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EAN : 9782732480862
518 pages
Editions de la Martinière (13/10/2016)
3.91/5   103 notes
Résumé :
1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique. Dans ses sous-sols des filles de joie mineures meurent de la syphilis, et des enfants se battent pour se nourrir de rats, menacés par la peste et la rage. Mais Paris s’en moque, et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables, Paris invente la haute couture, le luxe et le divertissement de masse. Malheureusement, au milieu de ce foison... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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Tout d'abord, j'aimerais remercier Babelio et les éditions de la Martinière de me faire découvrir ce "Prix Griffe noire du meilleur roman historique 2016".
"L'Aliéniste" de Caleb Carr a trouvé son successeur ! - promet (ou avertit) la quatrième de couverture; et il se trouve que j'ai bien apprécié ce livre...

Mettons donc un peu d'ordre dans tout ça, en commençant par la "Griffe noire" - tout à fait; même si elle trempe parfois dans le sang en ketchup du Théâtre du Grand Guignol.
"Roman historique" - oui et non; cela se passe à Paris en 1909, l'atmosphère de la Belle époque y est rendue à merveille, on y rencontre les personnages historiques ( Binet, Hennion, Leroux, Crowley, Méliès) et on apprend un tas d'anecdotes - mais on ne sort que rarement du cadre de cette enquête rocambolesque. Tout au plus, on sent la menace de la Grande Guerre qui se profile en sourdine à l'horizon.
En ce qui concerne la comparaison avec le sombre récit de Carr, les moteurs de tri babéliotes vous proposent "Fantômas" de Souvestre à la place, et ils ont en partie raison !

Prenez Sherlock Holmes, Rouletabille et Auguste Dupin, ajoutez-y un peu de dandysme à la Brummel - et voici Max Rochefort - un écrivain à la mode, adulé de tout Paris, auteur des célèbres aventures de "commissaire Nocturnax". (Nocturnax !! Comment rester insensible...?!)
Giovanni, un jeune homme issu de la communauté pauvre des immigrants italiens de Belleville, qui travaille comme "un homme à tout faire" pour le journal "Le Matin" devient son assistant...
... sans savoir que bientôt, tous les deux vont s'embarquer dans une aventure digne des meilleurs épisodes de "Nocturnax" !

Qui est-ce qui a assassiné le cardinal Berdoglio d'une façon atroce dans sa chambre d'hôtel, en maculant les murs de signes occultes et mystérieux tracés par sa propre hémoglobine ?
Est-ce la douce Justine, la femme de chambre, pour laquelle notre Giovanni s'enflamme d'une passion tendre et soudaine ?
Afin d'innocenter la malheureuse, et par le goût d'aventure, Giovanni et Max mènent une enquête parallèle avec le commissaire Juvard, le membre des célèbres Brigades du Tigre.

Et vous en avez pour vos sous ! Les poursuites en dirigeable, les poursuites dans les égouts parisiens, les poursuites avec les premières voitures, les cagoules en cuir bien enfoncées et quarante au compteur (...j'exagère, vous apprendrez que ça allait bien plus vite, ces engins de l'époque !); les asiles d'aliénés et les demeures obscures, les sociétés secrètes, les déviations psychiques....
Sur le principe de "rasoir d'Ockham", Max parvient très vite à élucider le mystère de "comment"; et sur le même principe le lecteur devine aussi le "qui & pourquoi" bien avant la fin, mais dans ce cas là, peu importe !
L'aventure prend l'allure d'un cheval au galop et on veut être dans les premières loges pour assister à sa fin spectaculaire.
Tant pis pour la tournure finale improbable et romanesque, où le Paris de Clemenceau avec sa clarté haussmannienne et le Paris sombre et souterrain des feuilletons de "Nocturnax" commencent à se confondre...
.... on en ressort avec un souvenir d'une lecture d'aventure extrêmement plaisante, avec quelques renseignements très intéressants sur cette curieuse époque en prime !

