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ISBN : 2757816373
Éditeur : Points (18/02/2010)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Ce départ pour Saint-Pétersbourg annonce un de ces voyages mystérieux où nous cherchons non pas à changer de pays mais à changer notre vie. Choutov, écrivain et ancien dissident, espère fuir ainsi l'impasse de sa liaison avec Léa, éprouver de nouveau l'incandescence de ses idéaux de jeunesse et surtout retrouver la femme dont il était amoureux trente ans auparavant. Son évasion le mènera vers une Russie inconnue où, à la fois indigné, abasourdi et condamné à compren... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  17 juillet 2014
L'écrivain et ancien dissident, Choutov, part à Saint-Pétersbourg pour fuir une liaison finissante avec une femme plus jeune que lui.
Après vingt ans d'absence, Choutov découvre une Russie devenue capitaliste et clinquante, désormais propriété de nouveaux riches. A Saint-Pétersbourg, il retrouve son amour de jeunesse, Lana, qui participe à l'organisation de la fête du tricentenaire de la ville.
Dans l'immeuble de son amie, il va rencontrer un vieil homme dont Choutov comprend qu'il incarne, pour elle et ses semblables, le vestige d'un passé dont ils veulent faire table rase. Cet homme va lui raconter le siège de Leningrad et l'amour absolu qu'il a eu pour une femme, morte, assassinée par le régime soviétique.
A travers la vie de cet homme inconnu, Makine évoque le destin de ceux qui ont vécu la guerre, de ceux qui ont été brisés par le système soviétique, qui ont vécu les purges et les camps, ceux dont on ne veut plus entendre parler aujourd'hui.
Dans ce roman très vivant, mêlant le passé et le présent, la Russie d'hier et celle d'aujourd'hui, Andréi Makine retrace plus de soixante-dix ans de l'histoire de son pays et montre la persistance d'une oligarchie dominante qui se préoccupe toujours aussi peu du peuple russe.
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Renod
  27 janvier 2015
J'ai particulièrement apprécié "La vie d'un homme inconnu", roman d'Andreï Makine publié en 2009. Il y est question de la vie, de l'amour, thèmes maintes fois rabâchés. le récit débute par une histoire assez banale... Mais attention : le roman ne se livre que dans les derniers chapitres.
Choutov, un écrivain d'origine russe, se morfond dans son appartement de Ménilmontant. Sa jeune compagne l'a quitté et passera le lendemain récupérer ses dernières affaires. Il se remémore une nouvelle de Tchekov sur l'amour innocent de deux êtres, récit qui fait écho à un amour de jeunesse, vieux de trente ans. Pour fuir la visite de son ex concubine et pour revenir à la source de ce premier amour, il décide de partir au plus vite à Saint-Pétersbourg.
Choutov trouve une Russie en pleine mutation et une ville en pleine fête du tricentenaire de sa fondation. Plongé dans l'effervescence du carnaval et écoeuré par le triste spectacle offert par les chaînes de télévision, il se sent rapidement dépassé. Il ne se reconnaît pas dans cette nouvelle génération de Russes aux mentalités radicalement converties au consumérisme.
Hébergé dans un logement communautaire, il doit veiller pour une nuit sur un nonagénaire qui quittera sa chambre le lendemain pour un asile. le vieil homme va lui faire le récit de sa vie : le blocus de Léningrad, la Grande Guerre Patriotique, le Goulag, son travail dans les orphelinats et enfin, sa retraite dans cette chambre de Kommunalka. Ce destin, tout à la fois exceptionnel et ordinaire, a été traversé par un amour infaillible pour Mila, qu'il a continué à aimer malgré toutes les terribles épreuves vécues pendant ces années. Cet homme, Volski, décédera peu après dans un asile de banlieue, tombe anonyme parmi tant d'autres.
