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EAN : 9782330143695
160 pages
Éditeur : Actes Sud (27/09/2020)
4.4/5   39 notes
Résumé :
Au début de l'été 2020, dans un Liban ruiné par la crise économique, dans un Beyrouth épuisé qui se soulève pour une vraie démocratie alors que le monde est pétrifié par le coronavirus, Charif Majdalani entreprend l'écriture d'un journal. Cette chronique de l'étouffement et de l'effondrement se trouve percutée le 4 août par l'explosion dans le port de la ville de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium. Dès lors, elle devient le témoignage de la catastrophe et du sursaut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  17 décembre 2020
Beyrouth, 15 juillet 2020
"Ce matin, en sortant des bureaux d'une amie qui a proposé de mettre son coursier à notre service pour des formalités administratives liées à l'achat du terrain à la montagne, j'ai vu une femme assise dans un grand canapé complètement usé, à l'ombre d'une benne à ordures, en train d'effeuiller du persil ; persil qui, contrairement au canapé défraîchi et à la benne à ordures souillée, paraissait frais et d'un vert presque émouvant." Tableau surréaliste, un parmi tant d'autres, dans un Beyrouth dévasté par les guerres, les conflits politiques et trente ans de corruption indescriptible, que le Covid-19 et l'explosion du 4 août 2020, une mise à mort en cinq secondes, finiront par achever.
De ce pays qu'on comparait à la Suisse au temps du romantisme, et qui fit encore rêver pendant une grande partie du xxe siècle les touristes du monde entier, suscita la nostalgie des libanais exilés et où l'eau était une précieuse fortune inépuisable, aujourd'hui il n'en reste plus rien. Il n'y a plus d'eau, ni d'électricité , ni autre chose.
Un pays érodé par une corruption à son paroxysme où même avec le ramassage d'ordures on devient facilement milliardaire, ("Un monde d'affairisme glauque, environné de dorures et les pieds dans les ordures"), et dont les responsables, les oligarques au pouvoir déjà d'une malhonnêteté extrême, en outre se permettent de s'octroyer une désinvolture et une arrogance qui laissent pantois, "L'arrogance a culminé le 22 janvier 2019, durant le forum de Davos, quand ce ministre libanais, gendre du président Aoun de surcroît, a déclaré fièrement que le Liban pourrait donner des leçons de gestion au monde entier et apprendre aux grandes nations, telles par exemple la Grande-Bretagne et les États-Unis, à se gouverner sans budget."
Charif Majdalani, grand écrivain libanais dont je suis une inconditionnelle, dans son dernier livre-essaie, nous autopsie son pays gravement malade au seuil de la mort.
Bien que l'autopsie soit extrêmement complexe, même sans rien savoir de l'histoire du pays on ne peut pas s'y perdre tellement c'est bien construit, et les détails qu'il fournit suffisants pour suivre le désastre en directe. Dans ce champs de ruines, son ultime acte de résistance contre l'idée même de l'effondrement sera de s'échiner à s'acheter une terre dans la montagne avec les derniers sous qui lui restent, rêvant de construire dessus quelque chose.
Un témoignage poignant de la plume d'un grand écrivain que je recommande absolument, vu que c'est un témoignage qui concerne toute l'humanité, ce mot "humanité" qu'on prononce à tout bout de champs mais que finalement on en a qu'un vague aperçu superficiel à travers les réseaux sociaux et les médias.
"....ce silence, cette paix immense des montagnes, comme ultimes témoins de ce que dut être le statisme éternel de la planète avant l'irruption du temps et de l'Histoire, et avant le désordre, la ruine et l'entropie que les hommes ne cessent de produire depuis qu'ils ont commencé à s'agiter sur la Terre."
"Nos destins comme cette canette et ce cigare, jetés aux vents."
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palamede
  24 décembre 2020
Le constat est amer, le Liban d'aujourd'hui a perdu tout ce qui faisait sa brillance dans le passé. Les hommes politiques véreux, les hommes d'affaires et entrepreneurs malhonnêtes ont eu raison de ce pays magnifique. La ruine et la faillite sont désormais le quotidien des Libanais victimes de ceux qui pratiquent des détournements de fonds publics à grande échelle, et autres malversations destinées à leur l'enrichissement au détriment du pays tout entier.
Un phénomène qui n'est hélas pas récent, Charif Majdalani écrit que durant la guerre civile : « la dérégulation totale, l'anarchie et l'absence d'autorité pour faire appliquer les lois entraînèrent une urbanisation sauvage encouragée par les déplacements de populations, par la spéculation et par une évidente opulence, elle-même due à l'afflux de l'argent des ventes d'armes et des drogues régentées par les milices et au développement d'une activité commerciale intense et totalement libre d'entraves. »
