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ISBN : 2266218689
Éditeur : Pocket (04/09/2014)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 141 notes)
Résumé :
1321. Les habitants d’Ulewic, une petite cité isolée de l’est de l’Angleterre, sont sous le joug de leur seigneur et de l’Église, celle-ci ayant supplanté, depuis quelques années, le paganisme qui régnait dans la région. Non loin du village s’est installée une petite communauté chrétienne de femmes, des béguines originaires de Belgique. Sous l’autorité de sœur Martha, elles ont jusqu’alors été assez bien tolérées. Mais les choses commencent à changer. Le pays connaî... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  20 octobre 2012
Karen Maitland, découverte grâce à La Compagnie des menteurs, confirme son talent de conteuse avec cette promenade dans les forces obscures du XIVe siècle. La couverture, avec une femme vêtue d'une cape rouge sang au milieu d'une forêt lugubre, annonce la couleur. Malheur au petit chaperon qui s'aventure dans les bois ! Les loups qui y rôdent ont tout des créatures de l'enfer.
C'est ce que va découvrir à ses dépens la jeune Agatha, fille du seigneur du village d'Ulewic, en Angleterre, victime d'une rencontre démoniaque alors qu'elle suit en cachette la procession nocturne fêtant les feux de Beltane. Chassée par son père, elle est recueillie par les béguines. Ces étrangères venues de Belgique ont constitué une communauté librement fondée sur la piété et la charité. L'indépendance et la relative aisance de ces femmes, qui vivent du fruit de leur labeur, attirent l'hostilité des villageois ployant sous le joug et les taxes du cruel seigneur D'Acaster et de l'Eglise. Une hostilité décuplée par les fléaux qui s'abattent sur Ulewic, et attisée par une société secrète émanant des temps païens, les Maîtres-huants ("The Owl Killers": les tueurs de chouettes, titre original du livre)...
Pour entretenir un climat oppressant, Karen Maitland ne lésine pas sur les aspects sordides de l'époque : lèpre, misère, épidémies, sorcellerie, justice arbitraire et torture... Toutefois, le propos est allégé par une bonne dose de surnaturel et de second degré. J'ai eu un peu de mal au démarrage, le temps de repérer tous les narrateurs de ce roman choral, mais je me suis vite laissée entraîner, avide d'aller au bout d'une intrigue qui ménage quelques surprises.
Le principal intérêt historique du livre est de reconstituer le fonctionnement d'un béguinage. Ces communautés étaient assez répandues dans le Nord de l'Europe, mais atypiques en Angleterre. Ce sont d'ailleurs les béguines, avec leur courage, leur générosité et leur franc parler, qui sont les véritables héroïnes du récit, apportant un peu de lumière aux Âges sombres.
Les thématiques féminines abordées par l'auteur (violences subies, désir ou rejet de maternité, place de la femme dans la religion catholique) m'ont rappelé Instruments des ténèbres, de Nancy Huston. Mais c'est curieusement avec les personnages du Domaine des Murmures - écrit par Carole Martinez 2 ans après la parution originale de The Owl Killers - que j'ai trouvé le plus de points communs : une jeune fille rebelle à l'autorité paternelle, une géante peu avare de ses charmes, une recluse faiseuse de miracle... et surtout l'incarnation de légendes régionales, comme une fée des eaux aux pouvoirs maléfiques (voir ma critique du Domaine des Murmures).
Un bon roman d'ambiance pour se faire une frayeur à l'entrée de l'hiver, à ces moments entre chien et loup où la réalité se teinte de fantastique.
- Oh ! Mère-grand, comme vous avez de grands yeux...
