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EAN : 978B09N7K8RK3
Grasset (05/01/2022)
3.55/5   42 notes
Résumé :
Elles sont « de bonne famille », « bien élevées. » Collégiennes à Notre Dame de l’Annonciation. Elles pourraient aussi bien être dans n’importe quelle institution d’une autre religion ou un très bon collège de la République. Elles ont treize ans, elles sont insoupçonnables. Elles n’ont que le désir en tête.
La narratrice, qui a treize ans, rêve des garçons, de leur sexe, de faire l’amour avec eux. Toutes en parlent. Il y a bien sûr la peur, que les religieuse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Kittiwake
  17 mai 2022
A peine sortie de l'enfance, la jeune fille qui nous confie ses pensées les plus intimes est tourmentée par sa relation aux garçons. Au -delà de l'éveil des sens et des bouleversements hormonaux propres à cette période de la vie, l'attirance naturelle répond en miroir au désir de plaire ou plutôt à la crainte de ne pas être désirable.
Dans ce domaine, l'apparence et les conventions sociales viennent ajouter une complexité aux relations qui se créent. Avec les autres filles, concurrentes ou inoffensives, bonnes copines ou traîtres, sans que ces rôles aient quoi que ce soit de définitif. Avec les garçons, à travers les tentatives plus ou moins audacieuses d'enrichir le champ de son inexpérience, quitte à se forger une personnalité de « pute ».
L'environnement est particulier puisque le roman se déroule au sein d'une institution religieuse que la mixité tarde à atteindre. Les mises en garde et la surveillance des chastes professeurs se doublent des préconisations des parents qui semblent plus concernés par le respect des conventions sociales visant à ne pas se compromettre avec des fréquentations jugées indignes que par la conduite sexuelle de leurs filles.
Je ne suis pas adepte de ces romans d'apprentissage contemporains, en raison de la crudité de leur propos. Celui-ci offre l'avantage d'ouvrir sur l'aspect social qui sous-tend les comportements et l'impact ces réseaux sociaux, incontournables dans la vie de nos ados.
176 pages Grasset 5 janvier 2022
Sélection POL 2022

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Christophe_bj
  08 janvier 2022
La narratrice nous raconte le début de son adolescence dans un collège catholique d'une ville qui n'est jamais nommée mais qui selon toute apparence est Beyrouth. Cette école regroupe les filles des « meilleures familles de la ville », qui sont toutes francophones, et quelques-uns de leurs frères, l'institution s'ouvrant prudemment à la mixité. Il est principalement question des premiers frémissements de la sexualité et des rapports claniques des jeunes élèves, sur fond de grandes inégalités sociales dont le premier révélateur paraît être la langue parlée : français avec le moins d'accent possible pour l'élite ; arabe pour les autres. ● La première qualité de cette oeuvre est le style : sa perfection un peu trop classique n'en est pas moins remarquable pour un premier roman. On aurait cependant aimé entendre la langue du peuple qui est évoquée sans être citée ; cela aurait pu rompre l'ordonnancement un peu trop académique de la prose. ● On est dans le roman d'initiation : la narratrice, à treize ans, cherche à connaître les mystères du corps (du « goût ») des garçons et ceux de la sexualité dans les moindres détails, et les ragots de ses amies – qui peuvent à tout moment devenir ennemies – ne lui suffisent pas longtemps. Elle devine aussi la puissance qu'elle peut exercer sur l'autre sexe et a envie de s'en servir. ● Les luttes de pouvoir pour faire partie des filles les plus populaires, qui impliquent d'être dessalée sans pour autant courir le risque d'être considérée comme une « pute », sont finalement assez proches des luttes des adultes. ● Tout cela est très bien raconté et suscite et maintient l'intérêt du lecteur. Un premier roman réussi, une autrice à suivre !
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hcdahlem
  03 mai 2022
«Sa seule obsession, c'est le sexe»
Avec ce premier roman qui raconte comment une fille de treize ans part avec avidité à la découverte de la sexualité, Joy Majdalani réussit une entrée remarquée en littérature. Et nous offre un chant de liberté.
