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ISBN : 271447599X
Éditeur : Belfond (01/02/2018)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes)
Résumé :
L’oiseau l’attaque violemment et la douleur lui perfore les poumons.
Le goudron s’infiltre dans chacun de ses pores et tétanise ses membres, jusqu’à l’étouffement.
Et l’extase le rend fou, l’électrise pour lui donner des ailes.

Quand il a rencontré Tess Wolff au cours d’un été pluvieux, Joe March a été saisi d’une violente transe amoureuse, un désir qui le dévore. Cette première déflagration sera suivie d’une seconde, encore plus forte :... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
  21 février 2018
C'est un roman d'air et de feu. Qui traque ces instants où le coeur est prêt à exploser, où la violence affleure et pourrait tout faire basculer. Qui décortique les flux à l'intérieur des corps, les vides de l'angoisse, les trop pleins et leurs sensations d'étouffement. C'est un roman qui explore l'intérieur. Qui décortique les sensations au-delà des faits. Un joli tour de force.
Car les faits nous sont résumés à la toute première page : "Pendant l'été de 1991, ma mère a battu un homme à mort avec un marteau d'encadrement Estwing 595 g. et je suis tombé amoureux de Tess Wolff. Aujourd'hui, bien des années plus tard, toutes les deux ont disparu et je suis seul dans cette jolie clairière au milieu des bois. Seul, sans compter le goudron et l'oiseau et l'autre chose que je ne saurais nommer." A ce niveau, ce n'est plus de l'incipit mais carrément un pitch génial et je défie quiconque de ne pas avoir envie de connaître le fin mot de l'histoire.
Le narrateur s'appelle Joe March. Ou Joey. Ou Joseph. Cela dépend de celui qui le nomme. Ou Joe, Joey, Joseph comme aime à le susurrer Tess Wolff depuis leur rencontre. Joe a vingt ans et envie de pas grand-chose sinon se laisser vivre au grand dam de sa soeur, Claire que son ambition a conduite vers une prestigieuse école londonienne, trop contente de s'éloigner de sa famille californienne. Cet été-là, Claire prépare son mariage avec un richissime avocat tandis que Joe traîne sur la côte pacifique avec une bande de jeunes où il rencontre Tess avec laquelle il entame une relation bohème et tente d'oublier l'angoisse qui le saisit parfois sous la forme d'un grand oiseau qui l'enserre et d'un goudron qui se repend sur son corps. Un coup de téléphone vient interrompre son séjour idyllique. Sa mère vient de tuer un homme en pleine rue, à coups de marteau. Sept coups, un acharnement qui lui vaut une condamnation à 30 ans de prison. Claire préfère tourner définitivement le dos à sa famille. Joe quitte alors Tess pour rejoindre son père qui s'est installé dans la petite ville qui jouxte la prison, abandonnant ainsi sa vie précédente et son entreprise de menuiserie. Quelque temps après, Tess le rejoint mais quelque chose a changé, la famille doit compter avec les murs de cette prison et les mystères qui entourent les motivations de Madame March que seule cette dernière connaît mais que les autres ne peuvent s'empêcher d'imaginer, de glorifier ou au contraire de s'en effrayer.
Avec beaucoup de talent, Alexander Maksik explore les méandres des relations familiales à l'aune de ce traumatisme. Dans l'esprit de Joe il y a la question de l'hérédité, de cette violence qu'il sent parfois poindre sous sa peau et à laquelle il a déjà cédé, une fois. Se pose également la notion du devoir : un mari et un enfant sont ils tenus au même devoir de loyauté alors que seul le premier a prononcé des voeux "pour le meilleur et pour le pire". Claire en tout cas s'en est affranchie sans état d'âme. Et puis il y a Tess. La pièce rapportée, trop heureuse de trouver une nouvelle famille après avoir été privée prématurément de la sienne. Tess qui admire la mère de Joe d'avoir agi, Tess qui rêve de la transformer en égérie d'un mouvement féministe contre les violences faites aux femmes. Entre Joe et Tess il y a de l'amour et pourtant... tellement de questions, d'envies contraires, de failles émotionnelles, de violence rentrée aussi.
"Les phrases des autres nous racontent tellement mieux" dit Joe en explorant les rayonnages de la bibliothèque qui occupe tout un mur de la grande maison que Tess et lui ont bâtie au milieu de la nature et où il espère toujours son retour en tentant de mieux appréhender cette femme à travers ses livres fétiches. Pour être peut-être enfin prêt, lorsqu'elle reviendra à assumer de ne pas tout connaître d'elle.
Un roman d'air et de feu, oui. Un souffle romanesque mais surtout une construction virtuose qui plonge le lecteur dans un tourbillon de sentiments contradictoires, seul face à lui-même. Un roman qui aborde également des questions essentielles et particulièrement d'actualité sans aucune facilité, sans réponses toutes faites, bien au contraire. Pour moi, ce fut une belle découverte !
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Commenter  J’apprécie          140
Ophelien
  19 février 2018
Joe March nous raconte sa vie, surtout depuis qu'il a rencontré Tess, une jeune femme au caractère de feu. Il va nous raconter son passé, avec sa mère, son père et sa soeur Claire. Leur enfance plutôt joyeuse, avec deux parents aimants. Cet été de sa jeunesse où Tess déboule dans sa vie et y rester à jamais. Et ce même été où sa mère va être prise d'un élan de folie et faire subir à un homme un sort malheureux.
Ce dernier événement va changer la vie de Joe, le faire mûrir peut-être dans un sens. Et surtout il va beaucoup se questionner à partir de ce moment là : comment sa mère a-t-elle pu faire ça ? Être aussi sauvage ? Est-ce qu'il est comme elle ? Est-ce que parfois, cet étrange sentiment qui le submerge, cet oiseau noir qui se pose sur sa poitrine et ce goudron qui se répand dans ses veines, est-ce cela l'héritage de sa mère ?
Dès ce moment il va adapter sa vie en fonction de cette mère qui est maintenant emprisonnée pour toujours. Il va rejoindre son père à White Pine (juste à côté de la prison), vivre un temps avec lui, abandonner Tess pendant un moment. Mais elle va resurgir, s'incruster réellement dans sa vie et en faire totalement partie.
Et, elle aussi, va découvrir en elle un désir de vengeance qu'elle va vouloir rassasier et un besoin de liberté qui va laisser Joe complètement anéanti.

