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EAN : 9782743643546
250 pages
Éditeur : Payot et Rivages (04/04/2018)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Les treize nouvelles de Malamud constituent un ensemble très original, remarquable par l'unité de ton et l'intention. Dans le cadre de la vie quotidienne, l'auteur choisit ses personnages parmi les petits artisans, les étudiants sans fortune, les boutiquiers. La plupart sont juifs, réfugiés d'Europe après la dernière guerre. Ils ont pris la mesure de leur destinée et essaient d'en atténuer la rigueur. Leur recherche du bonheur, maladroite, constitue le thème essenti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  12 mai 2018
Refugié polonais, misérable, honnête et travailleur, apprenti trentenaire d'un vieux cordonnier juif, dont l'unique passion sont les livres qu'il abonde de commentaires sur leurs pages,....et le dit cordonnier juif dont l'unique objectif est de pouvoir marier sa fille à un homme éduqué et aisé,....une formidable nouvelle sur la magie et le pouvoir des livres...
Un vieux juif, marchand d'oeufs, qui s'obstine à rester dans l'appartement dont il est expulsé, la magie de la providence divine,.....
La solitude de l'écrivain, le désespoir de la feuille blanche, et la magie(?!) d'une nouvelle et d'une correspondance épistolaire.....
L'appel à Dieu de Manischevitz au bord du désespoir, la magie de la réponse surprise truculente....
George et la magie d'un mensonge.....
Et le dernier récit qui donne le titre de ce recueil, “Le Tonneau magique”, simplement, la magie d'une photo.....
Treize nouvelles palpitantes, toutes sous l'emprise du tragique existentiel, que Malamud nous décline avec des chutes surprises, empreintes d'humour et de fantaisie. Les protagonistes sont tous, sans exception des juifs américains, dont souvent des petits commerçants, cordonniers, épiciers, boulangers, dans le New York des années 50, et dont trois récits nous entraînent aussi en Italie, toujours à la même époque. Des hommes vieux, jeunes, à l'âme tourmenté, empêtrés dans les problèmes de la Vie, souffrant et luttant pour s'en sortir sans l'aide d'autrui. Et Dieu qui n'est jamais loin; mais,hélas, souvent aux abonnés absents, à moins que la touche magique finale fusse de sa main .....Car le tragique de la condition humaine débouche ironiquement sur une chute à l'humour noir, avec un poinçon de fantaisie surprenante. L'espoir, même mince, est toujours présent, un optimisme à la sauce Malamud, qui fait sourire même dans les pires des circonstances.
Bernard Malamud (1914-1986) reçut en 1959, le National Book Award pour ces treize nouvelles du Tonneau magique, qui viennent d'être rééditées par les éditions Rivages J'avais adoré « L'homme de Kiev » et « Le commis », j'ai beaucoup aimé ces nouvelles. Un très grand écrivain, encore mal connu et un peu oublié dans les milieux littéraires.
« Inventer des histoires, n'est pas une mauvaise façon d'habiter la solitude humaine. »
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lucia-lilas
  11 février 2019
Après ma lecture du Commis, roman que j'ai vraiment beaucoup aimé, je craignais d'être un peu déçue par des nouvelles : je pensais qu'un format plus court donnerait forcément quelque chose de moins puissant. Eh bien, il n'en est rien, loin de là ! Ces treize nouvelles admirablement traduites par Josée Kamoun ont une force telle qu'elles acquièrent une dimension quasi mythique.
Elles mettent en scène de petites gens : un cordonnier et son ouvrier, des étudiants, des épiciers, un futur rabbin, un tailleur, un boulanger… En quelques mots très efficaces, l'incipit met en place leur situation : la vie n'a gâté ni les uns ni les autres ; les personnages de Malamud manquent d'amour, d'argent, de chance, de foi aussi car il leur arrive de douter… En effet, tout se passe comme si la Providence les avait abandonnés. Que « faire » de Dieu après la Shoah, comment croire qu'il est encore là pour aimer et protéger ?
Usés par la vie, ces hommes et ces femmes souffrent physiquement et moralement. Et ils se débattent comme ils peuvent, souvent seuls et accablés de malheur. Et ceux qui sont censés leur apporter un peu d'aide ne sont pas mieux lotis qu'eux ! Je pense par exemple au pauvre agent immobilier sans bureau, Vasco Bevilacqua, qui dans « La précieuse clef » fait tout ce qu'il peut pour trouver un appartement convenable à Carl Schneider, doctorant en études italiennes, venu avec sa famille à Rome pour faire des recherches.
Certains d'entre eux d'ailleurs déclinent l'aide qu'on leur propose et il faut ruser pour tenter de leur donner un coup de main. C'est le cas d'Eva et de son époux qui refusent de quitter leur épicerie malgré les conseils de Rosen : « Bon Dieu, lui ai-je dit, faites n'importe quoi, peintre, concierge, ferrailleur, mais sortez-vous de cette boutique avant d'être tous transformés en squelettes. », « Cette boutique, c'est un enterrement de première classe. Vous allez y laisser votre peau si vous ne vous sauvez pas tout de suite. » Mais Rosen aura beau se démener, il arrivera ce qu'il arrivera, comme il l'aurait dit lui même !
