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ISBN : 2757870734
Éditeur : Points (05/04/2018)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 51 notes)
Résumé :
1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique. Dans ses sous-sols des filles de joie mineures meurent de la syphilis, et des enfants se battent pour se nourrir de rats, menacés par la peste et la rage. Mais Paris s’en moque, et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables, Paris invente la haute couture, le luxe et le divertissement de masse. Malheureusement, au milieu de ce foison... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  21 juin 2018
Tout d'abord, j'aimerais remercier Babelio et les éditions de la Martinière de me faire découvrir ce "Prix Griffe noire du meilleur roman historique 2016".
"L'Aliéniste" de Caleb Carr a trouvé son successeur ! - promet (ou avertit) la quatrième de couverture; et il se trouve que j'ai bien apprécié ce livre...
Mettons donc un peu d'ordre dans tout ça, en commençant par la "Griffe noire" - tout à fait; même si elle trempe parfois dans le sang en ketchup du Théâtre du Grand Guignol.
"Roman historique" - oui et non; cela se passe à Paris en 1909, l'atmosphère de la Belle époque y est rendue à merveille, on y rencontre les personnages historiques ( Binet, Hennion, Leroux, Crowley, Méliès) et on apprend un tas d'anecdotes - mais on ne sort que rarement du cadre de cette enquête rocambolesque. Tout au plus, on sent la menace de la Grande Guerre qui se profile en sourdine à l'horizon.
En ce qui concerne la comparaison avec le sombre récit de Carr, les moteurs de tri babéliotes vous proposent "Fantômas" de Souvestre à la place, et ils ont en partie raison !

Prenez Sherlock Holmes, Rouletabille et Auguste Dupin, ajoutez-y un peu de dandysme à la Brummel - et voici Max Rochefort - un écrivain à la mode, adulé de tout Paris, auteur des célèbres aventures de "commissaire Nocturnax". (Nocturnax !! Comment rester insensible...?!)
Giovanni, un jeune homme issu de la communauté pauvre des immigrants italiens de Belleville, qui travaille comme "un homme à tout faire" pour le journal "Le Matin" devient son assistant...
... sans savoir que bientôt, tous les deux vont s'embarquer dans une aventure digne des meilleurs épisodes de "Nocturnax" !
Qui est-ce qui a assassiné le cardinal Berdoglio d'une façon atroce dans sa chambre d'hôtel, en maculant les murs de signes occultes et mystérieux tracés par sa propre hémoglobine ?
Est-ce la douce Justine, la femme de chambre, pour laquelle notre Giovanni s'enflamme d'une passion tendre et soudaine ?
Afin d'innocenter la malheureuse, et par le goût d'aventure, Giovanni et Max mènent une enquête parallèle avec le commissaire Juvard, le membre des célèbres Brigades du Tigre.

Et vous en avez pour vos sous ! Les poursuites en dirigeable, les poursuites dans les égouts parisiens, les poursuites avec les premières voitures, les cagoules en cuir bien enfoncées et quarante au compteur (...j'exagère, vous apprendrez que ça allait bien plus vite, ces engins de l'époque !); les asiles d'aliénés et les demeures obscures, les sociétés secrètes, les déviations psychiques....
Sur le principe de "rasoir d'Ockham", Max parvient très vite à élucider le mystère de "comment"; et sur le même principe le lecteur devine aussi le "qui & pourquoi" bien avant la fin, mais dans ce cas là, peu importe !
L'aventure prend l'allure d'un cheval au galop et on veut être dans les premières loges pour assister à sa fin spectaculaire.
Tant pis pour la tournure finale improbable et romanesque, où le Paris de Clemenceau avec sa clarté haussmannienne et le Paris sombre et souterrain des feuilletons de "Nocturnax" commencent à se confondre...
.... on en ressort avec un souvenir d'une lecture d'aventure extrêmement plaisante, avec quelques renseignements très intéressants sur cette curieuse époque en prime !

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gruz
  13 octobre 2016
Ce roman est en tous points exceptionnel. Par son histoire, par son contexte, par son écriture, par ses personnages. Un roman profondément ambitieux. Un roman réellement ludique. Dominique Maisons a réussi la quadrature du cercle littéraire : concilier cette réelle ambition tout en proposant un vrai roman populaire.
