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Jean-Jacques Fleury (Traducteur)Marie-Neige Fleury (Traducteur)
ISBN : 2862608920
Éditeur : Autrement (06/01/1999)

Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes)
Résumé :
"Ágata fit face au miroir avec sa bouche entrouverte, ses yeux grands, secs, et sa chevelure noire et soyeuse. Et elle passa lentement sa main sur ces cheveux et sur ces joues lisses et jamais caressées. Sans complaisance aucune, elle se détourna du miroir et se dirigea vers la cuisine ; là, elle souleva avec apathie le couvercle de la marmite. La vapeur brûlante enveloppa son visage de femme jeune auquel le manque de couleurs, une extrême pâleur et une maigreur pro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Sachenka
  18 octobre 2015
Le docteur Reba, devenu veuf trop, a noyé sa peine dans l'alcool et la solitude. Sa fille unique Agata, presque abandonnée à elle-même, cloîtrée, est restée marquée par cette triste enfance de laquelle elle cherche à s'évader. Quand Nicator Cruz se manifeste, elle accepte de l'épouser sans amour, un peu comme un pacte ou une transaction d'affaires, et rapidement les deux s'installent dans un vieux ranch à la frontière de la pampa argentine. Mais les longues années de promiscuité stérile n'aident pas le couple. Au contraire, l'écart entre les deux se creuse pour n'être plus occupé que par les silences.
C'est d'ailleurs là qu'on reconnaît la magnifique plume Eduardo Mallea. Ces silences. Amplifiés par les regards évasifs, par les bouches pincées, par les gestes manqués. Jamais le silence n'aura été aussi éloquent. D'autant plus que les affaires vont mal, les récoltes sont perdues par la sécheresse une année, par le froid la suivante. La ruine est proche. Rien pour rapprocher les époux, qui s'emmurent davantage dans le mutisme. C'est donc l'histoire d'une solitude à deux, d'une passion manquée qui se consumme lentement.
C'est dans ce silence qui frôle la folie qu'Agata perd son mari, emporté par les fièvres. Elle retourne en ville, à Buenos Aires. Mais toujours son silence l'accompagne. On a beau essayer de lui faire la conversion, ses réponses monosyllabiques intriguent mais on insiste pas. Jusqu'à l'arrivée de Sotero, un tombeur de dames. Pour la première fois, Agata laisse libre cours à ses émotions. Mais peut-être aurait-elle mieux fait de conserver son mutisme… car il risque de ne lui rester que désespoir et folie…
J'avais beaucoup aimé « Chaves », du même auteur. Je retrouve les mêmes thèmes, le même style dans « Cendres ». Il s'agit d'un roman sublime, dans lequel Eduardo Mallea réussi à donner une voix au silence. Ce silence, une fois accepté, permet de s'ouvrir au monde qui entoure, mais surtout à plonger au plus profond de soi-même et d'y découvrir un abîme de tourments qu'il vaut mieux taire. Considéré comme le chef-d'oeuvre de l'auteur, il gagnerait à être mieux connu. Et tous gagneraient à entreprendre la lecture de son oeuvre.
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dbacquet
  23 juin 2014
Ce roman est d'une très grande tristesse et dévoile le pessimisme de l'auteur, lequel explore sans concessions et avec beaucoup de justesse des états de solitude et de désespoir qui se transforment peu à peu en folie. La plupart des personnages de « Cendres » sont prisonniers d'eux –mêmes autant que des circonstances qui s'acharnent contre eux sans relâche ; étrangers aux autres, inaptes à la vie, ils semblent condamnés à subir et à creuser un abîme. Agata Cruz a épousé un homme sans l'aimer, peut- être pour échapper à son père, un médecin incompétent et alcoolique, et à la petite ville de Ingeniero White, un port proche de Bahia Blanca. Nicanor est aussi un être taciturne mais moins passionné et imaginatif qu'Agata. Il s'entête à cultiver une terre qui suite à des intempéries occasionnera sa ruine. Dans l'incapacité de s'aimer, Agata et Nicanor n'avaient plus à échanger que silences, ressentiments, puis haines. Aussi la mort de Nicanor apparaît elle d'abord comme un soulagement à Agata, la chance d'un recommencement et elle découvrira même la passion, avec Sotero, un homme brillant, jouisseur, mais aussi volage. La rupture, inévitable, sera une catastrophe pour Agata et dans la dernière partie du roman, Eduardo Malléa s'attache à nous décrire sa lente décrépitude, jusqu'au retour, plus tragique que salvateur, sur les terres de son enfance, c'est-à-dire dans les rues d'Ingeniero White, port aussi anodin que cruel.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   10 octobre 2015
Les pâturages furent envahis, les pluies se firent plus rares, et la campagne, malade, se mit à dépérir. Et la population se dispersa en de lentes migrations. Et là-haut, il ne resta que la maison isolée. Sur ce paysage d'aridité et de mort, on croyait voir le refuge de Job. Au sommet de la pente, la seule conversation était celle qui s'établissait entre ces quatre silences : la maison blanche, avec son muret de terre sèche, la montagne, la vallée et les faucons tenaces.
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SachenkaSachenka   11 octobre 2015
Est-il possible que ce que l'on porte en soi, l'addition tumultueuse d'impulsions divergentes, ne connaisse qu'une seule issue, un seul dénouement et non les directions multiples de son propre désir? Est-il possible que toutes les voies de l'âme convergent vers un seul et unique naufrage? Si nous sommes pluriels, pourquoi existe-t-il si peu de solutions?
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SachenkaSachenka   14 octobre 2015
Ce qu'il y a de plus fragile dans certains êtres rudimentaires, c'est précisément de se croire d'autant plus forts qu'ils sont d'avantages maitres d'eux-mêmes, qu'ils se font plus durs. Et c'est ainsi que, plus ils aiment, plus ils détruisent, tout en pensant sauver ; eux-mêmes, ils se traitent par le fer et ils tuent et périssent par le fer.
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SachenkaSachenka   17 octobre 2015
"Non, la vie, c'est du pareil au même : il faut l'opérer avec le doigté plein d'expérience du médecin face à son malade ou de l'avocat devant une cause à défendre. Circonstances, événements, faits, tout cela forme une affaire qu'il faut gagner ou perdre. Le succès dépend de l'habileté professionnelle..."
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SachenkaSachenka   12 octobre 2015
"Nous sommes des animaux fragiles, lui disait le médecin, notre plus grande illusion, c'est de nus croire des anges sur deux jambes. Une artère éclate, et nous ne sommes plus qu'une loque!"
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Video de Eduardo Mallea (1) Voir plusAjouter une vidéo

Eduardo Mallea : Les Rembrandt
Olivier BARROT, à Cabourg, présente le dernier roman de l'auteur argentin Eduardo MALLEA, "Les Rembrandt", publié aux éditions Autrement. BT page de couverture du livre et BT peintures de Rembrant.
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