A l'origine de dégâts écologiques irrémédiables, cette urbanisation effrénée s'est poursuivie sous la IIe République, où « tous les excès furent légalisés, tant qu'ils pouvaient rapporter de l'argent. » Une logique mortifère, qui a conduit à l'explosion catastrophique sur le port de Beyrouth du 4 août 2020, qui laisse Charif-Majdalani profondément triste et désabusé. Et s'il envisage d'acheter un terrain dans la montagne c'est peut-être une façon de mettre à distance ce Liban qu'il dénonce pour retrouver celui qu'il a toujours chéri au plus profond de lui-même.
Une lecture que je conseille vivement pour découvrir l'histoire calamiteuse du Liban contée par un témoin exceptionnel, Charif Majdalani.
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tynn
  11 novembre 2020
Ma fidélité de lectrice pour les belles histoires libanaises de Charif Majdalani ne s'est jamais démentie. Ses livres m'ont un peu fait connaitre le Liban, sa culture, son histoire et sa géographie. Il a su montrer un pays carrefour de civilisations, béni par ses ressources naturelles, mais aussi meurtri et profondément divisé par des années de guerres intestines.
Qui mieux que lui pouvait nous en parler, dans sa déliquescence actuelle, cette dramatique crise économique due à la corruption de la classe politique, au clientélisme et à la voracité du voisin syrien ? Faisant suite à une guerre civile, les dirigeants de la seconde république libanaise se sont comportés en cigale, en course frénétique de richesses acquises par tous les moyens illégaux, entraînant tout un peuple vers la pauvreté et un pays défiguré vers la faillite.
Et comme si cela n'était pas suffisant, la pandémie sanitaire et la catastrophe de l'explosion de Beyrouth en août 2020 mettent le pays à genoux.
L'écrivain, qui a toujours célébré la douceur de vivre du Liban, fait ici une tribune à charge pour un déni de démocratie. Par petits chapitres il raconte le quotidien des habitants et les symptômes du pays malade, avec une grande tristesse et une bonne dose de fatalisme et de colère. Son récit fait froid dans le dos. Et en comprendre les causes est éclairant, comme en présage de notre propre futur européen.
Au pays du cèdre, la réalité a largement dépassé la fiction et le romancier n'a fait que la transcrire.
Poignant !
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SeriallectriceSV
  26 avril 2021
Les mots saisissants, percutants et poétiques de Charif Majdalani claquent et c'est une réalité bien triste qui nous saute aux yeux : le Liban est devenu un territoire fissuré, brisé, urbanisé à outrance. À un carrefour convoité entre l'Orient et l'Occident, il n'est plus que spéculation, gouverné par une élite oligarchique.
« Sur un mur, ce graffiti que j'ai noté il y a quelques jours et qui procède à une belle inversion : le régime souhaite la chute du peuple. »
Une gouvernance orchestrée par des pilleurs, des prédateurs sans vergogne, véreux et corrompus ; et la catastrophe survenue l'été dernier est une lourde et effroyable conséquence directe de cette très mauvaise gestion de l' État.
« Rentables, très rentables en revanche, le port et le service des douanes par où passent tous les jours des milliers de tonnes de marchandises, l'aéroport, le service d'enregistrement des véhicules motorisés, le casino du Liban. Autant d'institutions qui toutes possédèrent à un moment ou à un autre leurs propres caisses noires, dont les comptes sont absolument opaques depuis trente ans et où auraient disparu plus de vingt milliards de dollars. »
Les Libanais traversent des turbulences d'une violence inouïe depuis des années.
« Il y a quelques années, une revue littéraire m'a proposé d'écrire une dystopie qui aurait pour cadre le Liban ou le monde arabe. J'ai imaginé une histoire de spéculations immobilières à grande échelle à Beyrouth, comme il y en a tant eu durant ces dernières années, de buildings et de centres d'affaires ultra-modernes bâtis par des mafias liées au pouvoir sur des terrains gagnés en compressant les millions de tonnes de déchets dans la mer. Un monde d'affairisme glauque, environné de dorures et les pieds dans les ordures. »
Charif Majdalani aime son pays et nous livre ici un témoignage absolument bouleversant et un portrait cinglant de ce Liban en déroute.
« Nous ne partirons pas de ce pays, nous resterons ici, nous serons de nouveau heureux, nous rirons de nouveau, et si les salauds que vous protégez ne partent pas , eux
, nous irons boire et danser sur leurs tombes. »
Un livre poignant !
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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maevedefrance
  24 avril 2021

