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ISBN : 2757870734
Éditeur : Points (05/04/2018)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 42 notes)
Résumé :
1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique. Dans ses sous-sols des filles de joie mineures meurent de la syphilis, et des enfants se battent pour se nourrir de rats, menacés par la peste et la rage. Mais Paris s’en moque, et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables, Paris invente la haute couture, le luxe et le divertissement de masse. Malheureusement, au milieu de ce foison... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
gruz
  13 octobre 2016
Ce roman est en tous points exceptionnel. Par son histoire, par son contexte, par son écriture, par ses personnages. Un roman profondément ambitieux. Un roman réellement ludique. Dominique Maisons a réussi la quadrature du cercle littéraire : concilier cette réelle ambition tout en proposant un vrai roman populaire.
1909, Paris s'éveille. S'éveille à l'avènement de nouvelles techniques révolutionnaires, mais aussi à l'essor de la littérature populaire de masse. On se souvient du nom des assassins est le récit de cette époque, celui d'un écrivain populaire à succès qui devient enquêteur, celui de son condisciple qui est le narrateur de cette histoire, celui d'une investigation incroyable qui réserve des surprises en masse.
Une plongée dans une époque où la littérature populaire gagnait ses lettres de noblesse (oui je sais, c'est contradictoire) et où l'arrivée de nouveaux divertissements permettait de s'évader d'un quotidien particulièrement difficile.
Exceptionnel, je l'ai dit et je le répéterai à l'envie. Dominique Maisons a abattu une somme de travail titanesque pour bâtir cette intrigue et l'environnement dans lequel elle se déroule. On sent que l'auteur a effectué nombre de recherches pour rendre le tout crédible. Mais là où beaucoup d'auteurs tombent dans le piège du recopiage de pans entiers d'informations, Dominique Maisons a totalement digéré ses prospections de telle sorte qu'on semble réellement transporté dans les années 1900. Tout sonne juste, vraisemblable, chaque détail est là pour souligner l'atmosphère particulière et l'intrigue admirable qui s'y déroule.
On a réellement l'impression de lire un roman écrit au début du XXème siècle, avec ce dynamisme tout particulier des romans feuilletons. Avec une vraie pointe de modernité aussi, des pics sanglants dans la description des meurtres que l'auteur sème au travers de cette intrigue. Une ambiance à l'ancienne, assez légère, contrebalancée par la violence inouïe des crimes commis et rehaussée par l'écriture sublime de l'auteur.
Et il y a cette galerie de portraits inoubliables, de personnages hauts en couleur. Comme cet écrivain fantasque, sorte de dandy aux mille talents, dont l'esprit de déduction file à 100 à l'heure (aussi vite que son automobile). Comme son assistant, le narrateur de service, qui découvre le monde à travers les pérégrinations que lui impose le coquet de service. Deux personnalités qui se complètent, deux démiurges qu'on suit les yeux grands ouverts.
Comme les personnages féminins aussi, touchants et qui sont indispensables à la densité de ce récit. Comme la rencontre également de nombreuses personnalités réelles au détour de l'histoire, de Gaston Leroux à Célestin Hennion qui fut célèbre pour ses Brigades du tigre. Et bien d'autres encore, qui donnent tout son sens à cette histoire…
On se souvient du nom des assassins est un vrai roman policier (pas un polar, le terme serait anachronique) doublé d'un formidable livre d'aventure. Les 500 pages se dégustent sans aucun temps mort, tant l'auteur nous réserve surprises sur surprises.
Dominique Maisons ne fait pas que preuve de nostalgie, à travers cette aventure. Son propos est profond, sa description d'une période où la séparation de l'Église et de l'État est encore toute fraîche apporte une belle perspective sur nos interrogations contemporaines concernant la laïcité. C'est le cas également lorsqu'il décrit le racisme quotidien dont souffrent les immigrés italiens dans ces années 1900 (le narrateur du récit est lui-même fils d'italiens venus vivre en France).