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Ce roman est en tous points exceptionnel. Par son histoire, par son contexte, par son écriture, par ses personnages. Un roman profondément ambitieux. Un roman réellement ludique. Dominique Maisons a réussi la quadrature du cercle littéraire : concilier cette réelle ambition tout en proposant un vrai roman populaire.

1909, Paris s'éveille. S'éveille à l'avènement de nouvelles techniques révolutionnaires, mais aussi à l'essor de la littérature populaire de masse. On se souvient du nom des assassins est le récit de cette époque, celui d'un écrivain populaire à succès qui devient enquêteur, celui de son condisciple qui est le narrateur de cette histoire, celui d'une investigation incroyable qui réserve des surprises en masse.

Une plongée dans une époque où la littérature populaire gagnait ses lettres de noblesse (oui je sais, c'est contradictoire) et où l'arrivée de nouveaux divertissements permettait de s'évader d'un quotidien particulièrement difficile.

Exceptionnel, je l'ai dit et je le répéterai à l'envie. Dominique Maisons a abattu une somme de travail titanesque pour bâtir cette intrigue et l'environnement dans lequel elle se déroule. On sent que l'auteur a effectué nombre de recherches pour rendre le tout crédible. Mais là où beaucoup d'auteurs tombent dans le piège du recopiage de pans entiers d'informations, Dominique Maisons a totalement digéré ses prospections de telle sorte qu'on semble réellement transporté dans les années 1900. Tout sonne juste, vraisemblable, chaque détail est là pour souligner l'atmosphère particulière et l'intrigue admirable qui s'y déroule.

On a réellement l'impression de lire un roman écrit au début du XXème siècle, avec ce dynamisme tout particulier des romans feuilletons. Avec une vraie pointe de modernité aussi, des pics sanglants dans la description des meurtres que l'auteur sème au travers de cette intrigue. Une ambiance à l'ancienne, assez légère, contrebalancée par la violence inouïe des crimes commis et rehaussée par l'écriture sublime de l'auteur.

Et il y a cette galerie de portraits inoubliables, de personnages hauts en couleur. Comme cet écrivain fantasque, sorte de dandy aux mille talents, dont l'esprit de déduction file à 100 à l'heure (aussi vite que son automobile). Comme son assistant, le narrateur de service, qui découvre le monde à travers les pérégrinations que lui impose le coquet de service. Deux personnalités qui se complètent, deux démiurges qu'on suit les yeux grands ouverts.

Comme les personnages féminins aussi, touchants et qui sont indispensables à la densité de ce récit. Comme la rencontre également de nombreuses personnalités réelles au détour de l'histoire, de Gaston Leroux à Célestin Hennion qui fut célèbre pour ses Brigades du tigre. Et bien d'autres encore, qui donnent tout son sens à cette histoire…

On se souvient du nom des assassins est un vrai roman policier (pas un polar, le terme serait anachronique) doublé d'un formidable livre d'aventure. Les 500 pages se dégustent sans aucun temps mort, tant l'auteur nous réserve surprises sur surprises.

Dominique Maisons ne fait pas que preuve de nostalgie, à travers cette aventure. Son propos est profond, sa description d'une période où la séparation de l'Église et de l'État est encore toute fraîche apporte une belle perspective sur nos interrogations contemporaines concernant la laïcité. C'est le cas également lorsqu'il décrit le racisme quotidien dont souffrent les immigrés italiens dans ces années 1900 (le narrateur du récit est lui-même fils d'italiens venus vivre en France).