La narratrice de ce premier roman a treize ans. Pour elle, comme pour bon nombre de ses copines du Pensionnat Notre Dame de l'Annonciation, il n'y a désormais qu'un seul sujet de conversation qui vaille la peine, le sexe et ses mystères.
Une obsession que l'on peut analyser de trois manières complémentaires et qui donnent à ce parcours initiatique toute sa densité. Si la jeune fille est tant travaillée par ce sujet, c'est d'abord pour des causes physiologiques. Les bouleversements anatomiques qui surviennent avec la puberté donnent l'occasion à toutes les pensionnaires de se pencher sur leur corps et celui de leurs copines de classe, de voir les seins «à la fermeté intrigante» pousser, les hanches s'arrondir, la pilosité gagner du terrain. C'est ce «caractère sexuel secondaire» qui va du reste effrayer le plus la narratrice qui, tout au long du roman, va traquer tous les poils. le moindre d'entre eux devenant le symbole de la disgrâce. Cette exploration ne va du reste pas s'arrêter au sexe féminin. Il faut désormais essayer de comprendre comment fonctionnent les garçons, quel est ce mystère qui fait raidir leur membre. Après les caresses et cette étape initiatique que constitue un baiser avec la langue, il va falloir pousser plus avant le côté tactile, offrir ses seins à la main d'un garçon en échange de la caresse de ce qu'elles prennent déjà comme une transgression d'appeler une bite.
La seconde lecture est celle du roman de formation. Au fil des pages, l'enfance s'éloigne, la naïveté - quand ce n'est pas l'ignorance - et remplacée par une inextinguible soif de savoir, de connaître. Et de franchir très vite les étapes, quitte à se fourvoyer: «Nous prenions le viol pour une libération forcée. Nous imaginions le beau chevalier blond qui abattrait d'un coup d'épée les portes scellées pour nous arracher aux bras étouffants de nos mères.» Fort heureusement, ces voeux restent pieux et tiennent davantage du fantasme que de la réalité.
Ce qui nous amène au troisième niveau de lecture, sociologique. Car l'irruption du désir est aussi marquée par de nouvelles alliances, par la construction d'un réseau, d'une bande de copines, les «Dangereuses», qui vont rivaliser pour s'octroyer la place la plus enviée, quitte à mentir, quitte à trahir. C'est ainsi que Bruna va endosser un faux profil sur internet pour piéger sa copine. Mais, elle ne lui en tiendra pas vraiment rigueur, car «les histoires d'amour torrides qu'elle me rapportait tous les lundis alimentaient mes grandes théories sur ce qui plaisait ou non.»
Il en ira de même avec la belle Ingrid, celle qu'il fallait à tout prix côtoyer pour avoir droit au statut de fille intéressante. Car la «suceuse» pouvait partager son expérience, raconter «ce qu'il fallait faire une fois qu'on nous avait enfoncé l'objet dans la bouche, la position de la langue, des dents, le degré de succion qu'il fallait administrer.» Et si en fin de compte «son tutoriel expéditif ne m'apprit rien et ne fit que me frustrer davantage», elle aura apporté une pierre de plus à la construction d'une sexualité plus libre.
Car Joy Majdalani, derrière ce récit construit avec l'avidité qui caractérise cet âge des grandes mutations, montre une voie vers l'émancipation. Faisant fi des préceptes religieux et des diktats familiaux, il s'agit de s'armer pour s'offrir un meilleur futur. Un premier roman très réussi!

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Bazart
  19 avril 2022
La narratrice de ce premier roman a 13 ans et elle est prete à tout pour ressentir le grand frisson de l'amour
L'objet de son désir : le garçon. Idéalisé, objectivé, essentialisé ; sa valeur croît ou décroît selon la popularité de la fille qui le veut.
Un texte joliment insolent entre légereté et gravité entre deux injonctions totalement contradictoire à l'innocence et à l' hypersexualisation .
La jeune romancière réussit avec une belle réussite à décrire avec énormément de justesse le passage à l'adolescence, et en révéler tous les contrastes et les ambivalences. Joy Majdalani, par son écriture fiévreuse et magistrale, met un sacré coup de pied dans la forumillère du récit iniatique adolescent, souvent la tarte à la creme des premiers romans.