Suivre cette sorte de Ligue des gentilshommes face au mal, concoctée par Dominique Maisons, est un plaisir de tous les instants, et un bonheur de lecture rare. le genre de roman singulier face à pléthore de livres qui se ressemblent tant. Je le répète une nouvelle fois, On se souvient du nom des assassins est un roman exceptionnel à plus d'un titre.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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belette2911
  29 janvier 2017
Giovanni Riva s'en souviendra aussi, du nom de l'assassin !
Lui qui était déjà plus qu'heureux de bosser au journal "Le Matin", lui qui faisait la fierté de ses parents, immigrés italiens, de le voir bosser dans un grand journal, le voici délogé de ses petites fonctions pour être attaché à l'auteur à succès Max Rochefort, dans le but peu louable de rapporter ses faits et gestes au directeur du journal.
Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il va vivre (et nous faire vivre) la plus formidable aventure et enquête de sa vie !
Giovanni est le Watson de l'écrivain à succès Max Rochefort, celui-ci allant se comporter comme un Sherlock Holmes (le côté dandy voyant en moins), enquêtant, analysant, déduisant et n'hésitant pas à prendre des risques pour faire éclater la vérité.
Dans ce roman, l'enquête ne fait pas tout, les décors et la reconstitution de la vie à Paris en 1909 est prodigieuse, à tel point qu'on s'y croirait transporté.
La magie de l'écriture et le talent de narration de l'auteur y sont pour beaucoup. Que ce soit niveau voitures, fiacres, pensées des gens en ces temps déjà troubles avec le voisin teuton, sans parler du racisme ambiant et de la séparation récente entre l'Église et l'État…
Les usines d'armement tournent à plein régime, les inventions arrivent en masse et la presse connait un essor phénoménal grâce aux nouvellistes qui publient leurs oeuvres dans les différents journaux. La littérature populaire est au faîte de sa gloire.
Durant plus de 400 pages, l'auteur nous ballade dans son Paris reconstitué, dans son Paris embouteillé, dans son Paris "clivagé", dans ce Paris qui grandit de plus en plus (et qui sépare les pauvres des riches), tout en nous tenant en haleine avec des meurtres sordides et une innocente jeune fille accusée.
La place des femmes fait aussi partie intégrante de son récit et on ira même faire un tour du côté des pierreuses, c'est à dire les filles de petites vertus… Dont certaines possèdent de l'empathie et de la générosité.
Le tout est réaliste, ambitieux, magnifique, on dévore les pages, on les avale avec gourmandise et on n'a qu'une envie : savoir le fin mot de cette histoire qui nous entrainera aussi dans les airs avant de nous faire redescendre dans la noirceur humaine.
Un voyage époustouflant, du suspense, des personnages attachants (Max et Giovanni vont me manquer), une écriture simple mais pas simpliste, agréable à suivre, du mystère, des mensonges, un peu de politique (nous sommes à 5 ans de la Première Guerre), des retournements de situation, des moments émouvants, des passages à l'asile qui font froid dans le dos et des meurtres sanglants.
Un vrai bonheur de lecture, un excellent roman policier dont on sent que l'auteur a potassé son sujet pour être aussi précis et réaliste dans ses descriptions.
Ce roman c'est aussi une mise en garde contre les dangers de la presse à sensation qui a tendance à relater des faits « criminels » comme des romans feuilletons, afin de vendre plus, donnant par là même une importance aux assassins et faisant tomber leurs victimes dans l'oubli.
On se souviendra de ce roman !

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Loley
  17 octobre 2016
Dominique Maisons fait parti des auteurs que j'ai lu à plusieurs reprises et chaque nouvelle publication est pour moi un plaisir.
Giovanni Riva travaille pour le journal le Matin, il est missionné pour plus ou moins espionner Max Rochefort, un auteur populaire.
Ce poste ne le ravit guerre et va prendre des allures inattendues, le Cardinal Berdoglio a été assassiné dans la chambre d'hôtel voisine et une jeune femme de chambre est accusée.
Max voyant bien le béguin de Giovanni pour cette dernière, se lance dans une enquête plutôt complexe.
