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EAN : 9782757878675
168 pages
Éditeur : Points (13/02/2020)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 88 notes)
Résumé :
Adar Cardoso et Faustino da Silva, deux petits garnements de Lisbonne, rois de la bêtise, spécialistes ès rapines de pâtés, tripailles et saucisses, sont attrapés par un curé qui les enferme dans la crypte de son église et se promet de les éduquer à coups de claques.
Nous sommes en 1488, juste avant la diffusion de l’imprimerie dans la péninsule Ibérique. Adar trouve un vieux codex écrit sur le plus fin vélin et, se voyant mourir de faim, le mange en entier.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  19 février 2019
Dévoré !  Avalé! Ingurgité ! 
Je viens, en quelques heures,  de faire un sort au Mangeur de livres, le premier roman  de Stéphane Malandrin,  et je m'en pourlèche encore les badigoinces pour parler comme Adar, son narrateur!
Les fins cinéphiles,  à cheval , comme votre servante, sur deux frontières, la française et la belge, connaissent sûrement Stéphane et son frangin Guillaume, car les "frères Malandrin" sont le pendant franco- belge des frères Taviani, en plus débridé et décomplexé,  et les rivaux directs, en plus jeunes et plus fantaisistes,  de ces autres cinéastes siamois, belges à part entière  que sont les frères Dardenne! Guillaume et Stephane, eux , ont fait la route inverse: ils ont planté leur wigwam fraternel dans la capitale belge qui a su très vite reconnaître leur talent. Ils y sont restés. Ce sont les plus belges des réalisateurs français!

Des frères Malandrin, donc, j'adore les films, toujours pleins d'idées, de fantaisie, d'humour un peu foutraque  et de ce grain de surréalisme qui doit s'attraper comme un virus dès qu'on séjourne un peu longtemps à  Bruxelles, cette capitale de la Gueuze et de la guindaille qui, au contraire de Paris, a le bon goût de ne pas se prendre au sérieux et la générosité  d'essaimer   ses esprits frondeurs sur notre France Inter ...sans exiger de contre-partie!

Mais c'est une chose d'écrire des scénarios et c'en est une autre de se lancer dans l'écriture d'un roman!
Stéphane Malandrin a sauté le pas avec allégresse. ..et brio!
Rien de convenu, rien de rebattu dans cette joyeuse déclaration d'amour aux livres!  Ni dans le fond ni dans la forme!
François Rabelais,  pour son Gargantua et son Pantagruel,  avait joyeusement pillé les Grandes Chroniques médiévales, ces sagas populaires de géants dont les aventures de haute graisse parodiaient,  sur le mode grotesque, les romans de chevalerie. 
Le pas très catholique curé de Meudon,  qui signait prudemment Alcofribas Nasier, anagramme transparent de son nom,  avait  transformé ces grandes brutes de géants en humanistes voraces et surqualifiés -  une astuce qui  permettait à ce papivore enragé, ce  sorbonicide convaincu, toutes les audaces critiques!
À l'instar de son modèle assumé dont il parodie avec bonheur les énumérations boulimiques,  Stéphane Malandrin  se dote lui aussi d'un héros plein de démesure: Adar,   grand baffreur, grand bagarreur,  grand roteur, grand péteur, grand ch.... - le lecteur quelque peu scato trouvera dans le livre  une explication cocasse et inattendue au désastre  de Lisbonne qui allait tant secouer Voltaire, quelques siècles plus tard-  et grand.. ..tout court, si j'ose dire, car le gigantisme bientôt le gagne,  Adar,   frère de Faustino - il y a un frère, et ce n'est pas pour nous étonner!- Adar , le Mangeur de livres.
