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EAN : 9782070318094
160 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.02/5   89 notes
Résumé :
Le travail, c'est pas la fête.
Contre le raffarinesque « La France doit se remettre au travail », Corinne Maier pousse son cri du 1er mai : Vive la paresse, un ephlet (essai-pamphlet) spécial sinistrose, à usage thérapeutique.

Bonjour paresse est là pour dire enfin la vérité : la grande entreprise, personne n'y croit plus. La foi nous a quittés, nous autres naguère chevaliers combattants de l'Ordre de la Firme. À présent les cadres moyens, peti... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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HORUSFONCK
  16 juin 2020
Ce petit livre rouge m'a bien régalé, surtout par son style alerte.
Corinne Maier s'y révèle, en 2020, encore d'actualité... Et l'on pourrait même en rajouter quelques couches, mais l'ouvrage ne garderait pas la même fluidité.
Rapports indigestes, langage consternant avec mots en "ing"et ressources inhumaines sont quelques-uns des ingrédients de cette cuisine entrepreneuriale. La boîte, comme j'ai pu le constater, se "recentre sur son coeur de métier", puis va se diversifier via des participations et/ou des filiales... Expansion-contraction comme un accordéon, à la sinistre musique des licenciements... Sans oublier de décentraliser, recentraliser davantage, délocaliser... Tout cela sous la houlette faussement cordiale de manager à la réunionite aigüe!
Corinne Maier, sans dresser un tableau intégral et détaillé de l'entreprise, donne surtout envie de gratter, de chercher plus loin et d'économiser ses efforts. Rien ne sert de courir ni de se faire imprudemment remarquer lorsque l'on est cadre moyen à durée de vie limitée. Mieux vaut, nous explique Corinne Maier, choisir un bon placard à l'ombre. Ne bougez plus...
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araucaria
  19 décembre 2016
Un livre qui a déjà 10 ans, où l'auteur parle des grandes entreprises, et de l'attitude de ses employés... J'avais rencontré de ces "cadres" passifs, planqués, voire incompétents dans un siège social de banque où je travaillais lorsque j'étais étudiante. C'était assez édifiant déjà à la fin des années 1970! La situation n'a fait que s'aggraver dans ces grosses entreprises; mais qu'on ne se leurre pas elle est exactement la même dans le service public!!! et la crise étant passée par là, des entreprises beaucoup plus modestes, voire artisanales sont gangrénées par la paresse ou des taches bâclées, au point que l'on n'est pas surpris de voir des entreprises mettre la clef sous la porte!
Un livre plutôt caustique, qui énonce des vérités. La lecture n'en est pas du tout fastidieuse.
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lanard
  10 avril 2016
Ce pamphlet s'acharne à déboulonner la statue du mythe de l'entreprise telle qu'elle fut érigée dans les années 1980 durant lesquelles l'Amérique de Reagan, l'Angleterre de Thatcher et la France de Mitterrand l'ont célébrée pour conjurer les caprices d'une économie mondiale capable de créer de la richesse avec une efficacité qui n'avait d'égal que son efficacité à créer de la pauvreté.
Le titre suggère une critique du travail que l'on est tenté de rapprocher du "Droit à la paresse" de Paul Lafargue. Il n'en est rien. La paresse, telle que la conçoit Corinne Maier n'est pas ici un droit, mais une arme; celle qui devrait terrasser cette institution à l'agonie (selon l'auteur) qu'est l'entreprise. Elle encourage le lecteur, avec des arguments convaincants, à ne pas s'investir dans son travail. Particulièrement s'il ne se rend à celui-ci quotidiennement pour le seul motif extrinsèque de recevoir un salaire ; particulièrement quand le travail en question lui donne à faire des tâches absurdes, ingrates, inutiles, improductives, absconses et uniquement justifiées par une insupportable langue de bois managériale. Ce pamphlet de 2002 anticipe les imprécations de l'anthropologue David Graeber contre les « bullshit jobs » en 2013 ( http://strikemag.org/bullshit-jobs/ ).
Toutefois, bien qu'elle fut employée par EDF (à moins que ceci explique cela), l'auteur de « Bonjour paresse », ne semble pas voir que les réalités qu'elle décrit sévissent aussi dans les administrations publiques. Si l'entreprise doit disparaître (car tel est le pari de l'auteur) rongée par l'idéologie managériale, il semble que ce sera aussi le sort des structures étatiques. le mal sévit tout autant dans le secteur public que dans le secteur privé. le vocabulaire et les stratégies du management sont entrés dans les services public dont les cadres sont formés à la dynamique de groupes et toutes les techniques de communications dont les entreprises furent abreuvées depuis de nombreuses années.
Si l'idéologie de l'entreprise contamine à ce point la logique des administrations, cela procède probablement d'un mouvement profond qui ne serait pas celui de la fin des entreprises mais plutôt, bien au contraire, le phagocytage des administrations par les entreprises. L'entreprise, loin de disparaître, pourrait être une nouvelle forme d'administration. D'ailleurs, lorsque sa taille augmente, l'entreprise ressemble de plus en plus, dans son fonctionnement général, à une administration s'octroyant tout son luxe de lourdeurs coûteuses à l'efficacité douteuse.
Un des maximes les plus sûres de la politique s'écrit avec l'apologue de la fable ; « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». Là, il faut entendre la force dans son acception la plus brute ; la capacité de violence physique. Jusqu'à quand les États garderont-ils le monopole de la « violence légitime » selon Max Weber ? C'est là question que ne soulève pas ce livre qu'autrement on pourrait trouver amusant.
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cathe
  19 septembre 2015
Si vous travaillez dans une entreprise, que vous êtes "hyper motivé", que vous faites confiance à vos managers, et que vous pensez que les NTIC, la culture d'entreprise et l'éthique sont des priorités pour les années à venir, ne lisez pas ce livre…