Suivre cette sorte de Ligue des gentilshommes face au mal, concoctée par Dominique Maisons, est un plaisir de tous les instants, et un bonheur de lecture rare. le genre de roman singulier face à pléthore de livres qui se ressemblent tant. Je le répète une nouvelle fois, On se souvient du nom des assassins est un roman exceptionnel à plus d'un titre.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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On se souvient du nom des assassins : le titre, qui est aussi la dernière phrase du roman, laisse songeur: car le monstre combattu dans ce livre est un être de fiction dont le patronyme n'a aucune raison de rester dans nos mémoires. Mais ce titre comporte une allitération aussi remarquable que le fameux « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ». Les crimes narrés ici sont signés d'un double S et l'enquête a beau se situer en 1908, il est difficile de ne pas déchiffrer un sous-texte qui guette les signes précurseurs du nazisme: rivalité franco-allemande, xénophobie, capitalisme décomplexé qui s'enrichit à spéculer sur l'armement, naissance du surhomme nietzschéen (mal compris par Hitler comme notre assassin lit Sade au pied de la lettre)…
Le mal ne surgit donc jamais inopinément et le serial killer ne manque pas de nuancer et sa monstruosité et sa défaite en pressentant combien le siècle qui débute sera celui des massacres en masse.
Mais Maisons (avec 2 S) nous sert son oracle dans la plus pure tradition du roman populaire : Gaston Leroux lui-même participe à la résolution de l'énigme et le héros de l'histoire m'a irrésistiblement fait penser à Arsène Lupin, séducteur, aventurier, perspicace… La Belle Époque se montre à nos yeux admiratifs parée de toutes ses gloires: ses monstres sacrés (cocottes et actrices), ses progrès scientifiques et techniques (de la lampe torche à l'aviation en passant par le bertillonage), sa presse toute-puissante. le style lui-même nous donne l'impression de revenir au temps du roman-feuilleton, quand l'auteur tirait à la ligne des détails qu'aucun lecteur ne s'offusquait de lire en croyant perdre son temps : « Marguerite entra pour nous demander ce que nous prendrions à l'apéritif. Elle nous avait préparé quelques amuse-bouches salés pour nous aider à patienter. Hennion but un pastis très allongé, il faisait assez chaud en cette fin de journée. Max opta pour un vermouth à l'eau de Seltz, et je me contentai d'une eau pétillante au citron. »
Mais que le trépidant et impatient lecteur moderne ne s'inquiète pas: il en aura pour son argent, suffisamment de courses-poursuites et de rebondissements pour ne jamais avoir envie de poser le roman.
Bref un pastiche brillant, de la Belle Ouvrage !
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ON SE SOUVIENT DU NOM DES ASSASSINS – de Dominique MAISONSEditions de la Martinière - Lu en version « Points Thriller »



Ce roman est le second de Dominique que je lis. le précédent était « Le Festin des Fauves » pour lequel j'ai eu un gros coup de coeur.
C'est donc avec impatience que j'attendais la version poche de celui-ci qui me faisait de l'oeil depuis sa sortie en grand format.


L'histoire :

1909 –
Max Rochefort, feuilletoniste à succès travaille pour le journal « le Matin ». C'est grâce à lui que le quotidien connaît une expansion. Max c'est aussi un Dandy, un oiseau de nuit qui éclaire la vie Parisienne de sa présence et qui côtoie les grands noms de l'époque : Arthème Fayard (célèbre éditeur dont la pingrerie est légendaire), Gaston Leroux (avocat, chroniqueur judiciaire, journaliste et écrivain), et tant d'autres célébrités…

Le Directeur du Matin va confier à Giovani Riva, jeune employé au journal, une double tâche : devenir le secrétaire particulier de Max, et l'épier pour éviter qu'il ne cède aux sirènes de la concurrence qui le sollicitent constamment. le Matin ne peut pas se passer du talent de Max ! Giovanni est issu de la communauté Italienne de Belleville et fait la fierté de son quartier.
Autant dire qu'un monde sépare ces deux hommes.

