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ISBN : 207040062X
Éditeur : Gallimard (15/10/1996)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Andreï Makine ouvre son roman sur une scène rêvée de notre Occident. Un fantasme qui nous fera mesurer l'étendue de notre dépaysement. Les personnages appartiennent à un autre monde : le pays du grand blanc, au bord du fleuve Amour. Dans ces lieux de silence, la vie pourrait se confondre avec de simples battements de coeur si chaque mouvement de l'âme n'apportait sa révélation. Alors, le désir naît, de la sensualité des corps comme de la communion avec la nature off... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
ninamarijo
  08 septembre 2014
Dans la froide et blanche Sibérie, non loin du fleuve Amour, dans la taïga noire et épaisse, trois adolescents, Dimitri, Samouraï et Outkine se préparent à devenir adultes. Nous les suivons dans leur initiation, ils sont, curieux, hésitants, troublés et mêlent jeux d'enfants et « jeux » d'adultes. Chacun porte son secret…
le roman balance entre deux pôles Asie/Europe ou Occident/Orient, la dualité de la Russie, « ce balancier qui s'envolait vers l'ouest : les Blancs rejetaient les Rouges derrière l'Oural, derrière la Volga. Son poids revenait en balayant la Sibérie : les Rouges repoussaient les blancs vers l'Extrême-Orient…Le balancier a concassé les familles… le balancier dans son envol a dû écorcher le sol gelé de notre contée en découvrant des rivières au sable d'or… le balancier a suspendu ses envolées. Et la vie au village s'est limitée peu à peu à trois matières essentielles : le bois, l'or, l'ombre froide du camp. »
Nos héros sont surtout attirés et intrigués par ce « merveilleux Occident » représenté, par le transsibérien qui transporte entre autre la belle et troublante étrangère et les films de Belmondo où les filles sensuelles ont une peau bronzée et soyeuse qui les met en émoi… « L'Occident était là. Et, la nuit, les yeux ouverts dans l'obscurité bleutée de l'isba, nous rêvions de lui… » Les films de Belmondo incarnent cet ailleurs où tout est beau surtout les femmes… « le reflet d'une matinée grise de printemps parisien sur la longue cuisse de la belle voisine endormie à demi nue près de la porte de notre héros. Oh, ce reflet ! Il était devenu pour nous la huitième couleur de l'arc-en-ciel ».

Andreï Makine nous conte l'histoire de façon merveilleuse, sensuelle et poétique. L'immensité Sibérienne, la nature exubérante et sauvage contribuent à créer une atmosphère étrange et envoutante. Andreï Makine nous fait part de ses souvenirs d'enfance, probablement et c'est aussi pour lui l'occasion de s'interroger et de nous interpeler sur le régime communiste…
Au final c'est un beau livre, quelques longueurs peut-être.
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lafilledepassage
  28 septembre 2017
Après le très beau «l'Archipel d'une autre vie », je sors de « ce temps du fleuve Amour » avec un sentiment de déception. Même si la musique de Makine est toujours aussi touchante, ses mots toujours aussi parfaitement choisis pour décrire les paysages de la taïga grandioses et fragiles à la fois, j'ai trouvé ce roman monotone et longuet (les nombreuses digressions sur Belmondo m'ont lassée à la longue, je l'avoue).
Avec parfois cette impression d'être cernée, de sentir un carcan autour de moi. Peut-être cet hiver (quasi) perpétuel ? Peut-être ces vies étriquées où les choix sont l'exploitation forestière, la recherche d'or ou le gardiennage du camp de travail tout proche ? Peut-être cet horizon bouché sans espoir de fuite, d'exil ? Ou tout simplement l'absence du féminin dans ces contrées arides où la féminité des habitantes s'épuisait dans leur rude résistance au froid, à la solitude, à l'absence de tout changement prévisible ?
Et puis – détail, je sais, je sais, mais il faut néanmoins que j'en parle - l'apparition quasi systématique des points de suspension en fin de paragraphe m'a plus qu'irritée. Comme si l'auteur ne savait pas mettre le point final. Comme si l'auteur n'assumait pas ses mots, ses phrases. Comme s'il voulait nous en dire plus. Ou autre chose. A la longue, cela donne une impression de brouillon que je n'ai pas aimé. Dommage.
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Wyoming
  22 avril 2018
Makine, quel auteur extraordinaire! En commençant la lecture de ce livre, je ressens des difficultés pour y entrer; je sais qu'avec lui c'est possible car il met du temps à installer ses personnages et leurs situations, tout en utilisant sa plume magique pour des descriptions de la taïga, de la neige et de sa texture, des traces de loup, des hommes et des femmes. Et puis, d'un coup, je suis dedans, avec eux, et je comprends où il veut en venir et je suis emporté par son imaginaire et les destinées de ses personnages. Ici, trois adolescents, en pleine poussée hormonale, particulièrement pour l'un d'eux, vont s'enivrer du mirage de l'Occident à travers des films dont l'acteur principal est Belmondo. Chacun de ces jeunes est dans ses rêves et trouve des identifications personnelles dans les acteurs des films. La femme tient aussi une place de premier ordre, au travers de leurs fantasmes avec des scènes inoubliables comme l'aperçu des passagères du trans-sibérien, fugace dans le givre, mais persistant dans le paysage onirique de nos héros.
