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EAN : 9782370553188
Le Tripode (03/03/2022)
3.99/5   43 notes
Résumé :
Du jour au lendemain, partout sur la planète, c'est la stupéfaction : les appareils photographiques n'enregistrent plus la présence des personnes. C'est à croire que l'univers, saturé de nos présences, a décidé de se révolter contre l'espèce humaine. En Provence, un enfant observe ce nouveau monde, si chamboulé qu'il bascule dans une réalité que personne n'aurait imaginée.
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
3,99

sur 43 notes
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Kirzy
  29 mars 2022
Il n'y a que de belles idées dans ce roman follement inventif et terriblement original. Que des trouvailles génialement teintées de poésie.
Dans un monde très légèrement dystopique, le monde commence à se dérégler lorsque les appareils photo ( smartphones compris ) puis les caméras refusent d'enregistrer la présence humaine. le décor, oui, les animaux oui, mais les hommes, niet, numériquement invisibles. Et puis, vient le temps des Grêlons. L'espace de stockage du Nuage est tellement saturé de data qu'il commence à recracher chronologiquement des Grêlons, tous les êtres humains photographiés et filmés depuis le premier portrait de Constant Huet par Louis Daguerre au Museum d'histoire naturelle en 1837 … Bientôt, le monde est submergé de Grêlons qui atterrissent de partout, totalement hébétés.

« Là, ce que Le Nuage relâche, ce n'est pas des 0 et des 1, du binaire. C'est autre chose, un langage qui n'a ni queue ni tête, de la data d'un nouveau type, qui s'échappe du Nuage au milieu du reste en petits paquets. de micro-averses qui tombent comme ça, alors qu'on n'a rien demandé. Il ne s'agit pas de flux, qui sont vectorisés ; non, Le Nuage nous crache dessus des micro-averses de data sauvage. Un peu comme si Le Nuage était plein à ras bord, qu'il était trop lourd et qu'il n'arrivait plus à se contenir un jour de plus de façon normale. Imaginez des grêlons qui tombent du Nuage : de la date congelé à l'intérieur et maintenant elle est trop lourde pour y rester alors elle chute. »
C'est la voix d'un narrateur assez étrange qui nous conte ces événements étranges. Au début du récit, c'est un tout jeune adolescent. On va le voir devenir jeune adulte tout en restant résolument accroché à l'enfance, le nez dans son bol banania et sa soupe Floraline préparée par sa maman, confondant de candeur mais avec une touche de lucidité, peut-être malgré lui. Avec à ses côtés son meilleur ami et son amoureuse secrète, qui eux aussi vont devoir grandir en se trouvant une place dans ce drôle de monde.
Lorsqu'on écrit un roman à touches fantastiques empreintes de réalisme magique, le plus difficile est de parvenir à créer un univers cohérent et à le conclure. Il y a peut-être quelques longueurs mais le grain de folie douce est tellement plaisant et surtout l'avancée de l'intrigue si ingénieusement millimétrée que je me suis régalée, portée par une écriture enjouée, pleine d'humour. C'est sans doute cela le plus fort, en fait, parvenir en toute légèreté à parler avec intelligence et profondeur des dérives de notre société : narcissisme, consumérisme, dangers d'un populisme de plus en plus extrémiste, xénophobie ( superbe idée des Frelons anti-Grêlons ) … les métaphores / échos à aujourd'hui sont multiples et jamais lourdauds.
Mais le plus touchant, c'est la façon qu'à ce merveilleux roman à nous inviter à conserver notre âme d'enfant face aux déchaînements du monde. Avec Arthur Rimbaud en guest star pour soigner la peur du basculement dans le monde des Grands. Et attention à bien lire jusqu'à la dernière ligne, y compris le « Achevé d'imprimer » final. Lorsque j'ai découvert le prénom du narrateur et l'identité de l'auteur, c'est juste magique et m'a emplie de reconnaissance envers Olivier Mak-Bouchard. Illuminée.