Max vit dans l'appartement de sa mère défunte, à proximité du « boulevard du Crime » le bien nommé. Lieu où sa mère, actrice célèbre, avait vécu mille morts sur les planches. Ce nom lui est tellement précieux que c'est ainsi que se nomme son roman feuilleton « Boulevard du Crime » dédié à son commissaire Nocturnax. Son père, baron d'industrie fortuné ne l'a jamais reconnu. Et Max a aujourd'hui la reconnaissance dont il avait tant rêvée enfant.
Giovani découvre cet appartement tenu d'une main de fer par Marguerite, la gouvernante des lieux, au caractère aussi prononcé que son accent, mais qui arrive à faire fondre de plaisir les gourmands avec ses madeleines d'exception et ses bons petits plats.
Giovanni, ébahi, apprend que Max n'écrit plus depuis longtemps ses feuilletons. Il donne des directives sur un grand tableau noir à une équipe efficace : Georges pour la documentation, Oscar le rédacteur hors pair et Victor le brillant grammairien et linguiste.

Max est un visionnaire :
Extrait P.24 : « Vous voyez, Giovanni, il est là notre ennemi : le spectacle est partout. de plus en plus de moyens sont mis à disposition de l'homme pour le distraire. le gramophone, le cinématographe, les illustrés, les cabarets…
Il pointa une colonne Morris annonçant la reprise des soirées dansantes au Bal Tabarin et ajouta :
Tout est fait pour détourner le public de la littérature. Si on veut rester au centre de leurs intérêts, il faut aller vers eux, être partout, être l'événement ! Je vous le prédis, mon ami, bientôt les gens seront célèbres parce qu'ils seront célèbres, on oubliera pourquoi ils l'étaient initialement. »

Puis Max, en Dandy qui se respecte prend soin de sa personne. Pour la forme il fait du Tai-Chi-Chuan chaque jour. Pour son apparence, ses costumes faits sur mesure viennent de chez Paul Poiret. Sa vie est faite de 1ères à l'Opéra, de courses automobiles, de voyages en 1ère, de dîners fins chez Escoffier. Bien loin de la misère de Belleville d'où vient Giovanni. Bien loin de la misère que subissent les plus défavorisés qui luttent au quotidien contre la faim et la maladie et se terrent dans les sous-sols parisiens.

Giovanni va suivre Max partout et noter toutes ses idées qui serviront aux prochaines aventures de Nocturax. Pour simplifier sa fonction Max le loge dans une chambre de service. Et voici notre Italien qui souffle un peu, loin de la pression de sa mère italienne. C'est qu'il est en âge de se marier et que sa mère, opiniâtre, ne cesse de lui présenter de jeunes italiennes célibataires.

Contre toute attente, entre Max et Giovanni, une complicité et une amitié vont naitre.
Et voilà les deux compères qui filent, dans la Bugatti Hermès Type 7 de Max vers Enghien et ses bains afin de faire une cure.
Une soirée festive à l'hôtel où le champagne coule à flots, et où se côtoient des députés, des actrices, même un cardinal, émissaire du Vatican, venu rencontrer Aristide Briand. Il faut dire que depuis la séparation de l'église et de l'état en 1905, les relations entre la France et le Vatican sont tendues. Des pourparlers sont en cours pour tenter d'apaiser la situation.
Giovanni n'écoute que d'une oreille distraite toutes les explications que Max lui délivre lors de cette soirée. C'est qu'il a croisé, avant de rejoindre cette assemblée brillante, le sourire innocent et la blondeur divine d'une femme de chambre de l'hôtel, Justine, et son esprit ne rêve plus que d'elle. Si différente de ces brunes italiennes que sa mère s'entête à lui présenter.
Le lendemain matin, un cri, des voix qui grondent. Sur le palier les gardes suisses du Cardinal brutalisent la douce femme de chambre. le Cardinal a été sauvagement assassiné et Justine est la coupable toute désignée.
Sur le mur au-dessus du corps, d'étranges symboles liés à la Franc-maçonnerie ce qui ne peut que mettre le feu aux poudres d'une paix civile bien fragile.
Le commissaire Juvard est appelé sur les lieux.
Il y a trop d'incohérences pour que nos deux apprentis détectives en restent là. Giovanni refuse que Justine soit condamnée.
Max et Giovanni tentent de convaincre Célestin Hennion, Directeur de la Sûreté Générale et créateur des célèbres « Brigades du Tigre » de l'innocence de leur protégée. Mais curieusement les symboles sur le mur ont disparu et Justine est incarcérée à Ste Anne.