Le livre porte en sous-titre "Journal d'un effondrement". le monde entier connaît aujourd'hui ce qu'il s'est passé le 4 août 2020 à 18h07. Mais quel gouvernement s'est un instant préoccupé de la situation du peuple libanais ces dernières années ? Aucun. Ici, en France, par-ci, par-là, quelques articles de presse mentionnant la dévaluation de la livre libanaise et l'effondrement économique progressif du pays. Mais certainement pas à la Une des médias comme ce fut le cas quelques semaines. Ensuite, même le président Macron est allé réprimander le gouvernement libanais, avec tout ce que cela a de ridicule, vu de France, de mon point du vue.

Le livre de Charif Majdalani tombe à point nommé pour qui veut en savoir davantage ce qui s'est passé au Liban ces trente dernières années. Ou du moins avoir quelques informations sur la situation du pays avant l'explosion sur le port de Beyrouth. L'auteur lui-même ne pouvait imaginer la tournure qu'allait prendre son récit. Pourquoi en est-on arrivé à un tel désastre ?

Charif Majdalani a entrepris son journal pendant l'été 2020, le 1er juillet. Pour témoigner du quotidien, dans un Liban ruiné par la crise économique et en pleine crise sanitaire due à la pandémie du Covid-19.

A première vue, la vie est normale : "Les embouteillages ne sont pas pire que naguère, bien que les feux de signalisation soient éteints avec la pénurie de courant électrique." Ah bon, une pénurie électrique ? Oui ! Une pénurie électrique qui entrave beaucoup la vie quotidienne des habitants. Mais, rien n'est impossible dans un pays au gouvernement corrompu ! Il faut masquer les failles. Alors on peut obtenir son permis de conduire sans avoir le Code ! "(...) Ma fille a obtenu son permis de conduire dans les conditions les plus absurdes, l'absence d'électricité dans le centre d'examen l'ayant empêchée de passer le test du Code de la route." La ville n'est que partiellement illuminée la nuit tombée. du moins ETAIT. "Il n'y a plus d'électricité depuis quelques jours. Quand on tend l'oreille, on s'aperçoit que le ronron des générateurs peuple la nuit jusque dans ses tréfonds. On s'y est accoutumés, il est devenu comme une part de la texture même de l'obscurité. Certains générateurs s'arrêtent à minuit, d'autres pas. Quoi qu'il en soit, à partir de minuit, les routes deviennent des gouffres insondables (...) L'effondrement du secteur de l'électricité est le plus emblématique de la faillite générale de l'Etat. Durant trente ans, aucun des gouvernements successifs n'est parvenu ou n'a voulu parvenir à moderniser les réseaux et reformer l'ensemble de cette administration." Charif Majdalani explique qu'il s'agit d'un problème d'entente entre les différents chefs des partis au pouvoir. "Selon les chiffres qui circulent, quarante milliards de dollars se seraient ainsi volatilisés entre chantiers de centrales qui se sont avérées inopérantes, importation opaque d'électricité de Syrie, location à des prix incontrôlables de centrales ambulantes turques. Quarantaine milliards de dollars qui auraient suffit à éclairer la moitié de l'Afrique, et qui n'ont pas permis, en trente ans, d'offrir autre chose que quelques malheureuses heures de courant quotidien à un aussi petit pays que le Liban. Entre-temps, il a bien fallu s'organiser. S'est ainsi développée une offre privée, celle des générateurs de quartier alimentant les maisons et les entreprises. Comble de l'absurde : l'un des divers gouvernements qui se sont succédé a décidé, au début 2019, de contrôler ces entreprises privées. Autrement dit l'Etat s'est mis à réglementer et à taxer un service illégal instauré pour pallier ses propres carrences."
Les banques ? C'est devenue une chose impossible. On l'a bien compris avec quelques autres blogueuses en voulant aider une famille à restaurer ce qu'il restait de son appartement qu'il y avait un problème avec les banques libanaises. On va dire que l'essentiel est que l'argent est arrivé mais sans passer par elles. Tout virement sur un compte libanais est refusé. Même si vous êtes en France.L'auteur décrit sa perte de temps à tenter x combines : "Je passe ma journée à courir d'une banque à l'autre, à convertir des dollars en livres selon le taux officiel, puis à compare ce dernier à celui des banques, puis, à celui des changeurs, puis à celui du marché noir, à faire des calculs, à planifier des dépenses moitié en chèque, moitié en liquide, avant de m'embrouiller et d'envoyer tout paître."

