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ISBN : 2259218695
Éditeur : Plon (16/08/2012)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Alice Duval est une jeune trentenaire à qui tout réussit. Soudainement, elle abandonne tout et part s'installer en Provence pour une raison mystérieuse. À Avignon, dans la capitale du théâtre, elle tombe le masque devant un homme étrange qui l'attire. Mais demeure incapable de se livrer à lui, car elle est victime d'un mal tabou chez les jeunes femmes qui réussissent leur vie : l'alcool.
Pas à pas, telle une équilibriste fragile sur un fil tendu, elle avance ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  26 novembre 2012
Installée sur le cheval de bois d'un manège, Alice dévore une rose pour attirer l'attention d'un homme assis sur un banc. Cet homme, c'est Patrice. Il a 50 ans et s'est réfugié à Avignon pour fuir sa vie et trouver une fille, "celle qui aura le courage" mais de quoi? Alice choisit d'avoir le courage de l'aimer. Elle a 30 ans et elle aussi a trouvé refuge à Avignon, pour être près de son grand-père et pour s'éloigner de sa vie parisienne où la vodka n'avait que trop tendance à couler à flots. Sevrée d'alcool, elle se repaît d'amour dans les bras de cet homme à qui elle s'offre mais sans rien lui confier de ses tourments. Acculée par sa passion, par les questions qu'il lui pose, elle se défend avec des insultes. Elle pense ne pas savoir aimer, elle pense n'être douée que pour s"enivrer. Pourtant elle s'accroche à cet amour, remplaçant une dépendance par une autre.

Delphine de MALHERBE a écumé les plateaux télé pour présenter son autofiction dans laquelle elle disait évoquer un sujet encore tabou en France : l'alcoolisme féminin et, loin des stéréotypes, plus précisément celui des trentenaires à qui tout réussit mais qui ont besoin d'une béquille pour affronter leur vie et leurs succès. Et bien c'est raté et Delphine de MALHERBE ne tient pas ses promesses. Son livre, un quasi monologue indigeste, tient plus du récit d'une passion amoureuse légèrement érotique que de l'histoire d'une jeune femme qui combat son alcoolisme. L'alcool est certes évoqué mais de façon abstraite et ses conséquences néfastes sont à peine évoquées. Alice boit des alcools forts depuis l'âge de 14 ans pour être à l'aise en société sans que son entourage ne remarque jamais son ivresse. Et à 30 ans, elle est toujours belle et fraîche, tout au plus évoque-t-elle un foie qui pourrait avoir souffert de ses excès. Donc après nous avoir abreuvés pendant la quasi totalité du livre de considérations décousues sur l'amour et le sexe avec un homme énigmatique, elle tente de se rattraper dans les dernières pages en installant son héroïne devant une émission-débat sur l'alcoolisme au féminin et l'arrogance d'un type qui aligne les clichés au grand dam de son interlocutrice qui le remet à sa place. Aussi inutile qu'artificiel ce court passage n'apporte rien à une histoire qui a sombré depuis longtemps dans un ennuyeux déballage des pensées de l'auteure.
Jamais je n'ai réussi à entrer dans le monde d'Alice, en grande partie aussi à cause de cette écriture saccadée, de ces phrases sans queue ni tête qu'emploie l'auteure et qui ne facilitent pas la compréhension du texte. Une déception.
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VanilleBL
  17 janvier 2014
"D'habitude, je n'écoute pas mes désirs. Je les laisse s'éteindre et je m'apaise de ne pas les assouvir. Je les anesthésie en augmentant la dose. Je bois un verre, je me tais et je regarde."
Voici en quelques phrases résumée la vie de la fille à la vodka. Celle qui se définit aussi comme l'Impuissante, la femme interdite, un peu enseignante, un peu libraire, tout à la fois en quête et en repli, aventurière et casanière, provocante et réservée. Elle ne supporte plus Paris et descend en Avignon, au moment du Festival de Théâtre. Elle y retrouve Papy Micha et ses chevaux camarguais, Mamy et la Librairie des Lavandières où elle n'aime rien tant que "trouver pour chacun le juste chapitre dans le bon ouvrage. La phrase qui redonne le courage. (…) dénicher pour le client de passage l'idée qui [va] relancer sa vie en stand-by". Paradoxe que d'aider les autres à revivre quand, comme Alice, on ne sait pas soi-même comment vivre. "Quand on n'a jamais eu envie de vivre. Vivre comme si c'était le dernier jour est un don inné pour qui a souhaité disparaître depuis son premier souffle. Je riais de lire dans des magazines que des coachs enseignaient «l'art de vivre l'instant présent». Moi, cette science que je possédais depuis l'enfance me tuait précisément à petit feu. Je riais jaune, emplie du rêve paresseux d'une prison qui me protège de la vie. La vodka était une cellule qui me libérait. Je n'avais plus à bâtir de projets d'avenir une fois enfermée. Je surfais sur le vent et je m'enivrais de l'instant présent. Derrière les barreaux, non encombrée des humains, de leurs ambitions. Mon esprit pouvait enfin s'évader."
