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EAN : 9782732480862
518 pages
Éditeur : Editions de la Martinière (13/10/2016)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 70 notes)
Résumé :
1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique. Dans ses sous-sols des filles de joie mineures meurent de la syphilis, et des enfants se battent pour se nourrir de rats, menacés par la peste et la rage. Mais Paris s’en moque, et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables, Paris invente la haute couture, le luxe et le divertissement de masse. Malheureusement, au milieu de ce foison... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  21 juin 2018
Tout d'abord, j'aimerais remercier Babelio et les éditions de la Martinière de me faire découvrir ce "Prix Griffe noire du meilleur roman historique 2016".
"L'Aliéniste" de Caleb Carr a trouvé son successeur ! - promet (ou avertit) la quatrième de couverture; et il se trouve que j'ai bien apprécié ce livre...
Mettons donc un peu d'ordre dans tout ça, en commençant par la "Griffe noire" - tout à fait; même si elle trempe parfois dans le sang en ketchup du Théâtre du Grand Guignol.
"Roman historique" - oui et non; cela se passe à Paris en 1909, l'atmosphère de la Belle époque y est rendue à merveille, on y rencontre les personnages historiques ( Binet, Hennion, Leroux, Crowley, Méliès) et on apprend un tas d'anecdotes - mais on ne sort que rarement du cadre de cette enquête rocambolesque. Tout au plus, on sent la menace de la Grande Guerre qui se profile en sourdine à l'horizon.
En ce qui concerne la comparaison avec le sombre récit de Carr, les moteurs de tri babéliotes vous proposent "Fantômas" de Souvestre à la place, et ils ont en partie raison !

Prenez Sherlock Holmes, Rouletabille et Auguste Dupin, ajoutez-y un peu de dandysme à la Brummel - et voici Max Rochefort - un écrivain à la mode, adulé de tout Paris, auteur des célèbres aventures de "commissaire Nocturnax". (Nocturnax !! Comment rester insensible...?!)
Giovanni, un jeune homme issu de la communauté pauvre des immigrants italiens de Belleville, qui travaille comme "un homme à tout faire" pour le journal "Le Matin" devient son assistant...
... sans savoir que bientôt, tous les deux vont s'embarquer dans une aventure digne des meilleurs épisodes de "Nocturnax" !
Qui est-ce qui a assassiné le cardinal Berdoglio d'une façon atroce dans sa chambre d'hôtel, en maculant les murs de signes occultes et mystérieux tracés par sa propre hémoglobine ?
Est-ce la douce Justine, la femme de chambre, pour laquelle notre Giovanni s'enflamme d'une passion tendre et soudaine ?
Afin d'innocenter la malheureuse, et par le goût d'aventure, Giovanni et Max mènent une enquête parallèle avec le commissaire Juvard, le membre des célèbres Brigades du Tigre.

Et vous en avez pour vos sous ! Les poursuites en dirigeable, les poursuites dans les égouts parisiens, les poursuites avec les premières voitures, les cagoules en cuir bien enfoncées et quarante au compteur (...j'exagère, vous apprendrez que ça allait bien plus vite, ces engins de l'époque !); les asiles d'aliénés et les demeures obscures, les sociétés secrètes, les déviations psychiques....
Sur le principe de "rasoir d'Ockham", Max parvient très vite à élucider le mystère de "comment"; et sur le même principe le lecteur devine aussi le "qui & pourquoi" bien avant la fin, mais dans ce cas là, peu importe !
L'aventure prend l'allure d'un cheval au galop et on veut être dans les premières loges pour assister à sa fin spectaculaire.
Tant pis pour la tournure finale improbable et romanesque, où le Paris de Clemenceau avec sa clarté haussmannienne et le Paris sombre et souterrain des feuilletons de "Nocturnax" commencent à se confondre...
.... on en ressort avec un souvenir d'une lecture d'aventure extrêmement plaisante, avec quelques renseignements très intéressants sur cette curieuse époque en prime !

