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EAN : 9782021095517
372 pages
Éditeur : Seuil (03/01/2013)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 146 notes)
Résumé :
Défendre cette femme... Effacer les clichés qui la défigurent. Briser le masque que le mépris a scellé sur son visage.
Aimer cette femme dont tant d’hommes n’ont su que convoiter le corps et envier le pouvoir.
C’est cette passion qui anime le cinéaste russe Oleg Erdmann, désireux de sonder le mystère de la Grande Catherine. Qui était-elle? Une cruelle Messaline russo-allemande aux penchants nymphomanes? Une tsarine clamant son « âme républicaine »? La ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  25 octobre 2018
Un livre et un auteur surprenants et marquants, découverts grâce à mes amis Babelio.
Surprenante lecture par rapport à la quatrième de couverture. Je m'attendais en effet à une biographie croisée de la grande Catherine de Russie avec des éléments de vie d'un quidam de la Russie contemporaine, version littéraire de mon voisin de palier comparant ses amours et ses emmerdes avec celles de Charles Aznavour. L'idée semblait intéressante, mais la trame de ce roman est en fait bien plus que cela.
Avec un peu plus d'attention, j'aurais remarqué que la femme (aimée ?) de la couverture est de dos, tournée vers une allée couvert de neige... elle est donc anonyme, reine peut-être, par sa tenue, mais avant tout une femme tournée vers un avenir (ou un passé ?) incertain...
La femme aimée de ce roman est en fait multiple et interrogation, portée par Oleg, écrivain puis assistant de cinéma dans l'URSS finissante et la Russie contemporaine. Au-delà de la quête de paparazzi d'Oleg et de ses amis pour tenter de mettre à nu la sulfureuse Catherine dans sa part cachée de fragilité et son désir d'aimer et d'être aimée, c'est sur son propre destin, et sur celui de ses maîtresses que s'interroge Oleg.
Un livre marquant donc, aussi pour cette approche en trompe-l'oeil, renvoyant au jeu de miroir du boudoir de Catherine, à la politique et à la ronde de ses favoris, mais aussi à la réflexion sur le métier d'écrivain, de cinéaste ou d'acteur, ou encore à l'observation critique des hypocrisies du parti unique sous l'URSS, et de celles, plus grandes encore, d'une Russie s'ouvrant brutalement à l'anarchie sauvage des lois du marché.
Un livre marquant pour plein d'autres raisons encore.
Andrei Makine m'y apparaît comme un digne continuateur contemporain des grands écrivains russes du XIXème siècle, qui ont fait connaître au lecteur français cette "âme russe" si particulière, à la fois grave, terrienne, et capable de s'enflammer comme feu de paille. L'écriture est souvent poétique, toujours raffinée, exigeante. le récit est construit, parfois déroutant, mais remarquable d'intelligence et maîtrisé.
Bien que l'y aie d'abord trouvé personnellement une réflexion profonde sur la vie, le destin, l'amour, l'art et la liberté, et que sa construction ne permette pas, à mon avis, de le classer dans ce "genre", ce livre ne décevra pas pour autant les amateurs de biographie historique : on y apprend beaucoup sur la grande Catherine, sur sa Russie, et sur celle d'Oleg.
Un beau roman, donc, que je recommande ; et si vous êtes, comme je le fus, déconcerté par la construction exigeante du récit dans les 40 premières pages, voire même déçu par l'éloignement de plus en plus évident en cours de lecture d'un romantisme facile, persévérez ! Cela vaut la peine...
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palamede
  29 mars 2015
A travers le travail d'un cinéaste pendant et après la période soviétique, Andreï Makine fait un portrait de Catherine II de Russie qui ne réduit pas la princesse allemande, envoyée à quinze ans en Russie pour épouser Pierre III, à celui d'une monarque autoritaire aux moeurs dissolues. Pour lui, Catherine II a eu un règne éclairé par sa proximité avec les philosophes des Lumières et sa frénésie du plaisir physique n'est que la conséquence d'un amour malheureux, du désir inassouvi d'être « une femme aimée ». Avec une approche originale, en évoquant l'évolution de son pays, Andreï Makine livre une image nouvelle d'une vraie réformiste qui fut aussi une femme amoureuse.
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caro64
  05 août 2013
Une femme aimée, c'est l'histoire d'une rencontre : celle de Catherine la Grande et d'Oleg Erdmann, jeune cinéaste désabusé qui, bien que d'origine allemande, vit en URSS.
" Grande tsarine " ou " Messaline russe"… Catherine II fascine. Deux siècles plus tard, sous l'ère communiste, Oleg Erdmann est hanté par son désir irrationnel de réaliser un scénario sur cette petite princesse allemande devenue la grande Tsarine aux innombrables amants, aux complots meurtriers, aux engouements passionnés pour la philosophie française.
