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EAN : 9782283030516
144 pages
Buchet-Chastel (15/03/2018)
3.76/5   17 notes
Résumé :
Lucas Pereyra traverse une mauvaise passe : il n’arrive pas à écrire le roman qu’il doit à son éditeur, l’argent vient à manquer, il soupçonne sa femme de le tromper et n’en peut plus de jouer les pères au foyer pour son petit garçon. Il échappe à ce quotidien morose en se réfugiant dans le souvenir de la brève aventure qu’il a eue avec une sublime Uruguayenne, Guerra, lors d’un festival littéraire, et caresse le rêve lointain de retrouvailles passionnées. Quand l’à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  27 mars 2018
Lucas, écrivain, habite à Bueno Aires. Il est en route pour L'Uruguay où il se rend pour toucher ses droits d'auteurs sur ses livres qui vont être publiés à l'étranger, sur un compte ouvert à Montevideo, pour causes fiscales. Sur la navette, il entame un long monologue mental, s'adressant à sa femme Catalina. le manque d'argent, ses jobs précaires qui le cloîtrent à la maison et l'obligent à s'occuper de son petit garçon , l'empêchant aussi d'écrire, alors que sa femme s'acharne au travail ( et autre part ?) ont miné leur vie de couple jusqu'au plumard. Il mise tout sur cet argent et sur sa rencontre avec la sulfureuse Guerra, une jeune uruguayenne, fantasmée et entrevue deux fois, pour redresser la barre de sa vie. Cette odyssée d'une journée va à jamais changer le cours de son existence et le forcer à prendre son destin en main.
Une parodie du mariage et une ode à la liberté, qui va nous faire tomber de haut, Lucas compris, “Je suppose que l'idée de famille s'est transformée. C'est un peu comme des blocs modulaires. Chacun l'organise comme il peut.”
C'es le dernier livre de Pedro Mairal , un de mes auteurs argentins préférés, (Tôt le matin, Une nuit avec Sabrina Love, L'intempérie, Sauveterre, tout est à lire chez lui). Rien de mieux pour se détendre et rire que l'humour et l'écriture rocambolesque de Pedro, dont je salue encore une fois ici, le talent et le style particulier .
« Lucas, on se fait un Pelicano ? »😃
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Pecosa
  03 octobre 2018
Le déclin du mâle latino-américain avait déjà eu les honneurs du Mexicain Enrique Serna dans Coup de sang. Avec L'Uruguayenne, l'Argentin Pedro Mairal lui bâtit un mausolée.
Lucas est un écrivain fauché homme au foyer et père inquiet. Sa femme maintient le ménage à flot grâce à son boulot dans une clinique. Miné par le syndrome de la page blanche, lassé d'être pauvre et dépendant, il constate chaque jour davantage l'échec de son couple, la fin de la passion, la routine qui mine un quotidien déjà bien morose. Il suppose que sa femme a une liaison et se raccroche au délicieux souvenir de la belle Guerra, une Uruguayenne excentrique qui fut une maîtresse, passionnée, sensuelle, disponible, bref, tout le contraire de sa distante épouse, et qui savait lui parler: « Quelle belle queue! Je vais être un peu basique, mais je suis presque sûr que rien ne plaît davantage à un homme que d'entendre cette phrase. Davantage que tu es un génie, je t'aime, ou n'importe quoi. »
Un jour, le destin lui sourit. L'argent d'un éditeur espagnol se présente et pour bénéficier d'un meilleur taux de change, Lucas décide de l'encaisser non pas en Argentine, mais dans le pays voisin l'Uruguay, et de renouer par la même occasion les liens avec la belle Guerra. Mais il faut se méfier de la « Suisse de l'Amérique »:
"Faut faire gaffe avec l'Uruguay, surtout si tu débarques persuadé que c'est comme une province argentine mais en mieux, genre il n'y a pas de corruption, ni de péronisme, on peut fumer de l'herbe dans la rue, c'est le petit pays où tout le monde est gentil et aimable et toutes ces conneries. Tu lâches prise et l'Uruguay te baise par-derrière. (…)
Ils aiment mordre…
Enzo se mit à énumérer, en comptant sur ses doigts:
-Les rugbymen qui ont mangé leurs amis après l'accident d'avion dans les Andes, les Indiens qui ont mangé Solís le conquistador, le requin Suárez quand il a mordu le joueur italien, elle, là… a-t-il dit en montrant la cuisine. C'est pas des coïncidences. Ils sont sauvages. »
L'uruguayenne est un roman court et drôle, rempli des mesquineries du quotidien, des frustrations, des rêves envolés. Lucas le narrateur quadragénaire constate jour après jour les dégâts causés par son déclassement sur sa famille, et sur sa vie. Il a l'humour des désespérés, autant dire le meilleur, et le lecteur voyeur n'a qu'une envie, voir de quelle manière ce type désabusé qui se raccroche au souvenir d'une partie de jambe en l'air avec une femme plus jeune va se sortir du désastre vers lequel il fonce bille en tête en étant persuadé d'être le plus malin. On savait déjà avec Une nuit avec Sabrina Love et El Gran surubi que Pedro Mairal avait le sens de la mise en scène et la plume qui fait mouche. L'Uruguayenne ne déçoit pas, on adore ces 143 pages qui font rire et grincer les dents.