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Commenter  J’apprécie          200
ChristopheM
  13 janvier 2013
L'an de grâce1321, en l'espace de huit mois, les habitants de la ville d'Ulwic en Angleterre furent les témoins et les victimes des changements climatiques capricieux aux conséquences redoutables, de l'attaque d'épidémie incontrôlable, de la montée en puissance d'un groupe occulte ancestral, les Maîtres Huarts, de l'ignorance de l'église attachée à son égocentrisme et surtout à sa dîme. Peu avant l'hécatombe, un groupe de femmes débarqua de Flandre, dit-on. Elles se nommaient les Béguines Martha. Elles étaient toutes vouées, corps et âme, au nom de Dieu, à la charité, à l'égalité, au libre arbitre. Elles accueillirent et soignèrent les plus indigents, les affamés, les malades en tout genre. Elles étaient les flambeaux qui proposaient un halot de lumière aux âmes perdues dans un temps de récession, de crise alimentaire, de détresse profonde. Leur arrivée près du village fut perçue comme un mauvais signe, voire étrange. Les villageois s'en méfièrent et les craignirent. Les représentants de l'Église catholique fustigèrent cette abomination. Ils considérèrent la vocation de ses femmes courageuses et pieuses comme impies et indignes d'autant plus qu'elles n'étaient pas reconnues officiellement. La secte qui ambitionnait de maintenir leur domination sur la région, seule évidemment, réveilla alors une légende.

Impression
Les croyances, les mythes et les légendes. La crédulité et la foi. Ces mots sont du pain béni pour des manipulateurs violents, sans états d'âme.
J'ai préféré de loin cet ouvrage au précédent, « La compagnie des menteurs » paru en 2010 chez les éditions Sonatine (link) La subdivision de chapitre en deux temps : les jours des saints sont les références du calendrier de l'époque et une intimité profonde est créée avec les personnages puisque le lecteur prend leur place à la première personne du singulier. Ce partage rend la lecture enivrante faisant fi de lourdeurs.
L'écriture d'une conteuse de talent. Sourcilleuse sur la clarté des phrases pour rendre un thème qui rebute en raison de ses informations parfois très abondantes. Une écriture paisible, limpide, d'où émane une grande sensibilité.
La présentation d'un listing d'acteurs dès le départ est un élément important pour simplifier encore la compréhension de l'évolution de cette aventure. La note historique en fin de livre n'était pas absolument nécessaire, mais très intéressante. Les éléments étaient bien placés dans le texte sans lourdeur. le décor et les individus sont parfaits pour l'époque et quasi identique que dans « La compagnie des menteurs ». Cependant, je trouve que leur complexité, leur questionnement, leur réaction sont mieux rendus cette fois. L'atout principal est ce mélange de fantastique et d'ambiance de thriller historique. La chute n'est pas théâtrale et fabuleuse, en douceur comme son commencement. J'ai le sentiment que le roman est, non pas plus fouillé, mais plus aboutit sur l'ensemble. Aucune remise en question sur la documentation évidemment. C'est le deuxième opus sur la même période de l'histoire, si un troisième ouvrage devait être publié, il y aurait un risque de redondance sur les sujets abordés : épidémie, pauvreté, intempérie, religion, moine, soeurs, assassinats. Un pari risqué qu'il me tarde de découvrir.
Nous voilà face à une sorte d'allégorie sur la stupidité frappante des grands de ce monde qui n'ont pas tiré les leçons du passé. de nos jours, le maître mot saignant de l'histoire sombre qui nous a été contée est resté inchangé.