Sous couvert de légèreté, ce court texte nous parle aussi de la violence infligée aux corps féminins pour les conformer à un idéal esthétique occidental et des différentes classes sociales qui peuplent Beyrouth et qui jamais ne se croisent.
On l'aime beaucoup, cet incandescent « Goût des garçons »…


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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lecoindesmots
  24 février 2022
Ah ! L'adolescence ! Les hormones en ébullition, le corps chauffé à blanc, les neurones qui ne pensent qu'à ça, l'envie de découvertes, de corps qui se cherchent et se trouvent, parfois.
Si tu as la chance d'être un garçon, à l'adolescence, on dira de toi que c'est normal, que tu te cherches, que le corps a besoin d'exulter. Il faut que jeunesse se fasse. Mais gare à toi si tu es une fille. Petite traînée, n'as-tu pas honte de ces pensées impures ? Ton corps, ne le montre pas. le plaisir? Ne le prends pas. Couvre-toi, ma fille, tu n'es pas une salope !
Elles aussi, pourtant, elles ont le feu au ventre. Les filles de treize ans. Enfermées dans les carcans de leur éducation puritaine, qui leur dit que croquer les garçons, ce n'est pas bon. Pourtant, à treize ans, notre jeune narratrice ne rêve que de ça.
On n'est pas sérieux à cet âge-là. On envoie tout balader, on repousse les limites, on se gargarise d'avoir franchi les interdits. On commence à se construire une identité propre, différenciée de celle de ses parents. On tend le bras dans l'espoir de caresser l'interdit, ce continent inexploré, ce corps de l'autre qui recèle de plaisirs imaginés et inconnus.
À l'aide d'une plume crue, brutale, jubilatoire et parfois dérangeante, Joy Majdalani nous raconte les débuts de l'adolescence dans un collège catholique d'une ville jamais nommée. Beyrouth ? Peut-être. Mais finalement, peu importe. Les filles de treize ans rêvent toutes de mordre à pleine dents dans la chair. Tout comme les garçons. Et les injonctions qu'elles reçoivent sont toujours, plus ou moins les mêmes, où que nous nous trouvions.
Un récit qui bouscule, une plume acérée qui libère, un vocabulaire qui heurte. Bref, un roman qui ne laisse pas indifférent.
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   24 mars 2022
Sous la plume de Joy Majdalani, "Le goût des garçons" ou les joies et les peines de jeunes filles candides avant d'être cruelles.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   24 mars 2022
Le premier roman de Joy Majdalani cherche le scandale et ne révèle qu'un talent étourdissant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
RadioFranceInternationale   17 janvier 2022
Le premier roman de Joy Majdalani raconte l’intensité du désir naissant des adolescentes pour les garçons dans le contexte privilégié d’une institution catholique de Beyrouth, au Liban.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   17 mai 2022
Chaque mère y allait de son style individuel. Au sujet de l’éducation des jeunes filles, chacune avait échafaudé un système de croyances contre lequel nous ne pouvons rien. Des années d’observations sociales minutieuses et une amertume tenace contre leur propre mère leur avait servi de laboratoire. Elles en avaient tiré un manifeste éducatif qui stipulait en termes très précis quand et comment autoriser les filles à porter des talons, s’épiler, ou sortir sans supervision.
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joellebooksjoellebooks   22 mars 2022
Incipit :
Je vous parle de ces filles qui m’ont donné le goût des garçons.
Au fond de notre classe de 5ème, près du radiateur, des fenêtres, somnolent les Dangereuses : Soumaya, Ingrid et leur bande. L’uniforme du collège Notre-Dame de l’Annonciation enveloppe les fesses et les seins neufs. L’affreuse jupe portefeuille retroussée jusqu’au-dessus des genoux, une provocation quotidienne lancée à la surveillante : un apprentissage de désobéissance civile – une organisation souterraine, en maquis, la force du nombre en recours contre ce cerbère aux portes du collège, mesurant la longueur du tissu sur les cuisses et qui tous les jours peut punir deux ou trois déviantes, pas plus. Les autres sont laissées libres alors que leurs sœurs martyres sont cloîtrées à l’Aumônerie, attendant que leurs parents viennent les récupérer.