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Dandine
  20 septembre 2020
Elles sont deux, qui me traitent en ami pour mieux m'enbobiner. Elles me lancent un hamecon en forme de critique, et moi con que je suis je mords tout de suite dedans (hame hame, con). Et derriere leur sourire a peine esqisse elles suivent de pres mon entortillement autour de ce texte qui enregistre les etapes de ma degringolade, du suicide de mon ego, le deboulement de mon effigie conquerante du piedestal qui l'avait toujours soutenue, pour me retrouver la tete et le coeur dans un ruisseau boueux, pleurnichant, quemandant une pitie que je ne fais meme pas, essayant de me relever a grand-peine, pour marcher tordu a jamais, le regard baisse, la bite molle. Elles jubilent.

Mais elles se trompent. Parce que ma crise de la quarantaine, je ne m'en rappelle plus. Si j'ai laisse au bahut mes habits de conquete, j'ai endosse ceux de l'association. Et je crane avec. N'ayant jamais reussi un look de jeune premier, j'arbore fierement celui de vieux dernier. Sans grands tourments, sans grand talent, devenu vieux sans etre adulte. Et elles feraient mieux de se mefier, car c'est toujours la tendre guerre, de l'aube grise jusqu'a la fin des tours, trois petits tours d'approche, trois petits tours de valse, trois petits tours indecis et le piege peut se fermer, les laissant s'empetrer dans mon reseau virtuel. J'ai mis a la consigne mon surplus de machisme arrogant mais, n'ayant jamais eu de drapeau, je ne leve pas le blanc. Je chancele, je titube, mais je continue ma marche hesitante. Pas seul mais entre d'autres, avec d'autres. Un peu courbe, oui, un peu courbature, mais encore fier en fait, et le temps me fait cortege, encore une fois sans grands tourments.

J'ai emprunte des mots a Brel, en l'ecorchant, pour pouvoir dire: je vous aime encore, vous savez, mes amies, je vous aime, malgre les lectures que vous m'imposez, grace aux lectures que vous me proposez, comme celle de ce livre, qui est un peu douloureux et plein d'espoir, qui est tendre et serieux et drole, le roman d'une crise existentielle, le roman d'un voyage au centre du moi, un voyage geographiquement court, de Buenos Aires a Montevideo, mais qui colporte le lecteur a mille lieues sous les apparences, qui le projette en mille lieux, tous loin de son ancien ego (c'est bon aussi pour la lectrice) tout en le faisant sourire. Un beau voyage.

P.S. Je me demande: mes amies ont elles apprecie autant que moi les references (les citations) au football uruguayien?

N. B. Ce P.S. sent le bon parfum des residus de mon machisme. Comme disait un voisin gitan: Pero que pehte mah guena! Quelle bonne puanteur!
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Melcleon
  02 février 2019
Le narrateur, argentin comme l'auteur, vit à Buenos Aires. Il rêve d'être reconnu comme écrivain mais son emploi de professeur, et le maigre salaire qu'il en tire, ne lui permet ni de soutenir le train de vie bourgeois hérité de ses parents ni de se consacrer pleinement à l'écriture. C'est sa femme qui fait bouillir la marmite et cette situation le désole. Ayant sollicité diverses maisons d'édition étrangères, il avait entrevu une issue quand il avait reçu des promesses d'à-valoir de la part de deux d'entre elles pour des livres ou des articles à venir. Encaisser en Argentine même les chèques annoncés revenait à abandonner à l'État un gros pourcentage de ce revenu en raison du taux de change ; il avait donc ouvert un compte dans une banque de Montevideo, en Uruguay, sur l'autre rive du Río de la Plata.