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gruz
  13 octobre 2016
Ce roman est en tous points exceptionnel. Par son histoire, par son contexte, par son écriture, par ses personnages. Un roman profondément ambitieux. Un roman réellement ludique. Dominique Maisons a réussi la quadrature du cercle littéraire : concilier cette réelle ambition tout en proposant un vrai roman populaire.
1909, Paris s'éveille. S'éveille à l'avènement de nouvelles techniques révolutionnaires, mais aussi à l'essor de la littérature populaire de masse. On se souvient du nom des assassins est le récit de cette époque, celui d'un écrivain populaire à succès qui devient enquêteur, celui de son condisciple qui est le narrateur de cette histoire, celui d'une investigation incroyable qui réserve des surprises en masse.
Une plongée dans une époque où la littérature populaire gagnait ses lettres de noblesse (oui je sais, c'est contradictoire) et où l'arrivée de nouveaux divertissements permettait de s'évader d'un quotidien particulièrement difficile.
Exceptionnel, je l'ai dit et je le répéterai à l'envie. Dominique Maisons a abattu une somme de travail titanesque pour bâtir cette intrigue et l'environnement dans lequel elle se déroule. On sent que l'auteur a effectué nombre de recherches pour rendre le tout crédible. Mais là où beaucoup d'auteurs tombent dans le piège du recopiage de pans entiers d'informations, Dominique Maisons a totalement digéré ses prospections de telle sorte qu'on semble réellement transporté dans les années 1900. Tout sonne juste, vraisemblable, chaque détail est là pour souligner l'atmosphère particulière et l'intrigue admirable qui s'y déroule.
On a réellement l'impression de lire un roman écrit au début du XXème siècle, avec ce dynamisme tout particulier des romans feuilletons. Avec une vraie pointe de modernité aussi, des pics sanglants dans la description des meurtres que l'auteur sème au travers de cette intrigue. Une ambiance à l'ancienne, assez légère, contrebalancée par la violence inouïe des crimes commis et rehaussée par l'écriture sublime de l'auteur.
Et il y a cette galerie de portraits inoubliables, de personnages hauts en couleur. Comme cet écrivain fantasque, sorte de dandy aux mille talents, dont l'esprit de déduction file à 100 à l'heure (aussi vite que son automobile). Comme son assistant, le narrateur de service, qui découvre le monde à travers les pérégrinations que lui impose le coquet de service. Deux personnalités qui se complètent, deux démiurges qu'on suit les yeux grands ouverts.
Comme les personnages féminins aussi, touchants et qui sont indispensables à la densité de ce récit. Comme la rencontre également de nombreuses personnalités réelles au détour de l'histoire, de Gaston Leroux à Célestin Hennion qui fut célèbre pour ses Brigades du tigre. Et bien d'autres encore, qui donnent tout son sens à cette histoire…
On se souvient du nom des assassins est un vrai roman policier (pas un polar, le terme serait anachronique) doublé d'un formidable livre d'aventure. Les 500 pages se dégustent sans aucun temps mort, tant l'auteur nous réserve surprises sur surprises.
Dominique Maisons ne fait pas que preuve de nostalgie, à travers cette aventure. Son propos est profond, sa description d'une période où la séparation de l'Église et de l'État est encore toute fraîche apporte une belle perspective sur nos interrogations contemporaines concernant la laïcité. C'est le cas également lorsqu'il décrit le racisme quotidien dont souffrent les immigrés italiens dans ces années 1900 (le narrateur du récit est lui-même fils d'italiens venus vivre en France).
Suivre cette sorte de Ligue des gentilshommes face au mal, concoctée par Dominique Maisons, est un plaisir de tous les instants, et un bonheur de lecture rare. le genre de roman singulier face à pléthore de livres qui se ressemblent tant. Je le répète une nouvelle fois, On se souvient du nom des assassins est un roman exceptionnel à plus d'un titre.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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Torellion
  18 septembre 2018
Je tiens à remercier Babelio et les éditions Points poche pour m'avoir permis de découvrir ce roman de Dominique Maisons.