Ce voyage raté et cette rencontre ont changé Choutov. Il relit la nouvelle de Tchekov et en retrouve le sens, qui lui avait échappé. le jeune-homme du récit ne déclarait pas spontanément sa flamme, il plaisantait. D'ailleurs la nouvelle est intitulée "Choutotchka", plaisanterie en russe, mot qui a la même racine que le nom du héros, Choutov... Il comprend que "les seuls mots dignes d'être écrits surgissent quand la parole est impossible". Il porte un regard froid sur sa relation avec Léa : beaucoup de mots vains pour ce qui n'était en fin de compte qu'une plaisanterie. L'amour véritable, c'est celui qui unissait ces deux êtres écrasés par l'histoire, cet homme et cette femme qui s'étaient promis de lever les yeux au ciel pour s'unir l'un à l'autre par la pensée. Choutov comprend aussi qu'il restera un étranger en son propre pays, sa véritable patrie n'est pas un territoire, c'est une époque révolue. Il retourne quelques mois plus tard en Russie et fait poser une stèle sur la tombe de Volski. Il sait qu'il se doit d'écrire sur ces inconnus qui s'aimaient et dont la parole est restée muette.
Le roman débute par le récit d'une séparation germanopratine, s'envole dans vers un carnaval pétersbourgeois, traverse l'histoire de l'Union Soviétique et trouve enfin tout sa signification dans les derniers chapitres. le roman a de nombreuses qualités : un style travaillé, un roman agréable à lire et du sens.
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antibouille
  02 septembre 2016
Jamais déçu par la lecture de l'auteur du Testament Français, une écriture forte et émouvante au service d'une histoire parfaitement menée. Des personnages hors du commun nous font côtoyer l'horreur de la cruauté des hommes avec la splendeur d'un amour sans limites. Dans une Russie déchirée et déchiquetée Andreï Makine nous plonge dans le terrible siège de Stalingrad et nous montre à quel point la résistance humaine à la faim, à la torture, à la guerre, forçe l'admiration. Mais le plus émouvant demeure la narration de cet amour indestructible entre ces deux êtres que rien ne peut empêcher ni la séparation, ni les épreuves difficiles de la vie, ni le changement des corps....sans jamais en rajouter sur les sentiments éprouvés ou sur les rapprochements , l'auteur parvient par sa sensibilité et sa subtilité à nous faire partager la forçe de cet amour qui ira au-delà de la mort ...." Reconnaître et aimer cette part invisible d'une femme, cet instant-là sous une lente chute de pétales, ce corps meurtri et dont la tendresse est encore intacte..."
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djathi
  09 août 2017
Après avoir refermé "La vie d'un homme inconnu" , il m'a été difficile d'enchaîner sur une autre lecture tant le monde de Makine nous imprègne dans la puissance" des mots pour exprimer l'horreur de celui-ci engendrée par le cours de l'histoire !!! J'ai eu quelques difficultés à aborder ce livre au départ : Effectivement la première partie semble "longuette" : notre héros fatigué semble trainer en lui un immense vide qui lui ote toute substance , on a le sentiment qu'il joue un rôle dans une mauvaise pièce de théatre , tout sonne faux .......Après trente années d'exil , Choutov apparait comme un être usé , élimé , qui essaie de se donner un peu de "coffre" en s'insurgeant contre la société européenne où tout n'est qu'artifice ......mais dans laquelle il s'est fondu , se donnant même l'illusion d'être amoureux d'une "midinette" de passage dans sa vie !!!! un moment clé de cet état dans ce passage nous met en lumière la cruelle lucidité de cet homme face à lui même :"Un jour, dans un café plein de monde , il se figea . "chout" signifie en russe un clown, disait Léa , un bouffon". Un clown triste , ajouta-t-il ........."
Mu par l'espoir de redonner un sens à sa vie , il décide de retourner à ST Petersbourg pour faire renaitre un amour de jeunesse idéalisé par la force du souvenir .........Finalement cette rencontre n'aboutit qu'à une déception :" L'amoureuse "d'autrefois n'existe plus , à présent c'est une femme moderne , légère , futile et tournée vers 'la fièvre des nouvelles raisons d'être après la démence très raisonneuse de la dictature"!!! Tout ce monde s'agite autour de lui dans la même frénésie que celle du monde européen , boulimique pour rattraper le temps perdu et finalement la Russie apparait comme une véritable caricature du monde occidental !!! Vladimir (Vlad , ça fait plus tendance et efface l'appartenance Russe), le fils de cette amoureuse perdue , travaillant dans le monde du livre représente à lui seul cette fuite en avant : 'La vérité, les historiens la réecrivent chaque jour.Nous, ce qui nous intéresse, c'est de proposer la vérité qui pousse le lecteur à sortir son porte-monnaie "
.........