Quelques mois plus tard, il se rend à Montevideo pour empocher, en liquide, les à-valoir et pour retrouver une jolie Uruguayenne rencontrée lors d'un festival littéraire. Avec elle, il avait longuement conversé, s'était promené et avait failli "conclure", d'autant plus innocemment que son couple bat de l'aile : il soupçonne sa femme de le tromper avec plus conquérant que lui, ce qu'il comprendrait tout à fait. Mais rien dans cette escapade d'un jour ne se passe comme prévu.
Rédigé sous la forme d'une longue lettre à sa femme, le roman ne se borne pas à relater avec un grand luxe de détails ce petit voyage à la fois sentimental et pécuniaire : il analyse finement, mais non sans humour, les hauts et les bas par lesquels peut passer un homme plutôt dépressif et cependant conscient de son état, comme un écrivain ferait d'un de ses personnages. Sans oublier le destin ou le hasard, qui quelquefois vous terrasse, et d'autres fois vous remet en selle.
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xst
  17 août 2018
Belle découverte que cet auteur. Une écriture riche qui porte bien l'émotion.
Je vais lire d'autres de ses livres pour voir si le plaisir se renouvellera.
À lire sans hésitation
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   26 mars 2018
Il devrait y avoir des cours pour élever les enfants......Personne ne t’annonce à quel point il est difficile de ne pas dormir, de renoncer à soi à chaque instant, de se remettre à plus tard. Parce que plus jamais tu ne dormiras huit heures d’affilée, ta bande-son se réduit désormais à l’unique « Vas-y Oui-Oui », pour baiser tu dois planifier un mois à l’avance un week-end sans enfant, au cinéma tu ne vois plus que des films d’animation américains doublés en mexicain, et tu dois lire quatorze fois par jour l’album du rhinocéros......Si on proposait réellement un cours global sur comment élever les enfants, personne ne voudrait en avoir. Cette ignorance est indispensable à la survie de l’espèce, des générations de naïfs qui se fourrent dans un pétrin dont ils n’ont pas idée. Un cours qui annoncerait les dangers et les souffrances de la paternité et de la maternité épouvanterait tout le monde. Il pourrait être sponsorisé par une marque de préservatifs. Tu sors de là, tu achètes le paquet de cent vingt sans hésiter une seconde.
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BookycookyBookycooky   26 mars 2018
Je suis toujours terrifié par ce côté siamois des couples : ils pensent pareil, mangent pareil, se saoulent ensemble, comme s’ils partageaient un même flux sanguin. Il doit y avoir un résultat chimique d’arasement après plusieurs années à maintenir cette chorégraphie continue. Même lieu, mêmes routines, même alimentation, vie sexuelle simultanée, stimulants identiques, concordance de température, de niveau économique, de peurs, d’incitations, de promenades, de projets… Quel monstre bicéphale crée-t-on ainsi ? Te voilà symétrique à l’autre, les métabolismes se synchronisent, tu fonctionnes en miroir ; un être binaire porteur d’un seul désir. Et l’enfant arrive pour envelopper cette étreinte, la sceller d’un lien éternel. L’idée seule est pure asphyxie.
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BookycookyBookycooky   27 mars 2018
Heureusement, les Uruguayens freinent quand ils te voient poser un pied sur le passage piéton. À Buenos Aires, on serait morts écrasés.
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AxelinouAxelinou   22 avril 2018
A l’écrit il est délicat, je crois, de convaincre le lecteur qu’une personne est attirante. On peut dire qu’une femme est belle, qu’un homme est charmant, mais où est l’étincelle éblouissante, dans le regard du narrateur, dans l’obsession ? Comment montrer avec des mots la conjonction exacte des traits d’un visage qui provoquent cette folie durable ? Et l’attitude ? Et les yeux ? Je peux juste dire qu’elle avait un nez uruguayen. Je ne sais pas comment mieux l’expliquer.
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xstxst   14 août 2018
...cet abandon au "non-être" qu'on éprouve en voyageant, les nuages... En haut de la fenêtre, sur la vitre, on pouvait lire "Issue de secours", juste ces mots sur fond de ciel. On aurait dit une sorte de métaphore. La possibilité de s'enfuir vers le néant céleste.
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[Pédro Mairal : L'intempérie]
A la Fondation Suisse de la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT présente "L'intempérie", roman de l'écrivain argentin Pédro MAIRAL. Sur des photos de villes argentines, Olivier BARROT explique l'histoire de ce roman, à la frontière du fantastique, qui parle de l'Argentine et de ses périodes de dictatures.
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