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EAN : 9782757865354
456 pages
Éditeur : Points (09/02/2017)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 15 notes)
Résumé :


APRÈS LES ÉCAILLES D'OR, LA DEUXIÈME ENQUÊTE DE MAKANA, DÉTECTIVE PRIVÉ PAS COMME LES AUTRES Le Caire, 2001.

Makana, ex-officier de police soudanais exilé politique en Égypte, est chargé d'identifier l'auteur d'une lettre de menaces reçue par le patron de l'agence de voyages l'Ibis bleu. Peu après, Meera, employée copte de l'agence et femme d'un universitaire musulman révoqué pour opinions subversives, est assassinée dans une galerie ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Sylviegeo
  16 décembre 2017
Cupidité, corruption sous couvert de religion, voilà des thèmes chers à Parker Bilal. Cette deuxième enquête de Makana, l'ex-officier de police soudanais devenu détective privé en exil au Caire, est pour moi la plus mûrie des 3 titres que j'ai lus. C'est aussi le plus angoissant. Pour tout ce qu'il annonce, pour tout ce qu'il entrevoit, pour les chemins troubles que prennent nos sociétés, il est alarmant. Pourtant, cet opus est mixé des mêmes ingrédients que le 1er et 3e tome mais il me trouble plus encore. Toujours sans compromis ni complaisance, Parker Bilal a le regard juste et nous dresse un portrait de l'Egypte où fondamentalistes, islamistes, militaires, marchand d'armes et politiciens tissent des relations plus qu'ambigues, inquiétantes.
"Meurtres rituels à Imbaba" dévoile les secrets des massacres organisés contre les coptes et certains dessous d'émeutes sectaires. C'est aussi l'occasion pour l'auteur d'attirer de nouveau notre attention sur le sort réservé aux milliers d'enfants de la rue. Enfants dont peu se soucie si ce n'est certains qui ne font que les instrumentaliser pour leurs propres fins. Depuis que j'ai découvert cet auteur et Makana, je me dis que ces récits ne sont que prétexte à dénoncer les abus de toutes sortes, l'hypocrisie religieuses, les errements des fous de dieu et la complexité politique, géographique, sociale de ce pays.
Autour de Makana, une galerie de personnages auxquels on s'attache, sympathiques, vrais et généreux. Il ne faut surtout pas passer outre le Caire comme personnage presque principal avec son atmosphère insolite, extraordinaire qui nous imprègne tout le long de la lecture. "Meurtres rituels à Imbaba" nous laisse sur un événement de ce monde qui le changera et malgré ses sombres intuitions, ça reste un grand plaisir de lecture.
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Colchik
  01 août 2018
Dès les premières lignes de ce livre, j'ai ressenti les mêmes impressions que dans le captivant film de Tarik Saleh, le Caire confidentiel. Les points de ressemblance ne manquent d'ailleurs pas entre les deux oeuvres : même atmosphère lourde, oppressante, chargée d'une violence explosive ; personnages d'origine soudanaise ; police corrompue et affairisme d'un régime moribond ; action qui se situe à la veille des événements de la place Tahrir.
Makana, ancien inspecteur de la police soudanaise, vit en Égypte depuis que la mort de sa femme et de sa fille l'a contraint à fuir son pays. Il vivote en exerçant le métier de détective privé et vient d'être recruté par une agence de voyages miteuse, l'Ibis Bleu, dont Faragalla, le propriétaire, a reçu une lettre de menace. Mais, le vrai destinataire de la sourate de l'Étoile était-il Faragalla et le message était-il une menace ou, au contraire, une mise en garde subtilement rédigée ? Lorsque Meera Hilal, la secrétaire de l'Ibis Bleu est assassinée sous ses yeux, Makana comprend qu'elle détenait les clés du mystère et avait tenté, à sa manière, de le mettre sur la bonne voie. Que faisait cette Chrétienne copte, ex-professeur d'anglais, mariée à l'un des théologiens les plus brillants de l'université – mais aussi l'un des plus controversés – dans un emploi aussi subalterne et déclassé ?
Makana se met alors à enquêter sur les activités de l'agence, mais aussi sur le milieu intellectuel auquel appartenait Meera et ses activités bénévoles auprès du père Macarius, un moine qui s'occupe d'enfants abandonnés dans le quartier déshérité d'Imbata.
L'intrigue est tortueuse à souhait et ravira les amateurs de rebondissements. Mais, je dois avouer qu'elle m'est apparue secondaire tant la peinture de la société égyptienne a aiguisé mon intérêt. Ce polar est crépusculaire à plus d'un titre. Il montre la déliquescence d'un régime en phase terminale où la gangrène de la corruption conduit à sa mort. Il dépeint l'instrumentalisation des tensions religieuses entre coptes et musulmans, source de bouffées de violence. Il révèle l'abandon dans lequel se trouve une population miséreuse, au bord de la survie. Enfin, il aborde le débat théologique qui traverse nombre de sociétés à majorité musulmane : le retour à une interprétation littérale des textes n'est-elle pas la seule voie pour lutter contre une modernité corruptrice des moeurs ?
le titre aguicheur choisi pour la traduction française renvoie au gore ; le titre original, Dogstar Rising, restitue la complexité du propos de l'auteur en renvoyant à l'apparition de l'étoile du Chien à l'horizon, symbole de renouveau dans l'Égypte ancienne. Un renouveau que résume Rania, une jeune journaliste dissidente, à la dernière ligne du livre : « Maintenant, dit-elle, il va y avoir du grabuge. » Hélas, espoir de courte durée.
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BobPolar
  19 août 2016