En revanche, si vous écoutez d'une oreille goguenarde les discours pontifiants des cadres supérieurs, si les consultants et leur jargon vous hérissent, et si vous ne croyez pas être un maillon indispensable du bon fonctionnement de l'économie française, ce livre est pour vous, et en plus il vous fera rire !
Attention, ce n'est pas une farce. Corinne Maier a été sanctionnée par son employeur (EDF) pour avoir donné une image trop cynique du monde du travail. Il faut dire que son autre métier, psychanalyste, lui a donné des clés pour démonter les faux-semblants. Travailler, oui ; être intéressé par son travail, oui ; penser qu'on est indispensable, attention danger !
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plotin
  24 octobre 2009
C'est bizarre. Les opinions et commentaires que l'on peut lire sur le web sur ce livre n'ont jamais été aussi tranchés. C'est soit « 10/10 », « j'adore », « à lire absolument », « un livre à méditer », « très bien vu »….. ou soit « 0/10 », « c'est une honte », « c'est creux », « lamentable » ….

Mon avis : c'est 10/10 et 0/10 !!! Un livre à lire absolument

10/10 pour avoir réussi à dépeindre avec autant de justesse (d'humour et de dérision) le monde de l'entreprise tel qu'il est aujourd'hui. Cela peut faire mal, mais la réalité est tellement bien décrite. C'est certain, les rapports que l'on peut avoir avec son entreprise ont complètement changé depuis les années 90 !!

0/10 pour les conclusions tirées de son analyse du monde de l'entreprise. On ne peut pas adhérer au principe qui guide le livre : « L'art et la nécessité d'en faire le moins possible en entreprise »

