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ISBN : 2246818575
Éditeur : Grasset (30/01/2019)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 26 notes)
Résumé :
« Un jour, nous nous sommes croisés près d’un lycée-une cohue d’enfants de bobos qui fumaient, assis sur le macadam souillé de crottes, écoutaient du rap sur leur portable, salivaient en se faisant des bises. Bien nourris, orduriers de langage, infects dans leurs corps qui avaient déjà tout goûté sans aimer. Cette moisissure allait gagner les médias, l’enseignement, les partis politiques.
J’ai dit à Lynden : " regardez-les, ces jeunes Blancs. Ils vont pens... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  24 février 2019
Mise en abyme, éléments gigognes, les résonances narratives sont fréquentes dans les écrits d'Andreï Makine. Dans son précédent roman deux histoires de poursuites s'enchâssaient et se faisaient écho dans la taïga, ici ce sont les écrits qui se superposent. Celui notamment de Vivien de Lynden le nazillon, un manuscrit apocalyptique que le lecteur découvre en même temps que le narrateur écrivain auquel il a été confié pour un coup de pouce à la publication. Celui aussi de l'alter-égo Gabriel Osmonde véritable pseudo d'Andreï Makine (merci Renod pour l'info), et tiens encore une histoire de dédoublement au passage, auteur d' « Alternaissance ». Autour de ces personnages écrivains, gravite aussi la maman de Vivien de Lynden, en personnage au cheminement libérateur.
Autre point commun avec le précédent roman, les héros entrevoient la lumière de la félicité terrestre, si elle était sous forme de lieu dans « l'archipel d'une autre vie », ici le cheminement s'intellectualisera pour atterrir « au delà des frontières ». Fondé sur les recherches autour de la métapraxie de la confrérie des diggers d'Osmonde, les héros se révèlent à l'alternaissance, sorte de 3ème naissance après la biologique et la sociale, qui dépasse les absurdités de tout système humain pour revenir à l'essentiel, le présent.
J'ai un peu moins été emballé par celui-ci, peut-être moins surpris (à moins que ma lecture ait été trop décousue), même si j'y ai retrouvé avec grand plaisir cette écriture toujours riche et belle, cultivée sans être pédante.
« Le chaos du monde se décante, la mascarade de l'Histoire révèle son absurdité. Et la masse humaine – magma d'ethnies, de races, de classes, de clans, d'alliances et de mille autres « catégories » - se réduit à son essence : ceux qui acceptent les limites de l'existence et ceux qui les défient. Au-delà de toute appartenance raciale, sociale ou religieuse, nous sommes définis par ce choix – s'endormir dans la masse ou bien refuser le sommeil. »
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Lolokili
  27 février 2019
Atteussion, mise en abyme à double révolution, suivez-moi bien…
Voici d'abord le narrateur, Andreï Makine lui-même, ou son avatar, allez savoir.
Et puis Gaia, mère éplorée venue plaider pour le manuscrit de son fils, Vivien, jeune écrivain tendance exalté. Un manuscrit pour le moins subversif, dont nous découvrirons de longs extraits inspirés d'un auteur que côtoya Vivien : Gabriel Osmonde, pseudo dont usa Makine pour publier certaines de ses oeuvres…
Ça suit toujours là-bas dans le fond ?
Bon.
Tout ça pour dire que l'auteur (le vrai) s'appuie sur l'ambiguïté de ces écrits polyphoniques pour faire dans le dérangeant. Façon Houellebecq dans "Soumission" il évoque un futur né de notre «monde en phase terminale» et assaisonne en vrac nombre de dérives et d'indécents paradoxes de notre peu glorieuse humanité.
Où se situe précisément la pensée de Makine face à celle de ses personnages, on ne le sait plus vraiment mais peu importe, il n'en soulève pas moins une réflexion marquante sur notre monde contemporain, et croyez-moi, ça dépote.
Je n'ai pas tout lu de Makine, loin s'en faut, mais ce que je connais de son oeuvre semble toujours osciller entre pessimisme et sérénité, quand l'épilogue de "L'archipel d'une autre vie" pointait déjà l'idée d'une «troisième naissance», un retour à l'essentiel face à l'absurdité du monde.