Pour Choutov , cet amour perdu ne sera qu'un passage .............Pour nous aussi lecteur , cela importe peu ....... C'est par la rencontre avec une "mémoire " du temps passé à travers ce vieux monsieur grabataire oublié du présent , encombrant pour cette nouvelle génération qui n'aspire qu'à se propulser dans l'étourdissement de cette société de consommation , que Choutov va accéder au but profond de ce voyage : réveiller la douleur du passé par la narration de cette Russie du temps des Purges et de cette "grande guerre patriotique"
, pour mieux voir triompher la force et la puissance de 'amour face à l'horreur et l'absurde .....!
A travers cette rencontre et le narration crue et éblouissante de vérité , Choutov semble effectuer un véritable chemin initiatique ........ Pour retourner au coeur de l'humanité ......... Une humanité qui sait encore triompher des forces du mal .............Les valeurs sont là , intrinsèques à l'homme au delà de ces agissements absurdes et terrifiants .........
J 'ai été bouleversée par cette lecture , Makine possède l'art de trouver les mots justes avec son style incomparable , poétique et sobre à la fois .......une musique presque (douloureuse à entendre souvent ) pour transcrire un hymne à la vie ........ en s'appuyant sur le plus insensé et le plus insoutenable de ce que peut faire l'homme pour faire exalter la puissance sans fin de l'amour ...........
Je continue mon "petit bonhomme de chemin" avec une nouvelle petite lumière pour avancer .....Merci monsieur Makine !!!!!
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soleil
  04 janvier 2017
Entre Léa et Choutov, tout est terminé. La jeune fille vient de le délaisser pour un jeune homme de son âge. Que va-t-il faire ? Rester dans son appartement parisien sous les toits ?
La réflexion est de courte durée. Il profite d'une demande de visa faite et encore valide pour retourner à Saint-Petersbourg retrouver Iana, une de ses anciennes amies. La voilà qui l'accueille dans un grand appartement. Un appartement communautaire ? Il n'en est rien. Iana semble s'être très bien débrouillée professionnellement. Elle gagne de l'argent et a racheté un ancien appartement communautaire pour y installer des meubles de qualité, de la robinetterie de luxe et tous les ouvriers s'affairent. D'ailleurs, même elle semble virevolter et n'a pas beaucoup de temps à consacrer à cet ancien amoureux. Il faut dire qu'elle doit s'occuper des fêtes du tricentenaire de la ville. Dans cet appartement grouillant d'ouvriers, de Iana et de son fils Vlad, est installé dans une chambre, Volski, un vieil homme muet. Que fait-il là ? Qui est-il ? Entre lui et Choutov des confidences vont émerger et un flot de souvenirs et de paroles se déverser.
J'ai été déçue par ce roman que j'ai trouvé très inégal et les trois parties ne s'articulaient pas du tout entre elles (comme s'il s'agissait d'histoires différentes). La toute première, très brève et qui concerne Choutov et Léa n'avaient à mon sens aucun intérêt et de plus il n'y avait rien qui me permette de m'attacher au héros et à Léa. Ensuite, quand Choutov arrive à Saint-Petersbourg pour retrouver Iana, là encore, rien dans le descriptif de leurs personnalités, de leurs agissements ne les rendaient particulièrement attachants ou sympathiques ; de plus je ne voyais pas grand intérêt à ce passage- là hormis nous faire comprendre que Choutov n'avait plus sa place à Paris mais ne l'avait plus non plus à Saint-Petersbourg dans un pays qui avait profondément changé. Je me suis dit : deuxième partie du livre et toujours pas d'enchantement. Ensuite vient la partie où Volski et Choutov s'entretiennent du passé, de l'amour inconditionnel de Volski pour une femme pendant le siège de Léningrad, des privations, des enfermements, des lueurs d'espoir. Même pendant ce récit je n'ai pas été touchée. Seules les dix dernières pages précisément m'ont beaucoup émue. Il était trop tard.
