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EAN : 9782020787468
224 pages
Seuil (14/01/2005)
  Existe en édition audio
3.84/5   239 notes
Résumé :
Véra est l'un de ces êtres que Dostoïevski appelait " héros de l'extrême frontière ". Engagés à corps perdu dans leur quête spirituelle ou amoureuse, ils se débattent à la limite de la folie mais aussi de la vérité souveraine. Celle, charnelle et cosmique, qui exprime le dense mystère de leur vie, si humble d'apparence. La folie de Véra est d'attendre l'homme qu'elle aime, de refuser l'oubli, d'arracher à la solitude les âmes abandonnées par ceux qui préfèrent oubli... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
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La femme qui attendait, c'est moi, ou plutôt, c'était moi. Parce que j'ai pas attendu bien longtemps au final avant de craquer sur ce livre. J'ai été tellement emportée par son Archipel d'une autre vie (où un petit bout de moi est resté prisonnier dans la glace) et que j'avais envie de retrouver Andreï Makine sans plus tarder. Normalement j'attends un peu entre deux livres du même auteur mais parfois c'est bien de changer ses habitudes.

Makine, Makine, mais qu'est ce que j'aime donc tant chez lui ? Je l'aime parce que c'est un prêtre du silence. Je l'aime parce que c'est un peintre de l'éphémère. Je l'aime parce que c'est un magicien de la lumière. Voilà, pourquoi je l'aime. Ça peut sembler excessif tout ça, j'admets que c'est pas trop mon style habituel ce genre de déclarations mais puisque je sais pourquoi je l'aime, autant le dire, non ? Parfois on ne sait pas pourquoi on aime, là c'est plus compliqué, donc pour une fois que c'est simple, j'en profite. En fait, Makine a su parler à mon “âme slave”, cette chose mystérieuse qui peut rester tapie dans l'ombre pendant des années et resurgir d'un coup pour se répandre dans toutes les fibres de l'être (voire du néant si jamais on a un trou dans son être). Et l'âme slave, c'est quoi ? C'est ce qui peut te faire pleurer juste en entendant un violon, ce qui fait que tu sais sans l'ombre d'un doute que les plus désespérés sont les chants les plus beaux (et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots comme le dit si bien Musset qui n'est pas slave mais vraiment romantique ce qui parfois revient au même), dans un autre registre c'est aussi ce qui fait que tu sais quand tu veux boire beaucoup de vodka que c'est bien de manger quelques śledzie entre deux verres, ce qui fait qu'un de tes rêves ultimes c'est de te retirer dans ta petite isba à moitié ensevelie sous la neige avec un samovar plein de thé et une cargaison de livres. Bref, y'a des détails qui ne trompent pas ;)

Moi je dis slave parce que je suis demi-polonaise, y'en a d'autres qui parlent d'âme russe mais je ne suis pas d'accord : c'est pas parce que la Russie est si grande qu'elle a le monopole de l'âme. Alors pour ce livre, ok on va dire russe car La femme qui attendait attendait en Russie. A Mirnoïé, sur les bords de la mer Blanche plus précisément. Rien que ce nom, Mirnoïé, ça me fait triper, pas vous ? C'est tellement beau, je n'ai pas réussi à savoir si ça existait vraiment ou non, dommage, tant pis, un jour j'irai me perdre (ou attendre moi aussi ? va savoir...) auprès des mers du Grand Nord Russe, pourquoi pas du côté des îles Solovski…

Donc voilà, maintenant que les choses sont posées, parlons peu, mais parlons bien. Moi aussi j'ai envie de me plonger dans la lente transfusion des froissements et des silences, moi aussi je veux entendre la glace se rompre avec une sonorité de clavecin et son écho se fondre dans la luminosité de l'air en se mêlant à la plainte répétée d'un loriot, à la senteur d'un feu de bois, une odeur d'écorce brûlée dans la fraîcheur amère des joncs et de l'argile humide de la berge ; moi aussi - dans le silence décanté de minuit - j'ai envie d'entendre se détacher un bruit mat, le claquement d'une porte au loin (une porte, sa porte, ta porte…), je veux voir comment la lune embusquée sous un bleu laiteux fige les maisons et les arbres dans un guet soupçonneux, phosphorescent…(rhâââ oui je veux je veux je veux !!)

