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ISBN : 2757866052
Éditeur : Points (09/02/2017)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 489 notes)
Résumé :
Patients est le premier livre de Grand Corps Malade. Avec la plume poétique, drôle et incisive qu’on lui connaît, il livre le récit de son année de convalescence dans un centre de rééducation pour handicapés lourds. Il nous fait entrer dans ce monde méconnu qu'il découvre alors : l'immobilité totale, les soins quotidiens, les médecins et les infirmiers dont on est entièrement dépendant. Des histoires personnelles, émouvantes, parfois drôles, toujours instructives de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (167) Voir plus Ajouter une critique
carre
01 janvier 2013
Grand Corps Malade, je connaissais sa voix grave et quelques textes qui m'avaient touché.
Avec « Patients », ce grand échalas d'un mètre quatre vingt quatorze, nous donne une sacré leçon de vie, nous les « bien portant » qui nous plaignons souvent pour des broutilles. La réussite du bouquin vient dans le fait qu'il n'est jamais larmoyant, bien au contraire, il est bourré de vie, d'envie comme si l'injustice d'être victime d'accidents de la vie décuplait les forces, pour espérer dans la plupart des cas, un avenir un peu plus décent.
Son livre est aussi un formidable hommage au personnel hospitalier qui dans la majorité des cas mérite un respect et une considération que leur statut et leur salaire ne leur donnent pas. Il porte un regard rarement décrit sur le handicap, ou l'humour et la dérision sont des alliés, il donne en même temps une bonne claque aux idées reçues. Il sait la chance qui est la sienne d'avoir réussit ce qui semblait impossible, que ces compagnons d'infortune sont à jamais dans son coeur. Et de rappeler que personne n'est à l'abri. Après « Intouchables », espérons que le témoignage de Grand Corps Malade fasse évoluer les mentalités. L'espoir fait vivre.
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Alyxiel
10 janvier 2014
Et Paf!!!! une claque dans la tête!!!
Pour être honnête, j'avais des à-priori sur Grand-Corps malade (Fabien de son vrai nom), et pas des meilleurs. Je ne suis pas une fan de rap, ni du slam, je ne voyais donc pas trop l'intérêt de lire les tribulations d'un jeune rappeur. Mais ce livre à été une grosse gifle à tout ça.
Fabien nous raconte avec beaucoup de recul et de douceur, sa vie de patient dans un centre de rééducation pour handicapés, après une chute "tout con" (dixit l'auteur) dans une piscine trop peu remplie.
Et là on se rend compte que ce jeune homme est plein de sagesse, d'humour et d'humilité face à la vie. Certainement pas ce à quoi je m'attendais (un cri de révolte, un déballage de colère... je ne sais pas).
En tous cas, je me suis surprise à beaucoup rire durant ma lecture et à me reconnaître dans certains comportements (mal à l'aise face au handicap) et une chose est sûre, même s'il ne va pas révolutionner le monde, ce livre m'a fait comprendre que la vie était une part de tarte qu'il fallait savourer chaque jour.
Il y a des être humains et sensibles assis là dans ces fauteuils roulants. C'est ce que je vais retenir principalement de ce livre émouvant et reboostant.
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gridou
16 octobre 2012
Grand corps malade. Un grand type aux yeux très clair qui fait du slam. Je connais ce nom depuis quelques années, vaguement entendu le son monocorde de sa voix grave mais pas cherché à en savoir plus.
Puis je découvre la couv' de ce bouquin...
Idée reçue n°1 (pendant quelques secondes): encore un chanteur qui se prend pour un auteur.
Mais très vite: non, Grand corps Malade n'est pas un chanteur, il fait du slam (de la poésie déclamée), il écrit lui-même ses textes, manie les mots et leur rythme.
Il est auteur.
Grand Corps Malade...Patients...Je n'avais pas réalisé que derrière ce nom de scène se cachait une histoire de handicap, de maladie ou d'accident.
Idée reçue n°2 (à peine une fraction de seconde): encore un qui surfe sur la vague du handicap et du succès d'intouchable.
Pour cette idée reçue-là, je me mettrai des baffes...
Déjà l'expression est malheureuse: surfer, il en rêve sûrement, mais il ne peut pas.
Ensuite, s'il existe une "mode du handicap" et bien tant mieux ! Il est grand temps qu'on arrête de planquer la poussière sous le tapis et qu'on en parle non?
Idée reçue n°3 (celle-là je ne l'ai pas eue mais d'autres l'auront pour moi): encore une autobio pour faire pleurer dans les chaumières.
Rassurez-vous tout de suite, Fabien (je préfère l'appeler par son prénom ) n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort et se morfondre.
