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William Hoffer (Collaborateur)Marie-Thérèse Cuny (Traducteur)
ISBN : 2266025872
Éditeur : Pocket (01/01/1989)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 1101 notes)
Résumé :
3 août 1984... Dans l'avion qui l'emmène à Téhéran avec son mari, d'origine iranienne, et sa fille, Betty a le sentiment d'avoir commis une erreur irréparable...
Quelques jours plus tard, son existence bascule dans le cauchemar. Le verdict tombe : "Tu ne quitteras jamais l'Iran ! Tu y resteras jusqu'à ta mort." En proie du fanatisme religieux, son mari se transforme en geôlier.
Elle n'a désormais qu'un objectif : rentrer chez elle, aux États-Unis, avec... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
23 janvier 2014
Une lecture bouleversante. Certes pas une grande oeuvre littéraire, mais la force de cette histoire suffit à nous ébranler.
Betty est américaine, mariée à un médecin d'origine iranienne, Bozorg Mahmoody, bien intégré aux États-Unis. Ils ont une petite fille, Mahtob, et coulent des jours heureux. Mais les problèmes politiques aigus entre les États-Unis et l'Iran vont faire vaciller ce bel édifice. le couple se dispute de plus en plus, une séparation est même envisagée. Betty, dans un souci de réconciliation, accepte, à la demande de son mari, d'aller passer deux semaines en Iran chez sa belle-famille. Nous sommes en 1984. Là, le récit devient terrifiant : dès son arrivée, Betty sens que le séjour ne va pas se passer comme prévu. Elle doit faire face à l'hostilité franche et brutale de sa belle-famille, voit son mari radicalement changer sous l'influence des siens, et comprend rapidement qu'on ne va pas la laisser repartir si facilement, et certainement pas avec sa fille : du point de vue des fanatiques religieux, il est de leur devoir de garder la petite Mahtob en Iran pour la soustraire à l'influence néfaste du Grand Satan. Mahtob va à l'école où elle apprend le farsi et désapprend sa culture américaine. Betty est contrainte de respecter les multiples règles contraignantes imposées par son mari et sa belle-famille, et doit porter, comme il se doit, le tchador. Ouvertement révoltée dans un premier temps, elle subit la violence de son mari qui la bat (on est loin de l'homme si doux dont elle était tombée amoureuse aux États-Unis) et l'enfermement qu'on lui impose. le récit est oppressant, car elle nous fait vivre son abattement, sa terreur profonde à l'idée de finir sa vie prisonnière en Iran, et surtout sa douleur immense de voir à quel avenir sa fille est condamnée. Sans parler du sentiment de culpabilité qui ne la quitte pas : elle s'en veut tellement d'avoir accepté ce séjour, et de ne pas avoir écouté les quelques mises en garde qu'on lui avait faites.
De nombreux romans mettent en scène un héros désespéré, mais ici le désespoir est incommensurable et doublé de l'horreur de se dire que tout est de sa faute. Mais ce qui fait froid dans le dos à la lecture de jamais sans ma fille, c'est de savoir que cette histoire est vraie : ce n'est pas un roman, c'est un récit. Nul scénario hollywoodien ici, mais des faits réels. C'est oppressant, et j'ai éprouvé plusieurs fois le besoin de poser le livre pour respirer.
Avec une volonté farouche, Betty réussira à nouer des contacts, obtenir de l'aide, et fuir avec sa fille. On ne peut qu'admirer la persévérance de cette mère pour triompher de tous les obstacles pour sortir, avec sa fille qu'il n'a jamais été question de laisser seule en Iran, de cet enfer.
Suite à la parution du livre, il a été beaucoup reproché à l'auteur. Certains ont jugé le texte raciste envers les Iraniens et insultant envers l'islam et les musulmans. Ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti lors de la lecture. Betty Mahmoody ne fait pas d'amalgames : l'accusé dans son récit n'est pas le peuple iranien, mais clairement sa belle-famille. Elle s'est même liée sur place avec des Iraniens qui l'ont aidée. Quant à sa critique de la religion, c'est sans ambiguïté l'intégrisme qui est visé, et non pas l'islam. Sans ces deux distinctions fondamentales, le récit perdrait beaucoup de sa force et de sa crédibilité, et je n'aurais pas un avis aussi enthousiaste sur ce livre.
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kuroineko
08 août 2017
Jamais sans ma fille est un des premiers  ouvrages de témoignage sur fond de séquestration dans un pays islamique. Les livres de ce genre se sont par la suite multiplié, au point de le rendre, pour ma part, indigeste.
Ici il s'agit d'une femme américaine, mariée à un médecin d'origine iranienne avec lequel elle a une petite fille. Ce qui devait être un simple voyage pour faire connaissance avec la famille dudit mari devient un piège qui se referme sur Betty et Mahtob. de retour chez lui, son mari change du tout au tout et se montre violent et dégradant envers son épouse.