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bichonbichette
  04 mai 2022
Clic clac, au départ, moi j'étais pas d'accord quand Gwendo m'a arraché le téléphone des mains pour faire une photo de l'Indien. En plus, la maitresse, Mme Philibert, elle nous avait prévenus, les Indiens, ils voulaient pas qu'on les prenne en photo, ils avaient peur qu'on leur vole leur âme …
En plus, Maman elle m'avait prêté son téléphone pour le jour de la sortie à OK Corral (le super parc d'attractions sur les cow boys et les Indiens) pour la prévenir en cas de problème, pas pour faire des photos et à tous les coups, j'allais me faire gronder.
Bref, l'Indien de pacotille a posé crânement sur son fidèle destrier pour Gwendo. Sauf que, de retour dans le bus, quand on a voulu regarder la photo, ben surprise, si on voyait bien le paysage et le canasson, d'Indien, point, nada, il avait été remplacé par le paysage en arrière-plan.
Ne bougez plus, le petit oiseau va sortir, clic clac, merci Kodak, c'est dans la boîte ! et pour toujours pensez-vous en appuyant sur le bouton de l'appareil photo. Enfin, ça c'est ce que vous croyez … Hé bien détrompez-vous, car à la lecture du temps des grêlons vous allez voir les choses autrement, et vous allez peut-être même hésiter dorénavant à prendre des photos (enfin moi oui, pas folle la frelonne).
Voilà plus d'un an que je trépignais en attendant le nouvel opus d'Olivier Mak-Bouchard, eh bien je n'ai pas été déçue ! OM-B m'a refait le coup du Murakami provençal et son numéro de charme comme la dernière fois, et me voilà à nouveau ensorcelée, des spirales ou des coeurs à la place des prunelles, je ne sais plus très bien.
Dans cette aventure triptyque, nous allons voir grandir notre petit narrateur, d'enfant à grand adolescent, puis enfulte, Tanguy qui a du mal à grandir, quitter sa Maman et son bol de Banania qu'il savoure tous les matins.
Le premier volet de l'histoire, les photons se concentre sur l'enfance de notre petit héros qui se garde bien de nous dévoiler son prénom, mais sans nul doute son second prénom est celui d'Olivier (l'auteur) qui revisite avec gourmandise les lieux de son enfance. Incontestablement, la partie que j'ai préférée, l'auteur fait vivre à merveille ce petit garçon avec ses blessures (son papa décédé) et ses copains ; le gros Jean-Jean qui bégaye et Gwendo l'intello (tiens un petit air d'Harry Potter dans ce trio, sauf qu'ici la chevelure rousse et les taches de rousseur sont pour la franco-britannique Gwendolyn).
Comme n'arrête pas de nous le répéter Olivier, ouvrez l'oeil et le bon pendant votre lecture, car je peux à peu près vous garantir, qu'une fois la dernière page lue (mais la vraie dernière page celle après le « Achevé d'imprimer », vous aurez envie de tout relire, en vous disant que bien sûr, vous avez manqué plein de choses. Bon enfin, ça c'est pour les cancres comme moi, Olivier est sympa, il nous offre une petite séance de rattrapage, les premiers de la classe, ils auront compris depuis longtemps et ceux qui sont dans la moyenne, ils auront capté à la dernière page numérotée, (bah oui quand même pas si facile que ça), même si forcément l'idée vous a au moins effleuré à un moment donné. Et, là, bim, promis, vous aurez à votre tour votre illumination ! C'est pas très clair mon histoire, mais hors de question de trop vous en dire !
Plein d'allusions, d'illusions, de doubles lectures, un peu comme un dessin animé Disney, un premier niveau pour les enfants, et puis un second pour les adultes avec plein de clins d'oeil par ci ou là … et même que des fois, il y a beaucoup plus de degrés que ça !
Les références fusent, un vrai feu d'artifice, de Rimbaud à Walt Disney, en passant par Alice au Pays de merveilles. D'ailleurs, Olivier Mak-Bouchard se paye même le luxe de petits messages à ses lecteurs du Dit du Mistral (son précédent ouvrage), en autorisant au Hussard un petit coucou, ainsi qu'à M. Sécaillat … du grand art, je vous dis …
Bref, je me suis fait mener par le bout du nez, et j'en redemande. Allez, en route, les amis pour le pays d'Olivier Mak-Bouchard … et n'oubliez pas de réviser vos classiques (interro surprise à la fin du billet).
