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Michel Tatu (Préfacier, etc.)
EAN : 9782228897167
216 pages
Éditeur : Payot et Rivages (19/03/2003)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Douze ans après la Révolution, le régime soviétique demeure une énigme. Ella Maillart, âgée de 26 ans, réussit à obtenir un visa pour l'URSS et arrive à Moscou en 1930, dans un pays bouleversé, frappé par la famine. Elle loue une paillasse dans le deux-pièces de la comtesse Tolstoï, vit de thé et de pain noir, rame sur la Moskova avec de jeunes ouvriers, visionne les films d'Eiseinstein et passe ses heures dans la cabine de montage du réalisateur Vsevolod Poudovkine... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
nadiouchka
  11 février 2018
Ayant appris l'existence d'Ella Maillart (1903-1997) avec « Je suis de nulle part. Sur les traces d'Ella Maillart », livre écrit par Olivier Weber, cette exploratrice suisse m'avait passionnée par ses expéditions, bien qu'elle ne soit pas la seule dans ce cas.
Cette fois je me suis intéressée à « Parmi la jeunesse russe : de Moscou au Caucase» dont Ella a été l'écrivaine et c'est donc une partie de son autobiographie aventureuse qu'elle nous relate.
On peut lire dans la Préface de Michel Tatu : « Il y a entre ce livre et nous un peu plus que soixante ans d'écart : une différence de « perception », comme on dit maintenant, celle qui sépare non pas tant les générations que deux expériences historiques fondamentales divergentes. Et c'est ce qui fait son charme et son intérêt.
Le charme vient du plaisir de la découverte. le goût du voyage ne s'est pas perdu de nos jours : il s'est simplement répandu au point de se banaliser, d'autant que la télévision le fait partager même à ceux qui restent chez eux. ».
Ici, après avoir fait un peu de figuration dans le film « L'Ange bleu » où tourne Marlène Dietrich, à Berlin en 1929, Ella rêve de partir vers les mers du Sud. Elle a déjà démontré ses capacités en tant que loup de mer. D'ailleurs, elle aurait pu écrire un curriculum vitae en y mentionnant : navigatrice, voyageuse, exploratrice, écrivaine, photographe, journaliste, sportive de haut niveau… et cela aurait suffi à lui ouvrir des portes en grand.
Mais ici, tout ce qu'elle désire finalement, c'est partir vers Moscou et se rendre dans le Caucase.
D'ailleurs, dans l'Avant-Propos, Ella écrit : « A Moscou, je m'étais promis de ne rien écrire sur la Russie moderne ; j'étais noyée dans trop d'impressions disparates, perdue à vrai dire dans un monde différent qui me fascinait. Je sentais qu'il me faudrait plusieurs années de séjour là-bas avant de comprendre quelque chose ou de démêler quoi que ce soit aux raisons de cette fascination même dont j'étais et suis encore la proie. (…)
Le Caucase est cause de ce revirement dont j'ai honte, le Caucase et ses montagnes dont j'ai voulu, à l'aide de phrases, fixer le souvenir dans ma mémoire. »
Il ne faut pas oublier qu'elle a quitté sa famille bourgeoise, donc aisée, et qu'elle subsiste grâce à des petits boulots. C'est une jeune femme dotée d'un fort tempérament et d'un très grand courage, ce qui est démontré dans chacun de ses livres.
Revenons à 1929, où elle décide de partir enquêter sur la jeunesse et le cinéma russes. En 1930 à Moscou, elle arrive à se faire une place grâce au sport. Mais ce qu'elle rencontre dans cette ville, la famine, la bouleverse.
Elle réussit à se faire accepter par un groupe qui se dirige, vers le Caucase, pour découvrir la Svanéthie et l'Elbrouz, d'abord 2.000 kilomètres en train et ensuite surtout de la marche à pied.