Fragile équilibriste qui avance au-dessus du vide, hésitant entre désir de vivre et auto-destruction, entre vertige de l'amour et ivresse abyssale, Alice balance, tangue, doute, balbutie...
Elle croise un jour le regard d'un homme mystérieux, attirant. Elle veut qu'il la remarque, qu'il la regarde dès qu'elle le voit apparaître, qu'il fasse attention à elle. Pour cela, elle mange une rose, perchée sur un cheval de manège. Ils s'observent, se suivent, se poursuivent, se glissent quelques mots, se dévoilent – un peu, si peu...
"Tu ne m'aurais pas remarquée il y a des années. Je ne t'aurais pas davantage distingué. Mais là tu venais de tomber de ta propre vie comme un fruit d'un arbre. […] tu guettais. La fille.
La fille.
Celle qui aurait le courage."
Ils se saisissent en instantané, coup de foudre entre deux êtres en creux, pleins seulement de leurs failles et de leurs fragilités. "Mes antagonismes te ramenaient à tes zones d'ombre. Nos complexités se comprenaient et s'apprivoisaient sans volonté venue de toi ou de moi. Est-ce de cette manière que des êtres au bord du gouffre parviennent à se sauver ?" Tout semble entre eux à la fois si évident et si tortueux, si simple et si difficile. Comme deux amants aimants, ils s'attirent et se repoussent sans cesse, lui qui a du mal à se donner, elle qui a du mal à s'ouvrir.
"L'amour, c'est rabibocher les bouts de l'autre. Trouver les pièces manquantes de la fondation. L'inconnue à l'équation jusqu'à accorder des oppositions qui cohabitent de la façon la plus improbable en celui qu'on aime." Mais peut-on reconstruire la mosaïque intérieure de l'autre quand ses propres fêlures ne sont pas comblées ? Peut-on se deviner sans se dévoiler, dire les sentiments sans les mots et la vie à deux en silence ? Et s'ils essayaient de s'aimer ?
Après La Femme interdite, Delphine de Malherbe signe une deuxième auto-fiction tout aussi fort, et beau. Entre les dédicaces, à Romy Schneider et à Amy Winehouse, elle parvient à mettre en mots ce tabou si secret, si non-dit de l'alcoolisme féminin. La plume ciselée, acérée, éthérée, émouvante et si subtile de l'auteure, le rythme de l'écriture tout à la fois fait d'urgence, d'ivresse, de douleur et de désir, donnent à voir et à ressentir la difficulté d'être, d'oser aimer et se laisser aimer, et l'alcool pour avoir le courage de vivre, et cesser de s'excuser d'exister.
"Le chemin a été long pour moi. Trouver une possibilité d'exister sur cette planète avec mon propre univers a nécessité des chocs. Des bouteilles de vodka. Des drogues. Puis un jour j'ai rencontré quelqu'un. Un homme blessé. Grâce à lui, grâce à mes parents, je possède aujourd'hui la force d'apporter ma pierre à l'édifice, de jouir d'une vie riche, et d'embarquer qui veut sur mon navire."
La traversée est douloureuse mais surtout lumineuse, sur le navire de Delphine de Malherbe. Et elle nous emporte en écriture vers la plus belle des destinations : la littérature, c'est-à-dire la vie.
Lien : http://www.paroles-et-musiqu..
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IsabelleA2
  11 février 2013
Je viens de lire La Fille à la Vodka. J'ai adoré. C'est une plongée dans le monde de l'addiction amoureuse. L'air de rien, l'auteur décrit magnifiquement l'arrivée d'un coup de foudre dans les rues d'Avignon. Et petit à petit, elle parvient à nous faire comprendre les liens entre l'addiction amoureuse et l'ivresse... Elle traite l'alcoolisme au féminin en évitant tous les clichés. C'est plein de poésie et de grâce. C'est imperceptible, et ainsi, elle arrive à montrer comment on peut tous "plonger ".
Son style va au rythme du cerveau sous substance. Elle emploie des mots justes, dans un langage très parler pour coller à celui d e la génération dont elle traite. Enfin, elle dit avec une rare subtilité combien les jeunes femmes d'aujourd'hui hésite entre bien des rôles... ce pour quoi elles se perdent sur les sentiers de l'excès. J'ai offert ce livre énormément après l'avoir lu. Ma libraire de quartier en vend beaucoup. C'est un roman sur le passage de l'ivresse à la sagesse, qui bat au rythme d'un coeur.