Max Rochefort est l'archétype du dandy début XXème siècle. Feuilletoniste à succès, homme de lettres et de femmes, c'est aussi un esprit de son temps, à mi chemin entre Rouletabille et le chevalier Dupin. le journal dans lequel il publie ses romans d'action, lui impose le jeune Giovanni Riva afin de surveiller ses productions. Au lendemain d'une soirée mondaine, ils découvrent un cardinal mutilé et assassiné dans sa chambre d'hôtel. La bonne est immédiatement accusée. Rochefort et Giovanni tenteront de démêler le vrai du faux.
Ce roman mêle action, aventure et énigme policière. Tous les ingrédients sont là pour captiver le lecteur et l'entraîner sur la piste des assassins du Cardinal. Rocambolesque à souhait, on retrouve un peu de cette atmosphère des feuilletons début XXème, si chers à Max Rochefort.
La plume est efficace, même si quelques longueurs se font parfois sentir. l'auteur aurait pu se dispenser d'une quasi centaine de pages. L'allusion au sociétés secrètes n'est pas suffisamment exploitée. le lecteur et rarement mené en bateau et assiste un peu en retrait à l'action du roman.
Les personnages rencontrés tout au long de l'intrigue créent une ambiance très sympathique. Je ne le qualifierai pas de romans historiques dans la mesure où L Histoire ne se manifeste que très peu. C'est tout au plus une espèce d'alibi à l'intervention de personnages très secondaires.
Un roman très agréable qui offre un plaisant divertissement au lecteur.
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ventrebleu
  25 février 2019
Voilà. Comme la critique est pour le moins dithyrambique, je pense que l'avis de quelqu'un qui a détesté ce livre méritait de figurer à cet endroit.
D'abord l'histoire. En gros, il s'agit de celle d'un soi-disant écrivain un peu fantasque, Max Rochefort, qui se jette à corps perdu dans la résolution d'une enquête criminelle. Pour ce faire il est aidé de Giovanni Riva, jeune apprenti un peu naïf.
L'enquête porte sur l'assassinat d'un cardinal. Les détails de sa mort méritent d'être cités car ils sont caractéristiques du style :
"L'émissaire du vatican était nu, son sexe et ses testicules tranchés lui laissaient une plaie sombre et béante à l'entrejambe."
Les circonstances du meurtre que le génie de Rochefort ne tarde pas à analyser sont aussi intéressantes :
"Le cardinal a été attaché avec des cordes, il a des marques aux chevilles et aux poignets. Il a été aussi bâillonné fortement avec une lanière en cuir noir dont il a des fibres coincées entre les dents. Il a dû mordre dedans de toutes ses forces, jusqu'à s'en casser la mâchoire et deux incisives. Ce qui explique sa grimace atroce. le meurtrier lui a ensuite tranché les organes génitaux avec un couteau de boucher très aiguisé. Il a perdu la majorité de son sang par cette plaie. [...Après avoir achevé le cardinal,] le meurtrier lui a enfoncé le pénis et les testicules dans la plaie, puis il l'a détaché."
Le problème est que
1°) la dernière personne a être entrée dans la pièce est Justine, la très gentille femme de chambre dont Giovanni est déjà amoureux (le coup de foudre du jour précédent le crime)
2°) les tensions diplomatiques entre la France et le Vatican ne permettent pas à la police de révéler le crime à la presse
3°) Max et Giovanni sont les seuls témoins.
4°) Justine n'a pas d'alibi valable.
5°) Personne n'a vu Justine sortir de la pièce.
Heureusement Max comprend vite que la seule possibilité est que l'assassin déguisé en femme de chambre soit sorti par la fenêtre et que, s'il n'y a pas de trace dans le parterre de fleurs au pied du mur, c'est donc que l'assassin est parti en zeppelin. L'enquête est donc simple : il suffit de rechercher un hangar d'une taille suffisante pour accueillir un aéronef, ce que nos héros trouvent sans trop de difficulté, et ce justement au moment où un horrible méchant veut quitter le hangar en voiture de course. Le méchant comprenant tout de suite les intentions de Max prend la fuite d'où s'ensuit une jolie course automobile...