Bon ben, Olivier, j'attends donc déjà ton troisième opus (je recommence déjà à trépigner, une vraie danse de Saint-Guy, j'espère juste que ça n'est pas prévu le 31 septembre 2022), inutile de te dire que tu as placé toi-même la barre haut, très haut …
Clic-clac, merci pour la photo, vous pouvez enlever les Ray-Ban (M.I.B ça vous dit quelque chose ?) et reprendre une activité normale…
PS : toujours aussi fan de Phileas Dog et de cette (à nouveau) superbe couverture !
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Agneslitdansonlit
  19 avril 2022
C'est une fois de plus sur ses terres de Provence, après son premier roman "Le dit du Mistral", qu'Olivier Mak-Bouchard ancre les évènements du "Temps des grêlons". Pas un traité météorologique, bien que des orages surviennent, mais un roman tout à fait atypique, mélange surprenant des genres, osant un ton original.
C'est à hauteur d'enfant, grâce à un jeune narrateur (dont le prénom n'est dévoilé qu'en fin de récit), que nous pénétrons dans cette histoire où tout débute par un étrange événement : les appareils photo ne représentent plus les êtres humains! Les paysages, oui, mais finis les selfies, le cinéma, la télé, le JT...
Saturé par notre omniprésence via nos clichés, dont le nombre ne cesse d'augmenter, le cloud s'est rebellé. Mais il ne se contente pas simplement de ne plus figer nos visages sur nos écrans numériques ou sur papier glacé ! Voilà que le cloud se met aussi à "recracher" nos avatars, larguant comme des grêlons les malheureux qui se sont fait "tirer le portrait" depuis le 19ème siècle...
Très discipliné, il respecte un ordre chronologique et renvoie d'abord les 1ers "cobayes" pris en photo par l'inventeur de l'appareil photo, M. Daguerre, dès 1837. Les personnages ainsi "recrachés" par le nuage "cloud", surnommés donc "les Grêlons", ne sont que le reflet des personnes disparues depuis bien longtemps. Pourtant ils se meuvent, respirent, mangent, comme de véritables personnes. Mais ils restent apathiques, simples avatars de ceux qu'ils représentaient. Pas tout à fait humains, pas non-humains non plus.
Dès lors, que faire d'eux ? Certains, à force d'efforts, finiront par être "illuminés", gagnant en conscience et en personnalité, les autres végétant dans un état fantomatique.
Au vu des progrès en matière de photographie sur ces deux derniers siècles, il devient évident que des arrivées massives de "grêlons" se profilent et que la situation va empirer.
De cette situation burlesque mais dramatique, l'auteur aurait pu tirer un roman s'inscrivant uniquement dans le registre de la science-fiction. Or, Olivier Mak-Bouchard, s'il introduit un élément imaginaire et peu probable (quoique ?!), s'ingénie ensuite à dresser l'état "des lieux et des âmes" d'une société qui ne sait que faire d'individus, au mieux problématiques, au pire indésirables. D'aucun pourrait s'aventurer à établir un parallèle avec les réfugiés, migrants climatiques, politiques ou économiques ; mais aussi de façon plus osée avec les personnes âgées, déjà considérées aujourd'hui dans certains pays comme inutiles économiquement, donc à charge...
Pour aborder ce thème grave, l'auteur fait le choix de s'attacher aux trajectoires de trois enfants, copains d'école, qui grandissent au cours du récit et feront des choix différents. le narrateur, éternel enfant durant tout le roman, Jean-Jean le meilleur ami bègue et la copine anglaise Gwendoline.
