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ISBN : 2070318095
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 2.95/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Le travail, c'est pas la fête.
Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai : Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

Bonjour paresse est là pour dire enfin la vérité : la grande entreprise, personne n'y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l'Ordre de la Firme. À présent les cadres moyens, peti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  19 décembre 2016
Un livre qui a déjà 10 ans, où l'auteur parle des grandes entreprises, et de l'attitude de ses employés... J'avais rencontré de ces "cadres" passifs, planqués, voire incompétents dans un siège social de banque où je travaillais lorsque j'étais étudiante. C'était assez édifiant déjà à la fin des années 1970! La situation n'a fait que s'aggraver dans ces grosses entreprises; mais qu'on ne se leurre pas elle est exactement la même dans le service public!!! et la crise étant passée par là, des entreprises beaucoup plus modestes, voire artisanales sont gangrénées par la paresse ou des taches bâclées, au point que l'on n'est pas surpris de voir des entreprises mettre la clef sous la porte!
Un livre plutôt caustique, qui énonce des vérités. La lecture n'en est pas du tout fastidieuse.
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lanard
  10 avril 2016
Ce pamphlet s'acharne à déboulonner la statue du mythe de l'entreprise telle qu'elle fut érigée dans les années 1980 durant lesquelles l'Amérique de Reagan, l'Angleterre de Thatcher et la France de Mitterrand l'ont célébrée pour conjurer les caprices d'une économie mondiale capable de créer de la richesse avec une efficacité qui n'avait d'égal que son efficacité à créer de la pauvreté.
Le titre suggère une critique du travail que l'on est tenté de rapprocher du "Droit à la paresse" de Paul Lafargue. Il n'en est rien. La paresse, telle que la conçoit Corinne Maier n'est pas ici un droit, mais une arme; celle qui devrait terrasser cette institution à l'agonie (selon l'auteur) qu'est l'entreprise. Elle encourage le lecteur, avec des arguments convaincants, à ne pas s'investir dans son travail. Particulièrement s'il ne se rend à celui-ci quotidiennement pour le seul motif extrinsèque de recevoir un salaire ; particulièrement quand le travail en question lui donne à faire des tâches absurdes, ingrates, inutiles, improductives, absconses et uniquement justifiées par une insupportable langue de bois managériale. Ce pamphlet de 2002 anticipe les imprécations de l'anthropologue David Graeber contre les « bullshit jobs » en 2013 ( http://strikemag.org/bullshit-jobs/ ).
Toutefois, bien qu'elle fut employée par EDF (à moins que ceci explique cela), l'auteur de « Bonjour paresse », ne sembla pas voir que les réalités qu'elle décrit sévissent aussi dans les administrations publiques. Si l'entreprise doit disparaître (car tel est le pari de l'auteur) rongée par l'idéologie managériale, il semble que ce sera aussi le sort des structures étatiques. le mal sévit tout autant dans le secteur public que dans le secteur privé. le vocabulaire et les stratégies du management sont entrés dans les services public dont les cadres sont formés à la dynamique de groupes et toutes les techniques de communications dont les entreprises furent abreuvées depuis de nombreuses années.
Si l'idéologie de l'entreprise contamine à ce point la logique des administrations, cela procède probablement d'un mouvement profond qui ne serait pas celui de la fin des entreprises mais plutôt, bien au contraire, le phagocytage des administrations par les entreprises. L'entreprise, loin de disparaître, pourrait être une nouvelle forme d'administration. D'ailleurs, lorsque sa taille augmente, l'entreprise ressemble de plus en plus, dans son fonctionnement général, à une administration s'octroyant tout son luxe de lourdeurs coûteuses à l'efficacité douteuse.
Un des maximes les plus sûres de la politique s'écrit avec l'apologue de la fable ; « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Là, il faut entendre la force dans son acception la plus brute ; la capacité de violence physique. Jusqu'à quand les États garderont-ils le monopole de la « violence légitime » chère à Max Weber ? C'est là question que ne soulève pas ce livre qu'autrement on pourrait trouver amusant.
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M_a_r_c
  05 décembre 2017
Salariée d'une grosse boîte française (EDF pour ne pas la nommer), Corinne Maier n'en peut plus de l'absurdité dont le travail y est organisé et entend, dans son (trop ?) court ouvrage, dénoncer tout ce qui, selon elle, ne tourne pas rond au sein des grandes entreprises de l'Hexagone.
Son postulat de départ n'est pas sans intérêt. Selon elle, plus personne ne croit en la grande entreprise, mais tout le monde est complice de la mascarade. Elle se propose alors de démontrer qu'il est possible et surtout prudent – d'en faire le moins possible tout en obtenant la seule chose pour laquelle nous travaillons tous sans jamais vraiment nous l'avouer (et encore moins l'avouer aux autres) : notre salaire à la fin du mois !
Dès les premières pages, Bonjour Paresse se présente donc comme un manuel de survie en milieu hostile, celui de la grande entreprise. Une survie qui passerait, selon l'auteur, par le fait d'en faire le moins possible tout en donnant évidemment l'impression d'être débordé.
Las, si Corinne Maier parsème son ouvrage de quelques aphorismes piquants et y énonce des vérités qui vont certes sans dire mais qui vont souvent mieux encore en les disant (ce en quoi Bonjour Paresse n'est donc pas inutile), elle se contente de dénoncer ce qui, selon elle, dysfonctionne au sein des grandes entreprises, mais sans véritable fil conducteur, sans que l'on sente, d'un chapitre à l'autre, une progression des constats et du raisonnement qui amènerait à une conclusion en bonne et due forme. Les travers de la grande entreprise et de ceux qui la composent sont épinglés les uns après les autres, mais sans que l'auteur se donne la peine de les ordonner vraiment pour composer un tableau d'ensemble. le manque de structure domine donc l'ouvrage. Un ouvrage qui, contrairement à ce que laissaient croire la quatrième de couverture et les premières pages, n'est pas non plus un iconoclaste manuel de survie en 10 leçons à l'attention de celui qui voudrait survivre en entreprise sans rien faire de ses journées. (L'exercice aurait pu être sinon utile, du moins amusant.)
Les citations qui parsèment le livre témoignent, elles, d'un horizon un peu limité, Corinne Maier se cantonnant essentiellement à Michel Houellebecq et à René-Victor Pilhès. Sans parler de Mao et surtout de Staline, qu'elle semble fort apprécier bien que se défendant de tout penchant marxiste. J'aurais aimé parfois un peu plus d'ouverture d'esprit et de diversité.
Il n'en reste pas moins un ouvrage fort léger mais pas totalement dénué d'intérêt, notamment, je l'ai déjà dit, parce qu'il énonce des choses que nous savons mais dont nous n'avons peut-être plus vraiment conscience au fur et à mesure que nous abrutissent les journées que nous passons au travail. Un ouvrage intéressant aussi parce que – et c'est peut-être là le véritable drame que dénonce Corinne Maier – il a beau être léger et décousu, il n'en est pas moins le reflet de ce qui se passe tous les jours dans des milliers de grandes boîtes, où les gens perdent leur temps à faire des réunions vides de sens, à debriefer son récent coaching en feedback positif, à benchmarker les systèmes de gestion des incidents ou encore à optimiser la communication bottom-up et top-down afin de développer des synergies entre équipes… Que celui qui n'a jamais rien fait de tout cela jette la première pierre à l'auteur !
Bref, un ouvrage qui aurait pu être vraiment intéressant, tant il y a à dire sur cette déliquescence de la grande entreprise (mais aussi, désormais, de la moyenne, seules les petites structures semblant encore être préservées, mais pour combien de temps ?), mais qui pêche par manque de structure et qui privilégie l'acte d'accusation au détriment de la véritable analyse de fond.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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cathe
  19 septembre 2015
Si vous travaillez dans une entreprise, que vous êtes "hyper motivé", que vous faites confiance à vos managers, et que vous pensez que les NTIC, la culture d'entreprise et l'éthique sont des priorités pour les années à venir, ne lisez pas ce livre…