Ce meurtre tombe à un moment crucial et l'unité nationale est en jeu. L'affaire doit donc être résolue au plus tôt. L'hystérie féminine est à la mode, Merci au professeur Charcot.
Et pour museler les deux journalistes, quelques menaces bien senties, sur la fermeture du théâtre de Max (le Grand-Guignol), et l'incarcération de la famille de Giovanni devenue subitement « anarchiste ».
Extrait P.83 : « La convivialité du moment était aussi factice que la vertu d'une fille de joie. La violence de l'échange, tout en sourdine, avait été dévastatrice. Elle laisserait des traces. »

Les traitements à Ste Anne, à l'époque, sont les électrochocs, les bains glacés, et si cela ne fonctionne pas une bonne lobotomie qui ne laisse plus que des légumes en lieu et place des humains confiés à l'institut. Justine est en danger. le temps presse. Elle est orpheline et n'a qu'eux pour la sauver.

Les recherches des deux amis les conduisent à penser que les assassins, les vrais, ont pu repartir par les airs. Mais comment le prouver ?
C'est qu'un dirigeable c'est énorme, sauf s'il s'agit d'un petit appareil électrique tel que ceux utilisés pour l'espionnage et le sabotage. En partant de cette hypothèse, ils retrouvent le lieu où l'engin a été entreposé. Hélas envolé ! Et l'un des coupables, le seul qui aurait pu parler est mort. Comment convaincre la police ?
Puis une opportunité s'offre à eux : une rencontre internationale de montgolfières parrainée par Alberto Santos-Dumont est organisée dans le parc aéronautique de Meudon.
L'occasion de retrouver les assassins !
Et nous voilà entraînés dans une course poursuite en dirigeables qui va nous conduire jusqu'à la frontière Allemande. Mais qui se cache derrière ce plan machiavélique ?
Qui en est l'instigateur ? Quel est son but ?
Puis un autre corps martyrisé est retrouvé. Celui d'une femme enceinte. Elle ne survivra pas. L'enfant oui, et il sera confié à Marguerite.
Cette histoire ne finira donc jamais ! Justine ne sera jamais en sécurité ?


Ce récit nous entraîne dans le Paris du début du XXème siècle, de ses personnages extraordinaires, de ses découvertes aussi.
Il nous parle de Franc-maçonnerie, de la Golden Dawn, de magie noire, d'occultisme, de la misère humaine, de Nietzsche, du Marquis de Sade, de la folie déclenchée par des souffrances hors normes et qui transforment une victime en un monstre pire que ceux à qui il a eu affaire.

Une fois encore Dominique m'a fait vibrer à chaque page, car la grande Histoire se mêle à la petite pour mon plus grand plaisir. Ce roman est formidablement documenté, le lecteur est en total immersion dans l'époque décrite. Un immense merci pour ce moment de lecture de grande qualité.

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Je tiens à remercier Babelio et les éditions Points poche pour m'avoir permis de découvrir ce roman de Dominique Maisons.

Max Rochefort est l'archétype du dandy début XXème siècle. Feuilletoniste à succès, homme de lettres et de femmes, c'est aussi un esprit de son temps, à mi chemin entre Rouletabille et le chevalier Dupin. le journal dans lequel il publie ses romans d'action, lui impose le jeune Giovanni Riva afin de surveiller ses productions. Au lendemain d'une soirée mondaine, ils découvrent un cardinal mutilé et assassiné dans sa chambre d'hôtel. La bonne est immédiatement accusée. Rochefort et Giovanni tenteront de démêler le vrai du faux.