J'adhère, et suivrais volontiers Makine-Osmonde sur cette piste au-delà des frontières, que je me fais fort d'approfondir encore.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Renod
  14 février 2019
Assis à la terrasse d'un café parisien, un homme attrape au vol la page de garde d'un manuscrit emportée par le vent. Sur cette feuille sont indiqués le titre et l'auteur du volume : « le Grand déplacement » de Vivien de Lynden. Le narrateur prend très vite conscience que le pamphlet qui fait écho aux théories du grand remplacement est impubliable. L'auteur imagine l'expulsion vers la Lybie des « progressistes » (responsables politiques, peoples, journalistes, militants associatifs et humanitaires) et des immigrés. Mais ce fantasme né dans le cerveau enfiévré d'un militant d'extrême droite est poussé jusqu'à l'absurde. En Afrique, les bannis s'organisent joyeusement tandis qu'en France ‘épurée', c'est la désillusion. La nation idéalisée n'était qu'un leurre, c'est le retour de l'ordre moral, de la soumission et de l'ennui…
Le narrateur apprend que l'auteur du manuscrit s'est donné la mort. Il découvre qu'ils avaient une relation commune : le philosophe Gabriel Osmonde. Subterfuge ingénieux qui permet à Makine de se dédoubler ; à la fois narrateur et personnage, puisque qu'Osmonde est un de ses pseudonymes sous lequel il a publié en 2011 : « Alternaissance ». « Au-delà des frontières » développe le concept osmondien des trois naissances : la naissance biologique (nous sommes d'abord un agrégat de cellules d'une durée de vingt à trente mille jours), la naissance sociale (l'être comme animal social et politique) puis une troisième nommée mystérieusement Alternaissance, qui consiste à se détacher des deux premières. Il faut s'affranchir de notre corps et de la comédie humaine, passer au-delà de ces deux frontières pour atteindre notre véritable identité. Makine se défend de tout mysticisme, c'est à ses yeux une philosophie très concrète qui appelle à se défier des limites de l'existence. Makine / Osmonde rappellent la richesse de ces instants magiques hors du temps et du jeu social, ces épiphanies qui condensent toute la vérité et l'unité du monde.
Secoué par les premiers chapitres, je termine « Au-delà des frontières » admiratif et conscient que ce roman offre des clefs à la compréhension des oeuvres précédentes d'Andreï Makine.
Je remercie les éditions Grasset et Netgalley pour ce partenariat.
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Eve-Yeshe
  03 mars 2019
Le narrateur reçoit un texte « le grand Déplacement » dont le propos est très choquant sur l'avenir de la société. Il ne sait pas trop quoi en faire, le publier ou non, alors il va en parler à un ami. Ce texte, écrit par Vivien de Lynden, lui a été proposé par la mère du jeune homme, Gaïa et une relation va s'établir entre eux pour tenter de comprendre l'évolution du jeune homme et ce qui a déclenché cette vision si sombre de la vie.
Peu à peu, on apprend des choses sur Vivien, sur son père, mais aussi sur Gaïa la bien-nommée, la Terre-mère, qui a passé sa vie dans les associations humanitaires qui veulent sauver le monde, les enfants, les migrants, notamment en Afrique et qui s'est laissée maltraiter psychologiquement et sexuellement par des amants africains au nom de la revanche contre la colonisation ! Gaïa, qui a perdu toutes ses illusions, est vraiment un personnage qui m'a énormément touchée.
Ce roman est très habile, même si les thèmes peuvent heurter car nous avons un récit dans le récit, à la manière des Matriochkas. le brûlot de Vivien, vision cauchemardesque d'une société future, où règne le racisme, l'intolérance, où les attentats intégristes ont tout détruit ou presque et qui se solde par un charter vers la Libye pour tous ceux qui ont participé à la catastrophe (Sarkozy, Hollande, les journalistes, les intellos qui pourront ainsi reconstruire le pays.
Le ton employé dans « le Grand Déplacement, m'a fait penser, mais cela n'engage que moi, à celui de Michel Houellebecq dans « Soumission », dans son outrance, son antisémitisme, et la manière dont il évoque le déclin de l'Occident, de la « race blanche »…
On rencontre d'autres personnages pour étayer la théorie, par exemple Onassis et son crédo : « Certains veulent quelque chose de tout. D'autres, tout de quelque chose. Moi, je veux tout de tout ».
L'exposition de la théorie de Gabriel Osmonde sur les deux naissances, animale et sociale, qui dépassées ouvrent sur la troisième, qu'il appelle l'alter naissance est très intéressante. Une autre vie est-elle possible, comme alternance à la société de consommation ? quand on est revenu de tout ? une île déserte ? la fuite dans le suicide comme Vivien ?
En alternance, nous avons un tête-à-tête, du moins des échanges entre le narrateur qui a reçu le brûlot et Gabriel Osmonde, un écrivain défenseur des « Diggers » qui est un avatar de Andreï Makine (un des pseudos de l'auteur !).
« le nom d'un des Diggers, rencontré en Australie, me vient à l'esprit : dans ses livres, il avait autrefois chroniqué leur étonnante et tragique aventure. C'est Gabriel Osmonde qui s'occupait des publications de leur mouvement. »
On découvre aussi, autre histoire dans l'histoire, la relation que Vivien entretenait, lui-même, avec Gabriel Osmonde, qui était en quelque sorte son « maître à penser ».
Cet exercice de style m'a beaucoup plu, même si le roman n'est pas simple à lire, du moins sur liseuse, car la police du texte varie énormément selon qu'il s'agisse du brûlot, du roman ou encore des extraits d'Osmonde… mais tout se mérite !
Le choix du titre « Au-delà des frontières » est une invitation au voyage autant qu'à la réflexion sur l'alternaissance, ou sur la possibilité d'une autre vie.
J'ai eu beaucoup de mal à rédiger cette critique, car il fallait lire et surtout digérer cette lecture, sans se laisser emporter par l'émotion. Andreï Makine est sans complaisance vis-à-vis de la société actuelle et va loin dans sa réflexion et, encore une fois, il a su m'entraîner dans son univers.
