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ISBN : 2757861891
Éditeur : Points (18/08/2016)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Tout sourit à Skandar Hayek, homme d’affaires libanais prospère et respecté. À la tête d’un négoce de tissu, il règne sur son usine et sur son clan, malgré les nuages qui s’amoncellent sur le pays en ce milieu des années 1960 ou encore, de manière plus prosaïque, les disputes incessantes entre Marie, son épouse, Karine, sa fille chérie, et Mado, son acariâtre de sœur. Quant au successeur, il sera bien temps, le moment venu, de le choisir, entre Noula, ce fils aîné q... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
24 octobre 2015
Majdalani, c'est son cinquième et dernier roman que je viens de lire, toujours aussi passionnant.
Une fois de plus , partant d'une histoire de famille, l'auteur nous raconte la grande histoire, celle du Liban, fin des années 50, jusqu'au début de la guerre civile en 1975.
Le narrateur, gardien - chauffeur des Hayeks, Noula alias Requin-à -l'arak ,sera le témoin de la grandeur et de la décadence de cette ancienne famille patriarcale. Skandar Hayek,négociant de tissus, Mado,sa sœur ( la méchante), Marie,sa femme (la diplomate,intelligente,qui gère mari et belle-sœur ), Noula ,le fils aîné ( noceur égoïste et écervelé ), Hareth ,le cadet ( jeune homme épris de liberté et d'aventure) et Karine, la fille ( fière et belle), un défilé de personnages hauts en couleurs.Un monde où se côtoient notables chrétiens, chiites, palestiniens, combattants de l'OLP, divisés aussi, entre eux- mêmes ,en clans, avec des alliances précaires.
A la mort de Skandar en 1969, l'histoire de la famille va basculer peu à peu et se confondre avec celui du pays qui s'enfonce lentement dans la guerre civile.....
Un récit foisonnant, dont le cœur est quand même les femmes, ces femmes qui livrées à leurs sorts, dans une villa coincée au milieu des combats, vont revendiquer leurs droits avec force, intelligence et courage.
Une prose sublime, un talent de conteur hors pair,je décrirais ce livre avec les mots de l'auteur lui-même " un roman ,c'est pour y vivre...bien dedans".
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tynn
02 mai 2016
Grandeur et décadence d'une grande famille libanaise.
Je demeure fidèle lectrice de Charif Majdalani, et continue à ne pas le regretter. A chaque roman, c'est le dépaysement assuré, dans l'intimité d'une société libanaise disparue, sur fond de tensions de territoires, de politique, de religion et d'alliances de gouvernance.
Milieu des années 60. le chauffeur du clan Hayek raconte...
Observateur privilégié et loyal de cette famille de notables, il raconte les us et coutumes d'un Liban en passe de disparaître. il connaît intimement les maîtres et les serviteurs, les ragots de mariage imposé, d'amoureux envolé. Il est le discret conteur au courant de toutes les affaires du domaine, double d'un patron paternaliste, maître incontesté en son royaume, de son usine, de sa famille et de ses domestiques.
Mais, la mort du chef de famille entame le déclin de l'opulence, laissant une maisonnée de femmes dépendantes d'un héritier peu scrupuleux et inconséquent. La ruine annoncée va faire exploser un volcan de rancoeurs et haines familiales, symbole d'un pays qui s'éclate en guerres intestines.
L'écriture est enveloppante, les phrases ondulent, longues et sinueuses. Une vraie langueur orientale. Cette écriture est aussi très littéraire (le subjonctif plus-que-parfait est un plaisir !). L'auteur nous immerge dans la nostalgie d'un pays de cocagne, dans le temps qui passe, les êtres qui disparaissent et la cruelle réalité de la guerre urbaine.
Émouvant, palpitant. Un souffle historique pour une chronique familiale intime.
