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ISBN : 2070401146
Éditeur : Gallimard (15/10/1996)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Emigré à Paris, Kim s'adresse à son ami d'enfance, Arkadi.
Avant d'être séparés à l'âge de quatorze ans, les deux garçons ont grandi ensemble dans un hameau communautaire, non loin de Leningrad. Kim et Arkadi vivent des années heureuses. Tous deux pionniers dans un mouvement de jeunesse, ils marchent fièrement vers l'horizon radieux que leur promettent les films de propagande, au rythme des chants qui célèbrent les héros de la guerre et la figure mythique du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
tynn
  05 août 2016
Avant la double consécration du Goncourt et du Médicis en 1995, Andreï Makine a vécu les années de galère d'un auteur qui cherche à se faire publier. Trois romans ont été écrits et si difficilement édités, avant le couronné « Testament français ».
Heureusement le succès public a remis en lumière des livres qui fascinent par le contexte politique sombre et le charme slave des narrations.
Les personnages de Makine sont frappés de désillusions et de fatalisme, englués dans un système oppressant et mensonger. Prendre le parti de l'humour et du cynisme ne cache en rien la lucidité des individus revenus de tout, ne se berçant plus de rêves enchantés sur la notion de démocratie à la soviétique.
Déchéance est le mot, de ses héros qui ont tout donné à la patrie : jusqu' à leurs jambes comme ce porte-drapeau, ou leur humanité en revenant des camps. Les enfants des hommes d'hier peuvent-ils se construire sans mensonge dans la moulinette des manipulations d'Etat ?
Il faut lire les premiers romans de Andreï Makine (celui-ci et « La fille d'un héros de l'Union Soviétique »). Comment expliquer cette difficulté à se faire éditer ? Ces livres sont magnifiques et importants pour comprendre l'homme et le pays auquel il reste profondément attaché.
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araucaria
  19 avril 2018
Une superbe écriture, comme toujours, mais le roman est très sombre et dénonce le régime de l'URSS. Lénine y est cité, mais aussi Staline avec ses purges, et aussi le communautarisme, l'embrigadement des plus jeunes, la nécessité d'avoir une pensée et une conduite "politiquement correctes". Ce livre ne plaira certainement pas aux nostalgiques des années soviétiques d'avant 1991.
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Peteplume
  19 février 2016
C'est un tout petit roman méconnu de Makine. C'est un petit roman mais qui a valeur de témoignage . Et cette confession pourrait avoir sa place dans "La fin de l'homme rouge" de Svetlana Alexiévitch... sauf que c'est un roman: c'est de la littérature; et de la meilleure. On en tirerait volontiers toutes sortes de citations mais le livre est tellement court, presque une nouvelle, qu'on aurait tôt fait de tout recopier. Tout y est pour comprendre le processus du désenchantement, la prise de conscience de ce qui faisait illusion dans le "soviétisme".
C'est du Makine à son meilleur et je m'étonne que ce roman n'ait pas fait l'objet de critiques et de citations sur ce site. Et même si la dernière page reste un peu mystérieuse pour moi, je mets sans hésitation quatre étoiles pour l'ensemble du roman.
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BVIALLET
  26 septembre 2018
Dans une banlieue défavorisée de Leningrad, deux jeunes garçons, Kim et Arkadi, vivent une enfance et une adolescence de pionniers, pleine de rêves et d'illusions socialistes. Piotr et Iacha, leurs pères, sont d'anciens combattants de la seconde guerre mondiale. Piotr, ancien tireur d'élite de l'armée rouge a eu les deux jambes sectionnées, suite à un bombardement venu de son propre camp. N'ayant été doté ni de fauteuil roulant ni d'appareillage, il n'a que les épaules de son ami Iacha pour se déplacer. Malgré un dénuement certain, la vie reste insouciante, solidaire et communautaire dans ce petit monde un peu à part de la ville entre les parties de dominos des hommes, les bavardages des femmes et les parades guerrières des jeunes pionniers. Jusqu'au jour où Kim, devenu militaire doit partir risquer sa vie en Afghanistan…
« Confession d'un porte-drapeau déchu » est un roman autobiographique sur une jeunesse pauvre mais heureuse vivant en Union soviétique sur une période allant de Staline à Gorbatchev en passant par Kroutchev et Brejnev. D'une guerre l'autre, deux générations sacrifiées. Quelques épisodes comme celui des gamins déterrants des dépouilles de soldats allemands pour les écrabouiller sauvagement sont assez pénibles à lire. L'ambiance dans ce petit quartier un peu à l'écart est fort bien rendue. Mais la fin ouverte et se voulant poétique laisse une impression assez bizarre. Pas un mot sur les méfaits du communisme. Une sorte d'indulgence un brin suspecte. Oeuvre de jeunesse ? Texte ayant obtenu l'imprimatur du conseil des écrivains bolcheviques ? le lecteur ne peut pas savoir. En conclusion, pas le meilleur des ouvrages de Makine qui nous a habitué à beaucoup mieux comme dans « Le testament français » par exemple.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   18 avril 2018
Après le nouvel an, pour les vacances d'hiver, Liouba partit avec sa mère au village.