Et tandis que pour gagner sa vie, Oleg qui vit dans un pauvre appartement communautaire, travaille la nuit aux abattoirs, il rêve de montrer Catherine sous un jour nouveau. Ce qui donnera un sens à sa vie et à son oeuvre – car pour lui, d'évidence, Catherine n'est pas que cela. Elle est aussi, forcément, une femme, une femme amoureuse, et peut-être une femme aimée. Et puisqu'elle est simplement femme, il veut filmer, justement, " ce qu'elle n'était pas ", ce qu'elle aurait pu être, ce qu'elle aspirait à être : " Il devait y avoir dans sa vie ", songe-t-il, " des instants qui la rendaient à elle-même "… C'est ainsi qu'Oleg entreprend un étrange parcours initiatique, qui va l'occuper pendant des années et le conduire sur des chemins artistiques et géographiques qu'il n'imaginait pas.
Par l'intermédiaire de ce scénariste russe dont les ancêtres sont sans doute arrivés en même temps que la future tsarine et qui est en quête de ses origines, Andreï Makine nous dresse l'histoire d'un pays . Il confronte surtout deux périodes: le XVIIIe siècle, où une femme puissante, Catherine II, a conquis le pouvoir en complotant et continué de développer la puissance de l'Empire dans le sillage de Pierre le Grand ; et le XXe siècle, de Brejnev à Eltsine , avec le Politburo, la censure soviétique, et puis la chute du mur, l'apparition d'un capitalisme oligarchique , sans limite, entraînant des ascensions aussi gigantesques que les chutes qu'elles précèdent. L'auteur est aussi fidèle à lui-même en abordant les thèmes de l'amour, de la liberté et de l'exil.
Un roman intéressant mais quelque peu décousu, ce qui rend son histoire parfois confuse. Bien sûr, il y a l'écriture harmonieuse de Makine, non sans légèreté et humour, mais on a connu l'auteur en meilleure forme.
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Achillevi
  19 mai 2018
Un roman dont les facettes sont multiples servi par une écriture magnifique.
C'est, en première approche, le destin de Catherine la Grande qui semble être le prétexte du livre. Erdmann, un cinéaste Russe qui vit d'expédients à la fin de l'ère Brejnévienne, cherche à révéler la fêlure intime qui sous-endait l'appétit sexuel démesuré qui marquait le comportement scabreux de l'Impératrice. Un comportement qui finit utilement par masquer aux yeux de nombre de ses compatriotes son bilan politique considérable et sa philosophie éclairée, voire républicaine. C'est une belle plongée dans l'Europe du XVIIIième siècle, le Siècle des Lumières. Un siècle raffiné fait de contrastes violents et de personnages épiques. C'est aussi l'histoire d'une Russie dont la grandeur se révèle.
Makine se sert du scénario d'Erdmann et des évolutions multiples qu'il doit subir, au risque de trahir l'intention pure de son auteur, pour décrire les vicissitudes de la vie quotidienne des Russes en Union Soviétique (la censure, les appartement collectifs, la gérontocratie, les combines...) puis celle des folles années 90 où toutes les digues furent rompues conduisant aux excès les plus fous.
C'est enfin une réflexion sur l'identité, la condition de la femme et la vacuité de l'Histoire qui confine au vaudeville dont l'homme ne peut s'extraire, ne peut trouver sa vraie liberté qu'à travers l'amour...Ce que la Grande Catherine ne connut que très brièvement et qui aurait pu changer du tout au tout son destin. Un secret après lequel Erdmann court et qui le conduira à sa propre liberté.
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Cath36
  18 mars 2013
Que voilà un livre ennuyeux, décousu, redondant et qui tourne en rond à longueur de page quand il ne surfe pas en permanence sur toutes sortes de sujets sans trop approfondir, avec toutefois assez de petites remarques subtiles pour donner envie de continuer même quand le livre vous tombe des mains. Un Xéme tentative de biographie sur Catherine la grande, ici à travers l'aventure d'un réalisateur qui essaie de faire un film sur le sujet mais qui se perd entre passé et présent, histoire, politique, libéralisme et mafia. Pauvre Catherine ! elle mérite à mon avis mieux que ce ramassis de poncifs, d'éclairages en clair-obscur fait par un aveugle qui a besoin de la canne blanche de l'Histoire pour savoir où il va.
On a plus l'impression d'un règlement de comptes avec la Russie en générale et certains personnages en particulier que d'un véritable intérêt pour une époque certes aussi sauvage que la nôtre, mais où les idées et non pas seulement l'argent faisaient avancer le monde.