J'avais du mal à comprendre le titre au début mais en lisant le livre on comprend que tous ces mots définissent les émotions de Joe. L'écriture est très belle, très torturée par moments car on est dans l'esprit de Joe qui navigue dans ses souvenirs puis dans ses pensées présentes (bien des années plus tard). Honnêtement ça se lit assez vite, en trois soirées c'était lu car je me suis vite attachée à Joe et les personnages sont vraiment très bien décrits (les récurrents comme les nouveaux). Je me suis demandé à quel point il allait sombrer (pas très sympa j'avoue...) et c'est ça qui m'a fait tenir mon livre jusqu'au bout.
Ce livre est difficile à qualifier parce qu'on peut autant dire que c'est une magnifique histoire d'amour (Joe et Tess), comme on peut dire que c'est une tragédie familiale (la famille de Joe), et même on peut pousser jusqu'à dire que c'est un bon livre sur les violences conjugales ou sur les violences faites aux femmes. Les trois thèmes sont très présents et même j'en rajoute un quatrième sur l'introspection d'un homme torturé par ses émotions et ses angoisses. Voilà, là, je pense avoir fait le tour.
C'était un bon moment de lecture même si la fin m'a laissée perplexe.
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Selvegem
  28 février 2018
Joey March est un jeune homme ordinaire, à première vue. Il a pourtant des crises de mélancolie qui le frappe régulièrement, des crises qu'il voit sous la forme d'un oiseau qui lui pourfend le coeur et de goudron qui l'étouffe et le tétanise. Lorsqu'il rencontre Tess Wolff, c'est cette fois l'amour fou qui le frappe. Jusqu'au jour où un autre événement va de nouveau lui porter un coup : sa mère, pour protéger une femme battue, frappe un homme à la tête. Sept fois. Avec un marteau. Suite à cet acte, non seulement sa mère se retrouve en prison, mais va aussi entraîner une réaction en chaîne à laquelle Joey ne s'attendait pas... Joey est au départ un jeune homme indolent, qui va se laisser porter par la vie. Il tente d'oublier et de dépasser les crises qui le terrassent régulièrement, et sur lesquelles il n'a jamais vraiment prit le risque de s'appesantir. le début de sa relation avec Tess a été un électrochoc, l'occasion pour lui de parler et devenir intime avec une personne. Mais l'acte de sa mère bouleverse toute sa vie, et le pousse dans une fuite en avant, jusqu'à chez son père. Son père qui a acheté un nouvelle maison, tout près de la prison où est incarcéré sa femme. Là, le jeune homme va tenter de comprendre les motivations de sa mère, la raison de sa conduite, et comment cela se répercute jusqu'à lui. Un beau jour, Tess va le rejoindre, et se frayer un nouveau chemin dans sa vie et dans sa famille. Mais voilà, la jeune femme déclenche de nouvelles secousses...
L'oiseau, le goudron et l'extase me tentait beaucoup, car le résumé m'intriguait énormément, et aussi parce que je trouvais la couverture très belle – mais je suis quelqu'un de facilement influençable en matière de livres !
A travers ce roman, Alexander Maksik va explorer plusieurs sujets, différents thèmes. Nous allons explorer notamment les liens complexes des relations familiales et amoureuses, et comment tout cela s'enchevêtre.
(Voir mon avis complet sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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Commenter  J’apprécie          90
clefran45
  01 septembre 2018
Ce roman d'Alexander Maksik a été un beau moment littéraire et une découverte.
Joey, Joe, Joseph a une vingtaine d'années et tombe éperdument amoureux d'une fille de son âge lorsque sa mère commet l'irréparable : elle tue à coup de marteau un homme qui battait sa femme sur un parking .
Autour de ce geste l'auteur questionne la violence que chacun d'entre nous connaît, le moment où l'on passe de l'autre côté parfois pour des raisons que l'on trouve "justes".
Joe lutte au quotidien contre la maladie mentale car il est bipolaire. Ses accès d'euphorie aboutissent à une véritable descente en dépression et l'auteur a su rendre compte de l'énergie passée à taire la violence en soi et les idées noires. Joe se demande si sa mère n'est pas comme lui, ou lui comme elle et si lui aussi ne serait pas capable un jour de commettre le pire. La jeune femme dont il est tombé très amoureux, Tess, occupera une place centrale dans sa vie et lui permettra de "tenir".
L'auteur interroge les engagements pris au nom de causes valeureuses mais aussi les renoncements, l'impact de nos choix sur nos trajectoires de vie et sur nos liens à ceux que l'on aime. Une belle écriture, un beau roman lu très vite car je l'ai trouvé prenant.
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Commenter  J’apprécie          30
Jazzynewyork
  30 mars 2018
«  Et puis un jour,comme ça, soudain, elle est entrée en moi. S'est posée. Une chose lourde comme du plomb, dont la forme et les contours varient constamment, aussi bien dans ses représentations passées que présentes. (...) Et puis quel que soit son nom, cette chose s'est emparée de moi : une sensation écoeurante, paralysante, de poids terrible. Je ne sais pas comment appeler ça. Je n'ai jamais su. (...) Elle m'a fait tomber le livre des mains. Elle m'a fait fermer les yeux et c'est alors que là, dans le noir, j'ai vu s'infiltrer dans mon corps un épais goudron. ”