A travers le témoignage de cette femme courageuse, on assiste à un choc des cultures entre l'Amérique des libertés et une société islamique verrouillée par la religion depuis la Révolution de 1979. La période à laquelle la famille Mahmoody arrive en Iran se place dans un contexte particulièrement sensible. En effet, la guerre entre les deux pays voisins, Iran et Irak, fait rage depuis plusieurs années. Comme on peut le lire, Téhéran est à portée de bombardements et la vie dans cette capitale s'avère dangereuse. de plus, l'Amérique est conspuée par les Iraniens, accusée de soutenir et d'armer l'ennemi irakien. Une circonstance aggravante pour l'Américaine Betty.
J'ai lu ce livre lorsque j'étais au collège et ce fut également un choc pour moi de découvrir la condition de la femme en Iran, les interdits qui lui sont imposés; ainsi que l'état de la société en général qui proie sous le joug de la charia, toujours sur le coup d'une intervention des milices islamiques. J'ai grandi dans une famille où la religion ou l'athéisme relevait du choix de chacun. J'ai appris alors ce qu'était que le fondamentalisme qui, au final, dévalorise l'islam comme elle le fait avec toutes les autres religions.
Les épreuves traversées par Betty Mahmoody et les descriptions qu'elle donne de l'Iran ont fait éclater, d'une certaine façon, ma vision du monde et des réalités. En cela, ce fut une lecture fort instructive et enrichissante. En plus d'être le portrait d'une femme et d'une fillette pleines de courage et d'amour. Il leur en a fallu pour se sortir de cet enfer. J'ai aussi apprécié que le récit ne soit pas manichéen. Betty a souffert dans cette famille et dans ce pays, c'est incontestable. Mais elle fait la part des choses et montre également les belles rencontres qu'elle a pu faire.
Un livre culte qui, à sa parution, a ouvert les yeux à de nombreux lecteurs (principalement lectrices) sur une réalité jusqu'alors assez mal connue.
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Bibliolibra
13 septembre 2012
Comment critiquer ce genre de livres où l'on a pas vraiment notre mot à dire...?
Comment lire ces pages, ces phrases, ces mots sans se sentir intruse et spectatrice d'un spectacle terrible de part sa réalité et horrifiant de part son existence ?
Tout ce que je peux dire c'est que la ressemblance de ce récit avec d'autres témoignages que j'ai lus m'effraie et m'horripile... Quand je lis ces histoires, un arrière goût amer me rappelle sans cesse que le monde ne tourne vraiment pas rond.
J'ai arrêté d'essayer de comprendre l'humanité. L'Homme est mauvais de nature. Et c'est pas prêt de changer...
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litolff
22 octobre 2012
Un témoignage qui fait froid dans le dos : Betty Mahmoody raconte comment sa visite de courtoisie en Iran auprès de sa belle-famille a rapidement tourné au cauchemar face au changement d'attitude de son époux, qui avait refusé de rentrer aux Etats-Unis mais également de la laisser prendre le chemin du retour avec leur fille.
Un cauchemar pourtant prévisible au regard de ce qui se passait alors en Iran mais inévitable si l'on considère l'unité familiale : comment empêcher son mari de revoir sa famille ? Comment s'opposer à ce que son mari emmène sa fille voir sa famille paternelle ? C'est le genre de choses qu'il vaut mieux anticiper mais auxquelles on ne pense évidemment pas en tombant amoureux…
Toujours est-il que ce témoignage sidère par le sang-froid dont a fait preuve Betty Mahmoody alors que, réduite à porter le tchador en Iran pour le restant de ses jours, elle a pris la décision de quitter son mari et l'Iran coûte que coûte, au péril de sa vie et de celle de sa fille. Frissons et adrénaline assurés !
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darkmoon
06 mai 2013
Partie en vacances en août 1984 dans le pays d'origine de son mari, Betty Mahmoody a finalement vécu dix-huit mois de calvaire avec sa fille dans l'Iran des mollahs! de son expérience dramatique, elle a tiré un document choc! C'est en réalité une histoire d'amour qui a mal tourné, celle d'un mariage qui fonctionnait très bien aux Etats-Unis mais qui n'a pas résisté à la pression énorme d'un environnement étranger! Betty Mahmoody, une femme hors du commun : cette américaine contrainte à porter le tchador qui nous livre une composition bouleversante en mère écorchée vive! Un roman exceptionnel sur la condition féminine en Iran...
Je me rappelle avoir eu des frissons en lisant l'histoire de Betty la première fois. J'ai relu ce roman tout récemment ; Jamais sans ma fille est l'un de ces livres où le temps est comme suspendu, on se raccroche alors à un souffle, un murmure, un bruit. Quand on a fini de le lire, on a l'impression d'avoir appris beaucoup de choses, entre autres sur la culture iranienne (et pas seulement du point de vue religieux). Heureusement, cette femme a pu compter, même si cela s'avérait parfois délicat, sur l'amitié et le soutien de certaines personnes de Téhéran (hommes ou femmes), ce qui montre bien que le roman de Betty n'est pas discriminatoire envers la population iranienne, contrairement à ce que pensent certains. Il se veut au contraire un message d'espoir invitant tous et toutes, quels que soient leurs statuts sociaux et leurs origines, à se rassembler pour lutter contre l'oppression et la soumission du moi ainsi que des libertés individuelles, et ce, tous pays et tous continents confondus.