S'il l'a fait, c'était en privé et il n'en parle pas. Il se livre ici avec beaucoup de pudeur.
Tout juste s'il évoque son accident. Quelques lignes, pour situer les choses. Très brièvement.
Tout juste s'il évoque sa vie d'avant.
Tout juste s'il évoque les visites de ses proches. On saura juste qu'il est bien entouré.
L'essentiel est ailleurs. Dans la vie quotidienne d'un tétraplégique en centre de rééducation.
Avec des mots très simples, un style très concis, il raconte avec précision les gestes du quotidien. Tous ceux qu'il ne peut plus faire et qu'on fait pour lui.
Et puis surtout (parce qu'il ne ramène pas tout à lui et son malheur), il nous parle de ceux qu'il rencontre, avec qui il créé des liens. La plupart sont des jeunes comme lui, qui ont vu leur vie basculer brutalement. Alors ça vanne, ça raconte des blagues sur les handicapés, "ça torpille dans tous les sens, avec la petite dose de cynisme supplémentaire liée à notre situation".
Du cynisme et de l'humour, il en a pas mal.
Du recul, il en a un gros paquet.
Mais pas d'aigreur. Jamais.
Il aime la vie et tout est positif: "chaque petit moment banal, je suis capable d'en profiter".
On pourrait presque lui reprocher de ne pas mettre assez de sentiment, d'être trop froid mais c'est justement cette distance et cette maturité qui font toute la force du récit.
Il dit:
"C'est jamais inintéressant de prendre une bonne claque sur ses propres idées reçues."
non c'était pas inintéressant...loin de là...

Lien : http://lesgridouillis.over-b..
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brigittelascombe
06 janvier 2013
"Je suis devenu 'tétraplégique incomplet' suite à un plongeon trop à pic dans une piscine pas assez remplie" confie Fabien Marsaud (plus connu sous son pseudo de slameur Grand Corps Malade) dans Patients le récit autobiographique de son premier séjour en centre de rééducation et de sa "reconstruction".
Comment ne pas penser à le Second Souffle (suivi du film Intouchables) dans lequel Philippe Pozzo di Borgo relate lui aussi la "perte de dignité, d'intimité" alors que l' handicapé, complètement dépendant, est incapable de s'habiller,manger, se laver, déféquer.. sans aide et que tour à tour impuissance,frustrations,colère,gratitude,cynisme,espoir ou ressentiments l'envahissent?
Oui, mais Patients est porteur, en plus, d'un message de guérison possible, puisque Grand Corps Malade part du stade 0 de l'immobilité complète en réanimation, à l'alité qui bouge un orteil,puis passe à l'handicapé en fauteuil roulant qui retrouve peu à peu son autonomie.
"Un bon patient sait patienter." affirme Grand Corps Malade (d'où son titre à double sens) et c'est une leçon de vie, de combattivité et de courage qu'il nous donne et que nous donnent ces Patients là.
L'auteur, dans ce témoignage, évoque les copains de chambrée (ou plutôt de prison) et de couloir rencontrés au Centre: Kévin en fauteuil roulant,fan de Bob Marley et des trous de mémoire, Toussaint le Noir charismatique qui discute sur le concept "gâcher sa vie",Patrice pétillant d'intelligence qui a "le locked-in syndrome" (on pense au livre autobiographique de Jean-Dominique Bauby le Scaphandre et le Papillon), Farid qui aime le rap et envisage l'avenir,Richard le dépressif, Eddy l'ex-délinquant désespéré qui préfère ne plus voir son fils que de lui imposer sa vue, Samia la seule fille ex-suicidaire....
Certains combattront d'autres non. Ce qui m'a évoqué Némésis de Philip Roth où Eugène Cantor sportif de haut niveau, paralysé suite à la polio, baissera les bras alors que le narrateur du roman, prenant pour exemple son parcours de battant,s'en sortira.
Battant! le battant s'en sort-il mieux que les autres face à l'injustice du destin?
Sans doute! Avec l'aide des soignants qui savent remotiver. Sans doute aussi!
Ce que souligne ici Grand Corps Malade avec son kiné efficace.
L'inverse est malheureusement vrai et c'est bien de le dénoncer.
Car comment ne pas frémir lorsque, incapable du moindre mouvement, un tétraplégique entend une réflexion inhumaine du style:"Il est à qui ce tétra là?" Être relégué à l'appellation "tétra"par un médecin ou "il" par un aide soignant ou être l'objet des maladresses d'une infirmière incompétente ça traumatise et bloque.
Patients est un exemple exemplaire qui devrait être lu par tous les patients et le corps médical. Il aide aussi à relativiser les petits bobos de tout un chacun. Humour, auto-dérision et parfois cynisme sont de mise mais mieux vaut en rire, n'est-ce pas? Pourquoi pas? Tout est bon ici pour avancer.