La pauvreté croît à vue d'oeil, même chez ceux qui vivaient bien, les licenciements vont bon train, les suicides aussi... La souffrance psychique due à la situation du pays obligent certains à prendre des psychotropes, à cela s'ajoute la crise sanitaire qui en rajoute une couche.

La pauvreté des Libanais, mais aussi de ceux qui viennent des pays voisins. Notamment de Syrie. du moins c'est ce que disent ce que disent ces êtres humains qui mendient dans les rues de Beyrouth. Certains disent venir d'Alep. Mais rien n'est sûr. Des Nawars ? "ce peuple mystérieux dont certains considèrent les membres comme des cousins asiatiques des Roms. (...). il est certain que, depuis quelques années, ils ont été supplantés dans les rues par l'immense déploiement d'une population de nouveaux mendiants." Des enfants, des femmes, des vieillards syriens font partie du paysage urbain de la mendicité, chassés de leur pays par la guerre civile. "Mais nombre d'entre eux sont nés ici, dans des chantiers abandonnés, des squats ou dans la rue, et sont donc totalement apatrides, abandonnés à eux-mêmes (...) La natalité dans ce milieu est apparemment vertigineuse. L'Etat libanais ne s'en est pourtant jamais préoccupé, laissant croître la misère, la violence domestique, l'ignorance et sans doute la drogue et la prostitution."

Charif Majdalani évoque également les problèmes d'écologie. La destruction des paysages, des forêts des montagnes par les guerres. Mais pas que. Par ce qu'ont fait les gouvernements successifs, les magouilles de grande ampleur, l'afflux d'argent sale provenant de la vente d'armes, et de drogues régenté par des milices... Depuis trente ans, "le pays tout entier est devenu la chasse gardée de la caste des oligarques au pouvoir, qui a établi avec les citoyens une relation de nature mafieuse". Les anciens chefs de guerre ou leurs descendants se partagent le pouvoir, notamment "le plus dangereux de tous, le Hezbollah, encore armé sous prétexte de résistance contre l'occupation israélienne dans les provinces du Sud alors qu'il n'y a plus d'Israéliens depuis quinze ans".

On pense à peu près avoir touché le fond. Et pourtant, le pire du pire est arrivé. L'auteur ne pouvait pas le savoir lui non plus. Si je vous dis que les dernières pages du livre sont pleines d'émotion, c'est comme enfoncer une porte ouverte.

On sort de cette lecture révolté et ému. Mais aussi en ayant appris quelque chose ! Un livre qui contient un récit fort, qui n'est pas une fiction, bien malheureusement, mais la réalité insupportable bien loin de la petite Suisse du Romantisme.

Je n'avais jamais lu d'écrits de cet auteur, par ailleurs enseignant à l'université Saint-Joseph de Beyrouth. J'ai encore appris beaucoup de choses sur la situation complexe de ce pays.


Lien : http://milleetunelecturesdem..
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critiques presse (4)
Telerama   07 décembre 2020
L’écrivain libanais avait commencé l’écriture d’un “faux journal” avant la catastrophe du 4 août dernier. Et puis, d’un coup, la réalité a rattrapé la fiction… Son récit “Beyrouth 2020, Journal d'un effondrement”, prix spécial du jury Femina 2020, raconte le naufrage de son pays.

Lire la critique sur le site : Telerama
FocusLeVif   09 novembre 2020
Le grand écrivain libanais Charif Majdalani dénonce dans Beyrouth 2020. Journal d'un effondrement le cycle délétère des arrangements communautaires au Liban.