Ce roman mêle action, aventure et énigme policière. Tous les ingrédients sont là pour captiver le lecteur et l'entraîner sur la piste des assassins du Cardinal. Rocambolesque à souhait, on retrouve un peu de cette atmosphère des feuilletons début XXème, si chers à Max Rochefort.
La plume est efficace, même si quelques longueurs se font parfois sentir. l'auteur aurait pu se dispenser d'une quasi centaine de pages. L'allusion au sociétés secrètes n'est pas suffisamment exploitée. le lecteur et rarement mené en bateau et assiste un peu en retrait à l'action du roman.
Les personnages rencontrés tout au long de l'intrigue créent une ambiance très sympathique. Je ne le qualifierai pas de romans historiques dans la mesure où L Histoire ne se manifeste que très peu. C'est tout au plus une espèce d'alibi à l'intervention de personnages très secondaires.
Un roman très agréable qui offre un plaisant divertissement au lecteur.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Nous nous trouvions dans un austère couloir en pierres grises très haut de plafond. Pour nous y repérer, Max eut recours à une des inventions qu'il cachait dans sa ceinture. Il sortit un cylindre de vingt centimètres terminé par une sorte de bulbe en verre. Il fit coulisser un petit contacteur en métal et le bulbe s'éclaira, projetant une vive lumière blanche. Il braqua l'appareil sur le sol et le bas des murs pour éviter que cette lueur fût aperçue par les gardes. Max m'avait déjà fait la démonstration de cette "Eveready hand torch", une lumière électrique portable qui connaissait un grand succès à New York et dont il avait fait le coeur de "Nocturnax contre le nyctalope". Ce prodige m'étonnait encore.
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Georges s'empourpra, son crâne chauve prit une teinte écarlate inédite, alors qu'il baissait la tête pour fixer les boucles de ses souliers.
-C'est que...c'est interdit et immoral, je ne sais pas si... bafouilla -t-il.
- Allons, Georges, toutes les oeuvres censurées sont immorales et interdites. Je ne vous demande pas de les lire, n'en parlez pas à votre épouse et précisez bien à vos amis libraires que ces ouvrages sont pour moi. Votre honneur sera sain et sauf et j'assumerai l'éventuelle disgrâce. Et dites-vous bien qu'un auteur encensé par Flaubert, Sainte-Beuve, Baudelaire et Verlaine ne peut pas être dépourvu d'intérêt.
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(...) "Leroux répondit en riant à la saillie de Rochefort :
– Ce n’est tout de même pas ma faute si tu ne goûtes pas la compagnie des actrices et des danseuses, ce sont des loisirs d’honnête homme !
Puis, sur un ton moins enjoué, il ajouta :
– Tu sais, Max, cet Opéra et ton amitié sont les dernières choses qui me retiennent à Paris.
– Retourne donc quelques semaines sur la côte normande pour réfléchir. Ton envie d’arrêter le journalisme ne me plaît guère. La presse française a grand besoin de ta clairvoyance.
– Elle a besoin d’idéologues et de procureurs. Je suis las de ces pitreries sanglantes. J’ai de plus en plus envie d’aller chauffer ma carcasse de vieux chat sur les bords de la Méditerranée et de me contenter d’y écrire des romans, précisa Leroux en nous servant deux grands verres de vin blanc frais.
– Le Mystère de la chambre jaune que tu as écrit pour L’Illustration est une merveille, tu le sais, je te l’ai déjà dit. Mais avec un peu d’organisation, tu parviendrais à mener de front ces deux carrières, argumenta Rochefort.
– C’est-à-dire que je tiens à écrire mes textes moi-même, plaisanta Leroux avec un clin d’œil complice."
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– Vos plaidoiries sont déjà brillamment originales, maître, flatta Rochefort.