En revanche, si vous écoutez d'une oreille goguenarde les discours pontifiants des cadres supérieurs, si les consultants et leur jargon vous hérissent, et si vous ne croyez pas être un maillon indispensable du bon fonctionnement de l'économie française, ce livre est pour vous, et en plus il vous fera rire !
Attention, ce n'est pas une farce. Corinne Maier a été sanctionnée par son employeur (EDF) pour avoir donné une image trop cynique du monde du travail. Il faut dire que son autre métier, psychanalyste, lui a donné des clés pour démonter les faux-semblants. Travailler, oui ; être intéressé par son travail, oui ; penser qu'on est indispensable, attention danger !
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plotin
  24 octobre 2009
C'est bizarre. Les opinions et commentaires que l'on peut lire sur le web sur ce livre n'ont jamais été aussi tranchés. C'est soit « 10/10 », « j'adore », « à lire absolument », « un livre à méditer », « très bien vu »….. ou soit « 0/10 », « c'est une honte », « c'est creux », « lamentable » ….

Mon avis : c'est 10/10 et 0/10 !!! Un livre à lire absolument

10/10 pour avoir réussi à dépeindre avec autant de justesse (d'humour et de dérision) le monde de l'entreprise tel qu'il est aujourd'hui. Cela peut faire mal, mais la réalité est tellement bien décrite. C'est certain, les rapports que l'on peut avoir avec son entreprise ont complètement changé depuis les années 90 !!