Elle va ainsi affronter les éléments, la dureté du périple, quelques blessures, des frayeurs mais en gardant toujours un brin d'espoir et surtout de l'humour. Tout cela sans jamais flancher et en étonnant ses compagnons de voyages par sa détermination.
On va découvrir de magnifiques paysages en Balkarie, dans la vallée de l'Adir, la haute vallée Svanéthie… Tout est source de merveille et d'étonnement ce qui la conforte dans la poursuite de son expédition.
De plus elle fait connaissance de multiples populations, en apprend les traditions, les moeurs et les coutumes., ce qui est très enrichissant.
Mais il y a un retour – mot qui s'imprime en elle et lui enlève tout enthousiasme - pour lequel elle passe par Odessa, Kiev (avec sa vieille gare), Moscou et elle continue à faire preuve « d'assurance, d'enthousiasme, décidée à s'emparer du présent comme de l'avenir ». (page 208).
Dans ses « Dernières Impressions », elle est seule avec un pope, dans un train vide et celui-ci, tout en partageant avec elle son pain, lui raconte en sanglotant son histoire : il a toujours vécu en Russie mais on le renvoie en Pologne, chez lui. Ils traversent ainsi « les postes frontières, tristes tous les deux ».
Mais voici qu'ils arrivent à Varsovie et les dernières phrases d'Ella sont : « Plus d'illusions possibles : c'est le retour dans la vieille Europe. »
Nostalgie ? Et qui sait, peut-être une autre idée de départ ? Ce ne serait pas étonnant de sa part.
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Erbil
  14 avril 2017
Ella Maillart arrive en URSS au début des années 30. le récit se déroule donc lors du grand plan quiquennal lancé par Staline qui doit, grâce à un effort commun, combler le retard qu'a accumulé l'Union par rapport à l'Europe occidentale.
En pleine expérience socialiste, la jeune aventurière s'était promis à elle-même de ne pas être assimilée aux pseudo-écrivains européens ou américains qui à, cette époque, envahissaient littéralement le pays, avec pour unique but de rendre copie de l'état de l'expérience socialiste à l'Occident.
En effet, l'auteure leur reproche d'établir des critiques incongrues, ternes et pleines de préjugés. Elle explique notamment cela par l'absence d'interaction avec la population, ceux-ci se contentant simplement de parcourir la ville en taxi et de retranscrire indifféremment ce qu'aurait réussi, avec plus de succès, un photographe amateur.
Il faut dire que dans ce livre, elle réussit brillamment son pari. Bien que presque la trentaine, elle raconte d'une main innocente ce que des yeux d'enfants ont perçu. Aucun jugement n'est porté, en bien ou en mal, que ce soit sur la mentalité des gens, sur l'idéologie politique ou encore sur le gouvernement.
Ainsi, Ella Maillart va arpenter dans tout les sens les rues de Moscou avant de partir pour vivre une expérience inoubliable dans les montagnes du Caucase. Amoureuse de la nature et alpiniste dans l'âme, elle ne cessera de comparer les incroyables paysages qu'elle découvrira à ceux qu'elle connaît déjà.
Malheureusement, la narration de cette aventure, extraordinaire pour l'époque, est gâchée par un récit haché avec pour principales causes plusieurs retours en arrière ainsi que plusieurs ellipses saccadant ainsi la lecture. de plus, le style est également irrégulier et par moment même, incohérent.
Dans son livre, l'auteure n'a pas su rendre ses personnages charismatiques. L'immersion est par moment difficile car le lecteur éprouve du mal à s'attacher aux personnages. Cependant, l'imagination de celui-ci est tout de même vivement sollicitée notamment grâce à des descriptions précises, détaillées, concises.
A mi-chemin entre le récit d'aventure et l'expérience anthropologique, Ella Maillart, nous renseigne sur le mode de vie des prolétaires à cette époque mais surtout sur leur mentalité, leurs ressentis vis à vis des événements qui se sont déroulés ainsi que sur leur façon de voir l'avenir. Depuis un point de vu étranger, occidental, la jeune écrivaine est à plusieurs reprises confrontée au choc des cultures, elle décrit merveilleusement bien diverses scènes qui pour nous sembleraient extravagantes or il n'en était rien dans la vie soviétique de tout les jours.