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traversay
20 octobre 2015
La littérature libanaise contemporaine ne déçoit (presque) jamais. Ce petit pays est riche de romanciers hors pair, qu'ils écrivent en arabe ou en français, qui s'y entendent pour raconter leur territoire à travers des fresques historiques qui n'oublient jamais d'y mêler de complexes noeuds familiaux. En un an, sur l'étal des librairies, se sont succédé Hanan el-Cheikh (La maison de Schéhérazade), Rabee Jaber (Les druzes de Belgrade), Jabbour Douaihy (Le quartier américain) ... Et voici le retour de Charif Majdalani qui, après le dernier seigneur de Marsad, poursuit dans une veine semblable avec Villa des femmes. A nouveau, il y est question de la splendeur puis de la déchéance d'une ancienne famille libanaise qui va péricliter après la mort du patriarche. Une chute qui coïncide avec les guerres qui ensanglantent le pays au début et au milieu des années 70. Outre l'écriture imagée et lustrée de Majdalani, le récit gagne en profondeur par la position du narrateur, sorte d'homme à tout faire de la grande maison, témoin et complice, souvent malgré lui, des faits et gestes de ses habitants. Une fois le pater familias décédé, tout va partir à vau l'eau par la faute d'un fils aîné dispendieux et jouisseur alors que le cadet parcourt le monde. Oui, mais il reste les femmes. Et celles-ci vont résister, face à la ruine qui menace et contre les miliciens qui rôdent en plein conflit. Cette Villa des femmes est pourtant composée de figures très contrastées qui se haïssent pour certaines mais leur dignité dans l'adversité est admirablement décrite par la plume de l'auteur. le narrateur, lui, pourtant bouillonnant de désir, est contraint de jouer un rôle d'eunuque, protecteur assez maladroit de ce gynécée turbulent. Majdalani trace des portraits féminins complexes avec une empathie et une tendresse qui ne laissent cependant pas dans l'ombre les défauts et la dureté de ses personnages qui se révèlent bien plus solides et fiables que les hommes qui les entourent ou les défient. Ce conte oriental moderne est l'une des plus belles pépites de la rentrée littéraire.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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spleen
25 novembre 2015
Beyrouth au cours des années soixante et soixante dix : grandeur et décadence d'une riche famille .
Skander Hayek est à la tête d'une affaire de négoce de tissus florissante lui assurant une fortune confortable qui vient asseoir sa notoriété dans la bonne société libanaise .
Dans sa villa vivent sa soeur Mado , retranchée dans ses appartements, sa femme Marie qui rêvait d'un autre destin et ses enfants , Noula l'ainé, jeune homme menant une vie de débauche, Hareth l'aventurier et Karine , une jeune fille belle et hautaine .
L'histoire nous est contée par Noula, le fidèle chauffeur , confident de la famille mais qui apporte en même temps un oeil extérieur au microcosme familial .
Au début du roman, du temps de la splendeur des Hayek , la villa des femmes apparait comme isolée du reste du monde, ce monde appartient surtout à l'homme fort , c'est lui qui règne et régente la vie de chacun .
Mais avec la mort brutale du patriarche qui précède de peu les événements conduisant à la guerre civile, l'harmonie aussi bien du peuple libanais comme celle de la famille, même si l'une et l'autre ne pouvait être que de façade , se brise .
Les décisions et les dépenses inconsidérées de l'ainé Noula qui se trouve derechef à la tête de l'entreprise familiale précipite la chute de l'empire alors que le cadet parti sur les routes mystérieuses de l'Asie est injoignable.
C'est au moment où tout sombre que les femmes abandonnent leurs dissensions et leurs ressentiments et font face pour lutter ensemble avec bravoure et intelligence donnant une belle leçon de vie et d'abnégation aux hommes .
Ecrivain que je ne connaissais pas mais qui mérite qu'on s'y intéresse .
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oran
08 septembre 2016
Liban fin des années 50 - Ayn Chir, banlieue de Beyrouth.

Noula, surnommé le « Requin à l'arack » ( eau de vie produite et consommée dans le Proche- Orient ),
est le narrateur interne, l' hakawati (celui qui raconte), mais aussi le chauffeur, le factotum, le confident du maître et surtout l'oeil qui voit et décrypte toutes ces petites choses intimes du quotidien , vision acérée qui perce bien des secrets. Il est le témoin des jours heureux et de ceux tempétueux, des heures de gloire, de prospérité, de paix, mais aussi, celles des déchirements, de la douleur, de la ruine, du cataclysme qui va s'abattre simultanément sur la famille et sur le pays.
Skandar Hayek (hayek : le tisserand) , chef de clan est un riche entrepreneur dans l'industrie du textile qui régente sa tribu
Trois enfants : l'aîné Noula, une « mauvaise graine » , coureur de jupons, incompétent, fat… le cadet Hareth, intellectuel , utopiste, baroudeur , et Karine , « petite fille de riche » dans toute sa superbe.
Il y a aussi sa femme Marie - un mariage de raison, elle était amoureuse d'un autre peu fortuné dont sa famille n'a pas voulu _ ,
sa soeur Mado, vieille fille acariâtre, laissée, il y a longtemps pour compte par un prétendant inconséquent .
Ces deux -là ne s'aiment pas, elles finiront par se haïr et cette exécration sera fatale pour la famille.
Les années passent…
Le second fils , en charge de négocier un contrat avec un Iranien producteur de coton, va saisir cette occasion pour prendre sa liberté et partir à la découverte des sites archéologiques en Jordanie où là aussi, la révolte gronde, d'aller plus loin encore , de jouer les aventuriers .
Requin à l'arack nous sert de guide dans cette mosaïque libanaise où se côtoient maronites, chiites, réfugiés palestiniens, en majorité sunnites qui vivent dans des camps . Les alliances douteuses, les rivalités entre factions se multiplient, se durcissent.