Lire la critique sur le site : FocusLeVif
LePoint   21 octobre 2020
Dans son « Beyrouth 2020 », l'écrivain libanais Charif Majdalani nous immerge dans le quotidien meurtri de sa capitale.
Lire la critique sur le site : LePoint
LesInrocks   30 septembre 2020
Dans Beyrouth 2020, le Libanais Charif Majdalani livre un précieux témoignage sur la vie quotidienne au Liban durant l’été 2020, alors que les catastrophes s’accumulent.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   17 décembre 2020
Lorsque nous avons parlé des poubelles qui ne sont plus ramassées depuis quelques jours, les dieux de l’Olympe ont fait leur travail et un ancien bouquiniste a détourné le sujet en racontant comment il lui arrivait parfois d’acheter des fonds de livres entiers, des centaines et des centaines d’ouvrages, dont certains sans aucune valeur qu’il portait alors lui-même jusqu’aux plus proches bennes à ordures du quartier, avant de les voir revenir quelques jours plus tard, proposés à la vente par des chiffonniers qui les y avaient récupérés. Il a donc pris le parti de jeter ce genre d’acquisitions inutiles dans des décharges plus lointaines, dans d’autres quartiers, mais les livres revenaient, inévitablement, comme par sortilège, ou comme une farce que lui aurait réservée quelque dieu rigolard.
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palamedepalamede   23 décembre 2020
La plupart des pères fondateurs de l’État libanais étaient poètes, écrivains, juristes. Mais c’étaient aussi des hommes d’affaires avisés, et des banquiers sourcilleux, lecteurs de Hugo et de Heredia, mais aussi du Commerce du Levant, le vénérable et encore efficace magazine économique fondé à leur époque. Selon Le Commerce du Levant de cette semaine, plus de deux mille entreprises commerciales ont fermé leurs portes ce dernier mois, deux cents pharmacies, ainsi que des enseignes internationales fameuses qui quittent définitivement le pays ...
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Cricri124Cricri124   29 mars 2021
Durant les années 2008 et 2009, une publicité financée par des groupes écologiques représentait le Liban sous les traits d’une superbe jeune femme recevant progressivement des coups, des blessures, des plaies, des échardes, jusqu’à en être défigurée et rendue horrible à voir. La publicité choqua, et on l’interdit. Pourtant, le visage défiguré du pays était sous nos yeux en permanence et le travail de destruction tous les jours accru.
(Chapitre 31)
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palamedepalamede   25 décembre 2020
Et puis subitement, l’invisible méchante chose fait aussi son apparition pour participer à la fête, et se démultiplie, parce qu’ici on ne se soucie pas de distanciation, on est riche, on se croit protégé même des virus. En une journée, les clubs, les restaurants et les pubs se vident, la musique assourdissante se tait, les chalets sont refermés à la hâte, les montagnes retrouvent leur paix millénaire. 
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palamedepalamede   21 décembre 2020
Le hasard a quelque chose de romanesque, voire de tragique. C’est il y a cent ans exactement, en 1920, que l’État libanais a été fondé, et on ne peut que rester rêveur devant l’ironie du sort qui fait advenir la ruine d’un pays à la date même de sa naissance, et au moment même où l’on s’apprête à en célébrer le centenaire. 
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Vidéo de Charif Majdalani
Ryoko Sekiguchi 961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent) éditions P.O.L - où Ryoko Sekiguchi tente de dire de quoi est composé son livre "961 heures à Beyrouth (et 321 plats qui les accompagnent)"et où il est notamment question de Moyen Orient et d'Extrême Orient, de la Maison des écrivains de Beyrouth et de Charif Majdalani, de Mezze et de Kébbé, de cuisine et de la guerre, de Beyrouth et de Tokyo, à l'occasion de sa parution aux éditions P.O.L, à Paris le 18 mars 2021 "Je suis restée à Beyrouth presque un mois et demi, du 7 avril au 15 mai 2018, 961 heures au total. Je voulais réaliser le portrait de la ville à travers la cuisine : les gestes de ceux qui la font, les histoires racontées par les Beyrouthins… La cuisine est le seul outil que je possède pour me rapprocher d'une ville. Tant qu'il y aura des gens pour la préparer, dans leur pays ou en terre d'exil, pour prendre des forces. Pour une table idéale." 361321
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