L'empire soviétique n'est pas ménagé qui étouffe plus sûrement que la neige ses populations courbées tant par le travail que par les intempéries. La finale est particulièrement lyrique "dans cet instant de beauté et de silence au temps du fleuve Amour".
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Atoutlivres30
  05 février 2012
"Au temps du fleuve amour" ou l'amitié de 3 jeunes garçons dans une Sibérie hostile et magique.
C'est tout l'âme slave qui baigne ce récit, dont l'écriture fouillée et le choix du vocabulaire donne un style très pur.
Ils sont trois : le Poète, le Don Juan, le Guerrier et chacun va vivre sa propre histoire dans un nature sauvage d'une sensualité puissante et ravageuse.
Andréï Makine a un véritable talent pour nous faire ressentir la chaleur et le désir alors qu'il nous décrit un environnement où le froid est omniprésent.
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poume
  08 août 2015
Ce petit roman, publié avant le Testament français, possède un charme et une originalité particuliers : la maladresse touchante d'une adolescence que Makine parvient si bien à décrire, et surtout, l'idée lumineuse qui supporte le roman, cette rencontre a priori impossible entre deux mondes qui coexistent dans le temps, mais que politique, culture et géographie séparent de façon qu'on aurait crue inéluctable : la Sibérie soviétique, et la France des films de Belmondo.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Blandine54Blandine54   26 janvier 2019
Nous redécouvrions l'Occident. Ce monde où l'on vivait sans ce soucier de l'ombre lugubre des cimes ensoleillées. Le monde de l'exploit pour la beauté du geste. Le monde des corps fiers de la puissance des beaux mécanismes charnels. Le monde qu'on pouvait prendre au sérieux parce qu'il n'avait pas peur de se montrer comique.
Mais surtout son langage ! C'était un monde où tout pouvait être dit. Où la réalité la plus embrouillée, la plus ténébreuse trouvait son mot : amant, rival, maîtresse, désir, liaison... La réalité amorphe, innommable, qui nous entourait, se mettait à se structurer, à se classifier, à révéler sa logique. L'occident se lisait !
Et, amoureusement, nous épelions les vocables de cet univers fantastique...
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ninamarijoninamarijo   29 août 2014
L'enfant, pour construire son univers personnel, a besoin de peu de choses. Quelques repères naturels dont il perce facilement l'harmonie et qu'il dispose en un monde cohérent.
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PiatkaPiatka   04 juillet 2017
Et le printemps venait, et, un beau jour, le village rompait les amarres. La rivière s'ébranlait. D'énormes champs de glace commençaient leur défilé majestueux. Leur marche s'accélérait, les écailles luisantes de l'eau nous éblouissaient. L'odeur âpre de la glace se mélangeait avec le vent des steppes. Et la terre se dérobait sous nos pieds, et c'était notre village avec ses isbas, ses haies vermoulues, ses voiles de linge multicolore sur les cordes, c'était Svetlaïa qui s'en allait dans une navigation joyeuse.
L'éternité hivernale prenait fin.
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lafilledepassagelafilledepassage   28 septembre 2017
Les Américains me rappellent souvent des singes s’amusant avec un jouet mécanique. Ils appuient sur un bouton, le ressort fonctionne, le bonhomme en plastique se met à faire des culbutes. Le résultat est atteint … et dans leur culture, c’est pareil. Ils fabriquent un nouveau génie, le gonflent par la télé, tout le monde se fiche de ses livres, pourvu que la machine marche. Le bouton, le ressort, le bonhomme en plastique gigote. Tout le monde est content. C’est très rassurant de pouvoir fabriquer des génies. A l’aide du mot … Ils jonglent avec les idées vieilles comme le monde, les combinent indéfiniment en leur sacrifiant la vie. Des mots, des mots, des mots …
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MarionVictoriaMarionVictoria   15 mai 2013
...et se met à lire à mi-voix...
Lisait-elle en français en nous donnant une traduction, un résumé? Ou était-ce un texte en russe? Je ne me souviens plus. Nous n'avons retenu, ce soir, ni le titre du roman, ni le nom de l'auteur. Nous vivions dans l'intense éblouissement des images qui avaient tout à coup inondé la pièce de l'isba...
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Videos de Andreï Makine (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Makine
Vivien de Lynden, jeune identitaire, racialiste et farouchement opposé à l'immigration a un idéal : procéder au "grand déplacement". Sa mère, Gaia de Lynden, est d'un tout autre bord. Impliquée dans les actions humanitaires, elle se heurte violemment à l'idéologie de son fils. Andreï Makine nous livre ici un récit choc mettant en lumière les sujets dont "on n'ose pas parler".
Retrouvez l'ouvrage en magasin ou sur notre e-shop : https://bit.ly/2IVfymZ
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