ChuUuut maintenant il faut parler tout bas… Ça y est ? Vous y êtes ? Moi j'y suis tellement que je n'en reviens pas… “La beauté de cet instant allait tout simplement devenir notre vie” … putain mais c'est à quel moment que je me mets à chialer ? Mais là, maintenant, tout de suite, pourquoi attendre, Makine m'a tué. Ce mec est celui sur terre qui sait le mieux me faire comprendre le sens du mot “décantation” (et ça fait deux fois qu'il me fait le coup, comment on se remet de ça ? Ben c'est simple, on ne s'en remet pas.)

Donc dans ce livre, il y a tout ça, cette immersion profonde et totale dans ces paysage, dans cette nuit tiède, ce répit avant le déferlement de l'hiver. Il y a tout ça (et c'est déjà beaucoup) et il y a aussi Véra. Alors là, comment dire ? J'ai adoré le personnage de cette femme qui attend, elle a percuté un truc quelque part, Véra c'est moi. Je connais déjà le sens du mot attendre, je peux même dire que je sais apprécier le charme douloureux de l'attente, j'aime quand ce n'est pas facile à aimer, c'est mystique, irrationnel, ça respire la fatalité et la nostalgie, la démesure et l'abattement. On n'a pas le choix parfois, il faut être jusqu'au-boutiste dans son entêtement … et advienne que pourra !
Attendre ça vient d'un mot latin qui veut dire “prêter attention” et je trouve que c'est très juste, quand on attend finalement on a le temps de prêter attention à tout un tas de petites choses qui passeraient inaperçues autrement et qui finalement sont peut-être les plus essentielles (les frôlements, les craquements, les petites lueurs, les odeurs diffuses, toutes ces petites émanations de la vie…)

...Nan mais quelle poète je suis hein !?! Sérieux, je m'épate, mais c'est parce que dans le fond, je reste persuadée d'un truc : c'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière. C'est pas Makine qui le dit mais Edmond Rostand et ça ne change rien, ce que j'aime c'est ce concept d'espoir dans le désespoir, l'espoir que l'attente ne sera pas vaine. D'ailleurs il vaut mieux se dire ça, parce que sinon, bah sinon... c'est vraiment les grosses boules.

Je resterai donc encore la femme qui attend.
Lien : https://tracesdelire.blogspo..
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« Entre ces deux temps de sa vie, entre sa promesse juvénile et l'avenir que ce voeu avait anéanti, je tentais de retrouver le jour où tout avait basculé... »

« En fait, toutes les femmes attendent, comme elle, durant toute leur vie, formulai-je avec maladresse. » Eh bien Monsieur le Lettré, ce n'est certainement pas la seule fois où vous avez été maladroit ! Bien la peine de croire tout savoir pour finalement être tant à côté de la plaque. Je ris de vous voir faire autant de pirouettes en si peu de jours. Mais cela vous allait bien, à vouloir tout comprendre... rien, vous passiez à côté de tout. Tout comme vous étiez bien triste à regarder ces grains de beauté qui vous filaient sous les doigts, entouré d'intellectuels dissidents qui étaient plus en rupture avec eux-mêmes qu'avec un régime ou une ligne artistique.

Le respect, il vient de Véra et de ces vielles femmes regroupées à Mirnoïé, sans attente particulière mais dans la chaleur des coeurs. Il vient de ces petites gens agglutinées dans un bus à six heures du matin, regardant des phalanges qui manquent et qui malgré tout arrivent à tenir un journal avec les doigts restants, et quand bien même ce journal n'élève pas la pensée mais l'engourdit, ces gens ne vous jugent pas, eux. le respect, il vient aussi de l'attitude de Otar, fort en bouche mais honnête et respectueux, « il refusait de comprendre cette femme et qu'en même temps, en vrai montagnard, il éprouvait pour cette attente le respect presque sacré qu'on doit à un voeu, à un serment... »

Véra l'attend depuis trente ans son amour. Que pourriez-vous y comprendre ? Voilà le personnage qui m'est apparu particulièrement énervant. Un défaut de la jeunesse ? Peut-être... Il est plus jeune que Véra quand ils se rencontrent au milieu des années 70 près de la mer Blanche et veut comprendre son attente, la mettre dans des cases. Mais il manque de maturité selon moi.

J'ai adoré ce roman pour l'ambiance qui transpire des brumes grises et des neiges blanches, de la buée qui s'échappe des isbas près du lac, de la retenue dans l'écriture et de la sensualité fine et belle que l'auteur décrit sous les bleus de la lune par une nuit froide. Ce n'est pas une écriture facile, les premières pages demandent une résistance. Mais passé ce cap, c'est un pur régal dès qu'on a pris le rythme de la prose d'Andreï Makine. le temps est suspendu, l'attente commence.