Il n'a pas fallu le pousser bien fort pour que cet auteur passionné d'intrigues à démêler se lance...

L'époque début 1900 est bien retranscrite, elle immerge le lecteur dans une confiance agréable et nostalgique, il suffit de regarder la couverture pour comprendre.
Giovanni est d'origine italienne, particularité rendue intéressante par la description de son entourage et de ses coutumes un peu envahissantes, elles prêtent à sourire.
Il est question d'un écrivain et du développement de l'édition, sujet intéressant, c'est une bonne idée d'y toucher.
Un meurtre, une chambre gardée et fermée, c'est un cas parfait pour Rouletabille et j'ai envie de dire que ça tombe bien car Gaston Leroux est un des personnages du roman.
Max Rochefort a bien l'intention de lui damer le pion, en toute amitié cependant.
Cette enquête m'a fait penser à une enquête à la Sherlock Holmes et j'ai adoré ça.
Je l'ai suivie avec passion et il faut avouer que le binôme d'enquêteurs forme une équipe hors pair.
L'auteur, je parle du vrai, a un talent d'écriture certain et assuré, il a misé sur un style rétro, qui bien que casse-gueule, est plus que réussi.
Mes nerfs ont été mis à rude épreuve, le temps presse pour sauver la jeune femme accusée et maintenue dans des conditions de détention glaçantes et déplorables.
Quand la politique se mêle aux grands manitous de la religion, on se rend compte que certaines vérités ne sont pas communicables au grand public.
Pas d'inquiétudes il y aura toujours de bonnes âmes haut placées pour dissimuler et arranger les faits de façon à les rendre plus présentables.
J'ai beaucoup aimé la construction originale de ce thriller, quand vous pensez le dénouement proche et bien il se peut que quelques surprises subsistent.
Mon sourire est revenu et je me suis dit non ce n'est pas terminé, le lecteur va encore morfler...
L'action est aussi grisante que la double enquête, encore une bonne idée de ne pas axer l'histoire sur la police mais sur un écrivain et son employé.
Le rythme est imposé avec une maîtrise bluffante j'en suis scotchée.
J'ai aussi ressenti une vraie émotion en rapport avec les personnages, je me les suis appropriée, leurs vies, leurs bonheurs et leurs malheurs.
J'ai couru avec eux, j'ai réfléchi avec eux, j'ai été blessée avec eux...
Je crois que j'ai été claire, du moins je l'espère, assez pour vous convaincre d'aller à la rencontre de Giovanni et de Max, j'ai été triste de les quitter...

Lien : https://leshootdeloley.blogs..
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Annabelle19
  17 juin 2018
J'ai beaucoup aimé l'atmosphère début XXe siècle de ce roman, qui est très bien rendue pour moi, à la fois dans les différents milieux décrits que dans le comportement des personnages. L'aspect historique du roman est vraiment réussi, on est plongé dans ce Paris industriel et on s'y croit vraiment. On rencontre même des figures réelles de l'époque, comme Gaston Leroux ou Allistair Crowley. On visite le monde du journalisme ou de l'édition, en pleine évolution alors qu'apparaissent les romans feuilletons aux histoires de crimes sensationnels. On approche aussi le domaine des innovations de cette époque, avec l'invention du ballon dirigeable et l'engouement qu'il a suscité alors.
Au niveau de l'intrigue, j'ai été moins séduite. J'ai trouvé ça parfois un peu long, le récit un peu trop étiré. Certains passages s'écartent de l'intrigue principale et on ressent comme des passages à vide qui nous sortent un peu du roman. J'ai aussi remarqué quelques invraisemblances ou facilités qui m'ont gênée à deux ou trois reprises dans la progression de l'histoire.
Le personnage de Max Rochefort est haut en couleurs et a des allures de Sherlock Holmes: il double les enquêteurs et les surpasse souvent dans ses capacités de déduction. J'ai un peu regretté qu'on n'en sache pas plus sur lui, notamment sur la raison qui le pousse à vouloir absolument aider Justine, qu'il connaît à peine. Je m'attendais à ce qu'on ait une explication, liée à son passé, mais rien, finalement.