Au centre de la classe, le fief des insignifiantes. Chaussettes hautes bordées de dentelle, lunettes orange ou vertes, peu sexuelles, duvets de moustaches, sous-pulls en flanelle portés sous la chemise, imposés par une mère inquiète, de celles qui préparent les goûters à la symétrie militaire, qui ne laissent au vice aucun espace où fleurir. On reconnaît leurs filles à la lenteur qu’elles mettent à quitter cette zone de transit qu’on appelle l’âge ingrat, se laissant couver dans cet entre-deux, tandis que leurs nez, pressés de rejoindre l’âge adulte, se contorsionnent en déformations bizarres, qui préfigurent, au milieu d’un visage poupin, les grandes métamorphoses à venir.
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joellebooksjoellebooks   22 mars 2022
Nos mères cherchaient, à tâtons, ces brèches à travers lesquelles la tentation pourrait se faufiler. Elles nous interrogeaient sur les habitudes de nos camarades et de leurs parents, se délectaient de nos petites délations autour de la table du dîner. Les soupçons se portèrent rapidement sur Bruna, dont la mère, divorcée, vivait à l’occidentale.
Il faut dire que les vantardises de Bruna accablaient sa mère, qui avait également le tort d’être plus jeune que les autres mamans. Pour ses treize ans, Bruna racontait à tout le monde qu’elle avait reçu de sa génitrice son premier préservatif : un de ces gadgets touristiques agrémentés d’une tour Eiffel, qu’elle me montra dans sa chambre un après-midi. C’était la première fois que j’en voyais un. Au cours des mois qui suivirent, Bruna me fit découvrir bien des choses que je voyais pour la première fois, m’apprit des mots que je rougissais de répéter. On me l’avait désignée comme mauvaise fréquentation. Je m’étais précipitée vers elle pour raviver notre amitié ancienne, dans l’espoir de me faire éclabousser par cette influence et les sombres dangers qu’elle portait.
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TroubleBibliomaneTroubleBibliomane   31 janvier 2022
Le désir que je rêvais de susciter n’avait pas de finalité précise. Je voulais être de celles qui causent des ébranlements incontrôlés. Les héroïnes des histoires racontées avaient la beauté violente qui provoque guerres et enlèvements. Une beauté pousse-au-crime. Là était mon programme. Nous en parlions sans honte : nous voulions d’un désir qui fasse perdre le contrôle.
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lecoindesmotslecoindesmots   10 février 2022
Les jeunes filles n’ont pas leur mot à dire dans ces grandes batailles. Elles en sont le butin. plus il est inaccessible, plus il est précieux. Nos corps servent à mesurer les prouesses guerrières des garçons. Notre corps fait résonner la geste épique de ceux qui nous conquièrent. L’épopée de leurs désirs nous a tant de fois été contée. Nous connaissons la bravoure qu’il leur faut déployer. On nous a dit d’applaudir en écoutant l’histoire du garçon qui finit par obtenir la fille. Notre rôle est de résister, puis de céder, à l’usure.
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Vidéo de Joy Majdalani
Parler de la sexualité des jeunes garçons, on le fait avec humour, tandis que chez les filles, adresser le sujet sans sexualiser à l'excès n'a pas souvent été fait. En 2004, lorsqu'elle publie son premier roman "Hell", Lolita Pille est confrontée à un défoulement médiatique : si pour certains elle décrit habilement la jeunesse désabusée du début des années 2000, beaucoup s'accordent à la juger obscène, prolophobe et trop ouvertement sexuelle.
Discréditée dans les sphères littéraires de Saint-Germain-des-Près, elle revient aujourd'hui sur son adolescence et la parution de ce premier roman avec une autofiction féministe subtile dans les pas de Virginia Woolf : "Une féministe est n'importe quelle femme qui dit la vérité sur sa vie”.
"Une Adolescence" (Stock, 2022) fait le récit d'une jeunesse vécue à tâtons, où le désir bourgeonne avec difficulté contre la tempête d'une société misogyne.
Inspirée par Lolita Pille, Joy Majdalani livre de son côté "Le Goût des garçons" (Grasset, 2022), un roman sur la naissance du désir chez une adolescente de 13 ans, étudiante d'un collège catholique libanais.
#littérature #femmes #franceculture _____________
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