Un grand bravo à Grand Corps Malade pour son Grand Corps Guéri à force de ténacité et pour son parcours hors normes de slameur reconnu!
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kitou94170
26 avril 2017
Lorsque « Patients » est sorti en 2012, je ne l'ai pas lu. Pas par désintérêt, bien au contraire, je suis juste passée à côté. Alors, quand il y a environ un mois une amie m'a proposé d'aller voir le film, je me suis dit pourquoi pas. Ce fut une très agréable surprise. C'est donc enthousiasmée que j'ai démarré la lecture du livre. Lu en à peine deux jours.
Fabien, plus connu sous son pseudonyme Grand Corps Malade, 20 ans, devient « tétraplégique incomplet » suite à un plongeon dans une piscine pas assez remplie d'eau. Après quelques mois en service de réanimation, il est transféré dans un grand centre de rééducation, d'où nous allons suivre le récit qu'il va nous livrer sur sa reconstruction physique et mentale.
Avec un style poétique, drôle et grave à la fois et des chapitres courts, il nous raconte son quotidien, ainsi que celui des différents « patients » (tétraplégiques, paraplégiques, grands brulés…..), le plus souvent aussi jeunes que lui et qu'il va croiser tout le long d'une année. Les différents rapports qu'il aura avec le personnel hospitalier si précieux pour eux tous (aides soignants, infirmières, médecins, rééducateurs…) a qui il rend un formidable hommage.
C'est également le récit de leurs difficultés à mener ce combat permanent contre le handicap, où le moindre geste leur demande un effort physique et mental, absolument phénoménal. Leurs différentes péripéties et anecdotes face à leur quotidien. Tout cela raconté sans apitoiement ni voyeurisme !
Entre émotion et dérision, c'est finalement le récit d'une nouvelle vie et de sa renaissance car Fabien aura l'immense chance de retrouver une mobilité quasi-totale. Ce qui est loin d'être le cas de tous les « patients ».
Pour finir, ce livre est une terrible leçon de vie qui nous rappelle que rien n'est jamais acquis et que tout peut être perdu en l'espace d'une seconde.
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Les critiques presse (1)
Bibliobs14 décembre 2012
Fabien Marsaud écrit comme Grand Corps Malade slame. Il réussit la prouesse de décrire l'horreur absolue en y ajoutant des touches d'humour et de jubilatoires formules poétiques.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (138) Voir plus Ajouter une citation
JmlyrJmlyr16 avril 2017
Puis je traverse une dernière fois mon étage en direction de l'ascenseur. Je suis content de partir, d'autant qu'avant de m'installer chez moi, je vais passer quelques jours chez moi, mon vrai chez-moi, en famille, comme un soldat en permission avant de reprendre la guerre.
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JmlyrJmlyr15 avril 2017
Les paraplégiques, qui ont l'usage de leurs bras et de leurs mains, peuvent se sonder seuls après une petite formation. Mais les tétras doivent partager ce moment avec une tierce personne…Détail supplémentaire à accepter.
Puisque le mieux est de prendre la chose avec le sourire, il n'est pas rare de croiser dans notre couloir des patients roulant à la recherche d'infirmières disponibles et criant :
"Bonjour, mademoiselle, c'est pour un sondage!".
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Lilou08Lilou0825 février 2013
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu’ils ont dit à mes parents.
Alors j’ai découvert de l’intérieur un monde parallèle,
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion,
Un monde où être autonome devient un objectif irréel,
Un monde qui existait sans que j’y fasse vraiment attention.
Ce monde-là vit à son propre rythme et n’a pas les mêmes préoccupations,
Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation,
Ce monde-là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité,
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés.
On met du temps à accepter ce mot, c’est lui qui finit par s’imposer,
La langue française a choisi ce terme, moi j’ai rien d’autre à proposer,
Rappelle-toi juste que c’est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin,
Et tout le monde crie bien fort qu’un handicapé est d’abord un être humain.
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carrecarre30 décembre 2012
Les cinq sens des handicapés sont touchés mais c'est un sixième qui les délivre, Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction,
Ce sixième sens qui apparait, c'est simplement l'envie de vivre.
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DreamCatcherDreamCatcher26 décembre 2013
J'ai envie de vomir.
J'ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu'ils soient. J'ai mal au cœur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture... Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c'est un vrai calvaire.
Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l'ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l'ambulancier qui s'affaire au-dessus de moi ; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d'autres trucs bizarres. Il a de l'eau qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse.
Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés...
Bref, je sens qu'on va bien s'amuser.
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