En résumé, c'est un roman historique qui nous immerge avec succès dans le Paris du début du XXe siècle. Les personnages sont agréables suivre et l'intrigue globalement bien menée, mais j'ai eu à déplorer quelques longueurs à cause desquelles j'ai eu du mal à conserver mon intérêt pour l'histoire jusqu'au bout. le roman est plutôt dense et il y a beaucoup de péripéties avant de connaître le fin mot de l'histoire, ce qui nous permet de voyager à travers toutes les strates de la capitale en ce début de siècle.
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ataxye
  19 mai 2018
Paris, 1909. Max Rochefort, un écrivain à succès dont le dernier roman-feuilleton fait la vedette du journal "Le matin" est également un dandy des nuits parisiennes. 
Son dernier caprice en date : un secrétaire particulier en la personne de Giovanni Riva.
Issu d'une famille d'immigrés italiens, cette promotion est pour le jeune journaliste l'occasion de découvrir le grand monde ! Il incarne l'espoir de sa communauté, cible d'une croissante xénophobie à l'époque.
Fidèle à l'auteur comme son ombre, Giovanni ne tardera pas à découvrir que le célèbre créateur des romans d'aventures à succès n'en écrit pas une ligne ! Il délègue cette tâche ingrate à une équipe de rédacteurs. Lui préfère de loin fréquenter le beau monde.
C'est au cours d'une de leurs escapades mondaines que les deux protagonistes vont être témoins, malgré eux, d'une crime atroce. N'écoutant que leur courage, ils se mettent en tête d'élucider le meurtre, coûte que coûte. C'est le début d'une longue épopée et de nombreux rebondissements...
Ce roman est à mon sens plus un roman d'aventures, voir un roman historique qu'un thriller. En tout cas pour l'époque actuelle. Les codes du thriller sont timidement disséminés dans le récit, trop peu que pour me convaincre de ce qualificatif.
J'ai très vite apprécié ma lecture, et la manière dont le lecteur est plongé dans le récit, tout en lui permettant de s'imprégner du contexte géographique et historique. Les clins d'oeil contextuels placés ici ou là permettent une immersion quasi-totale. Par la suite, on suit les protagonistes sans grand suspense, l'auteur appliquant plutôt pour lui-même le principe d'écriture qu'il attribue à Max Rochefort, à savoir le roman feuilleton. le lecteur passe ainsi d'une piste et de sa résolution à une autre en suivant un fil logique et relativement attendu. J'ai pourtant pris beaucoup de plaisir à suivre ces aventures et certains personnages ont vraiment marqué mon attention. Peu-être plus que les personnages principaux d'ailleurs. 
Comme je le disais, les scènes et leurs déroulement sont logiques et attendues. J'ai néanmoins été surprise par le coup de théâtre final qui m'a vraiment happée ! Un final en grande pompe qui me réconcilie avec certaines longueurs parfois dans les descriptions de certaines scènes. Je pense par exemple au voyage ... 
Parmi les thèmes abordés on retrouve la reconnaissance sociale, la xénophobie, l'intégration, les immigrés, mais aussi la séparation des pouvoirs entre l'Eglise et l'Etat, les sociétés secrètes, la Franc-maçonnerie, le début du conflit entre l'Allemagne, la France, la Prusse, l'Opéra, la littérature avec la censure des romans de Sade, ... la liste est longue et parfois seulement effleurée dans le cadre d'un chapitre. J'aurais parfois aimé voir certains aspects être plus développés, cela aurait donné de la profondeur au récit et justifié les nombreuses recherches de cohérences de la part de l'auteur.
Pour le style, j'ai beaucoup apprécié l'effet d'ellipse qui revient au moment ou on a le plus envie de connaître les détails de l'action qui vient de se produire !

Je ne peux pas vous raconter ceci que grâce à un carnet de notes que Max a laissé...
Heureusement la frustration n'est jamais longue, mais c'est une mécanique qui fonctionne vraiment bien dans ce style de récit puisqu'on nous raconte une histoire ...