J'ai trouvé cette suite de rebondissements, de crimes de plus en plus sordides (celui du cardinal étant relativement soft), et de romances sans queue ni tête ni amusante, ni palpitante, ni même intrigante. Jamais différentes pistes, différents suspect, jamais nos héros ne sont vraiment mis en danger. Pas la moindre trace d'humour, ou alors peut-être un certain humour un peu malsain et macho du genre de ce dialogue ayant lieu après que nos héros aient inspecté le corps nu d'une femme enceinte crucifiée et au visage à moitié mangé par des corbeaux (elle et le fœtus vivent encore!):
"[Giovanni:] - Je sais comment une femme est faite ! m'insurgeais-je. [Max:] - Elle a la syphilis, bougre d'andouille! Si tu ne le vois pas tu finiras par avoir des ennuis! Elle a des chancres saillants et purulents tout le long de sa vulve."

Mon avis est donc que ce livre plaira peut-être à un public amateurs de clichés gores.
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Sandau
  27 juillet 2018
Opération Masse Critique Privilégiée .
Merci à Babelio ainsi qu'aux Editions de la Martinière.
Quel bonheur d'avoir découvert un écrivain aussi talentueux!
Voici un roman qui mélange habilement la petite et la grande histoire à travers une enquête menée tambour battant par deux hommes qui se sont rencontrés par hasard, et qui chercheront à résoudre un meurtre par hasard également.
Prenez Max Rochefort, très populaire auteur de romans-feuilletons dans "Le Matin", dandy mondain habitué à être reçu avec les honneurs; et Giovanni Riva, fils d'immigrés italiens, jeune commis très travailleur au service courrier du même journal, dont il tire grande fierté.
Celui-ci va devenir "l'homme de main" de Rochefort en 1909, et nous allons découvrir que sous son allure d'excentrique, l'écrivain est un homme sensible et profondément humain.
Narrateur des péripéties qui lieront les deux hommes pour toujours, Giovanni évoque une simple invitation comme le début de "la funeste succession de tragédies qui compose cette histoire". En effet, le meurtre d'un émissaire du Vatican va faire grand bruit dans l'hôtel où ils sont accueillis à l'occasion d'un bal de charité.
Il n'en fallait pas plus pour que Max Rochefort décide d'enquêter tout comme le héros de son feuilleton...
Il faut tout d'abord saluer le travail titanesque de l'auteur pour parvenir à mélanger naturellement et presque imperceptiblement des références historiques sur des lieux ou des personnages. Je m'en suis délectée, par exemple, avec le fonctionnement des aéronefs, l'évocation de Clémenceau, de Aleister Crowley, la condition des femmes en prison et dans la rue, les dédales souterrains de l'Opéra Garnier...L'immersion est totale et parfaite.
En revanche, si l'enquête débute par un assassinat atroce, et si d'autres vont suivre comme dans "L'Aliéniste" de Caleb Carr, la similitude s'arrête là. La raison de ces meurtres en série m'a semblé bien "capillotractée", d'autant que l'auteur de ces crimes est très peu développé.
En outre, il existe quelques incohérences et la scène finale est décevante car attendue.
Et pourtant il reste que j'ai adoré ce livre! La raison en est que l'auteur a si bien travaillé l'esprit et la chair de ses personnages que Giovanni et Max sont là, devant nous, qui participons à tous leurs voyages, combats, réflexions, tourments...
Ainsi, même si l'histoire tangue un peu vers les deux tiers du livre,il m'était impossible de les quitter dans leurs recherches pleines de rebondissements et d'émotions.
J'attribue une note de 4,5/5 à ce roman car, nonobstant ces quelques imperfections, Dominique Maisons a écrit un livre brillant qui ravira les amateurs de romans historiques.
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   19 juin 2018
Nous nous trouvions dans un austère couloir en pierres grises très haut de plafond. Pour nous y repérer, Max eut recours à une des inventions qu'il cachait dans sa ceinture. Il sortit un cylindre de vingt centimètres terminé par une sorte de bulbe en verre. Il fit coulisser un petit contacteur en métal et le bulbe s'éclaira, projetant une vive lumière blanche. Il braqua l'appareil sur le sol et le bas des murs pour éviter que cette lueur fût aperçue par les gardes. Max m'avait déjà fait la démonstration de cette "Eveready hand torch", une lumière électrique portable qui connaissait un grand succès à New York et dont il avait fait le coeur de "Nocturnax contre le nyctalope". Ce prodige m'étonnait encore.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   17 juin 2018
Georges s'empourpra, son crâne chauve prit une teinte écarlate inédite, alors qu'il baissait la tête pour fixer les boucles de ses souliers.