Ils vivent un tournant de leur existence, rien ne sera plus pareil après, enfin… c'est ce qu'ils espèrent… Hélas, l'illusion les aveugle parfois et les place sur des chemins qui ne mènent nulle part. On retrouve dans ce recueil de nouvelles les thèmes qui hantent l'auteur : la culpabilité, l'amour, la condition humaine, la judéité : « qu'est-ce-que sa judéité lui avait apporté sinon des migraines, des complexes et de tristes souvenirs ? » s'interroge Henry Levin dans « La dame du lac », tandis qu'il n'a pas osé avouer qu'il est juif à une jeune fille qu'il courtise … « Il se consolait en se disant qu'il était juif et que le juif souffre » pense le futur rabbin Leo Finkle qui dans « Le tonneau magique » a fait appel à un marieur afin de trouver une épouse… qu'il ne trouve pas !
Ces nouvelles, extrêmement touchantes, sont toutes pleines d'humanité… Certaines d'ailleurs ne sont pas dénuées d'humour et de fantaisie sans pour autant cesser de côtoyer le tragique.
S'il m'est impossible de vous parler de chacune de ces nouvelles, je peux vous dire deux mots sur celles qui m'ont particulièrement marquée : la première « Les sept premières années » met en scène Feld, un cordonnier souhaitant marier sa fille à un étudiant nommé Max, un garçon instruit et sérieux qui, dans un premier temps, donnerait peut-être à Miriam l'envie de fréquenter l'université et à coup sûr, plus tard, une vie meilleure… Or, un jour, Feld se sent obligé de renvoyer Sobel, son ouvrier polonais, pour cause de maladresse… Sous la charge de travail qu'il doit désormais assumer seul, il finit par aller le rechercher et lors d'une discussion, en viendra à lui demander pourquoi depuis plusieurs années, il accepte de travailler autant d'heures pour quasiment rien. Cette nouvelle est particulièrement émouvante et rappelle par de nombreux aspects l'intrigue du Commis.
Je repense à la nouvelle intitulée « L'ange Levine »  dans laquelle le tailleur Manischevitz a tout perdu : son commerce dans un incendie, son fils à la guerre et sa fille qui a fui au bras d'un rustre. Ses propres douleurs au dos relèvent de la torture. Il ne lui reste que sa femme qui est mourante et ses yeux pour pleurer.
« Manischevitz avait traversé ces épreuves en restant passablement stoïque, presque incrédule devant tout ce qui lui tombait sur la tête, comme si ces coups durs advenaient, mettons, à une vague connaissance ou un parent éloigné. Une telle avalanche de misère dépassait l'entendement. »
Or, un jour, dans sa salle à manger, Manischevitz voit un ange… noir. « Qu'est ce que vous faites là ? » lui demande-t-il. L'autre se présente : il se nomme Alexander Levine. « Où sont passées vos ailes ? » s'inquiète le tailleur dubitatif et il ajoute un peu inquiet « Si Dieu m'envoie un ange, pourquoi un ange noir ? », « C'était à mon tour de descendre. » répond logiquement l'ange Lévine, expliquant qu'il peut sauver la femme du tailleur. Mais ce dernier ne peut s'empêcher de prendre l'ange pour un imposteur… Et si Lévine était vraiment un ange, un ange noir envoyé pour secourir le tailleur ? Manischevitz ne devrait-il pas tenter de le prendre au sérieux ?
« C'était dur à croire mais n'empêche, si jamais il avait effectivement été envoyé pour secourir et que lui, dans son aveuglement d'aveugle, n'avait rien voulu savoir ? L'idée le torturait. »
J'ai adoré cette nouvelle : son côté absurde, son humour, sa dimension tragi-comique et encore une fois toute l'humanité qui s'en dégage.
« Lectures d'été » m'a beaucoup plu : cette nouvelle met en scène un jeune lycéen qui a arrêté ses études et s'ennuie à mourir dans la touffeur de l'été new-yorkais. Sans travail ni occupation, il a un peu honte de cette absence totale d'activité et lorsqu'un vieux voisin, monsieur Cattanzara, l'interroge sur la façon dont il occupe ses journées, le jeune homme assure qu'il lit, qu'il lit même beaucoup. Il ajoute même qu'il a prévu de lire une centaine de livres pendant l'été. Mais évidemment, il n'en fait rien et honteux, il en est réduit à se cacher lorsqu'il rencontre son vieux voisin qui comprend un peu son manège mais continue néanmoins à l'encourager dans ses lectures… Comment faire pour ne pas décevoir quelqu'un qu'on aime beaucoup et qui a confiance en nous ?