« Bénis sois-tu le crédule, notre pain quotidien. Bénis Crédule la table si bien parée, emplis aussi nos âmes si affamées, et donnez à tous nos frères de quoi manger. »
La condition féminine. Une époque où la soumission des femmes était proche de celle du bétail. Une constatation toujours en vigueur près de 700 années plus tard. L'origine de la sensibilité de l'écriture que j'ai pu ressentir vient des moments de tendresse, de joie, d'humour et de beauté en contrepartie du cauchemar, de la violence, de la solitude, de la souffrance, de la colère. La maltraitance des femmes et des enfants. le viol, l'avortement, le désir d'enfanter étaient et sont encore. L'histoire peint essentiellement la vie des femmes dans ce 14e siècle impitoyable. le lecteur le remarquera assez rapidement, l'homme est le mal, les bons sont en filigranes dans l'histoire. Une époque identique est racontée par Ken Follet dans une histoire sans fin où la femme y tient une place vindicative et encore une fois sous la seule bannière possible, religieuse ou femme de pouvoir. Un procès inévitable apparaît en fin de livre, c'est l'image ironique de référence sur l'époque et en même temps le miroir d'aujourd'hui : vous verrez l'attitude ridicule des accusateurs qui agissent contrairement à leur profession de foi, leur véritable motivation, l'appât du gain. Les villageois naïfs à souhait, la télévision ou autre source de communication crachant de la surinformation aujourd'hui facilite l'orientation de la pensée de masse. La gravité de la situation pour les béguines qui sont la vérité comme toute personne qui se bat pour les plus démunis de nos jours ou les victimes de violences sont peu nombreuses et vues comme des illuminées ou des rêveuses. Pour finir, ce procès rappelle l'apologie de Socrate de Platon qui préféra boire la ciguë plutôt que de soumettre sa liberté de pensée… Comme la petite Osmana dans le livre…
« Si j'avais vu tomber la première goutte, aurais-je pris la mesure du danger ? Aurais-je pu empêcher que toute notre oeuvre finisse par s'effondrer ? »
(Servante Martha) p584
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Cath36
  13 avril 2013
Décidement j'ai le beguin pour les béguines. Dans ce nouvel opus, très sombre voire un peu glauque, Maitland décrit l'installation de ces femmes courageuses qui tentèrent d'implanter des béguinages en Angleterre. Mais comme chacun sait, n'envahit pas l'Angleterre qui veut, et les diverses tentatives se résumèrent à des échecs. Karen Maitland nous décrit à nouveau un Moyen-Age très noir où le peuple, pris entre pouvoir féodal, pouvoir religieux, superstitions et maladies peine grandement à survivre. Elle nous décrit aussi les croyances en l'owlman, cet homme mi-chouette mi-géant, dont les anglais crurent voir des apparitions jusqu'au XXème siècle. On dit bien que la peur donne des ailes, mais là ce monstre effroyable terrorisait de pauvres gens bien plus encore que la peur de l'enfer. Maitland décrit aussi les malfaisances des maîtres-huants, sorte de mafia locale avant l'heure et dont les méfaits étaient, eux, bien réels. Au milieu de tout cela les béguines, femmes libres et modernes pourrait-on dire, essayaient de faire du bien mais rejettées par des hommes refusant de partager le pouvoir durent rapidement plier bagage.
A partir d'une intrigue intéressante, Karen Maitland décrit encore une fois sa vision d'un Moyen-Age réaliste, peut-être un peu caricatural à certains moments mais qui au moins ne donne pas dans l'idéalisation. Les personnages sont bien campés même s'il n'était peut-être pas indispensable de les faire parler chacun leur tour. J'ai trouvé ce livre vraiment intéressant mais un peu long.
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spleen
  01 novembre 2015
Sombre en effet que cette époque du Moyen -Age en Angleterre !
1321, les conditions climatiques perturbées entrainent de mauvaises récoltes, des épidémies chez les animaux et la famine chez les habitants de la petite bourgade de Ulewic .
La cupidité de certains et l'ignorance du plus grand nombre : cela suffit à faire resurgir les croyances anciennes et la cohorte de malfaisants , tels les Chats Huants , hommes aux masques de chouette profitant de la crédulité des autres gens pour les terroriser et les monstres, comme l'Owlman, mi-homme, mi-chouette , n'attendent que ces temps troublés pour réapparaitre et faire régner la terreur dans les bois et malheur aux imprudentes qui s'égarent la nuit tombée .
L'église n'est plus le rempart qu'elle prétend être , mal servie par des hommes corrompus ou avides .
Au milieu du tumulte , comme sur une île entourée d'eau, mais cette description va devenir véridique , vit une communauté de femmes libres, arrivées de Flandre , les béguines Martha qui soignent et nourrissent les indigents , cultivent leurs terres et élèvent leurs troupeaux .
Ces femmes, indépendantes, croyantes sans être asservies par l'église , travailleuses et soudées même si la cohabitation de caractères souvent affirmés n'est pas toujours harmonieuse, sont désignées à la fois par le prêtre et par les chats Huants comme les responsables des fléaux s'abattant sur le village et doivent disparaitre: c'est si simple d'accuser les autres surtout lorsqu'ils sont étrangers ...