Pour conclure, la jeune écrivaine dépeint, à travers son aventure, le choc des cultures tout en relatant la vie de simples gens qui ont eu le bonheur ou le malheur de vivre durant la plus grande expérience socialiste qu'il n'est jamais eu. Un récit brut, authentique et enrichissant, à lire comme il a été écrit, sans à-priori.
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luis1952
  10 décembre 2019
Nous sommes en 1929, douze ans après la révolution russe. Ella Maillart, grande sportive quitte Genève et s'en va découvrir cette Russie qui l'intrigue tant, tant on en parlait à cette époque.
Le Moscou qu'elle découvre n'est pas celui qu'elle pensait. Elle note tout ce qu'elle voit, surtout dans le domaine sportif, avant de se joindre à un groupe de jeunes qui s'en va découvrir les régions reculées du Caucase...
Dépaysement assuré...
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lucclaes
  30 janvier 2012
Quelle fantastique aventurière ! 1930 ! On peut bien sûr lui reprocher une grande naïveté par rapport à l'URSS stalinienne... Mais cette traversée du Caucase 'en toute simplicité' est époustouflante.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   11 février 2018
AVANT-PROPOS
A Moscou, je m’étais promis de ne rien écrire sur la Russie moderne ; j’étais noyée dans trop d’impressions disparates, perdue à vrai dire dans un monde différent qui me fascinait. Je sentais qu’il me faudrait plusieurs années de séjour là-bas avant de comprendre quelque chose ou de démêler quoi que ce soit aux raisons de cette fascination même dont j’étais et suis encore la proie. (…)
Le Caucase est cause de ce revirement dont j’ai honte, le Caucase et ses montagnes dont j’ai voulu, à l’aide de phrases, fixer le souvenir dans ma mémoire.
P.13
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nadiouchkanadiouchka   12 février 2018
On parlait de l’équipement, des escales, de l’approvisionnement, du compas que Turek avait trouvé… Problèmes vieux comme le monde et qui seront actuels tant que l’esprit d’aventure poussera l’homme à vaincre les éléments.
Fièvre du départ, semblable à celle qui consumait Gerbault, à Cannes, avant sa traversée de l’Atlantique.
P.73
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nadiouchkanadiouchka   27 novembre 2019
Où que l’on se tourne, on entend des coups de marteau : Moscou bâtit.
A la Miasnitskaïa, le palais du Centro-Soyouz est en construction d’après les plans de Le Corbusier.
P.49
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luis1952luis1952   05 décembre 2019
A l'ombre des taillis, la terre fraiche d'humidité est malléable, propre à garder une empreinte intacte, et le pied s'y contracte un peu, craignant une glissade, et c'est l'herbe souple dans laquelle s'accroche mes orteils.
Maroussia n'aime les sandales que je tiens à la main, elle voudrait les jeter dans les fourrés.
Nous entrons dans la forêt pour la traverser. Mes pieds se réjouissent ; le sentier d'aiguilles de pin est sec, tiède et lisse. On marcherait des heures ainsi.
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luis1952luis1952   10 décembre 2019
Les pluies sont souvent torrentielles à Moscou. Aucune autre ville ne voit plus d'eau tomber en moins d'une minute. Les égouts débordent, les rigoles des rues en pente bouillonnent tel un torrent; pour aller d'un trottoir à l'autre, il faut traverser de véritables étangs.
Devant moi deux ouvrières, l'une jeune, l'autre plus âgée, sans perdre de temps à délibérer, quittent chaussures et bas puis courent sur le bout de leurs orteils au travers de l'eau grise qui encercle leurs pieds. Personne ne s'en étonne.

Page 46
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Vidéo de Ella Maillart
Interview d'Ella Maillart, grande aventurière.
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