Bref, Adar fait les quatre cents coups avec son frère  dans une Lisbonne médiévale truculente , pleine de vie, de boue, de ripailles.. .et de bibliothèques où des codex en peau de veau mort-né,  couvert d'enluminures et  clos de fermoirs précieux , s'alignent dans les hauts rayonnages des couvents, sous la garde vigilante des moines et d'un clergé séculier prompt à dégainer géhenne et bûcher contre tout ce qui sort un peu du rang...
Je ne vous raconterai rien des circonstances qui firent de ce mauvais garçon toujours affamé un grand  dévoreur de codex devant l'Eternel, ni de ses déboires avec Icelui..
Histoire de vous laisser  librement emporter par un verbe rythmé ,  bondissant à sauts et à gambades, de vous laisser goûter la saveur mellifluente des mots, de vous livrer sans frein à l'imagination brueguelienne, aux fantasmes  boschiques d'un narrateur  impertinent, vorace, immoral. ..et tellement  joyeux!
Avec la générosité qu'il a mise dans son écriture, très simplement, en vrai pote, Stéphane Malandrin , dans la postface, nous donne les clés et les sources de son érudition joyeuse, jamais pontifiante, jamais lourdingue.. Encore des livres à dévorer, pour avoir comme lui, comme Adar, le "sçavoir"gourmand et ludique et la science allègre ... et infuse!
Un vrai coup de coeur,  un vrai bonheur de lecture!
Ce premier roman est un coup de maître !
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si-bemol
  13 mars 2019
« Je suis mangeur de livres ; je les consomme comme du bon pain, j'en fais des tartines et des mouillettes, j'en fais des rondelles de saucisse, des tripailles, des pâtés, je suis passé maître dans l'art d'accommoder les livres. »
Il était une fois deux gamins d'une dizaine d'années, Adar et Faustino, nés en même temps, grandis ensemble, « deux démons montés sur ressorts », plus unis que les doigts de la main, qui multiplient les bêtises en tous genres et font tourner leur monde en bourrique. Nous sommes à Lisbonne, à la fin du XVe siècle, l'imprimerie n'existe pas encore, les livres, très précieux, très rares et très chers - avec leurs enluminures délicates, leurs ferronneries complexes, les joyaux enchâssés dans leurs reliures de cuir - sont l'apanage des gens d'Eglise et de la haute société.
Espièglerie, insolence, chapardages… nos deux chenapans particulièrement délurés feront un jour la bêtise de trop : ayant coupé par pure malice trois paires de moustaches qui ne leur avaient strictement rien demandé, les voilà tombés entre les mains d'un curé gigantesque, brutal et passablement furieux, détenteur d'un vieux codex moisi aux pages empoisonnées qui ouvrira au jeune Adar – bien malgré lui – les portes d'un avenir inattendu et d'une destinée singulière : celle d'un mangeur de livres, d'un prédateur à jamais affamé, d'un dévoreur de papier au monstrueux appétit…

Avec ce roman, dédié malicieusement aux bibliothécaires (dont je suis) et aux libraires, Stéphane Malandrin nous offre un festin de livres et de mots, un univers d'ogres et de gloutons, de ripaille et de démesure où l'on rote, pète, pisse, gueule et se goinfre sans vergogne ni délicatesse. Il y a du Brueghel, du Jérôme Bosch et du Rabelais dans cette fresque picaresque, bruyante, colorée et d'une belle invention, dont je me suis régalée : un récit plein de verve et de verdeur, de truculence et de fantaisie, avec une écriture vigoureuse, une pointe de fantastique et beaucoup de drôlerie, qui est un hommage décalé, amoureux (vorace ?) aux livres et à leur monde. Un excellent premier roman qui littéralement se dévore et dont je n'ai fait qu'une bouchée. A consommer sans modération !