0/10 pour les conclusions tirées de son analyse du monde de l'entreprise. On ne peut pas adhérer au principe qui guide le livre : « L'art et la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise »

Un livre à lire sans hésiter !! Son succès en France et depuis peu hors de nos frontières est bien la traduction d'un écho significatif auprès des cadres travaillant dans les entreprises actuelles
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   18 décembre 2016
"Ne travaillez jamais", disait Guy Debord, le philosophe situationniste. Voilà un projet merveilleux, mais difficile à réaliser. Aussi, beaucoup de gens vont-ils travailler en entreprise; celle-ci, surtout grande, a longtemps été généreuse en emplois. Curieusement, elle constitue un univers mystérieux : serait-elle un sujet tabou? L'entreprise, parlons-en, pour une fois sans faux-semblants ni langue de bois.
Oyez, oyez, cadres moyens des grandes sociétés! Ce livre provocateur a pour but de vous "démoraliser", au sens de vous faire perdre la morale. Il vous aidera à vous servir de l'entreprise qui vous emploie, alors que jusque-là c'est vous qui la serviez. Il vous expliquera pourquoi votre intérêt est de travailler le moins possible, et comment plomber le système de l'intérieur sans en avoir l'air.
Bonjour paresse est-il cynique? Oui, délibérément, mais l'entreprise n'est pas un humanisme! Elle ne vous veut aucun bien et ne respecte pas les valeurs qu'elle prône, comme le montrent les scandales financiers que charrie l'actualité et les plans sociaux qui se ramassent à la pelle. Elle n'est pas non plus une partie de plaisir, sauf quand on prend, comme c'est le cas ici, le parti de s'en amuser.
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plotinplotin   24 octobre 2009
En parlant du langage utilisé au sein de l’entreprise :
Cette langue obéit à cinq règles de base :
L'entreprise fait compliqué quand on peut faire simple. Elle utilise « initialiser » à la place de commencer, verbe qui fait beaucoup trop trivial, « finaliser» au lieu du très ordinaire finir, et « positionner » pour le terre-à-terre placer.
Elle choisit son vocabulaire de façon à se donner plus d'importance qu'elle n'en a réellement. « Coordonner », « optimiser », sont plus porteurs qu'« exécuter ». Mais c'est « décider » qui trône au panthéon des verbes, d'une courte tête devant « piloter » ou « chapeauter ». Elle ne lésine pas sur les mots en « ence » : pertinence, compétence, expérience, efficience, cohérence, excellence, tous ces mots donnent en apparence de l'importance.
Elle considère la grammaire comme une vieillerie obsolète. Elle abuse des circonlocutions, boursoufle la syntaxe, se revêt de toute une quincaillerie de termes techniques et administratifs, et malmène les mots. Car elle sait dévoyer le français avec maestria: l'entreprise aime les barbarismes. Par exemple, « décliner » n'est pas employé dans son sens usuel; quand on décline un logo, un message, une valeur, cela ne signifie pas qu'on les abaisse, mais qu'ils sont adoptés par d'autres instances, situées en dessous. De même, le très usité « solutionner », qui remplace sans coup férir résoudre, est d'autant moins français qu’il donne une vraie prestance de cadre.
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Dizzie_lidsDizzie_lids   30 juin 2011
Dès qu'un mot fait fureur aux Etats-Unis, il traverse l'Atlantique comme une vague et devient une vogue qui affecte nos écoles de gestion, nos institutions commerciales et le discours de nos entrepreneurs. Peu importe les approximations linguistiques: il suffit d'en saupoudrer les transparents et les "charts", cela fait largement l'affaire. C'est ainsi que "packaging" a supplanté emballage, "reporting" compte-rendu, "feed back" retour.
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umezzuumezzu   23 mai 2014
Sur le plan géographique le cadre de base n’est pas davantage mobile. Son rêve n’est pas de déménager tous les trois ans, mais plutôt d’acheter un pavillon dans une banlieue résidentielle de Paris, d’abord à Chaville, puis plus tard, grâce à l’ascenseur social, au Vésinet, qui est pour lui le fin du fin de la réussite. Une fois endetté sur vingt ans pour acquérir son « sam suffit », il ne désire plus guère bouger. Par chance son domicile est proche de la Défense, quartier des affaires hideux et sans âme digne du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley : notre esclave du tertiaire pourra donc être « mobile » sans déménager, car la défense lui procure d’innombrables « opportunités » en terme d’emplois. S’il a de la chance, il pourra même limiter la mobilité à des changements de tours ou à des transferts d’étage : il commencera au 7 éme étage de la tour Gan, puis enchaînera sur le 25 éme niveau de la même tour avant d’être muté à la tour Ariane, 32 éme étage ; puis retour au siége, 25 éme étage, avant de prendre une retraite bien méritée. Bouger c’est bien fatiguant.
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araucariaaraucaria   19 décembre 2016
Si vous n'avez rien à gagner en travaillant, vous n'avez pas grand chose à perdre en ne fichant rien. Vous pouvez donc plomber votre entreprise par votre passivité, et cela sans courir aucun risque : il serait dommage de ne pas saisir cette occasion.
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Videos de Corinne Maier (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Corinne Maier
Corinne Maier intervient sur OummaTV.TV à l’occasion de la parution de son dernier livre « Manuel de savoir-vivre en cas d'invasion islamique » (édition Michalon) co-écrit avec Frank Martin.
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