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EAN : 978B09N7K8RK3
Grasset (05/01/2022)
3.47/5   84 notes
Résumé :
Elles sont « de bonne famille », « bien élevées. » Collégiennes à Notre Dame de l’Annonciation. Elles pourraient aussi bien être dans n’importe quelle institution d’une autre religion ou un très bon collège de la République. Elles ont treize ans, elles sont insoupçonnables. Elles n’ont que le désir en tête.
La narratrice, qui a treize ans, rêve des garçons, de leur sexe, de faire l’amour avec eux. Toutes en parlent. Il y a bien sûr la peur, que les religieuse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 84 notes
A peine sortie de l'enfance, la jeune fille qui nous confie ses pensées les plus intimes est tourmentée par sa relation aux garçons. Au -delà de l'éveil des sens et des bouleversements hormonaux propres à cette période de la vie, l'attirance naturelle répond en miroir au désir de plaire ou plutôt à la crainte de ne pas être désirable.

Dans ce domaine, l'apparence et les conventions sociales viennent ajouter une complexité aux relations qui se créent. Avec les autres filles, concurrentes ou inoffensives, bonnes copines ou traîtres, sans que ces rôles aient quoi que ce soit de définitif. Avec les garçons, à travers les tentatives plus ou moins audacieuses d'enrichir le champ de son inexpérience, quitte à se forger une personnalité de « pute ».

L'environnement est particulier puisque le roman se déroule au sein d'une institution religieuse que la mixité tarde à atteindre. Les mises en garde et la surveillance des chastes professeurs se doublent des préconisations des parents qui semblent plus concernés par le respect des conventions sociales visant à ne pas se compromettre avec des fréquentations jugées indignes que par la conduite sexuelle de leurs filles.

Je ne suis pas adepte de ces romans d'apprentissage contemporains, en raison de la crudité de leur propos. Celui-ci offre l'avantage d'ouvrir sur l'aspect social qui sous-tend les comportements et l'impact ces réseaux sociaux, incontournables dans la vie de nos ados.

176 pages Grasset 5 janvier 2022
Sélection POL 2022

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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La narratrice nous raconte le début de son adolescence dans un collège catholique d'une ville qui n'est jamais nommée mais qui selon toute apparence est Beyrouth. Cette école regroupe les filles des « meilleures familles de la ville », qui sont toutes francophones, et quelques-uns de leurs frères, l'institution s'ouvrant prudemment à la mixité. Il est principalement question des premiers frémissements de la sexualité et des rapports claniques des jeunes élèves, sur fond de grandes inégalités sociales dont le premier révélateur paraît être la langue parlée : français avec le moins d'accent possible pour l'élite ; arabe pour les autres. ● La première qualité de cette oeuvre est le style : sa perfection un peu trop classique n'en est pas moins remarquable pour un premier roman. On aurait cependant aimé entendre la langue du peuple qui est évoquée sans être citée ; cela aurait pu rompre l'ordonnancement un peu trop académique de la prose. ● On est dans le roman d'initiation : la narratrice, à treize ans, cherche à connaître les mystères du corps (du « goût ») des garçons et ceux de la sexualité dans les moindres détails, et les ragots de ses amies – qui peuvent à tout moment devenir ennemies – ne lui suffisent pas longtemps. Elle devine aussi la puissance qu'elle peut exercer sur l'autre sexe et a envie de s'en servir. ● Les luttes de pouvoir pour faire partie des filles les plus populaires, qui impliquent d'être dessalée sans pour autant courir le risque d'être considérée comme une « pute », sont finalement assez proches des luttes des adultes. ● Tout cela est très bien raconté et suscite et maintient l'intérêt du lecteur. Un premier roman réussi, une autrice à suivre !
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«Sa seule obsession, c'est le sexe»

Avec ce premier roman qui raconte comment une fille de treize ans part avec avidité à la découverte de la sexualité, Joy Majdalani réussit une entrée remarquée en littérature. Et nous offre un chant de liberté.