Mais un lecteur sachant qu'il est basé sur une histoire vraie ne peut pas y être insensible. La question se pose de la véracité de tous les événements et de toutes les attitudes, malgré tout. le comportement de la famille du mari de l'héroïne est tellement grossier et sans nuance que l'on ne peut qu'être révolté de ce que l'on lit... ou alors douter. Mais quoi qu'il en soit dans le détail, la tentative de retour de cette femme avec sa fille dans son pays, malgré les oppositions et dans un contexte politique dramatique est une histoire bouleversante.
Jamais sans ma fille est un roman d'une grande beauté et qui invite à une réflexion profonde...
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
petite-feepetite-fee03 août 2010
Ma première et dernière pensée consciente chaque jour, c'est de dresser le plan de mon évasion. Rien de concret pour l'instant. Mais je fais mon possible pour garder le plus de contacts possible. Je vais voir Hélène à l'ambassade. Et presque chaque jour j'appelle Amahl.
Chaque détail de ma vie quotidienne est axé sur le grand but. je suis déterminée à me montrer une épouse et une mère aussi exemplaire que possible. Pour trois raisons. La première est de consolider l'illusion de bonheur et de normalité, de façon à ôter tout soupçon de Moody. La seconde est de faire plaisir à Mahtob et d'éloigner de son esprit l'idée qu'elle est prisonnière. Parfois elle demande :
- Est-ce qu'on pourra retourner en Amérique, maman ?
- Pas maintenant. Peut-être qu'un jour, dans l'avenir, papa changera d'idée, et nous irons tous les trois.
Ce genre de mensonge soulage un peu sa tristesse, mais pas la mienne.
Ma troisième raison de créer un foyer "heureux", c'est de me préserver moi-même, de ne pas devenir folle. Je n'ai aucun moyen de savoir ce qui nous tombera sur la tête lorsque nous déciderons enfin de nous évader. Je ne veux pas insister sur les dangers possibles.
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nikitanikita11 novembre 2010
3 août 1984... Dans l'avion qui l'emmène à Téhéran avec son mari, d'origine iranienne, et sa fille, pour quinze jours de vacances, Betty a le sentiment d'avoir commis une erreur irréparable... Quelques jours plus tard, son existence bascule dans le cauchemar. Le verdict tombe : "Tu ne quitteras jamais l'Iran ! Tu y resteras jusqu'à ta mort." En proie au pouvoir insondable du fanatisme religieux, son mari se transforme en geôlier. Elle n'a désormais qu'un objectif : rentrer chez elle, aux Etats-Unis, avec sa fille. Quitter ce pays déchiré par la guerre et les outrances archaïques : ce monde incohérent où la femme n'existe pas. Pour reconquérir sa liberté, Betty mènera deux ans de lutte incessante. Humiliations, séquestration, chantage, violences physiques et morales. Rien ne lui sera épargné.
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ColetteColette23 juillet 2010
Ellen a pris sa décision poussée par la peur et non par l'amour. Pour des motifs plus matériels que sentimentaux. Elle se sentait incapable de faire face à l'insécurité qui est le prix de toute émancipation. En fait, elle a choisi une existence horrible au quotidien, mais qui lui offre un semblant de ce qu'elle appelle la sécurité.
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agathacrispyagathacrispy13 juin 2016
elle n'était qu'une femme dans un pays appartenant aux hommes, alors que Betty Mahmoody avait été élevée aux Etats-Unis elle accepta de partir avec sa fille dans le pays qui a vu naître son mari, celui qui aurait dû la protéger lui a imposé une belle-famille envahissante, une vie dure, archaïque et sans espoir tant qu'à l'évolution des traditions, il fallait obéir au Maître absolu ! Betty est une femme courageuse qui n'a pas hésiter à sauver son enfant et elle-même de cet enfer pour pouvoir rentrer au U.S.A., malheureusement les années passant il était déjà trop tard, son cher père était décédé sans avoir revu sa fille et l'angoisse du lendemain était toujours présente malgré qu'une nouvelle vie s'offrait à elle mais toujours dans l'angoisse du lendemain.
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ZinzinetteZinzinette27 juillet 2014
Je me dis que je suis en train de commettre une erreur, que je voudrais pouvoir sauter de cet avion à la minute. Je m'enferme dans le cabinet de toilette et jette un oeil dans le miroir, pour apercevoir une femme au dernier stade de la panique. Je viens tout juste d'avoir trente-neuf ans, et à cet âge une femme devrait avoir sa vie en main. Je me demande comment j'ai pu en perdre le contrôle...
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