur ne dure pas. Il comprend vite qu'en fait, il n'est qu'un jouet entre les mains bu Bey et que ce qui est arrivé, est une mauvaise chose pour la belle Ihsane.
Un soir, assistant avec un ami (Ahmed Batir), à un concours de beauté, celui-ci lui révèle par avance, le nom de la gagnante : Mahgoub, en apprenant le résultat, sursaute : son ami avait raison ! Il lui dit alors : « Rien ne m'étonne ! La nomination des fonctionnaires est truquée, l'attribution des adjudications est pipée, les élections elles-mêmes sont pipées, alors pourquoi pas les concours de beauté ! »
Naghib Mahfouz évoque beaucoup le droit des femmes, celui de leur évolution non seulement dans les universités mais aussi dans le monde du travail.
On comprend mieux l'Histoire de cette Egypte (aux environs de 1945) ainsi que la culture égyptienne. C'est que les liens filiaux sont importants et la Religion occupe une grande place.
De plus, on découvre aussi comment la « Ligue arabe » s'est construite avec le désir d'indépendance de l'Egypte.
Dans les annexes, on apprend quelques mots égyptiens (ce qui m'intéresse toujours).
Un très bon livre.
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Ambages
  05 mai 2018
« Les soucis d'un jeune homme qui quitte sa tenue d'étudiant pour affronter seul, surtout dans le cas de Mahgoub, ce géant masqué, fort de toutes les chances de bonheur et de tous les aléas du sort, que l'on nomme avenir. »
La Belle du Caire de Naguib Mahfouz est un somptueux roman sur le Caire des années trente. Il dépeint la condition des femmes et plus largement de l'évolution de la société gangrénée par les passe-droits dans la fonction publique et les faits du prince. Sans parler des pauvres qui sont parfois devant des choix cruels pour survivre. Ce livre dépeint des personnages qu'il me sera difficile d'oublier tant la plume de l'auteur nous fait entrer dans les esprits avec finesse et profondeur, dans les méandres de la conscience. Cruels dilemmes ! Je comprends toutefois qu'un ventre affamé puisse conduire à voir les choses de travers.
« Il niait à la fois le bien et le mal et rejetait la société qui les avait inventés. Il croyait en lui seul. Il y avait, certes, le plaisir et le douloureux, l'utile et le nuisible, mais le bien et le mal ? de vaines chimères ! »
Bien évidemment j'ai eu du mal à supporter le caractère du personnage principal et pourtant j'ai eu de la peine pour lui. Mahfouz est un auteur d'une sensibilité et d'une intelligence qui pousse très en avant l'introspection. J'aime beaucoup. Une petite préférence pour Vienne la nuit mais seulement au regard des personnages dépeints.
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missmolko1
  15 septembre 2016
J'ai posé mes valises en Égypte et j'ai découvert pour la première fois un livre de Naguib Mahfouz. Avec La belle du Caire, on plonge dans les années 30.
Nous faisons la connaissance de plusieurs jeunes étudiants venus de tous les milieux sociaux et qui ont tous des avis différents sur la société égyptienne qui est en pleine mutation.
Mais l'intrigue tourne principalement autour d'une jolie jeune fille qui entretient une liaison. Pour éviter un scandale, on l'a mari avec un des étudiants qui est pauvre et qui accepte pour l'argent.
"N'y a-t-il pas dans le succès amoureux la même jouissance, la même fierté que dans le triomphe guerrier? "
On découvre un monde fait de corruption, un monde sans scrupule. Mahgoub Abd el-Dayim, l'étudiant pauvre, est absolument détestable et ma lecture n'a pas toujours été facile.
L'écriture de l'auteur est belle et le livre très bien écrit. Il décrit avec précision l'époque et la société égyptienne. On se sent transporté et ce roman m'a donné envie d'en découvrir d'autres.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Dosamuse
  22 novembre 2017
Quatre jeunes étudiants terminant leurs études refont le monde et discutent de leur avenir, leurs choix de vie, leurs ambitions, leurs opinions politiques et les filles.
Le temps d'un été, leurs chemins se séparent. L'un d'entre eux, Mahgoub, refusant de vivre dans la pauvreté accepte un bon emploi de fonctionnaire à condition qu'il épouse la maîtresse de son patron. Son ascension est fulgurante grâce à ses 'cornes en or' mais la chute sera tout aussi spectaculaire.
Toujours autant de génie et de finesse de la part de Naguib Mahfouz pour dénoncer un système de corruption pourri jusqu'à l'os. Même si cela date de 1930, c'est tout aussi transposable aux régimes politiques arabes actuels pré et post révolutionnaires.
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critiques presse (1)
Actualitte   04 septembre 2019
Encore une fois, Naguib Mahfouz m'a enchanté : trois quarts de siècles après l'écriture de ce roman aussi cynique que son personnage principal, son récit garde une fraîcheur, une acuité et une actualité féroces.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
memoiresdelivresmemoiresdelivres   01 août 2022
Il rentra à Guizeh songeur, livré à ses rêveries. Il ne dormit pas cette nuit-là, comme les nuits de février où la faim le condamnait à l’insomnie. Il erra dans la vallée des songes et des espérances, puis repensa longuement à la soirée qu’il venait de vivre : la splendeur du luxe, le sceau de l’aisance, le triomphe de la beauté, l’émerveillement de l’amour, la folie de la licence, cette vie éblouissante pour laquelle son âme fondait de désir
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AmbagesAmbages   26 avril 2018
Le frémissement d'un cœur est une chose grave, et pèse autant dans cette existence que le mouvement des astres dans l'univers.
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SachenkaSachenka   06 septembre 2018
«L'argent! L'argent est souveraineté et puissance. L'argent est tout en ce monde!»
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rkhettaouirkhettaoui   28 octobre 2015
Le socialisme n’est pas un concept étranger à l’islam. Celui-ci prêche l’aumône légale qui garantit, scrupuleusement appliquée, la justice sociale, sans préjudice des instincts d’où l’homme tire la force de sa survie. Si tu veux pour le monde un système qui lui garantisse la fraternité vraie, le bonheur et la justice, eh bien, tu as l’islam !
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SachenkaSachenka   29 août 2018
«La meilleure citation au monde, c'est : religion + science + philosophie + morale = baste!»
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