Karen Maitland renouvelle avec les Ages sombres, une histoire passionnante dans un genre différent de la compagnie des menteurs, avec toujours une petite pincée de merveilleux , comme on retrouve d'ailleurs dans les livres de Carole Martinez qui rendent cette période moyenâgeuse si éloignée de la notre et tellement envoutante !
Promenons nous dans les bois, pendant que l'Owlman n' y est pas ...
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Zirkawicca
  12 septembre 2016
J'avais déjà été séduite par "La malédiction de Norfolk", et encore + par "La compagnie des menteurs". Avec "Les âges sombres", Karen Maitland ne déroge pas à son thème de prédilection et c'est tant mieux! Certes, elle tend à s'enfermer dans le genre médiéval, mais c'est pour mon + grand plaisir. Car nul de dépeint mieux qu'elle le quotidien des hommes et des femmes de cette époque. L'immersion est si totale qu'on ne ressent même plus le choc des cultures et des générations: on est immergé dans la vie d'un village anglais au XIVème siècle; on ressent le Moyen-âge, on devient le Moyen-âge.
Ce style me met très à l'aise; je m'y glisse et m'y sens comme chez moi, au milieu des foires et des marchés, des petits pois écossés devant la porte de la chaumière et des herbes qui soignent. Ce roman met bien en avant le conflit qui oppose la récente christianisation du peuple à l'ancienne religion (ce qui s'apparenterait aujourd'hui à la Wicca). La transition est difficile et malgré les ordres stricts du Clergé, les anciennes pratiques demeurent bien souvent, à l'abri des maisons de torchis ou sous le couvert des bois et de la lune.
Si aujourd'hui le monde est bien triste et compliqué à appréhender, il n'était pas simple pour autant avant. Les problématiques étaient différentes, mais la vie tout aussi dure, si ce n'est +. le joug de l'Eglise, la famine qui menace, les intempéries qui détruisent les cultures, les guerres intestines... le Moyen-âge, pour passionnant qu'il soit, est bien loin de l'image d'Epinal qu'on peut s'en faire. le titre de cet ouvrage en est témoin: "Les âges sombres": on n'aurait pas pu trouver mieux...
J'aime les livres qui, en + de nous raconter une histoire, nous apprennent des choses. Et c'est le cas ici: les chapitres sont émaillés chronologiquement par des pages évoquant les Saints et les fêtes de l'époque, qui étaient fort nombreuses. Karen Maitland rythme son roman grâce à cette sorte d'almanach d'antan. de +, cela aide à structurer le récit car il s'agit + d'une (captivante) chronique du moyen-âge que d'une "histoire" à proprement parler. le béguinage, le village d'Ulewic... On suit la vie de tous ces gens le temps d'une longue et tortueuse année.
Les personnages sont fouillés, nuancés, bien loin du manichéisme gentils/méchants, et c'est ce qui rend ce roman si vivant, si authentique. J'ai également beaucoup apprécié le petit tour que nous a joué l'auteur à propos d'une certaine fréquentation du père Ulfrid. Elle utilise ce même stratagème à la fin de "La compagnie des menteurs", mais encore une fois je me suis laissée prendre et surprendre par ce beau tour de passe-passe littéraire. J'aurais aimé une fin un peu + percutante, mais ce point de détail n'a pas suffit à faire retomber mon enthousiasme. D'autant + qu'une fois encore Karen Maitland nous offre de précieuses notes historiques à la fin du livre. Magnifique...