Quelques réflexions pertinentes sur le rôle des acteurs. Pour le reste, voyez-vous-mêmes.
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critiques presse (6)
LaPresse   18 mars 2013
Avec dextérité, Makine a entrelacé l'histoire de Catherine avec celle d'Oleg Erdmann, un jeune cinéaste soviétique de 30 ans. [...] Au travers de Catherine II, Andreï Makine continue d'interroger la Russie, ses mystères et ses tragédies.
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Lexpress   07 février 2013
Que faire face à l'Histoire, cette "farce sanglante aux infinis rebondissements", et à l'orgueil des historiens, qui s'essaient à endiguer le chaos ? Ecrire un roman, semble répondre Andreï Makine, qui embrasse les siècles avec une maestria digne des plus érudits.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   05 février 2013
Si l’ambition de l’écrivain d’en vouloir trop dire rend son histoire parfois confuse, son très beau sujet touche à quelque chose de fondamental dans un monde où le cynisme et l’artifice imposent trop souvent leur loi.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LePoint   17 janvier 2013
Mais derrière les poncifs du sexe et du pouvoir, Oleg cherche à démasquer la femme oubliée. Il étudie les moindres détails de sa vie et découvre que cette femme fut aimée par un homme. Une fois, une seule.
Lire la critique sur le site : LePoint
LePoint   17 janvier 2013
Dedans, il y a tout ce que Makine fait de mieux : une héroïne forte, libre, puissante, une histoire d'amour, une vraie, quelques romances, des errances, des violences, un héros tourmenté
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress   11 janvier 2013
L'écrivain parle à nouveau de violence, de liberté, d'amour, avec cette éloquence qui lui est propre, son style érudit et fiévreux, aux accents si slaves.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
CornelioCornelio   21 juin 2020
Ils parlent de leur film. Jamais sa trame ne leur est apparue aussi claire. Il faudra débuter comme Kozine : évoquer l’inévitable Histoire, avec ses guerres, le faste des règnes, sa gravité verbeuse. Et puis montrer sa démentielle répétition, sa rotation de dessins animés. Ce n’est pas un hasard si Catherine utilisait si souvent le mot « comédie »... Enfin quand ce vaudeville tragique aura révélé toute son absurdité, le laisser s’épuiser - sur l’écran il ne restera que cet empereur détrôné quittant Saint-Pétersbourg par une nuit de juin son violon sous le bras...
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CornelioCornelio   21 juin 2020
Cette marche ralentie lui laisse le temps de comprendre qu’il a déjà vu cette silhouette féminine avançant entre deux rangées de peupliers. C’était en Crimée, dans un pays disparu, dans une vie où il se reconnait à peine. Il était alors quelqu'un qui se débattait entre ses deux origines, souffrant de son passé, désirant fébrilement réussir son avenir. Un homme qui ne savait pas comment se définir face à ce monde et qui s’inventait des identités complexes, des alibis, des justifications d’être.
Eva se retourne, s’arrête, l’attend. Il se dit qu’une définition brève lui suffit désormais. Une identité simple, libre comme cette enfilade aérienne ouverte sur la mer. « un homme dans le regard d’une femme aimée »
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CornelioCornelio   21 juin 2020
Les peintres dessinent les ruines sans imaginer l’édifice. Nous architectes nous devons créer l’édifice et attendre sa chute. La vie n’est rien d’autre que l’attente de la chute. On passe sa vie au milieu des ruines de ce qu’on a aimé.
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CornelioCornelio   21 juin 2020
Le monde est massif, impassible, sûr de son bon droit, celui de dérouler sa ronde de toujours - guerres, départs, espérances trompées, vies humaines effacées comme cette volée de neige qui balaie la voie et disparaît, remplacée par une nouvelle brassée de flocons.
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CornelioCornelio   21 juin 2020
La société surveille avec vigilance ceux qui tentent de sortir du jeu. Même s’il s’agit d’une tsarine amoureuse qui ne veut plus jouer. On poursuit les imprudents jusque dans leur tombe.
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Videos de Andreï Makine (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andreï Makine
Vivien de Lynden, jeune identitaire, racialiste et farouchement opposé à l'immigration a un idéal : procéder au "grand déplacement". Sa mère, Gaia de Lynden, est d'un tout autre bord. Impliquée dans les actions humanitaires, elle se heurte violemment à l'idéologie de son fils. Andreï Makine nous livre ici un récit choc mettant en lumière les sujets dont "on n'ose pas parler".
Retrouvez l'ouvrage en magasin ou sur notre e-shop : https://bit.ly/2IVfymZ
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