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claraetlesmots
  13 septembre 2012
Alice trentenaire a tout plaqué à Paris pour aller à Avignon. Depuis l'âge de quinze ans, elle boit sans que personne ne l'ait remarqué. Boire pour oublier, pour anesthésier la douleur, pour combler le vide, boire pour oublier que l'on boit. Alice a trop vite grandi. Pourtant elle est belle, cultivée cette professeure de français qui a laissé tomber son boulot . A Avignon, elle rencontre Patrice échoué lui-aussi dans cette ville et qui cherche la fille. Pas n'importe laquelle. Un homme de vingt ans son aîné, fatigué, usé. A bout. Face à lui, Alice ose se montrer telle qu'elle est.
Un verre de vodka puis un autre qui en appelle un autre. Alice connaît la spirale, elle est tombée dedans à l'adolescence. Et très vite, l'alcool lui est devenu nécessaire. Vital. Pour jouer le rôle que tout le monde attend d'elle. Famille, amis, personne n'a voulu voir son mal-être et sa dépendance. Sujet tabou. A Avignon, la présence de ses grands-parents l'aide. Un jour, elle aperçoit Patrice. Elle ose le provoquer pour attirer son attention. Enter eux deux commence une relation passionnelle, obsédante pour Alice. Comme l'alcool. Ivresse de l'amour et celle de l'alcool toute deux enivrantes, grisantes. Pour Alice, son filet ou son parachute est sa bouteille.

la suite sur :
http://fibromaman.blogspot.fr/2012/09/delphine-de-malherbe-la-fille-la-vodka.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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Taraxacum
  25 mars 2015
Il y a plusieurs jours que je veux rédiger cette critique et que je recule, pour une raison très simple: il y a longtemps que je n'ai pas abandonné ainsi un livre en cours de route et cela me vexe profondément! D'autres livres ont parfois été laissé de côté pour une période où mon état d'esprit s'y prêterait plus, mais là, non: c'est un abandon définitif et en être arrivé à la moitié m'a déjà étonnée tant j'ai trouvé cela mauvais.
L'alcool en tant que produit d'addiction a encore en France la particularité d'être traité différemment des autres produits, probablement pour des raisons culturelles, probablement parce qu'on a simplement aussi un wagon de retard sur le traitement et les mécanismes de l'addiction par rapport à d'autres pays, et l'alcoolisme féminin semble encore plus tabou.
Voilà le sujet que promettait la quatrième de couverture de ce livre et cela me semblait extrêmement intéressant. Seulement, ce n'est pas du tout de cela que traite l'auteur: une évocation d'abus de vodka et d'alcoolisme mondain par ci par là, et on se trouve en fait avec le récit d'une liaison qui se veut poétique, érotique et le récit d'une grande passion et n'arrive qu'à être confus et ennuyeux.
Rien sur les effets de l'alcool, que ce soit sur la santé ou la vie sociale ou professionnelle, juste cette écriture sans queue ni tête qui déballe des poncifs sur deux personnages auxquels on reste totalement froid.
A oublier.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots   13 septembre 2012
Avant toi, je maîtrisais. Avant toi, j'étais dure avec ceux que j'aimais. Je tenais la distance. Je mettais tout le monde à mes pieds. Depuis toi, ça coule sans cesse et sans raison de mes yeux, cette eau de Lourdes alcoolisée, même quand je ne ressens rien.
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Lea25Lea25   15 juin 2013
Et j'ai appris avec toi que quelqu'un qui vous attire pour de vraies raisons, un homme que l'on est appelée à aimer d'amour vrai, ne vous manque pas, c'est plus profond, il est avec soi nuit et jour, il comble l'absence sans que sa présence soit en permanence nécessaire.
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Lea25Lea25   18 juin 2013
Sur terre, tout nous est donné, rien ne nous est dû. Vouloir obtenir puis posséder durablement ce qui par nature n'est pas fait pour durer relève, sinon de la démence, du moins de la plus élémentaire stupidité..
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Lea25Lea25   17 juin 2013
J'étais faite pour me raconter des histoires d'amour que je ne pouvais vivre. Moi, je ne savais que monter à cheval, enseigner le français, écrire des livres et me dévouer à ceux qui souffraient pour ne pas avoir à me regarder.
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ReaderReader   29 septembre 2012
Putain ce qu'elle est belle, tu te disais. Si tu savais à quel point je n'étais belle que parce que j'étais devant toi.
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