La fin de chacune de ces nouvelles nous invite à penser, à poursuivre l'histoire, à imaginer une ou plusieurs suites possibles et surtout à nous interroger sur le sens profond des actes et des paroles des personnages.
Un auteur injustement oublié, extrêmement attachant, à redécouvrir de toute urgence !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Allantvers
  16 juillet 2018
Dans la littérature américaine, ce ne sont pas les nouvelles qui manquent tant ce genre s'y est développé de manière bien plus décomplexée que de ce côté de l'Atlantique.
Ce recueil-ci a ceci de particulier qu'il prend essentiellement pour cadre le New York des années 50, pour personnages les communautés de modestes juifs immigrés, mais encore qu'il a reçu en 1959 le National Book Award et que Philip Roth en a fait son livre de chevet.
L'immersion est immédiate dans cette dizaine de textes savoureux, doux-amers, pleins d'humanité, où chaque mot est à sa place mais aussi peuplés des fantômes de "ceux qui n'en sont pas revenus". Un régal!
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palir_au_soleil
  12 juillet 2019
Je ne crâne pas non, car c'est ma première lecture de Bernard Malamud. Et comme je suis heureuse de ne pas crâner !
Car quel bonheur de découvrir ce talent là et de savoir que « le commis » et « l'homme de Kiev » bousculeront gentiment mes prévisions de lectures comme des premiers de classe dans le rang d'élèves.
Ce livre est le remède parfait pour ce que j'ai : la formule courte de la nouvelle me permet de soupirer d'aise entre deux malaises et les malheurs de ses protagonistes minimisent les miens.
Des nouvelles parfaitement maîtrisées et traduites par Josée Kamoun pour mettre en scène dans le New York des années 50, les petites vies et les grands coeurs de ces immigrés juifs d'après-guerre. Ils sont boutiquiers, artisans, étudiants fauchés, ils s'échinent à trouver un peu de bonheur face au destin qui leur baille au nez. Full humanité dans ces tendres tragédies comiques.
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critiques presse (1)
LePoint   03 mai 2018
L'humour que recèlent les treize textes de cet irrésistible ouvrage ne sautera peut-être pas tout de suite aux yeux du lecteur. Pourtant, l'expérience dramatique des personnages qui le peuplent ne les empêche pas de se moquer de la fatalité qui les frappe.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Alice_Alice_   29 avril 2018
Il (Feld) grimpa les marches avec effort, tout en sachant que c'était mauvais pour lui, et arrivé en haut, frappa à la porte. Sobel lui ouvrit, il entra. La chambre était une petite pièce minable, dotée d'une seule fenêtre qui donnait sur la rue. Il y avait un étroit lit de camp, une table basse et plusieurs piles due livres qui s'amoncelaient au hasard sur le sol, le long du mur. Décidément, Sobel était bizarre : lire autant, lui qui n'avait pas fait d'études ! Du reste il lui avait un jour posé la question : Sobel, pourquoi tu lis comme ça ? Et l'ouvrier avait été incapable de lui répondre. Tu as étudié à la faculté, dans le temps ? L'autre avait fait non de la tête. Il lisait pour savoir, disait-il. Mais pour savoir quoi, avait repris le cordonnier, et puis savoir, pourquoi ? L'ouvrier ne lui avait jamais répondu, ce qui prouvait bien qu'il lisait autant parce qu'il était bizarre.
(Les sept premières années)
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AllantversAllantvers   14 juillet 2018
Manischevitz se rendit dans une synagogue pour parler à Dieu mais Dieu s'en était absenté. Il eut beau fouiller au plus profond de son cœur, il n'y trouva pas d'espoir. Fanny morte, il ne serait plus qu'un mort vivant. Il envisagea de mettre fin à ses jours tout en sachant qu'il n'en ferait rien. La chose méritait réflexion car quand on réfléchit, du moins, on existe. Il vitupéra contre Dieu. Est-ce qu'on peut aimer un roc, un balai, un vide? Découvrant sa poitrine, il se mit à frapper sa carcasse et à se maudire pour avoir cru au-delà de ce qu'on peut croire.
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Videos de Bernard Malamud (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Malamud
"Quand je parle du dernier juif d'Europe, je parle de l'imaginaire juif. ll y a beaucoup de juifs en France aujourd'hui mais pas un seul ne raconte sa légende à venir comme une légende européenne."
« Je ne me doutais pas que l'histoire de mon père me mènerait à faire équipe avec Ionas, un vampire centenaire et amoureux, Rebecka, sa copine psy divorcée d'un fantôme, et une rabbine. Mais quand c'est arrivé, j'ai trouvé ça normal. Presque. Ces pages racontent aussi comment mon père a tenté de ne plus être juif, et comment, avec tout ce que l'on me mettait sur le dos, j'ai eu le sentiment d'être le dernier juif d'Europe. »
Joann Sfar ressuscite le fantastique et l'humour désespérés de Kafka ou de Malamud dans cette fable où les monstres offrent un miroir hyperréaliste à la singerie moderne.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/le-dernier-juif-deurope-9782226438744
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