Un livre à lire sans hésiter !! Son succès en France et depuis peu hors de nos frontières est bien la traduction d'un écho significatif auprès des cadres travaillant dans les entreprises actuelles
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   18 décembre 2016
"Ne travaillez jamais", disait Guy Debord, le philosophe situationniste. Voilà un projet merveilleux, mais difficile à réaliser. Aussi, beaucoup de gens vont-ils travailler en entreprise; celle-ci, surtout grande, a longtemps été généreuse en emplois. Curieusement, elle constitue un univers mystérieux : serait-elle un sujet tabou? L'entreprise, parlons-en, pour une fois sans faux-semblants ni langue de bois.
Oyez, oyez, cadres moyens des grandes sociétés! Ce livre provocateur a pour but de vous "démoraliser", au sens de vous faire perdre la morale. Il vous aidera à vous servir de l'entreprise qui vous emploie, alors que jusque-là c'est vous qui la serviez. Il vous expliquera pourquoi votre intérêt est de travailler le moins possible, et comment plomber le système de l'intérieur sans en avoir l'air.
Bonjour paresse est-il cynique? Oui, délibérément, mais l'entreprise n'est pas un humanisme! Elle ne vous veut aucun bien et ne respecte pas les valeurs qu'elle prône, comme le montrent les scandales financiers que charrie l'actualité et les plans sociaux qui se ramassent à la pelle. Elle n'est pas non plus une partie de plaisir, sauf quand on prend, comme c'est le cas ici, le parti de s'en amuser.
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plotinplotin   24 octobre 2009
En parlant du langage utilisé au sein de l’entreprise :
Cette langue obéit à cinq règles de base :
L'entreprise fait compliqué quand on peut faire simple. Elle utilise « initialiser » à la place de commencer, verbe qui fait beaucoup trop trivial, « finaliser» au lieu du très ordinaire finir, et « positionner » pour le terre-à-terre placer.
Elle choisit son vocabulaire de façon à se donner plus d'importance qu'elle n'en a réellement. « Coordonner », « optimiser », sont plus porteurs qu'« exécuter ». Mais c'est « décider » qui trône au panthéon des verbes, d'une courte tête devant « piloter » ou « chapeauter ». Elle ne lésine pas sur les mots en « ence » : pertinence, compétence, expérience, efficience, cohérence, excellence, tous ces mots donnent en apparence de l'importance.
Elle considère la grammaire comme une vieillerie obsolète. Elle abuse des circonlocutions, boursoufle la syntaxe, se revêt de toute une quincaillerie de termes techniques et administratifs, et malmène les mots. Car elle sait dévoyer le français avec maestria: l'entreprise aime les barbarismes. Par exemple, « décliner » n'est pas employé dans son sens usuel; quand on décline un logo, un message, une valeur, cela ne signifie pas qu'on les abaisse, mais qu'ils sont adoptés par d'autres instances, situées en dessous. De même, le très usité « solutionner », qui remplace sans coup férir résoudre, est d'autant moins français qu’il donne une vraie prestance de cadre.
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umezzuumezzu   23 mai 2014
Sur le plan géographique le cadre de base n’est pas davantage mobile. Son rêve n’est pas de déménager tous les trois ans, mais plutôt d’acheter un pavillon dans une banlieue résidentielle de Paris, d’abord à Chaville, puis plus tard, grâce à l’ascenseur social, au Vésinet, qui est pour lui le fin du fin de la réussite. Une fois endetté sur vingt ans pour acquérir son « sam suffit », il ne désire plus guère bouger. Par chance son domicile est proche de la Défense, quartier des affaires hideux et sans âme digne du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley : notre esclave du tertiaire pourra donc être « mobile » sans déménager, car la défense lui procure d’innombrables « opportunités » en terme d’emplois. S’il a de la chance, il pourra même limiter la mobilité à des changements de tours ou à des transferts d’étage : il commencera au 7 éme étage de la tour Gan, puis enchaînera sur le 25 éme niveau de la même tour avant d’être muté à la tour Ariane, 32 éme étage ; puis retour au siége, 25 éme étage, avant de prendre une retraite bien méritée. Bouger c’est bien fatiguant.
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Dizzie_lidsDizzie_lids   30 juin 2011
Dès qu'un mot fait fureur aux Etats-Unis, il traverse l'Atlantique comme une vague et devient une vogue qui affecte nos écoles de gestion, nos institutions commerciales et le discours de nos entrepreneurs. Peu importe les approximations linguistiques: il suffit d'en saupoudrer les transparents et les "charts", cela fait largement l'affaire. C'est ainsi que "packaging" a supplanté emballage, "reporting" compte-rendu, "feed back" retour.
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araucariaaraucaria   19 décembre 2016
Si vous n'avez rien à gagner en travaillant, vous n'avez pas grand chose à perdre en ne fichant rien. Vous pouvez donc plomber votre entreprise par votre passivité, et cela sans courir aucun risque : il serait dommage de ne pas saisir cette occasion.
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Vidéo de Corinne Maier
Projections des dessins de Stéphane Manel Festival Paris en toutes lettres
Le 18 novembre 1922, Marcel Proust rendait son dernier souffle. Cent ans plus tard, l'importance de son oeuvre ne se dément pas comme en témoigne la vivacité de la création qu'elle suscite.
Céleste Albaret a été la gouvernante de Marcel Proust pendant les huit dernières années de l'existence de l'écrivain, années durant lesquelles il achève l'écriture de son chef-d'oeuvre – Céleste est d'ailleurs une des inspirations du personnage de Françoise dans La Recherche. Jour et nuit, Céleste Albaret prend soin de Marcel Proust. Plus qu'une simple gouvernante, elle est sa confidente et son soutien dans la rédaction d'un des plus grands romans du XXe siècle. Avec cette lecture de ces souvenirs, Marianne Denicourt nous plonge dans la chambre de Proust, pièce d'écriture et de vie, en totale intimité avec l'homme et l'écrivain.
Adaptation Marianne Denicourt & Ivan Morane. D'après les entretiens de Céleste Albaret avec Georges Belmont.
À lire – Céleste Albaret, Monsieur Proust, souvenirs recueillis par Georges Belmont, adapté par Corinne Maier, illustrations par Stéphane Manel, éd. Seghers, 2022.
Lumière par Marta Bellini, son par Adrien Vicherat
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