1909, Paris s'éveille. S'éveille à l'avènement de nouvelles techniques révolutionnaires, mais aussi à l'essor de la littérature populaire de masse. On se souvient du nom des assassins est le récit de cette époque, celui d'un écrivain populaire à succès qui devient enquêteur, celui de son condisciple qui est le narrateur de cette histoire, celui d'une investigation incroyable qui réserve des surprises en masse.
Une plongée dans une époque où la littérature populaire gagnait ses lettres de noblesse (oui je sais, c'est contradictoire) et où l'arrivée de nouveaux divertissements permettait de s'évader d'un quotidien particulièrement difficile.
Exceptionnel, je l'ai dit et je le répéterai à l'envie. Dominique Maisons a abattu une somme de travail titanesque pour bâtir cette intrigue et l'environnement dans lequel elle se déroule. On sent que l'auteur a effectué nombre de recherches pour rendre le tout crédible. Mais là où beaucoup d'auteurs tombent dans le piège du recopiage de pans entiers d'informations, Dominique Maisons a totalement digéré ses prospections de telle sorte qu'on semble réellement transporté dans les années 1900. Tout sonne juste, vraisemblable, chaque détail est là pour souligner l'atmosphère particulière et l'intrigue admirable qui s'y déroule.
On a réellement l'impression de lire un roman écrit au début du XXème siècle, avec ce dynamisme tout particulier des romans feuilletons. Avec une vraie pointe de modernité aussi, des pics sanglants dans la description des meurtres que l'auteur sème au travers de cette intrigue. Une ambiance à l'ancienne, assez légère, contrebalancée par la violence inouïe des crimes commis et rehaussée par l'écriture sublime de l'auteur.
Et il y a cette galerie de portraits inoubliables, de personnages hauts en couleur. Comme cet écrivain fantasque, sorte de dandy aux mille talents, dont l'esprit de déduction file à 100 à l'heure (aussi vite que son automobile). Comme son assistant, le narrateur de service, qui découvre le monde à travers les pérégrinations que lui impose le coquet de service. Deux personnalités qui se complètent, deux démiurges qu'on suit les yeux grands ouverts.
Comme les personnages féminins aussi, touchants et qui sont indispensables à la densité de ce récit. Comme la rencontre également de nombreuses personnalités réelles au détour de l'histoire, de Gaston Leroux à Célestin Hennion qui fut célèbre pour ses Brigades du tigre. Et bien d'autres encore, qui donnent tout son sens à cette histoire…
On se souvient du nom des assassins est un vrai roman policier (pas un polar, le terme serait anachronique) doublé d'un formidable livre d'aventure. Les 500 pages se dégustent sans aucun temps mort, tant l'auteur nous réserve surprises sur surprises.
Dominique Maisons ne fait pas que preuve de nostalgie, à travers cette aventure. Son propos est profond, sa description d'une période où la séparation de l'Église et de l'État est encore toute fraîche apporte une belle perspective sur nos interrogations contemporaines concernant la laïcité. C'est le cas également lorsqu'il décrit le racisme quotidien dont souffrent les immigrés italiens dans ces années 1900 (le narrateur du récit est lui-même fils d'italiens venus vivre en France).
Suivre cette sorte de Ligue des gentilshommes face au mal, concoctée par Dominique Maisons, est un plaisir de tous les instants, et un bonheur de lecture rare. le genre de roman singulier face à pléthore de livres qui se ressemblent tant. Je le répète une nouvelle fois, On se souvient du nom des assassins est un roman exceptionnel à plus d'un titre.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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belette2911
  29 janvier 2017
Giovanni Riva s'en souviendra aussi, du nom de l'assassin !
Lui qui était déjà plus qu'heureux de bosser au journal "Le Matin", lui qui faisait la fierté de ses parents, immigrés italiens, de le voir bosser dans un grand journal, le voici délogé de ses petites fonctions pour être attaché à l'auteur à succès Max Rochefort, dans le but peu louable de rapporter ses faits et gestes au directeur du journal.
Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il va vivre (et nous faire vivre) la plus formidable aventure et enquête de sa vie !
Giovanni est le Watson de l'écrivain à succès Max Rochefort, celui-ci allant se comporter comme un Sherlock Holmes (le côté dandy voyant en moins), enquêtant, analysant, déduisant et n'hésitant pas à prendre des risques pour faire éclater la vérité.
Dans ce roman, l'enquête ne fait pas tout, les décors et la reconstitution de la vie à Paris en 1909 est prodigieuse, à tel point qu'on s'y croirait transporté.
La magie de l'écriture et le talent de narration de l'auteur y sont pour beaucoup. Que ce soit niveau voitures, fiacres, pensées des gens en ces temps déjà troubles avec le voisin teuton, sans parler du racisme ambiant et de la séparation récente entre l'Église et l'État…
Les usines d'armement tournent à plein régime, les inventions arrivent en masse et la presse connait un essor phénoménal grâce aux nouvellistes qui publient leurs oeuvres dans les différents journaux. La littérature populaire est au faîte de sa gloire.
Durant plus de 400 pages, l'auteur nous ballade dans son Paris reconstitué, dans son Paris embouteillé, dans son Paris "clivagé", dans ce Paris qui grandit de plus en plus (et qui sépare les pauvres des riches), tout en nous tenant en haleine avec des meurtres sordides et une innocente jeune fille accusée.
La place des femmes fait aussi partie intégrante de son récit et on ira même faire un tour du côté des pierreuses, c'est à dire les filles de petites vertus… Dont certaines possèdent de l'empathie et de la générosité.
Le tout est réaliste, ambitieux, magnifique, on dévore les pages, on les avale avec gourmandise et on n'a qu'une envie : savoir le fin mot de cette histoire qui nous entrainera aussi dans les airs avant de nous faire redescendre dans la noirceur humaine.
Un voyage époustouflant, du suspense, des personnages attachants (Max et Giovanni vont me manquer), une écriture simple mais pas simpliste, agréable à suivre, du mystère, des mensonges, un peu de politique (nous sommes à 5 ans de la Première Guerre), des retournements de situation, des moments émouvants, des passages à l'asile qui font froid dans le dos et des meurtres sanglants.
Un vrai bonheur de lecture, un excellent roman policier dont on sent que l'auteur a potassé son sujet pour être aussi précis et réaliste dans ses descriptions.
Ce roman c'est aussi une mise en garde contre les dangers de la presse à sensation qui a tendance à relater des faits « criminels » comme des romans feuilletons, afin de vendre plus, donnant par là même une importance aux assassins et faisant tomber leurs victimes dans l'oubli.
On se souviendra de ce roman !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Loley
  17 octobre 2016
Dominique Maisons fait parti des auteurs que j'ai lu à plusieurs reprises et chaque nouvelle publication est pour moi un plaisir.
Giovanni Riva travaille pour le journal le Matin, il est missionné pour plus ou moins espionner Max Rochefort, un auteur populaire.
Ce poste ne le ravit guerre et va prendre des allures inattendues, le Cardinal Berdoglio a été assassiné dans la chambre d'hôtel voisine et une jeune femme de chambre est accusée.
Max voyant bien le béguin de Giovanni pour cette dernière, se lance dans une enquête plutôt complexe.
Il n'a pas fallu le pousser bien fort pour que cet auteur passionné d'intrigues à démêler se lance...

L'époque début 1900 est bien retranscrite, elle immerge le lecteur dans une confiance agréable et nostalgique, il suffit de regarder la couverture pour comprendre.
Giovanni est d'origine italienne, particularité rendue intéressante par la description de son entourage et de ses coutumes un peu envahissantes, elles prêtent à sourire.
Il est question d'un écrivain et du développement de l'édition, sujet intéressant, c'est une bonne idée d'y toucher.
Un meurtre, une chambre gardée et fermée, c'est un cas parfait pour Rouletabille et j'ai envie de dire que ça tombe bien car Gaston Leroux est un des personnages du roman.
Max Rochefort a bien l'intention de lui damer le pion, en toute amitié cependant.
Cette enquête m'a fait penser à une enquête à la Sherlock Holmes et j'ai adoré ça.