La narratrice de ce premier roman a treize ans. Pour elle, comme pour bon nombre de ses copines du Pensionnat Notre Dame de l'Annonciation, il n'y a désormais qu'un seul sujet de conversation qui vaille la peine, le sexe et ses mystères.
Une obsession que l'on peut analyser de trois manières complémentaires et qui donnent à ce parcours initiatique toute sa densité. Si la jeune fille est tant travaillée par ce sujet, c'est d'abord pour des causes physiologiques. Les bouleversements anatomiques qui surviennent avec la puberté donnent l'occasion à toutes les pensionnaires de se pencher sur leur corps et celui de leurs copines de classe, de voir les seins «à la fermeté intrigante» pousser, les hanches s'arrondir, la pilosité gagner du terrain. C'est ce «caractère sexuel secondaire» qui va du reste effrayer le plus la narratrice qui, tout au long du roman, va traquer tous les poils. le moindre d'entre eux devenant le symbole de la disgrâce. Cette exploration ne va du reste pas s'arrêter au sexe féminin. Il faut désormais essayer de comprendre comment fonctionnent les garçons, quel est ce mystère qui fait raidir leur membre. Après les caresses et cette étape initiatique que constitue un baiser avec la langue, il va falloir pousser plus avant le côté tactile, offrir ses seins à la main d'un garçon en échange de la caresse de ce qu'elles prennent déjà comme une transgression d'appeler une bite.
La seconde lecture est celle du roman de formation. Au fil des pages, l'enfance s'éloigne, la naïveté - quand ce n'est pas l'ignorance - et remplacée par une inextinguible soif de savoir, de connaître. Et de franchir très vite les étapes, quitte à se fourvoyer: «Nous prenions le viol pour une libération forcée. Nous imaginions le beau chevalier blond qui abattrait d'un coup d'épée les portes scellées pour nous arracher aux bras étouffants de nos mères.» Fort heureusement, ces voeux restent pieux et tiennent davantage du fantasme que de la réalité.
Ce qui nous amène au troisième niveau de lecture, sociologique. Car l'irruption du désir est aussi marquée par de nouvelles alliances, par la construction d'un réseau, d'une bande de copines, les «Dangereuses», qui vont rivaliser pour s'octroyer la place la plus enviée, quitte à mentir, quitte à trahir. C'est ainsi que Bruna va endosser un faux profil sur internet pour piéger sa copine. Mais, elle ne lui en tiendra pas vraiment rigueur, car «les histoires d'amour torrides qu'elle me rapportait tous les lundis alimentaient mes grandes théories sur ce qui plaisait ou non.»
Il en ira de même avec la belle Ingrid, celle qu'il fallait à tout prix côtoyer pour avoir droit au statut de fille intéressante. Car la «suceuse» pouvait partager son expérience, raconter «ce qu'il fallait faire une fois qu'on nous avait enfoncé l'objet dans la bouche, la position de la langue, des dents, le degré de succion qu'il fallait administrer.» Et si en fin de compte «son tutoriel expéditif ne m'apprit rien et ne fit que me frustrer davantage», elle aura apporté une pierre de plus à la construction d'une sexualité plus libre.
Car Joy Majdalani, derrière ce récit construit avec l'avidité qui caractérise cet âge des grandes mutations, montre une voie vers l'émancipation. Faisant fi des préceptes religieux et des diktats familiaux, il s'agit de s'armer pour s'offrir un meilleur futur. Un premier roman très réussi!


Lien : https://collectiondelivres.w..
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Merci à Lecteurs.com et aux éditions Grasset de m'avoir permis la lecture de ce bon roman .Une jeune fille de 13 ans ne rêve que d'une chose ,rencontrer un garçon pour y gouter .Elle nous livre ses fantasmes ,ses envies ,ses désillusions de manière assez crue ,ne s'embarassant d'aucunes retenues .Alors tout est bon pour parvenir à ses fins même si c'est pas du goût de tout le monde .Un roman sur l'adolescence et ses premiers émois qui « ne tourne pas autour du pot » .
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La narratrice de ce premier roman a 13 ans et elle est prete à tout pour ressentir le grand frisson de l'amour

L'objet de son désir : le garçon. Idéalisé, objectivé, essentialisé ; sa valeur croît ou décroît selon la popularité de la fille qui le veut.

Un texte joliment insolent entre légereté et gravité entre deux injonctions totalement contradictoire à l'innocence et à l' hypersexualisation .

La jeune romancière réussit avec une belle réussite à décrire avec énormément de justesse le passage à l'adolescence, et en révéler tous les contrastes et les ambivalences. Joy Majdalani, par son écriture fiévreuse et magistrale, met un sacré coup de pied dans la forumillère du récit iniatique adolescent, souvent la tarte à la creme des premiers romans.

Sous couvert de légèreté, ce court texte nous parle aussi de la violence infligée aux corps féminins pour les conformer à un idéal esthétique occidental et des différentes classes sociales qui peuplent Beyrouth et qui jamais ne se croisent.