[Challenge MULTI-DÉFIS 2019]
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Kittiwake
  18 avril 2020
Ce n'est pas un citoyen ordinaire, cet ogre narrateur , qui se présente comme détenteur d'une sorte de connaissance universelle. Et de justifier cette situation par son péché mortel, son addiction :
« Je sais tout cela parce que je suis mangeur de livres : je les consomme comme du bon pain, j'en fais des tartines et des mouillettes, j'en fais des rondelles de saucisse, des tripailles, des pâtés, je suis passé maître de l'art d'accommoder les livres, je suis le ventre couronné, le ventre fait roi, le digestif sacré, j'en ai des recettes à gogo, dans mes poches dans mes valises, dans mes tiroirs , je les mets dansa bouche, je les mastique, je les avale, je les digère, je les déguste, je les rote, je les défèque…… »
Le ton est donné, et l'on se reconnaitrait presque dans la dimension allégorique de la citation.
Pour justifier tout cela, ce mangeur fou nous conte son histoire. Une histoire d'orphelin adopté par une femme qui donna naissance à un garçon le même jour que l'infortunée mère de notre héros. il s'en suit une jeunesse de gamins des rues, troublant de leurs exactions la vie rangée de leur quartier. Jusqu'au jour où un meurtre originel lui fera découvrir le goût du velin…
Et c'est parti pour un conte fantastique qui décline la métaphore à l'envi. Avec une richesse sémantique remarquable et malgré tout un scénario qui se tient. C'est Voltaire qui se prendrait pour Rabelais en plagiant Perrault (Désolée pour les anachronismes).
C'est court mais assez dense pour mériter une relecture pour apprécier les différents niveaux de lecture.
Original, déjanté et intelligent.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Bazart
  27 février 2019
Dans la lignée du San Perdido de David Zuckerman dont on a récemment parlé le mangeur de livres, le premier roman de Stéphane Malandrin montre également une facette de la littérature française loin des auto fictions et des appartements bourgeois du 16ème.
Stéphane Malandrin, connu dans le milieu du cinéma pour avoir co réalisé avec son frère Guillaume les long-métrages belges Où est la main de l'homme sans-tête (2009),et Je suis mort mais j'ai des amis(2015), nommé au César du meilleur film étranger nous plonge dans la destinée d'un type incroyable,Adar Cardoso qui vit à ­Lisbonne à la fin du XVe siècle.
Le narrateur, Adar Cardoso, est né en 1476, d'une Juive persécutée fuyant l'Espagne vers le Portugal. À Lisbonne elle devient l'amie d'une Portugaise qui accouche le même jour qu'elle, mais décède en couches. Adar est recueilli par Rosa qui l'élèvera avec son fils Faustino.
Comme son surnom "le ­mangeur de livres", l'indiquait "cet orphelin consommait des livres- des codex comme on les appelait à l'époque- comme de la nourriture, il mangeait les livres,, de la ­première à la dernière page, avec un appétit insatiable avec une addiction assez incroyable; les bibliothèques étant devenues un étonnant garde-manger
Un personnage ­énigmatique et ­fascinant, dont Stéphane Malandrin nous raconte les ­rocambolesques et philosophiques aventures d'un jeune juif converti au catholicisme dans le Lisbonne du XVe siècle. Orphelin, le jeune Adar est recueilli par une certaine Rosa da Silva et se lie d'une intense amitié avec son fils, Faustino.
Champs lexical fleuri, rythme endiablé Malandrin va du coté du roman rabelaisien, un peu à la manière d'un Jean Teulé, avec la démesure que cela implique .
Une chose est sure avec ce roman particulièrement roboratif et assez hors normes et forcément pantagruélique, Stéphane Malandrin a de quoi réchauffer nos longues soirées d'hiver.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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saphoo
  26 avril 2019
ET bien nous voilà revenu d'un univers bien étrange qui d'emblée m'a projetée sur les bancs du lycée avec Rabelais et ses blancs en neige ! Que de bons souvenirs !