Olivier Mak-Bouchard livre un roman incroyablement "calibré", équilibré, parfaitement "dosé" puisqu'il parvient à faire cohabiter la douceur, ce côté enfantin de la narration, avec un contexte qui s'assombrit progressivement. Mais il sait aussi entrelacer imaginaire et réalisme : partant d'un postulat digne de science-fiction (le cloud recrachant les sujets photographiés), il tisse un récit où l'on retrouve des problématiques de notre Histoire, des comportements qui ne nous sont pas inconnus et des questionnements sur ce qu'il pourrait advenir de nos sociétés.
Je suis très admirative de la plume de l'auteur, et de la pertinence de son choix de registre littéraire: il louvoie sans jamais perdre ou lasser le lecteur entre le conte initiatique (le "Candide" De Voltaire), cette narration naïve et enfantine autour d'une thématique sérieuse, et la science-fiction (à la façon d'un Orwell ou Aldous Huxley)
Les remarques à hauteur d'enfants sont pleines de fraîcheur, d'une simplicité qui porte à sourire, d'une délicieuse (bien qu'involontaire puisqu'émise par un enfant) irrévérence:
"Gwendo, elle a pas la même religion que nous, elle a la religion de son pays, ceux qui protestent . C'est un peu pareil que nous mais pas tout à fait : ils veulent bien croire en Dieu, en Jésus , mais à la Vierge Marie, non là ils veulent pas y croire, c'est vraiment trop gros, ils ont protesté,".(P.45)
J'ai beaucoup souri et souvent ri des réparties de ces trois jeunes amis, des réflexions du jeune narrateur, si ingénu, sur les comportements des adultes, sur notre société, nos hypocrisies et nos petits travers. Olivier Mak-Bouchard croque la situation avec le sens du burlesque et déroule totalement ces événements insensés. Je me suis régalée des réactions des professeurs de lettres, s'apercevant que le Grêlon d'Arthur Rimbaud n'offrirait pas d'oeuvre supplémentaire à l'humanité ! C'est d'un délicieux cynisme:
"Les semaines passaient et les Grêlons, ceux d'Arthur Rimbaud comme les autres, non seulement ne faisaient toujours pas de vers, n'ajoutaient aucune rime à leur oeuvre, mais restaient farouchement hébétés, ne disaient rien, ne savaient rien. Les yeux ailleurs ils étaient là sans être là. Ils ne faisaient que nous regarder, fixement.
La déception a été grande, la moitié des profs de lettres et d'histoire se sont mis en dépression jusqu'à la fin de l'année."(P.120)
Malgré le contexte préoccupant, le récit gagne en cocasse et maintient ce ton frais grâce à la narration ingénue de son jeune protagoniste, qui assiste à cette "débandade" historique !
Mais malgré ce ton naïf et enfantin du début, imperceptiblement le récit bascule vers un réalisme empreint de menaces : d'une situation improbable qui apparaît au tout début comme étonnante, parfois amusante, l'auteur fait chanceler son roman dans un monde inquiétant qui n'est pas sans rappeler de sombres périodes historiques.
Quand la recrudescence des cas de Grêlons commence à peser sur la société, que des voix discordantes se font entendre, ce ne sont plus juste diverses opinions qui s'expriment mais des visions radicalement opposées qui émergent. le glissement qu'opère Olivier Mak-Bouchard est finement amené, mais toujours avec le regard indolent mais très doux du protagoniste.
Et je suis totalement conquise par la construction de son roman, d'autant plus quand je relis la note de l'éditeur en début d'ouvrage et "l'achevé d'imprimer" dans les dernières pages, qui se répondent parfaitement et achèvent une boucle parfaite.
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JIEMDE
  18 mars 2022
C'est un conte un brin dystopique, un brin fantastique, un brin imaginaire. Ça fait beaucoup de brins certes, et dans des univers où je suis habituellement peu à l'aise. Mais une fois n'est pas coutume, j'ai pleinement et rapidement été embarqué dans cette jolie fable contemporaine alors que je ne m'y attendais pas.