Je l'ai suivie avec passion et il faut avouer que le binôme d'enquêteurs forme une équipe hors pair.
L'auteur, je parle du vrai, a un talent d'écriture certain et assuré, il a misé sur un style rétro, qui bien que casse-gueule, est plus que réussi.
Mes nerfs ont été mis à rude épreuve, le temps presse pour sauver la jeune femme accusée et maintenue dans des conditions de détention glaçantes et déplorables.
Quand la politique se mêle aux grands manitous de la religion, on se rend compte que certaines vérités ne sont pas communicables au grand public.
Pas d'inquiétudes il y aura toujours de bonnes âmes haut placées pour dissimuler et arranger les faits de façon à les rendre plus présentables.
J'ai beaucoup aimé la construction originale de ce thriller, quand vous pensez le dénouement proche et bien il se peut que quelques surprises subsistent.
Mon sourire est revenu et je me suis dit non ce n'est pas terminé, le lecteur va encore morfler...
L'action est aussi grisante que la double enquête, encore une bonne idée de ne pas axer l'histoire sur la police mais sur un écrivain et son employé.
Le rythme est imposé avec une maîtrise bluffante j'en suis scotchée.
J'ai aussi ressenti une vraie émotion en rapport avec les personnages, je me les suis appropriée, leurs vies, leurs bonheurs et leurs malheurs.
J'ai couru avec eux, j'ai réfléchi avec eux, j'ai été blessée avec eux...
Je crois que j'ai été claire, du moins je l'espère, assez pour vous convaincre d'aller à la rencontre de Giovanni et de Max, j'ai été triste de les quitter...

Lien : https://leshootdeloley.blogs..
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motspourmots
  10 juillet 2018
Dans la catégorie polars, j'ai un petit faible pour le genre historique. Alors la perspective d'une plongée dans le début du 20ème siècle aux côtés d'un enquêteur écrivain feuilletoniste de son métier ne pouvait que me réjouir. Direction Paris en 1909, ses embouteillages, ses crieurs de journaux, ses faits divers, ses demi-mondaines, ses affrontements politiques et son bouillonnement culturel.
C'était l'époque où les quotidiens tiraient à plus d'un million d'exemplaires et où les directeurs de journaux s'arrachaient les meilleurs écrivains pour produire les feuilletons qui tenaient chaque jour leurs lecteurs en haleine à coup de rebondissements aussi spectaculaires qu'improbables. Et justement, Max Rochefort est l'un des meilleurs de sa catégorie. Les aventures de son héros, le commissaire Nocturnax font la richesse du quotidien le matin et de l'éditeur Arthème Fayard qui les publie ensuite en volumes. Derrière ce succès se cache une véritable entreprise dont Max est le cerveau créatif qui emploie plusieurs collaborateurs au sein d'un atelier d'écriture extrêmement productif. le jeune Giovanni Riva, employé au Matin est chargé par sa direction d'assurer les fonctions de secrétaire particulier auprès de Rochefort ; il s'agit surtout de le surveiller afin qu'il ne cède pas aux sirènes de la concurrence. C'est ainsi que Giovanni se retrouve embarqué dans une enquête aux côtés de Max lorsqu'ils sont tous les deux en présence d'une crime monstrueux. Un cardinal est retrouvé affreusement mutilé dans une chambre d'hôtel à Enghien où ils séjournaient également. Une jeune femme de chambre est accusée du meurtre, ce que Giovanni, charmé par Justine se refuse à croire. Max Rochefort, lui ne peut s'empêcher de pointer les incohérences qui semblent échapper à la police.
En 1909, cela fait à peine quatre ans que la fameuse loi instaurant la séparation des pouvoirs de l'Eglise et de l'Etat a été promulguée et les relations avec les instances religieuses sont quelque peu tendues... On imagine bien les répercussions qu'un tel crime peut avoir sur les relations diplomatiques de la France. A partir de là, l'auteur joue très bien avec les codes du feuilleton policier pour élaborer un scénario qui n'a rien à envier aux meilleurs auteurs de l'époque. Une poursuite en dirigeable, la mystérieuse demeure d'un richissime homme d'affaires, les sous-sols de l'Opéra... rien à dire, les décors sont soignés. Tout comme l'opposition de styles de vie entre Rochefort, le dandy insolent et Giovanni, le fils d'immigrés italiens qui a surtout connu la misère. On croise Gaston Leroux et Guillaume Apollinaire et l'ombre du Marquis de Sade plane sur l'intrigue. Franchement, un amoureux des lettres ne boudera pas son plaisir.