Le Caire. Imbaba (quartier pauvre). le détective Makana va enquêter dans une agence de voyage où il fait la connaissance de Meera. Celle-ci est assassinée. Quelles sont les réelles activités de l'Ibis bleu, qui est ce Youssef, que vient y faire cette banque ? Un peu plus tôt des meurtres atroces de jeunes garçons musulmans sont habilement attribués à des fidèles de l'Église copte orthodoxe. Makana va activer son réseau et, à ses risques et périls, s'employer à découvrir les responsables.
Tout d'abord, je signale aux lecteurs découvrant cet auteur que ce roman n'est pas un thriller pur et dur, le titre pouvant prêter à confusion. Parker Bilal, pseudonyme de Jamal Mahjoub, nous avait particulièrement intéressé avec la parution de son premier opus Les écailles d'or (lien). Si ce nouveau récit peut se lire séparément on y retrouve des connaissances de ce sacré type qu'est Makana, ex-officier de police soudanais, exilé en Egypte, vivant de peu sur sa péniche plutôt pourrie et reconverti dans la recherche de la vérité – établie comme un principe fondamental surtout lorsque l'État et les hommes de pouvoir sont à la manoeuvre. Il va en baver Makana, il va en faire des rencontres fortuites, frappantes, radicales ou motivées – on finirait presque par s'y perdre.
C'est dans ces quartiers populaires, où des milliers d'enfants survivent, victimes de la pauvreté galopante, que Makana va fouiner. le meurtre de Meera, sous les yeux de Makana, est une exécution punitive qui vise son mari Ridwan Hilal, universitaire dont les idées contrarient le pouvoir. Meera était de confession copte et la rumeur, attisée par les Frères musulmans, veut que les assassinats d'enfants seraient perpétrés par la minorité copte – une opération supplémentaire pour salir et affaiblir. C'est ainsi que Makana va s'entretenir avec le père Macarius qui loge des enfants dans son église dévastée. L'engrenage se met en marche et il est bien huilé.
La suite sur : http://bobpolarexpress.over-blog.com/2016/08/fi-des-coptes-meurtres-rituels-a-imbaba-parker-bilal.html
Lien : http://bobpolarexpress.over-..
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virginie-musarde
  26 février 2016
Une quatrième de couverture un peu trop bavarde ! Mais quel plaisir toujours à lire Parker BILAL ! Une narration très romancée qui n'enlève rien au côté polar, un vocabulaire choisi, introduisant des expressions de langue arabe et à nouveau, une plongée dans les quartiers populaires du Caire qui, si elle n'invite pas au voyage, révèle les bas-fonds d'un pays bouleversé par la main-mise politique des "Frères musulmans", par une corruption rampante.
Makana est un ex-flic très attachant et certains personnages, dessinés dans le précédent roman (Les écailles d'or, chroniqué ici), réapparaissent et sèment le trouble.
Polar social, polar presque politique, cet opus est très réussi, et, conquise, je suis sûre de lire les prochains tomes à paraître !
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Bill
  24 février 2019
Le mois dernier, j'avais bien apprécié écouter 'Quand vient la recluse', autre moyen de lire quand les mains sont occupées ... 
A mon passage suivant à la médiathèque, j'ai farfouillé dans leur rayon de livres lus, et j'ai choisi ce titre pour découvrir un nouvel auteur.
L'action de ce roman se déroule au Caire pendant l'été 2001. de jeunes garçons sont assassinés sans que personne s'en préoccupe vraiment.
Le patron de l'Ibis bleu, une agence de voyages qui a connu des jours meilleurs, fait appel à Makana, pour découvrir qui lui adresse des lettres de menaces ... Makana est un détective privé, ancien officier de police soudanais exilé au Caire.
Peu de temps après, Meera, une employée de l'Ibis bleu, est assassinée à son tour alors qu'elle faisait des confidences à Makana sur les affaires de l'Ibis bleu ... 
S'ensuivra une enquête dangereuse qui conduira Makana jusqu'à Assouan sur les traces d'autres employés de l'Agence ... et dans un fouillis de fils emmêlés et entremêlés, il parviendra à faire la lumière sur ces différents assassinats ...
Bien qu'il y ait beaucoup de personnages, la voix envoûtante de l'interprète, Eric Hersand-Macarel, arrive à leur donenr à chacun des inflexions différentes et de les rendre facilement reconnaissables ...
Bref un mode de lecture qui me satisfait pleinement et que je vais continuer d'explorer cette année ... 
Un auteur que je découvre et que j'ai apprécié ...  je vais donc essayer de trouver les autres romans narrant les enquêtes de Makana.  
Lien : http://les.lectures.de.bill...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ColchikColchik   01 août 2018
Dans l’Égypte ancienne, l’étoile était connue sous le nom de Sothis ou Sopdet et était associée à Anubis, le dieu qui est représenté tantôt avec une tête de chacal, tantôt de chien. On le trouvait sur les tombes des défunts et il gardait l’entrée des Enfers. Cela expliquait son nom latin, Canis major, ou étoile du Chien. Sothis symbolisait le changement , la régénération de la terre. L’année solaire commençait avec la première apparition de l’étoile du Chien à l’horizon, à l’est, peu avant le lever du soleil, et marquait le début des inondations annuelles, qui étaient vitales pour l’agriculture du pays. Son absence du ciel, croyait-on, coïncidait avec le voyage d’Osiris au royaume des morts et était donc associée à la résurrection des défunts. Pour les Grecs, cette étoile était l’une des portes de l’enfer, par où se déversait le feu – cause d’anxiété les jours de canicule qui précédaient l’inondation, quand la chaleur extrême poussait les gens à la folie.
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collectifpolarcollectifpolar   12 novembre 2019
« De quel genre de menace est-il question, au juste ?