« L'idée que cette femme vivait ce qui ne nous est donné à vivre qu'après la mort dota soudain sa vie que j'avais jugée si absurde d'un sens obscur. »
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L'écriture est belle, c'est incontestable. Ce roman ne se dévore pas mais se savoure, chaque phrase est ciselée. Je n'ai pour autant pas réussi à entrer en osmose avec Vera, cette "femme qui attendait". Je suis restée étrangère à son histoire et n'ai pas eu cette fascination pour elle comme le narrateur, jeune journaliste qui, venu enquêter sur les coutumes de cette contrée va être jubjugué par cette femme. Il va alors chercher à en savoir plus et découvre qu'elle n'est pas cette pauvre paysanne qui attend follement son amour qui est parti à la guerre depuis 30 ans. Vera est autre et va devenir l'obsession de ce journaliste qui veut en savoir plus et, un brin machiste veut la séduire.
Certains lecteurs parlent d' un envoûtement, la 4ème de couverture quant à elle, dit " de la rencontre avec cette héroïne de" l'extrême frontière ", nous sortirons transfigurés, illuminés par l'intensité de son amour, de sa foi." Je suis loin d'avoir ressenti ces émotions, j'en ressors tout simplement admirative devant la belle plume mais n'ai pas été transportée par l'histoire.
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Makine a été rejoint par la langue française qui l'a envouté au point de le décider à en acquérir une maitrise qui nous remplit de stupeur et d'admiration, comme Dominique Fernandez a pu le souligner lors de sa réception à l'Académie Française le 5 décembre 2016. Il écrit merveilleusement bien avec un style élégiaque qui caresse les mots, un vocabulaire suave qui par petites touches fait naitre des images délicates de sa Sibérie natale. Il donne à ce pays loin de tout, où la vie est rude, la nature hostile, l'habitat austère, une dimension poétique. de même, ses personnages, aux prises avec la chape que l'URSS Brejnevienne fait peser sur chacun d'eux, expriment leurs angoisses, leurs espoirs, leurs aspirations avec pudeur, même lorsqu'il leur fait manier un argot bien charpenté. L'univers de Makine, ce sont des destinées où chacun cherche à échapper à l'absurdité de sa situation, c'est un hymne à la femme, sensuelle, forte, déterminée, courageuse et belle. C'est aussi le questionnement de l'auteur sur son propre sort, une quête spirituelle, un manque à combler, un sens à trouver sur ce qui remplit la vie de l'homme et où l'amour prend une part importante...mais où les attaches, les liens sont toujours tranchés. "La Sibérie, longtemps identifiée à un lieu de désolation et de terreur depuis que Dostoïeveski l'avait appelée "la maison des morts" devient avec Makine la métaphore de la libération" précise Dominique Fernandez.
Véra, une femme énigmatique, belle et sauvage, se laisse progressivement apprivoiser par un jeune étudiant arrivé de Leningrad. Il a 26 ans, elle a l'âge d'être sa mère et la rumeur prétend qu'elle attend le retour de son fiancé disparu en 1945 lors de la libération de Berlin. Elle vit dans le petit village de Mirnoïé. Elle est institutrice et de dévoue aux vielles femmes du village. Elle semble attendre un retour auquel personne ne croit plus, sauf elle. C'est en l'observant que le narrateur finit par progressivement tomber amoureux de cette femme qui exerce une véritable fascination sur lui. Puissance des sentiments, délicatesse du phrasé, pudeur, font de ce roman une oeuvre agréable et profondément touchante qui descend dans l'intime de notre coeur.
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Ce livre m'a désemparé, j'ai avancé à tâtons dans sa lecture, sans enthousiasme et sans pour autant pouvoir me l'expliquer. J'ai même failli l'abandonner à mi-chemin.
J'avais pourtant bien aimé “Le Testament français” mais le style et le thème de ce roman ne m'ont pas touché, ne sachant pas où Makine voulait m'emmener.

Véra avait 16 ans quand son amoureux est parti au front et depuis 20 ans elle l'attend…
C'est une Andromaque ou une Pénélope paysanne russe…
Je dois à la vérité de dire que j'ai déjà calé sur des romans russes comme “Guerre et paix” “Crime et châtiment”, nul n'est parfait…

Makine écrit en français mais il est né en Sibérie et son inspiration russe transpire dans cet écrit.
Elle fait plus que transpirer, elle imprègne les réflexions à base de kolkhozes et de figures illustres : “Enlevez le portrait de Lénine de nos billets de banque. Car infinie est sa valeur.”