À travers cette attaque aussi surprenante qu'inattendue, la vie de Joseph sera à jamais vécue au bord d'un précipice. Et lorsqu'un été, sa mère va commettre l'indicible alors qu'il découvrait la passion amoureuse, sa vie sera pour toujours entachée de désespoir.

"Aujourd'hui encore, j'entends des sons que seuls ma mère et ces enfants ont pu entendre. Et peut-être, Strauss lui-même. Les deux clics métalliques des ceintures. Ses chaussures sur l'asphalte. le métal dur qui entre en contact avec le crâne. J'ai fait des tests sur des os. Je me suis frappé l'arrière de la tête avec un marteau. J'ai essayé de savoir. Depuis presque vingt ans, j'entends ces bruits. du métal qui casse l'os. "




Sa mère finira derrière les barreaux, et pourtant c'est Joe qui est emprisonné dans sa vie malgré tout l'amour qui le lie à Tess, tout comme son père.

" Être près d'elle me rendait heureux. C'est aussi simple que ça. Avec elle j'avais presque l'impression d'être trop stable. Peut-être était-elle mon antidote. Peut-être avais-je guéri de cette chose étrange qui vivait en moi quelle qu'elle soit."


À travers ce roman bouleversant, on voyage tantôt dans le passé et tantôt dans le présent. Joseph se livre, se délivre du poids qui encombre sa vie entre amour et tragédie. C'est l'histoire d'un homme torturée par une douleur qui l'étouffe, le tétanise mais que la beauté de l'amour libère.



" Écoute, j'essaie de survivre."




"Peu importe la façon dont tu vis, il y a toujours des victimes. "


En virtuose, Alexander Maksik entraîne le lecteur dans une tragédie contemporaine et aborde de nombreux thèmes tels que les violences conjugales, les traumatismes familiaux, la folie, l'univers carcéral féminin, la vengeance, le désespoir, la douleur des hommes, mais aussi l'amour, la liberté, la fidélité au coeur de la nature omniprésente.
Une plume pleine de rage, écorchée qui te touche en plein coeur et au lyrisme qui te charme et t'enchante. 

Un roman magnifique aussi mystérieux que douloureux, une écriture puissante aussi déchirante que délicate.




" Les phrases des autres nous racontent tellement mieux. " 


Gros coup de coeur ❤️



Lien : https://dealerdelignes.wordp..
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critiques presse (1)
LaCroix   13 mars 2018
Le regard d’un homme doux sur la violence des femmes et les violences faites aux femmes.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
clefran45clefran45   26 août 2018
Voilà ce que je sais de plus fondamental sur le fait d'être en vie : les choses qui durent commencent par une invention, suivie par une foi tenace.
Commenter  J’apprécie          20
motspourmotsmotspourmots   21 février 2018
Les phrases des autres nous racontent tellement mieux.
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