Un polar aussi intéressant que divertissant même s'il ne possède pas la gouaille de la série des Victor Legris de Claude Izner, ni la fantaisie du roman virevoltant de Paul Vacca, Au jour le jour qui revisitait lui aussi cette riche période des feuilletonistes au 19ème siècle.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   19 juin 2018
Nous nous trouvions dans un austère couloir en pierres grises très haut de plafond. Pour nous y repérer, Max eut recours à une des inventions qu'il cachait dans sa ceinture. Il sortit un cylindre de vingt centimètres terminé par une sorte de bulbe en verre. Il fit coulisser un petit contacteur en métal et le bulbe s'éclaira, projetant une vive lumière blanche. Il braqua l'appareil sur le sol et le bas des murs pour éviter que cette lueur fût aperçue par les gardes. Max m'avait déjà fait la démonstration de cette "Eveready hand torch", une lumière électrique portable qui connaissait un grand succès à New York et dont il avait fait le coeur de "Nocturnax contre le nyctalope". Ce prodige m'étonnait encore.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   17 juin 2018
Georges s'empourpra, son crâne chauve prit une teinte écarlate inédite, alors qu'il baissait la tête pour fixer les boucles de ses souliers.
-C'est que...c'est interdit et immoral, je ne sais pas si... bafouilla -t-il.
- Allons, Georges, toutes les oeuvres censurées sont immorales et interdites. Je ne vous demande pas de les lire, n'en parlez pas à votre épouse et précisez bien à vos amis libraires que ces ouvrages sont pour moi. Votre honneur sera sain et sauf et j'assumerai l'éventuelle disgrâce. Et dites-vous bien qu'un auteur encensé par Flaubert, Sainte-Beuve, Baudelaire et Verlaine ne peut pas être dépourvu d'intérêt.
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belette2911belette2911   28 janvier 2017
– Vos plaidoiries sont déjà brillamment originales, maître, flatta Rochefort.
– Je n’ai pas de mérite. Encore plus que le crime, je déteste le traitement qui en est fait, précisa l’avocat en désignant la partie de la une du Matin consacrée à un meurtre sordide. Avant les journaux, il n’y avait pas d’« affaires criminelles », rien que le fonctionnement normal de la justice. Cette publicité permanente donne une vision déformée de notre société. Pour moi, les crimes sont les étincelles que fait un train lancé à pleine vitesse sur des rails en acier. Rien de plus que les conséquences logiques d’une société en expansion avec son lot d’inégalités et de tensions. Se focaliser sur les rails et ses grésillements, c’est ne pas voir le train et sa colonne de fumée.
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beauscoopbeauscoop   15 mai 2017
je pensais à la phrase vacharde de Clemenceau : « Il en va de même pour les fonctionnaires que pour les livres dans les bibliothèques, plus ils sont hauts, moins ils sont utiles »
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belette2911belette2911   28 janvier 2017
— [...] nous n’apportons aux lecteurs que ce dont il a soif depuis l’Antiquité, de la tragédie.
– On leur donne le goût du sang. On devrait essayer d’élever l’Homme au lieu de retomber dans les travers des jeux du cirque. Il n’y a plus de différence de ton et de procédé entre vos excellents romans-feuilletons et les articles traitant des "affaires criminelles". Le spectacle devrait rester le spectacle, et la chronique judiciaire devrait s’en écarter autant que possible. Par votre talent et votre sens de la narration, vous contaminez vos confrères qui, du coup, se mettent à romancer la réalité. Vous finirez par créer des vocations de criminels séduits par le romantisme du crime que vous créez avec ces Rocambole et autres Habits noirs… C’est un jeu dangereux, et on ne cesse d’annoncer de nouvelles séries, toutes plus immorales !
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