Bientôt, les esprits s'échauffent encore plus, des incidents éclatent, le parti Kateb jette de l'huile sur le feu, tout s'embrase, la guerre explose, concomitamment au coeur du clan et au Liban.
C'est dans ce contexte que Skandar Beyk meurt subitement. Et c'est la spirale infernale.
Noula va prendre les rênes de l'entreprise, mais les décisions inconséquentes qu'il prend (remplacement du parc des machines-outils, création d'une brasserie, dépenses dans son train de vie somptuaires) vont entraîner, petit à petit, puis de façon accélérer la ruine de sa famille. Sa mère, Marie essaiera d'intervenir en contactant son ancien amoureux richissime, désormais. Mais cette tentative sera funeste.
C'est un roman qui démarre comme un conte oriental, récit savoureux, dépaysant : plongeon dans un passé proche et lointain à la fois, paysages lumineux, fulgurance des parfums, intrigues et secrets familiaux , potinages… , puis, les choses se compliquent, le souffle de la spirale se renforce, la politique s'emmêle. Et là, il m'a fallu faire une pause, reprendre, chercher, vérifier, compulser pour trouver les éléments manquants relatifs à l'Histoire contemporaine du Proche Orient et du Liban en particulier (abstruse pour moi) , pour mieux rester au coeur de l'action, mieux comprendre « le pourquoi et le comment ».
Chercher à en savoir plus…
Fin du livre : envie de prolonger cette lecture par d'autres livres sur le même thème, envie d'aller plus loin, de cheminer plus longtemps au coeur de ce pays et de son histoire.
Si vous avez quelques titres à proposer… Avec mes remerciements pour votre aide !
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Les critiques presse (1)
LeFigaro15 octobre 2015
Le narrateur raconte avec un ton sobre et clairvoyant la déchéance des Hayek, une riche famille.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky22 octobre 2015
La pierre de l’affûteur tournait toujours, ainsi que le monde autour de la maison, de ses jardins, de ses orangeraies. C’était une autre époque, où le vent soulevait les draps mis à sécher sur les toits, où l’on aérait les tapis en les jetant sur les rambardes de la terrasse et sur les plates-bandes, où l’on faisait son eau de fleurs d’oranger soi-même dans le garage et où le marchand de journaux arrivait à vélo, comme le facteur, avec son chargement de paperasse imprimée, de magazines et de journaux.
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rkhettaouirkhettaoui04 octobre 2015
Lorsque je me suis occupée de tout ruiner, quand ton fils faisait ses bêtises, je pensais que c’était toi que je punissais de ton possible bonheur, et que je défendais l’honneur des miens au prix d’un énorme sacrifice. Mais ce n’était pas un sacrifice, c’était une vengeance. J’ai tout liquidé par vengeance. Je t’en voulais, bien sûr, parce que tu incarnais tout ça, mais c’était d’eux tous, mes parents, ma famille et mes stupides ancêtres, que je me vengeais, sans m’en rendre complètement compte, et aussi de moi-même, en définitive.
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moclercmoclerc12 janvier 2016
Chaque fois qu'il était question d'évacuer les lieux, Mado affichait une détermination à ne pas bouger qui raidissait Marie et l'attachait encore plus à la villa. Je me demandais alors si les deux femmes ne rivalisaient pas dans cet entêtement mortel parce que aucune d'elles ne voulait laisser à l'autre le bénéfice de veiller sur la maison, de porter la gloire d'y avoir résisté, ou d'y être morte. J'en parlai à Jamilé, qui par ses réponses me parut elle aussi engagée dans cette absurde course à l'héroïsme, surtout lorsqu'elle marmonna que si quelqu'un devait rester, ce n'était ni Marie ni Mado mais bien elle, qui n'avait nulle part où aller.
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oranoran08 septembre 2016
Non, il pensait au contraire qu'à un moment éphémère de l'histoire insondable du cosmos et de son temps infini, en un point perdu de l'espace, une intelligence et une conscience éphémères, celles des êtres humains, comme un miroir avaient reflété et pensé cette immensité à laquelle aucune autre intelligence n'avait donné d'existence ni de sens et n'en donnera probablement jamais plus.
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ValerieLacailleValerieLacaille21 janvier 2016
En y repensant tant d'années après, je me dis que mon intuition de l'époque n'était pas erronée et que Mado n'avait qu'une envie, un désir, c'était d'en finir. Ce qui justifiait son insistance à nous voir tous partir, comme si l'apothéose qu'aurait représentée sa mort au milieu des décombres du domaine des Hayek ne pouvait prendre toute son ampleur et tout son sens que si elle était seule, qu'on la retrouvait morte en solitaire sur le navire perdu, échoué sur les bords des lignes de front de cette guerre absurde.
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