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Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
bibliophagebibliophage   27 avril 2009
"C'est ça, une question de ce genre, d'une naïveté difficile à parer. Pourquoi le goulag serait-il le critère de la bonne littérature ? Et la souffrance, un gage de l'authenticité ? Mais surtout qui pourrait juger de la valeur des vies, des livres ? En quoi la vie de Vlad serait-elle moins dotée de sens que celle d'un pauvre bougre qui achetait avec ses derniers kopecks le fascicule d'un poète proscrit, imprimé sur du papier d'emballage ? Aucun livre n'est plus interdit à ces jeunes Russes. Ils parcourent le monde [...], ils sont bien nourris, instruits, décomplexés... Pourtant, une chose leur fait défaut...

(p.99-100)
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RenodRenod   27 janvier 2015
Ce qu'il comprit ressembla à une percée de lumière. ""Non, il ne faut rien expliquer, pensa-t'il, juste reconnaître dans l'autre cet être étonnant qui dépasse infiniment ce qu'il a vécu et ce qu'il vit, et ce qu'on voit de lui, et ce que le monde fait de lui. Reconnaître et aimer cette part invisible d'une femme, cet instant-là sous une lente chute de pétales, ce corps meurtri et dont la tendresse est encore intacte, ces yeux dont la clarté me rend vivant.""
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gaelbourgeoisgaelbourgeois   04 juillet 2016
p.12 :
"Tu es juste malheureux. Comme... quelqu'un qui... (elle cherchait le mot et lui était fou de reconnaissance : elle m'a compris, je ne suis pas un raté professionnel !), oui, tu es comme un obus qui n'a pas explosé et qui garde sa force détonante en lui. Tu es une déflagration qui n'arrive pas à se faire entendre."

p.169 :
"La vitalité de ce Mandarine était déconcertante, tout comme sa permanente bonne humeur. C'est lui qui avait appris aux autres à manger du soleil. Les enfants, affamés, s'asseyaient en rang face à la fenêtre tapissée de givre, ouvraient la bouche, mordaient dans la lumière qui éclairait leurs visages blêmes, faisaient mine de mâcher, d'avaler..."

p.172 :
"Elle s'interrompit car il plissa les paupières à la manière de celui qui veut éviter à l'autre un pieux mensonge. Cette mimique appartenait à un adulte et c'est d'une voix aussi très adulte qu'il chuchota : "Tante Mila, je vais mourir cette nuit. Mon pain, vous le donnerez aux enfants..." La dissonance entre ce petit corps et la voix grave la fit tressaillir."

p.229 :
"Vingt ou trente ans plus tard, Volski lirait des témoignages écrits par d'anciens prisonniers. Certains parlaient de leur vie détruite, d'autres racontaient comment ils étaient parvenus à renouer avec "la vie normale". Il se dirait alors que sa vie à lui était restée intacte, c'est le monde qui peu à peu s'était évanoui."

p.253 :
""Je n'ai jamais cessé de rencontrer son regard. Même quand j'ai appris qu'elle était morte... Personne ne pouvait m'interdire de croire qu'elle me voyait. Et cette nuit, je sais qu'elle regarde toujours le ciel. Et personne, vous entendez ? personne n'osera le nier.""
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luocineluocine   21 août 2009
Alors j’ai voulu me payer sa tête, j’ai cité Marx « le seul critère de la vérité est le résultat pratique » et dans l’édition, le résultat c’est le nombre de ventes, n’est ce pas ? Si des livres de merde se vendent, c’est qu’on en a besoin.
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luocineluocine   21 août 2009
Tchekhov nous encourageait à couper le début et la fin de nos nouvelles. Je ne sais pas si le remède du docteur Tchekhov peut guérir un roman. En tout cas, mon héroïne vit dans la partie qu’il conseillait de couper
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