– Je n’ai pas de mérite. Encore plus que le crime, je déteste le traitement qui en est fait, précisa l’avocat en désignant la partie de la une du Matin consacrée à un meurtre sordide. Avant les journaux, il n’y avait pas d’« affaires criminelles », rien que le fonctionnement normal de la justice. Cette publicité permanente donne une vision déformée de notre société. Pour moi, les crimes sont les étincelles que fait un train lancé à pleine vitesse sur des rails en acier. Rien de plus que les conséquences logiques d’une société en expansion avec son lot d’inégalités et de tensions. Se focaliser sur les rails et ses grésillements, c’est ne pas voir le train et sa colonne de fumée.
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La première fois que je vis Max Rochefort, il fendait la foule dans le hall d’entrée du Matin par un après-midi ensoleillé du printemps 1909. C’était aux heures pleines du quotidien, quand il bruissait de l’activité des journalistes qui couraient de bureau en bureau, accompagnés par le cliquetis des linotypes et des dactylographes sur lesquels tous s’affairaient pour mettre en page leurs articles. Mon premier souvenir est celui de cette veste écarlate devant laquelle les livreurs écartaient leurs cargaisons et les commissionnaires bloquaient leurs courses. Centre de cette chorégraphie spontanée, Rochefort sautait avec une aisance primesautière entre les piles d’exemplaires en transit qui jonchaient son chemin.
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Sharee, partenaire du Grand prix des Librairies 2023 Sharee est la plateforme d'Interforum-Editis qui aide les libraires à optimiser leur communication sur les réseaux sociaux : la plateforme regroupe au même endroit les meilleures publications réseaux sociaux des Maisons du groupe Editis et permet au libraire de partager en quelques clics les contenus qui l'intéressent sur ses réseaux sociaux. Asler, partenaire du Grand prix des Librairies 2023
Fanny RUPH, directrice marketing et digital chez Editis, et Dominique MAISONS, directeur du développement librairies chez Interforum, nous présentent la plateforme Sharee.
Livres Hebdo et la Sofia ont dévoilé les lauréats du 5e Grand prix Livres Hebdo des Librairies, lundi 19 juin à Paris.
*LAURÉATS 2023* - le *Grand prix* a été décerné à *LA FABRIQUE (Bar-le-Duc)* - le *Coup de coeur du jury* a été remis à la *LIBRAIRIE DU PLATEAU (Chevilly-Larue)* - le *Prix de l'Animation* a été décerné à *ALÈS BD (Alès)* @alesbdtinydeskdedicace7214 - le *Prix de la Valorisation du Fonds* a été décerné à *L'AUTRE MONDE (Avallon)* - le *Prix de la Communication* a été décerné à la *LIBRAIRIE GALIGNANI (Paris)* @librairiegalignani1058 - le *Prix de l'Espace intérieur* a été décerné à la *LIBRAIRIE QUARTIER LIBRE (Flers)* @librairiequartierlibrefler4561 - le *Prix du Service innovant* a été décerné à la librairie *LES GUÉRILLÈRES (Huelgoat)* - le *Prix de la Reprise* a été décerné à la librairie *LES MOTS A LA BOUCHE (Paris)* - le *Prix de la Librairie francophone hors de France* a été décerné à *KYRALINA (Bucarest)* @librairiekyralina2059 - le *Prix Spécial des Libraires de l'année* a été décerné à *ISABELLE ET MARC GAUCHERAND de la librairie LE BLEUET (Banon)*
Sous la présidence de Roselyne Bachelot, le jury 2023 était composé de Sorj Chalandon, auteur et journaliste, Agathe Mallaisé, co-gérante de la librairie L'Embarcadère (Grand prix 2022), Katia Leduc, co-gérante de la librairie L'Embarcadère (Grand prix 2022), Florian Lafani, directeur général de Fleuve Editions, Stéphanie Gaou, directrice de la librairie Les Insolites à Tanger, Sophie Bobet, directrice de la médiathèque de la Canopée La Fontaine, Vincent Chabault, enseignant–chercheur de l'Université Paris Cité, Jacques Braunstein, rédacteur en chef de Livres Hebdo et Marie Fouquet, journaliste de Livres Hebdo.
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