Au début, Olivier Mak-Bouchard nous la joue tranquille, posant doucement les bases de son histoire. Issu d'un milieu modeste et orphelin de père, son jeune narrateur et son pote Jean-Jean vont à l'école et traînent le reste du temps dans la garrigue. L'un n'a d'yeux que pour la jolie Gwendo ; l'autre tente d'éviter les coups des « Éléments Perturbateurs ». Il y a comme un petit air de Guerre des boutons en Provence, en plein pays des ocres.
Mais arrive le Temps des grêlons : celui de la saturation du stockage des portraits dans Le Nuage. Les appareils et portables refusent alors d'en prendre de nouveaux et pire, Le Nuage va relâcher son excédent de data congelée en renvoyant sur terre rétroactivement ses grêlons portraitisés des temps anciens. La Ciotat, un train, Lumière, Daguerre, Huet… et même un beau matin, le génie maudit des Ardennes !
Alors le monde s'adapte et les hommes aussi, puisqu'on nous répète tant que c'est ce qu'il nous faut constamment faire. Alors la fable devient un peu plus grinçante et même glaçante. Alors l'autre, les autres, ces grêlons, deviennent envahissants. Alors la société réagit, dans tout ce qu'elle a de plus organisationnel, populiste ou survivaliste.
Voilà donc un livre original et moral sans pour autant être donneur de leçons, qui conserve jusqu'à l'inattendue pirouette finale, un goût d'imaginaire et de poésie qui atténue, un peu, les travers qui guettent notre époque.
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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ChtiBaboun
  15 juin 2022
Première incursion dans le monde créatif et original d'Olivier Mak-Bouchard.
De l'enfance style guerre des boutons en Provence de la dystopie et un peu de science fiction.
Mais avant cela il faut parler du livre que l'on a entre les mains. Comme souvent avec le Tripode les couvertures de livres sont magnifiques ( pour rappel le paquebot d'Etoiles vagabondes ).
Et il n'y a pas que la couverture ! La deuxième de couverture nous met l'eau à la bouche : des photos sépia avec Arthur Rimbaud , un rappel de Kodak et des caméras Kwanon.
Quand à la troisième de couverture elle détaille le titre des quarante neufs chapitres autour des photons, des grêlons et des frelons.
et puis deux lignes pour dire que l'édition est enrichie d'une note de l'éditeur, d'une postface de l'écrivain d'un achevé d'imprimer de l'auteur.
Surtout lisez tout jusqu'au bout !
Donc je résume , la Provence , un enfant narrateur , Arthur Rimbaud , des photons ,des grêlons, des frelons .... Ainsi font font.
Et oui ainsi font font car on peut croire être entre conte et réalité.
Cet enfant narrateur a un univers étrange fait de candeur , de simplicité voire simplet.
il vit avec Maman, il a copain bègue donc Jean-Jean et un amour secret et impossible Gwendo.
Il boit du Banania et de la soupe Floraline.
Il a un chauffeur de bus : Bateau Ivre
Il avait un papa et un chat qui s'appelait Kodak. Normal le papa avait un magasin de photo!
La photo , voila la dystopie.
Brutalement sur les photos faites par les smartphones, les appareils numériques les humains n'apparaissent plus. Même à la télévision le présentateur du journal du soir est invisible.
et cela ne suffit pas voilà qu'arrive le temps des grêlons. le nuage numérique est saturé et il recrache des grêlons chronologiquement depuis l'invention de la photo. Tous les humains photographiés depuis les Frères Lumière et Daguerre.
Le monde se couvre de grêlons.
Olivier Mak-Bouchard nous emporte avec lui dans ce monde poétique et grave où l'on ressent les dérives de notre monde contemporain.
Et quoi de mieux qu'un regard d'enfant face aux dérèglements. il garde tout son pouvoir d'illumination.