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   05 novembre 2012
Le charivari ('rough music' ou 'ran-tanning' en anglais) était un moyen d'exprimer publiquement sa désapprobation envers ceux qui trompaient ou battaient leur femme, par exemple. Les voisins se rassemblaient devant la maison du coupable pendant trois nuits successives, en tambourinant sur des objets en métal. Si, au terme de la troisième nuit, le malheureux ne voulait toujours rien savoir et refusait de quitter le voisinage, il était expulsé de force et battu. Selon une croyance aussi erronée que répandue, si la victime était gravement blessée ou mourait au cours d'un charivari, ses agresseurs ne pouvaient être poursuivis en justice. Cette coutume, souvent appliquée à l'encontre d'individus soupçonnés d'avoir commis des actes sexuels contraires à la morale, se perpétua jusque tard au XIXe siècle en Angleterre et, en un sens, se perpétue encore de nos jours, chaque fois par exemple que les habitants d'un voisinage harcèlent un pédophile présumé à son domicile pour l'en faire partir de force. (p. 159-160)
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OdeOde   14 octobre 2012
À Bruges, les bougies étaient fabriquées par nos sœurs apicultrices et la cire qu'elles utilisaient sentait bon le miel, le thym et les pommes fraîchement cueillies. Et si la cire n'embaumait pas encore assez, elles y ajoutaient des huiles de romarin, de lavande et de rose, si bien que même en hiver flottait dans nos maisons le parfum tiède et enivrant de l'été.
Je savais que la nostalgie était un péché. Je ne cessais pourtant de le commettre, tel un ivrogne incapable de se tenir éloigné de sa bouteille. Je ne sais pas pourquoi je continuais, car cela ne m'apportait rien d'autre que de la peine.
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OdeOde   17 octobre 2012
"Allez, ma fille, remue-toi un peu les fesses !" beugla Pègue.
Osmanna avait le regard perdu du côté de la forêt, au bas de la colline, et ne semblait pas se rendre compte que c'était à elle que s'adressait Pègue.
"Ma parole, mais elle va me rendre chèvre, celle-là ! marmonna Pègue. Il va falloir deux trajets pour descendre tout ce foin dans la grange, et si elle se bouge pas, on y sera encore à minuit !
- Aie un peu de patience avec la pauvrette, l'implorai-je. Elle n'est pas encore habituée aux travaux des champs.
- Ouais, eh bien elle ferait mieux de s'y habituer fissa. Les bonnes gens d'Ulewic portent les D'Acaster sur leur dos depuis des générations ; il serait grand temps que l'un d'entre eux apprenne que le pain se fabrique avec de la sueur et des ampoules aux mains."
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OdeOde   20 octobre 2012
- Tu n'as donc jamais entendu parler d'Anu la Noire ?
Margery secoua la tête en souriant d'un air plein de curiosité.
"Elle fait partie du peuple des chimères ; le haut de son corps est celui d'une femme, mais ses jambes sont des pattes de chèvre, même si personne ne les voit jamais car elle les dissimule sous ses robes. Elle dort profondément dans l'étang noir quand il fait jour, mais dès que sonne l'heure des sortilèges, elle se lève, vêtue de sa tunique verte comme les algues de l'étang et luisant dans le crépuscule avec sa longue traîne de cheveux argentés. Elle est si belle que nul mortel n'est capable de détourner les yeux en la voyant ; mais c'est cela justement qui fait toute sa sorcellerie car, à l'intérieur, c'est en réalité une vieille mégère toute racornie dont le cœur est aussi noir que la boue des marais. Ceux qui ont le malheur de s'aventurer près de son étang, elle les attire en dansant avec eux jusqu'à ce qu'ils soient tout entortillés dans ses cheveux, puis elle les entraîne au fond de l'étang et elle les noie."
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canelcanel   06 novembre 2012
Ne me touche pas, femme. Il n'y aura plus d'étreintes entre nous. Encore un [bébé mort] né avant l'heure. Je serais presque tenté de croire que tu as ingurgité une potion maléfique pour me priver de mes fils, mais le médecin dit que c'est ta lubricité qui les tue. C'est le sang surchauffé qui les empoisonne. Te procures-tu toi-même du plaisir, femme, ou vas-tu rassasier tes appétits dans le lit d'un autre ? Car pour ma part, Dieu m'en est témoin, j'ai pris grand soin de ne pas exciter tes ardeurs. (p. 567)
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Videos de Karen Maitland (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karen Maitland
The Book Channel visits Lowdham Book Festival and presenter Tina Bettison talks to author Karen Maitland about her lataest book The Owl Killers. The Book Channel is broadcast on Sky 166 and Freesat 402 and all programmes can be viewed on the Book Channel website, http://www.thebookchannel.tv (2009/07)
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