– Le mieux est encore que je vous montre. » Faragalla prit un trousseau de clefs et ouvrit un tiroir dans lequel il farfouilla un moment avant d’en sortir une feuille de papier qu’il tendit à Makana. Quelques lignes serrées, imprimées en capitales, occupaient le centre de la page. Makana lut lentement : « As-tu vu celui qui s’est détourné de la Foi, qui n’a que peu donné et s’est ensuite rétracté ? Détiendrait-il la clef du mystère, au point d’y voir avec clarté ? »

« Qu’est-ce qui vous fait croire qu’il s’agit d’une menace ?

– C’est évident, non ?

– Vous trouvez ?

– Bien sûr. C’est un passage du Coran, j’ai vérifié. La sourate de l’Étoile.

– Ça n’en fait pas une menace pour autant. En tout cas, il n’est pas mentionné explicitement qu’on vous veut du mal. »

Faragalla agita une main en l’air, faisant trembloter la flamme de l’allumette qu’il tenait entre ses doigts. « Talal m’avait donné à entendre que vous aviez eu affaire à ces fanatiques et que vous reconnaîtriez aussitôt le danger.

– Fanatiques ?

– Vous savez… les islamistes. Les djihadistes. Ces gens qui veulent nous ramener au XIe siècle.

– Vous pensez que cette lettre, parce qu’elle contient une citation du Coran, constitue une menace ?

– Ça ne vous suffit pas ? » Faragalla souffla sur l’allumette et déposa dans le cendrier les restes carbonisés. « Laissez-moi vous expliquer une chose. Je dirige une agence de voyages. Depuis des années, nous faisons venir des Occidentaux dans ce pays.

– Depuis l’époque du roi Farouk, murmura Makana.

– Précisément. »
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collectifpolarcollectifpolar   12 novembre 2019
La vision de l’ange était perçue comme un prodige, la preuve que Dieu ne les avait pas abandonnés. Quelques adeptes, formant une petite secte assidue, se retrouvaient tous les soirs pour une veillée aux chandelles, agenouillés devant l’église, les mains jointes en un geste de prière, implorant un miracle. Pendant leur attente, ils guettaient du regard le moindre mouvement au-dessus de leurs têtes. Naturellement, les témoignages variaient. Selon les uns, la silhouette était menue ; d’autres la disaient immense. Certains affirmaient qu’elle était raide comme une statue, d’autres juraient qu’elle avait des ailes scintillantes, d’or ou d’argent. Elle irradiait comme si elle était en feu.

« C’est un signe, murmurait-on. Les choses vont bientôt changer. »

« Le bien prévaudra. Nos souffrances prendront fin. »

« Nous serons délivrés de cette épreuve. »
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rkhettaouirkhettaoui   10 mai 2017
Bien sûr, personne ne faisait vraiment confiance à la police, ce qui jouait en sa faveur. On ne mêlait pas les autorités à ses affaires parce qu’on courait le risque d’attirer l’attention sur soi dans un sens défavorable. Le système n’était fidèle qu’à lui-même, attaché à préserver son existence, à satisfaire ses besoins, son appétit de pouvoir ; on ne s’adressait pas à lui pour obtenir justice.
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rkhettaouirkhettaoui   10 mai 2017
La vision de l’ange était perçue comme un prodige, la preuve que Dieu ne les avait pas abandonnés. Quelques adeptes, formant une petite secte assidue, se retrouvaient tous les soirs pour une veillée aux chandelles, agenouillés devant l’église, les mains jointes en un geste de prière, implorant un miracle. Pendant leur attente, ils guettaient du regard le moindre mouvement au-dessus de leurs têtes. Naturellement, les témoignages variaient. Selon les uns, la silhouette était menue ; d’autres la disaient immense. Certains affirmaient qu’elle était raide comme une statue, d’autres juraient qu’elle avait des ailes scintillantes, d’or ou d’argent. Elle irradiait comme si elle était en feu.
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Parker Bilal - Les ombres du désert
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