Certaines descriptions de paysages sont magnifiques mais trop de froid, trop de givre, trop de boue autour des isbas, non décidément l'univers et la littérature russe et russophone refroidissent mon enthousiasme.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Avant, c'est la curiosité, la divination, la soif d'aveux. La faim d'autrui, l'attirance pour ses souterrains. Puis, une fois son secret déchiffré, viennent ces mots, souvent prétentieux et catégoriques, qui dissèquent, constatent, classent. Tout devient compréhensible et rassurant. Peut alors débuter la routine d'une liaison ou d'une indifférence. Le mystère de l'autre est apprivoisé. Son corps est réduit à une mécanique charnelle, désirable ou non. Son coeur, à un inventaire de réactions prévisibles.
En fait, à ce stade, une sorte de meurtre se produit car nous tuons cet être infini et inépuisable que nous avons rencontré. Nous préférons avoir affaire à une construction verbale plutôt qu'à un vivant...
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Dans ses récits, il parvenait, je ne sais pas comment, à éviter la répétition. Pourtant, il s'agissait invariablement de femmes convoitées, séduites, possédées. II les prenait couchées, debout, recroquevillées dans la cabine de son camion, adossées au mur d'une étable au milieu de la rumination ensommeillée des bêtes, dans des clairières au pied d'une fourmilière (« On avait tous les deux les fesses bouffées par ces saletés!»), dans des bains de vapeur... Sa langue était à la fois crue et fleurie : il faisait « craquer ce gros cul comme une pastèque», et dans les bains «les seins, ça gonfle, ça prend du volume, oui, ça monte comme une pâte qui lève», « je l'ai poussée contre un cerisier, je l'ai enfoncée et je l'ai tellement secouée qu'il y a eu plein de cerises qui nous tombaient dessus, on était tout rouges de jus... , Au fond, c'était un véritable poète de la chair et la sincérité de son extase devant le corps féminin sauvait ses récits de la monotonie des coïts.
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Nous rîmes à faire peur à tous les sangliers de la forêt, puis, le calme revenu, Otar garda longtemps le silence avec cette intuition d'homme ivre qui détecte soudain dans sa gaieté une part de fausseté et se rembrunit, se renferme sur les douleurs de la vie mises à vif.
Le brouillard fondit.
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Chaque génération a sa façon de flirter. Dans les années soixante, quand j’étais à Leningrad, les hommes qui vous abordaient et qui voulaient surtout brûler les étapes n’avaient que cela à la bouche : « la théorie du verre d’eau » de Kolantaï. Dans la fièvre révolutionnaire la belle Alexandra grande amie de Lénine avait concocté ce précepte : assouvir son instinct charnel est aussi simple que boire un verre d’eau. Cela paraissait tellement vital que, durant les premières années après 1917, on projetait très sérieusement de construire dans les rues de Moscou des cabines où les citoyens pourraient satisfaire leurs désirs physiques. Le meilleur flirt est l’absence de tout flirt. Le passage à l’acte immédiat. On se croise dans la rue, on trouve la cabine la plus proche, on boit « son verre d’eau », on se sépare. Une grosse pierre dans le potager des convenances bourgeoises.
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En fait toutes les femmes attendent, comme elle, durant toute leur vie, formulai-je avec maladresse. Toutes les femmes, dans tous les pays, de tout temps. Elles attendent un homme qui doit apparaitre là, au bout de cette route, dans cette transparence du couchant. Un homme au regard ferme et grave, venant de plus loin que la mort vers une femme qui espérait malgré tout.
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Videos de Andreï Makine (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Makine
Augustin Trapenard reçoit Andreï Makine, écrivain, académicien, pour "L'Ancien Calendrier d'un amour", édité chez Grasset. Ce titre énigmatique fait référence à une "parenthèse enchantée" pendant laquelle Valdas et sa bien aimée peuvent vivre "en dehors de la comédie humaine" entre l'ancien calendrier de la Russie et le nouveau.  En effet, le livre raconte l'histoire d'un jeune aristocrate russe embarqué dans le tourbillon de la révolution de 1917 qui finira sa vie en France. L'homme fera l'expérience de l'amour et ne cessera jamais d'oublier celle qu'il a aimé. Son histoire c'est aussi l'histoire d'un exil, un exil qui rappelle celui connu par l'auteur. 

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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