Allez faire un détour par la Provence d'Olivier Mak-Bouchard et n'oubliez pas :
" Lorsque tu fais une photo, tu la prends deux fois: une fois avec ton appareil, et encore une fois avec tes yeux.Tu cliques, tu clignes. Et puis tu gardera celle qui te semblera la plus réussie "
Lien : https://auventdesmots.wordpr..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
bichonbichettebichonbichette   03 mai 2022
« Bbbaaahhh, ça schlingue là-dedans, ai-je dis en me bouchant le nez. Ça-ça pue la mort, t-tu veux dire. Là- là-dedans, y a un ca-ca, ca-ca… » essayait de dire Jean-Jean. Il était tout rouge, tout excité, je ne l'avais jamais vu comme ça. « Y a un caca dans la cabane ? » l’ai-je coupé pour arriver à lui faire cracher le morceau. (Avec lui, hein faut pas être pressé, vous m'avez compris). C'était dégueulasse, y a vraiment des malpolis partout. Non seulement les gens n'avaient pas le droit de rentrer dans la cabane super secrète, mais ils avaient encore moins le droit d'y faire la grosse commission. Elle est où, hein, la politesse ?!
« N-non, y a un ca-cadavre là-dedans », il a répondu avec des yeux grands ouverts et des étoiles dedans. Quand je vous ai dit qu'il finirait policier, j'ai pas exagéré.
« Le cadavre de quelqu'un qui est mort ? »
Pendant un moment, on s'est regardés sans rien dire. Un mort, c'est pas rien.
(p.75)
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bichonbichettebichonbichette   05 mai 2022
Jean-Jean m’a demandé si je voulais un long ou un court, avec ou sans sucre. À vrai dire, ce n'est pas vraiment lui qui posait ces questions, c'était plutôt la machine à café, et Jean-Jean ne faisait que lire les instructions qui s'affichaient. Je me suis dit que ce n'était pas le moment de faire des simagrées, qu'il fallait prendre du café comme les Grandes Personnes. J'ai répondu un long, avec du sucre : ça aiderait à le faire passer.
Malheureusement, la machine a répondu qu'il n'y en avait plus : « T-tant pis, il va f-falloir faire sans » a grommelé Jean-Jean. Il s'est servi à son tour, et on est restés silencieux pendant un moment en touillant dans nos gobelets.
C'était complètement inutile, puisqu'il n'y avait pas de sucre : autant jouer au mikado avec les mains de Mickey Mouse. Mais bon, on touillait.
(p.275)
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bichonbichettebichonbichette   07 mai 2022
Au tour suivant, quelqu'un que nous n'attendions pas est monté dans une auto tamponneuse. C'était Bateau-Ivre, il avait remisé l'autobus au dépôt, et était venu passer la soirée à la kermesse. C'était marrant de le voir assis ailleurs que dans son fauteuil de chauffeur, sous les néons électriques et avec l'odeur de la barbe à papa. Le volant paraissait tout petit dans ses grosses paluches. Pareil pour l'auto-tamponneuse. On aurait dit Donkey Kong dans son kart, il ne lui manquait plus que la banane.
Il nous a vu tous les trois en train de rigoler et a grommelé : « Allez les trois Mousquetaires, après tout ce temps que je vous balade dans tout le pays d'Apt, toujours intriqués comme cul et chemise, je vais vous claquer la bise à la manière Crash Dummies, moi, vous allez m'en dire des nouvelles ».
(p.135)
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bichonbichettebichonbichette   01 mai 2022
J'ai pris mon vélo et direction Saint Saturnin, un bâton de réglisse entre les dents, histoire de faire comme Lucky Luke sur Jolly Jumper. Entre la serviette du Grand Bleu qui n'arrêtait pas de frotter contre la roue arrière, la passoire qui me tombait sur les yeux et mon glaive gaulois qui faisait dérailler la chaîne, ça n'a pas été de la tarte, mais bon. En plus, à la fin pour arriver au village, il y a une sacrée montée, ça fait les mollets. (p.49)
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bichonbichettebichonbichette   06 mai 2022
C’est la réalité des photos qui sont sur mon cœur
que je veux
Cette réalité seule, elle seule, et rien d'autre
Mon cœur le répète sans cesse comme une bouche
d'orateur et le redit
A chaque battement
Toutes les autres images du monde sont fausses
Elles n'ont pas d'autre apparence que celle des fantômes

Guillaume Apollinaire
(p.215)
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