J'ai beaucoup aimé « le testament français », « L'archipel d'une autre vie » donc je vais continuer à lire son oeuvre avec enthousiasme.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de lire ce roman !
#AudelàdesFrontières #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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FredMartineau
  17 mars 2019
Au-delà des frontières de l'académicien Andreï Makine est un roman qui m'a fait découvrir cet auteur et donné envie d'aller plus loin dans la connaissance de son oeuvre. Dans ce livre, il fait converger une partie de son travail, notamment celui publié sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde, et entremêle son chemin de pensée, cette troisième naissance, stade ultime de l'évolution humaine, qui libère en apportant la pérennité après la première biologique et la deuxième sociale, avec l'éveil d'une mère que le chagrin conduit à vouloir faire éditer le premier livre de son fils suicidé. Ce manuscrit sulfureux sert de fil d'Ariane, il porte en lui une perspective renversée : le Grand Déplacement ou la solution aux tenants de la théorie du Grand Remplacement : l'épuration ethnique, politique, sociale d'une France à feu et à sang au bord du chaos total. Cette déportation de masse conduit à la création d'un nouvel État en Libye, nation que certains rejoindront volontairement… Derrière cette plongée dans la mouvance identitaire, la figure de la mère face au bilan de sa vie, qui nait de sa découverte de l'Alternaissance et la conduit vers le renoncement à ce monde qui s'écroule.
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   28 février 2019
Au long de ses nombreux livres ou des entretiens qu’ils ont inspirés, Andreï Makine s’est volontiers montré préoccupé par le monde superficiel et matérialiste où nous vivons, oublieux de valeurs aussi essentielles que la bonté, la vérité ou la beauté au profit de l’utilité, la vitesse, l’immédiateté, la convoitise… Dans son dernier roman, Au-delà des frontières, il empoigne cette assertion avec provocation...
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   08 février 2019
L'auteur aborde le sujet de la place de la littérature dans notre imaginaire mais aussi dans notre réflexion.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
frandjfrandj   06 avril 2019
"Eh bien, moi j'admire ce Madoff ! Si j'étais plus jeune, j'organiserais son évasion. (…) Je lui demanderais pourquoi, quand la faillite de sa société était déjà prévisible, il n'a pas fui sur une île de rêve ? Il aurait pu simuler sa noyade, il adorait les bateaux ! Toute sa vie a été une simulation. Une prestidigitation, plutôt ! (…) Et dans sa magie finale, son haut-de-forme avale soixante-cinq milliards !"
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PiatkaPiatka   07 février 2019
Chaque année, dans le monde, plus d’un million de femmes sont violées ou assassinées - trois mille par jour. Six millions d’enfants meurent de faim - un enfant toutes les cinq secondes. Et savez-vous combien de balles sont tirées ? Huit cents milliards par an. Une centaine pour chaque habitant de la Terre ! Sans compter les bombes, les missiles…Une tuerie ininterrompue, un hurlement continu des victimes. Tout cela en simultané avec la « vie normale » : fêtes, matchs, élections, vacances, boulimie d’achats…(..) plus les hommes dévorent la nature plus ils se dévorent entre eux.
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FredMartineauFredMartineau   17 mars 2019
La raison de la déformation semblait claire : le déclin de la race blanche, la complaisance envers les Barbares censés régénérer les peuples abouliques, la crétinisation de la plèbe par la télé, la trahison de l'élite putassière, l'inversion du beau et du laid, du vrai et du faux, du bien et du mal - "du mâle et du mâle", disait-il pour railler son père. Les coupables étaient démasqués : immigrationnistes, gauchistes, mondialistes...Vivien représentait bien sa génération. Non pas la masse, mais cette minorité qui, se retrouvant hors-jeu, décryptait les jeux des autres.
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LolokiliLolokili   02 mars 2019
La religion vise à dépasser notre biologie et notre rôle social – à « sortir de la chaîne », dit le bouddhisme, à « être dans ce monde mais pas de ce monde », plaident les chrétiens. Tôt ou tard, elle devient police de l’âme ou, pire, marraine des lobotomisations idéologiques. D’autres « religions » surgissent. Les antiracistes copient l’inquisition. Les bombardiers humanitaires imitent les armées bénies sous un goupillon…
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LolokiliLolokili   26 février 2019
Quelle que fût la voie empruntée par l’humanité, elle menait à l’impasse. Révolutions, contre-révolutions, mirages libéraux, tours de vis rétrogrades, activismes ou immobilismes, rien de tout cela ne promettait une vie transfigurée. La société occidentale, avant le Grand Déplacement, était une ferme d’élevage produisant des citoyens châtrés par le consentement des craintifs.
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Videos de Andreï Makine (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Makine
Andreï Makine vous présente son ouvrage "Au-delà des frontières" aux éditions Grasset. Entretien avec Christophe Lucet. Rentrée littéraire janvier 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2285979/andrei-makine-au-dela-des-frontieres
Notes de Musique : Free Music Archive
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