Dans l'isba sibérienne qu'embaumaient les bûches de cèdre et de bouleau, la vie s'écoulait toute différente. Même le lait, par exemple, on le transportait ici, au village, tout à fait autrement. Dans le froid sonore du matin surgissait une fine musique de grelots. Elles dressaient la tête au-dessus de leur tasse de thé, tendaient l'oreille. Déjà l'on entendait le grincement des patins, le dur martèlement des sabots. Elles se levaient, mettaient leur pelisse de mouton.
Dans la cour s'était immobilisé un cheval tout blanc et bouclé de givre. Glebytch, un vieillard au visage rubicond, basculait lourdement du traîneau. Lorsqu'il les voyait descendre du perron, il se penchait, retirait du traîneau une grossière toile grise, la déployait. Liouba écarquillait les yeux. Dans ses grandes moufles de fourrure, Glebytch tenait un large disque de lait glacé qui étincelait au soleil matinal. Avec précaution il le déposait sur le napperon brodé que la mère lui tendait.
Sur la surface du disque striée de cristaux, Liouba découvrait parfois un brin de paille collé ou un épi. Et parfois même un bleuet... Mais le comble du bonheur, c'était de s'approcher en cachette du grand bloc glacé et de le lécher en plein milieu, recevant sur le visage le souffle d'un froid enivrant!
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araucariaaraucaria   17 avril 2018
Nos parents nous parlaient peu du passé. Peut-être croyaient-ils que celui mis en chansons et en récits dans nos manuels nous suffisait... Ou tout simplement voulaient-ils nous ménager, conscients que dans ce pays, savoir est une chose pénible et souvent dangereuse?
La vie de mon père, ou plutôt sa jeunesse, m'intéressait beaucoup. Tel un chercheur de trésor, j'étais sûr de retrouver dans son passé de soldat des images semblables à celles du combat nocturne dans lequel le cavalier rouge trouvait la mort. Un corps à corps héroïque. Un exploit éblouissant. Mais ses récits étaient toujours d'une sobriété sèche et décevante.
J'entrepris alors, presque inconsciemment, de composer une sorte de fresque, la mosaïque de cette jeunesse qui me fascinait. Jour après jour, j'ajoutais les fragments de ses récits, des confidences involontaires, des détails qui se révélaient au hasard de causeries avec ma mère.
C'était Iacha qui, de façon indirecte et sans s'en douter, du reste, m'avait beaucoup aidé dans ce long assemblage des petits éclats de ma mosaïque. (...)
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araucariaaraucaria   19 mars 2018
Tout était si simple. Limpide...
Le clairon lançait ses cris perçants. Le tambour vibrait. Et vibrait au-dessus de sa peau jaune et racornie le ciel dont nous avalions de grands pans frais et bleus en chantant nos chansons sonores. L'univers entier trépidait dans ce roulement et ces cris.
Tout était si clair dans ce début de notre vie. Notre enfance avait l'odeur piquante du cuivre étincelant, la résonance martiale de la peau tendue.
Et nous marchions, les jambes veloutées de poussière, à travers les chemins des champs. Toujours tout droit devant nous. Toujours vers cet horizon radieux.
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araucariaaraucaria   15 avril 2018
Au centre de la cour était installée la table des joueurs de dominos. Autour d'elle, des arbres, plus jeunes et qui nous étaient comme plus proches, car on les avait plantés sous nos yeux. Nous étions vaguement fiers de nous savoir antérieurs à quelque chose dans cette cour... Cette table, en épaisses planches de chêne noueuses, offrait une surface qui, au printemps, la mieux exposée au soleil, se débarrassait la première de sa couche de neige. C'était un bonheur intense, par une éblouissante journée de mars, de s'asseoir là, de retirer de sa poche une loupe - un vrai trésor! - et de marquer ses initiales sur la planche encore humide. Le fin filet bleuté de la fumée chatouillait les narines, se mélangeait avec la fraîcheur neigeuse, se dissipait dans l'air ensoleillé...
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araucariaaraucaria   19 avril 2018
A plusieurs reprises on nous fit entonner les mêmes chants pour occuper notre attente. De nouveau on vérifiait la rectitude de nos rangs. Et pour la énième fois dans un haut-parleur à l'éclat d'aluminium claquaient les "un, deux, trois" d'un tout dernier contrôle.
Enfin, ils apparurent. On vit trois voitures noires s'immobiliser devant l'entrée principale. Une demi-douzaine d'hommes s'arrachèrent non sans peine des sièges rembourrés, secouèrent leurs jambes engourdies. Ils avaient l'air d'avoir copieusement déjeuné peu de temps auparavant. Visages rouges, cravates relâchées, regards brumeux. Ils vinrent s'installer sur des chaises face à nos carrés et la cérémonie commença.
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Videos de Andreï Makine (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Makine
Andreï Makine vous présente son ouvrage "Au-delà des frontières" aux éditions Grasset. Entretien avec Christophe Lucet. Rentrée littéraire janvier 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2285979/andrei-makine-au-dela-des-frontieres
Notes de Musique : Free Music Archive
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