J'ai bien apprécié ces deux chenapans ! Ils m'ont bien fait rire , ripailler aussi, comme une légère indigestion malgré tout. Suis pas une grosse mangeuse, si ce n'est de livres et c'est bien pour cela que j'ai dévoré littéralement ce bouquin. Il nous emporte au moyen-âge, à Lisbonne. J'aime bien ces romans qui de par le vocabulaire vous expédie dans la machine à remonter le temps.
L'univers du livre forcément, m'a suffi à me combler de joie. Même si j'ai eu pitié de tous ces codex dévorés, quel gâchis !
C'est énergique, riche en vocabulaire d'un autre temps, burlesque et distrayant.
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critiques presse (1)
Actualitte   09 janvier 2019
Des tables aristocratiques aux misérables bas-fonds de Lisbonne, Le Mangeur de livres, c’est une histoire pantagruélique. Avec du vélin pour changer des porcs, veaux et autres victuailles.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   18 février 2019
- C'est bien cela : je mange les livres donc je les connais; je n'ai pas besoin de les lire, je les digère et ils sont en mon esprit.
- Tu les digères et ils sont en ton esprit? répéta le patriarche incrédule en regardant ses congénères, les yeux brillants de joie; tu les manges et tu les connais, et quand tu les chies tu en fais des résumés?" s'esclaffa-t-il en se tournant vers les moines et les ecclésiastiques qui l'entouraient.
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ArthoreArthore   13 juin 2019
Apprenez que ce libre qui n’avait qu’un seul exemplaire fut surnommé L’’Opuscule polyglotte puisque son auteur dans sa folie entremêla pour l’écrire les grammaires, les syntaxes et les vocabulaires de 5 langues différentes, non seulement à l’intérieur de chaque page, parfois dans chaque paragraphe et même parfois dans chaque phrase, si bien qu’il ne pouvait être lu que par des esprits capables d’entendre la précision du latin, la richesse lexicale du persan, le souffle de l’hébreu, la profondeur du sanskrit et l’autorité du grec.
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ArthoreArthore   11 juin 2019
Je sais tout cela car je suis mangeur de livres; je les consomme comme du bon pain, j'en fais des tartines et des mouillettes, j'en fais des rondelles de saucisses, des tripailles, des pâtés, je suis passé maitre dans l'art d'accommoder les livres, je suis le ventre couronné, le ventre fait roi, le digestif sacré, j'en ai des recettes à gogo, dans mes poches, dans mes valises, dans mes tiroirs, je les mets dans ma bouche, je les mastique, je les avale,, je les déguste, je les rote, je les défèques, j'en fais des phrases et d'autres livres qui sortent de moi comme des geysers je suis un "mangeur de livres" et même "le" mangeur de livres puisqu'à cette date, je suis le seul mangeur de livres par vice et réputation - et voici mon histoire.
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ArthoreArthore   14 juin 2019
Apprenez que c’est ainsi qu’il décida de nous prendre par la main nous les deux orphelins que personne ne réclamerait, ce jour fatidique où il nous sauva de la vindicte des pêcheurs dont nous avions coupé la barbe, et qu’il nous jeta dans sa crypte avec le noir dessein de nous enseigner la lecture afin que nous lisions pour lui le livre interdit.
Apprenez qu’a défaut de le lire je le mangeai et qu’il m’enchanta si bien que je suis devenu le livre et que le livre est devenu moi, et que le m’avalerai après m'être écrit car je dois me manger moi même pour être complet
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michfredmichfred   18 février 2019
Cette pâte me contamine le système sanguin par la gorge, les ganglions situés à l'arrière des oreilles, puis la cervelle, jusqu'à redescendre le long de la moelle épinière et m'irriguer tout le corps, me droguer, et me laisser dans un tel état de rêve que les mots me coulent littéralement des narines, de la bouche et des yeux. Elle fait à mes pieds une épaisse flaque visqueuse dans laquelle, par extase mystique et excès mental, je vois flotter les phrases, si bien qu'assis sur le cul dans ma bave j'aspire par là ce qui reste de littérature.
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