La présence de certains personnages historiquement réels tels que Gaston Leroux ou encore Hennion est également plaisante dans ce contexte. Ce style s'impose de plus en plus dans les récits historiques. 
Je conclurai en conseillant ce roman aux amateurs de récits d'aventures rocambolesques, et en mettant des guillemets au terme thriller qui pour moi est un peu galvaudé. Ceci étant, j'ai apprécié le récit même si certaines longueurs auraient pu être évitées au profit de plus de profondeur dans certains moments. 
Merci à Babelio et aux éditions Points pour ce partenariat.
Lien : https://serialreadeuz.wordpr..
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   19 juin 2018
Nous nous trouvions dans un austère couloir en pierres grises très haut de plafond. Pour nous y repérer, Max eut recours à une des inventions qu'il cachait dans sa ceinture. Il sortit un cylindre de vingt centimètres terminé par une sorte de bulbe en verre. Il fit coulisser un petit contacteur en métal et le bulbe s'éclaira, projetant une vive lumière blanche. Il braqua l'appareil sur le sol et le bas des murs pour éviter que cette lueur fût aperçue par les gardes. Max m'avait déjà fait la démonstration de cette "Eveready hand torch", une lumière électrique portable qui connaissait un grand succès à New York et dont il avait fait le coeur de "Nocturnax contre le nyctalope". Ce prodige m'étonnait encore.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   17 juin 2018
Georges s'empourpra, son crâne chauve prit une teinte écarlate inédite, alors qu'il baissait la tête pour fixer les boucles de ses souliers.
-C'est que...c'est interdit et immoral, je ne sais pas si... bafouilla -t-il.
- Allons, Georges, toutes les oeuvres censurées sont immorales et interdites. Je ne vous demande pas de les lire, n'en parlez pas à votre épouse et précisez bien à vos amis libraires que ces ouvrages sont pour moi. Votre honneur sera sain et sauf et j'assumerai l'éventuelle disgrâce. Et dites-vous bien qu'un auteur encensé par Flaubert, Sainte-Beuve, Baudelaire et Verlaine ne peut pas être dépourvu d'intérêt.
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belette2911belette2911   28 janvier 2017
– Vos plaidoiries sont déjà brillamment originales, maître, flatta Rochefort.
– Je n’ai pas de mérite. Encore plus que le crime, je déteste le traitement qui en est fait, précisa l’avocat en désignant la partie de la une du Matin consacrée à un meurtre sordide. Avant les journaux, il n’y avait pas d’« affaires criminelles », rien que le fonctionnement normal de la justice. Cette publicité permanente donne une vision déformée de notre société. Pour moi, les crimes sont les étincelles que fait un train lancé à pleine vitesse sur des rails en acier. Rien de plus que les conséquences logiques d’une société en expansion avec son lot d’inégalités et de tensions. Se focaliser sur les rails et ses grésillements, c’est ne pas voir le train et sa colonne de fumée.
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beauscoopbeauscoop   15 mai 2017
je pensais à la phrase vacharde de Clemenceau : « Il en va de même pour les fonctionnaires que pour les livres dans les bibliothèques, plus ils sont hauts, moins ils sont utiles »
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belette2911belette2911   28 janvier 2017
— [...] nous n’apportons aux lecteurs que ce dont il a soif depuis l’Antiquité, de la tragédie.
– On leur donne le goût du sang. On devrait essayer d’élever l’Homme au lieu de retomber dans les travers des jeux du cirque. Il n’y a plus de différence de ton et de procédé entre vos excellents romans-feuilletons et les articles traitant des "affaires criminelles". Le spectacle devrait rester le spectacle, et la chronique judiciaire devrait s’en écarter autant que possible. Par votre talent et votre sens de la narration, vous contaminez vos confrères qui, du coup, se mettent à romancer la réalité. Vous finirez par créer des vocations de criminels séduits par le romantisme du crime que vous créez avec ces Rocambole et autres Habits noirs… C’est un jeu dangereux, et on ne cesse d’annoncer de nouvelles séries, toutes plus immorales !
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