-C'est que...c'est interdit et immoral, je ne sais pas si... bafouilla -t-il.
- Allons, Georges, toutes les oeuvres censurées sont immorales et interdites. Je ne vous demande pas de les lire, n'en parlez pas à votre épouse et précisez bien à vos amis libraires que ces ouvrages sont pour moi. Votre honneur sera sain et sauf et j'assumerai l'éventuelle disgrâce. Et dites-vous bien qu'un auteur encensé par Flaubert, Sainte-Beuve, Baudelaire et Verlaine ne peut pas être dépourvu d'intérêt.
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ventrebleuventrebleu   25 février 2019
Deux corbeaux, de belle taille, dont les pattes avaient elles aussi été clouées à la croix, se tenaient bien vivants, de chaque côtés de la tête de la jeune femme. Les deux volatiles, ivres de douleur et affamés, avaient déchiqueté le visage de la crucifiée avec leurs becs. Ils s'étaient nourris de sa viande, lui crevant les yeux, lui déchirant les joues, lui dépeçant le nez, lui coupant les oreilles... Ses lèvres lacérées dévoilaient des dents jaunies entrouvertes sur une bouche pleine de caillots d'où pendait un moignon de langue. Sa face n'était plus qu'une plaie aux chairs tourmentées, on ne pouvait plus discerner ce qu'avaient été ses traits. Excités par la lumière, les deux oiseaux s'agitaient et croassaient à s'en égosiller. Je n'y prêtais pas attention, car tout cela n'était rien.
Je ne pouvais pas voir autre chose que le summum de cette horreur. Pire que la croix et les corbeaux, ce qui me répugnait à en perdre raison, c'était le ventre de la jeune femme.
Elle était enceinte.
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belette2911belette2911   28 janvier 2017
– Vos plaidoiries sont déjà brillamment originales, maître, flatta Rochefort.
– Je n’ai pas de mérite. Encore plus que le crime, je déteste le traitement qui en est fait, précisa l’avocat en désignant la partie de la une du Matin consacrée à un meurtre sordide. Avant les journaux, il n’y avait pas d’« affaires criminelles », rien que le fonctionnement normal de la justice. Cette publicité permanente donne une vision déformée de notre société. Pour moi, les crimes sont les étincelles que fait un train lancé à pleine vitesse sur des rails en acier. Rien de plus que les conséquences logiques d’une société en expansion avec son lot d’inégalités et de tensions. Se focaliser sur les rails et ses grésillements, c’est ne pas voir le train et sa colonne de fumée.
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collectifpolarcollectifpolar   23 octobre 2019
La première fois que je vis Max Rochefort, il fendait la foule dans le hall d’entrée du Matin par un après-midi ensoleillé du printemps 1909. C’était aux heures pleines du quotidien, quand il bruissait de l’activité des journalistes qui couraient de bureau en bureau, accompagnés par le cliquetis des linotypes et des dactylographes sur lesquels tous s’affairaient pour mettre en page leurs articles. Mon premier souvenir est celui de cette veste écarlate devant laquelle les livreurs écartaient leurs cargaisons et les commissionnaires bloquaient leurs courses. Centre de cette chorégraphie spontanée, Rochefort sautait avec une aisance primesautière entre les piles d’exemplaires en transit qui jonchaient son chemin.
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Videos de Dominique Maisons (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Maisons
Il est des hommes pour qui l'art est le théâtre de toutes les ambitions et de tous les risques. Il paraîtrait même que certains en sont morts. Avec Paul Greveillac ("Art Nouveau", Gallimard), Dominique Maisons ("Avant les diamants", La Martinière) et François Vallejo ("Efface toute trace", Viviane Hamy). Animée par Laure Dautriche, journaliste à Europe 1.
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