On l'aime beaucoup, cet incandescent « Goût des garçons »…



Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique
24 mars 2022
Sous la plume de Joy Majdalani, "Le goût des garçons" ou les joies et les peines de jeunes filles candides avant d'être cruelles.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro
24 mars 2022
Le premier roman de Joy Majdalani cherche le scandale et ne révèle qu'un talent étourdissant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
RadioFranceInternationale
17 janvier 2022
Le premier roman de Joy Majdalani raconte l’intensité du désir naissant des adolescentes pour les garçons dans le contexte privilégié d’une institution catholique de Beyrouth, au Liban.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
Chaque mère y allait de son style individuel. Au sujet de l’éducation des jeunes filles, chacune avait échafaudé un système de croyances contre lequel nous ne pouvons rien. Des années d’observations sociales minutieuses et une amertume tenace contre leur propre mère leur avait servi de laboratoire. Elles en avaient tiré un manifeste éducatif qui stipulait en termes très précis quand et comment autoriser les filles à porter des talons, s’épiler, ou sortir sans supervision.
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Au centre de la classe, le fief des insignifiantes .Chaussettes hautes bordées de dentelle ,lunettes orange ou vertes ,peu sexuelles , duvets de moustache , sous-pulls en flanelle portés sous la chemise, imposés par une mère inquiète ,de celles qui préparent des goûters à la symétrie militaire, qui ne laisse au vice aucun espace pour fleurir .
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J'avais appris, depuis, que les pantalons des garçons ne se deboutonnaient pas encore .Tout juste avait-on tâté le tissu là où il enflait .Je m'interrogeais beaucoup sur les caractéristiques de cette rigidité-là : serait-elle osseuse, comme un poignet ou musculaire comme un mollet ? Il fallait absolument le savoir car si l'opportunité, inattendue et belle ,se présentait à moi, il faudrait que je puisse l'empoigner sans risquer de la confondre avec un os ou un téléphone portable .
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J'ai longtemps espéré un viol.
Je vous parle de l'enfance dorlotée qui ignore tout de la prédation des hommes. Ca remonte à la préhistoire du sexe.
Un récit d'un autre temps.
Un récit empêché par ce que je sais aujourd'hui de la violation des corps. Tout cela m'interdit le souvenir. Il me suffit pourtant de traverser sans frémir ce rideau de honte pour retrouver, intacte, la mémoire de cet espoir inaugural, la porte dérobée par laquelle j'accédai à la sexualité.
Un souvenir encombrant.
Que faire aujourd'hui de cette très jeune fille en uniforme catholique qui, confondant entre eux les interdits, clôt la porte de sa chambre pour murmurer à un très jeune garçon haletant [au téléphone] : 'Je veux que tu me violes, Alex'. Et Alex de demander 'Comment, dis-moi comment'. Je ne sais jamais quoi répondre. Je ne pouvais me figurer comment la chose se déroulait. Le viol avait pour intérêt de me décharger du fardeau de l'imagination. Ce n'était pas à moi de fixer le programme. J'avais juste à me soumettre aux ordres, à jouir de perversions qu'on ne pouvait pas me reprocher. La voix pucelle d'Alex rechignait soudain à endosser le rôle démiurgique que je lui réservais. Il s'arrêtait là pour jouir des mots qu'il avait réussi à me soutirer. Il me laissait furieuse de ne pas recevoir la brutalité que je réclamais.
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Nos mères cherchaient, à tâtons, ces brèches à travers lesquelles la tentation pourrait se faufiler. Elles nous interrogeaient sur les habitudes de nos camarades et de leurs parents, se délectaient de nos petites délations autour de la table du dîner. Les soupçons se portèrent rapidement sur Bruna, dont la mère, divorcée, vivait à l’occidentale.
Il faut dire que les vantardises de Bruna accablaient sa mère, qui avait également le tort d’être plus jeune que les autres mamans. Pour ses treize ans, Bruna racontait à tout le monde qu’elle avait reçu de sa génitrice son premier préservatif : un de ces gadgets touristiques agrémentés d’une tour Eiffel, qu’elle me montra dans sa chambre un après-midi. C’était la première fois que j’en voyais un. Au cours des mois qui suivirent, Bruna me fit découvrir bien des choses que je voyais pour la première fois, m’apprit des mots que je rougissais de répéter. On me l’avait désignée comme mauvaise fréquentation. Je m’étais précipitée vers elle pour raviver notre amitié ancienne, dans l’espoir de me faire éclabousser par cette influence et les sombres dangers qu’elle portait.
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Videos de Joy Majdalani (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joy Majdalani
Un texte collectif dirigé par Charlotte Pudlowski avec Emma Becker, Marina Rollman, Joy Majdalani, Wendy Delorme, Laurine Thizy, Emmanuelle Richard
Éditions de l'Iconoclaste | septembre 2023
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