AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Sylvia Bénichou-Roubaud (Traducteur)Jean-Jacques Fleury (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
ISBN : 2862605956
Éditeur : Autrement (20/03/1996)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 14 notes)
Résumé :

Au nord de la Patagonie, front pionnier, "débarque", un beau matin, un individu étrange muré dans son silence : Chaves. Et, dès le début, un tel silence a le don de déclencher la fureur des autres, de l'autre. Cette "impassibilité", cette "gravité", Mallea narrateur va les faire vivre directement à son lecteur, son personnage ne s'exprimant qu'au style indirect ou à travers un discours intérieur. Chav... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  17 mai 2015
Avec ce bref roman, cette nouvelle, cette plaquette, l'Argentin Eduardo Mallea signe un petit bijou. Il raconte l'histoire d'un homme seul et grave : Chaves. Cet homme parle peu, n'échange pas avec ses collègues bavards, même une fois le travail terminé. Solitaire jusqu'au bout, il n'en a que faire des autres, il s'isole volontairement, s'attelle avec ardeur à la tâche, peut-être même essaie-t-il de s'y oublier… Mais ce silence qu'il s'impose est mal perçu, ses collègues le croient hautain, méprisant. Alors, la frustration puis la colère se déchainent. Contrairement à l'entourage de Chaves, le lecteur est intrigué, veut connaître l'histoire de cet homme si particulier.
Et cette histoire, Mallea la livre petit à petit, via des retours en arrière. Alors que la fureur des travailleurs est à son paroxysme, l'auteur lève le voile sur les moments les plus intimes d'un homme à qui les promesses de la vie ont été ravies. Sa fille, puis sa femme… Chaves réussit à les partager naturellement. Et merveilleusement, aussi. On a l'impression d'entrer à pas feutrés dans la vie de cet homme. Lui qui parle si peu, il communique beaucoup, par des gestes presque imperceptibles, par un regard jeté à la dérobée, par le mouvement lent de ses pieds près de la berge, un soir alors que la brise vient rencontrer sa nuque. L'écriture a un je-ne-sais-quoi de poétique mais sans les lourdes fioritures qui souvent l'accompagnent. Tout comme le personnages Chaves, Mallea est économe de ses mots : rien de superflu, tout va à l'essentiel. Décidément, un auteur à découvrir et faire connaître.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          512
dbacquet
  05 février 2012
Chaves est un homme impassible, grave, et silencieux, au point de se heurter constamment à l'hostilité des autres et de mener une vie errante au milieu des paysages sauvages de l'Argentine. Quand il arriva dans la scierie d'un village afin d'y trouver un emploi, ce n'est donc qu'avec réticence qu'on l'employa et lui trouva un logement. Il aimait, la nuit, contempler les eaux du fleuve et voir s'agiter les lumières de l'autre rive, écouter ses rumeurs et sentir ses odeurs ainsi que celles de la forêt. Et là tout son passé remontait, en vagues successives, comme les lambeaux d'un rêve, nous entraînant dans les abîmes de son être : sa rencontre avec Pure, une jeune femme quelque peu étrange et détachée, comme lui, leur amour, leur vie commune avec leur fille, puis quand celle-ci décéda, les premiers assauts du malheur et les débuts de l'errance jusqu'à ce que Pure, elle-même, atteinte du typhus, vienne à décéder dans une ultime agonie, après laquelle Chaves allait comme renoncer au monde pour n'être plus attentif qu'aux pulsations les plus élémentaires de la Nature, s'abandonnant à un profond mutisme, que les hommes, aveuglés par leur haine et leur bêtise, allait rejeté.
Ce roman, très court, d'abord publié, dans les années cinquante, dans la collection de Roger Caillois "les croix du Sud", à l'écriture minutieuse, poétique et poignante, est un incontestable bijou.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
andras
  27 décembre 2017
Chavès est le nom d'un homme qui arrive d'on ne sait où pour se faire embaucher dans une scierie, au fin fond de l'Argentine. Il ne parle pas, ou très peu. Au village où il trouve à se loger, son mutisme étonne et dérange. L'histoire de cet homme nous est contée peu à peu, les chapitres alternant son passé et son présent. Nous apprendrons qu'il a eu une femme ainsi qu'une petite fille. Mais ce Chaves d'Edouardo Mallea, comme le Garçon savoyard de LF Ramuz, à qui il m'a fait penser, est un drôle de gars. La parole est pour lui un instrument difficile à manier en dépit des efforts qu'il fait pour l'apprivoiser. Mais s'il parvient à parler, se faire comprendre des autres est une autre paire de manches. Se taire est parfois la seule arme qui reste pour affronter le monde.
C'est une superbe histoire que nous conte ici Eduardo Mallea, avec un style tout en sobriété et pudeur et une grande humanité.
Commenter  J’apprécie          230
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
HardivillerHardiviller   08 mars 2017
- Vous n'allez jamais leur dire ce qu'ils veulent que vous disiez ? Quelque chose .... N'importe quoi ... Vous n'allez jamais rien leur dire ? Jamais vous ne parlerez , jamais vous n'ouvrirez la bouche ?
- Non , répondit Chaves .
Et c'est sur ce non définitif , tranchant , que se termine l'histoire de ce Chaves , l'histoire d'une solitude .
Chaves c'est l'homme seul , mais conscient d'être seul au milieu des autres tout aussi seuls mais qui , eux , refusent d'admettre , d'accepter cette fatalité : " Chaves ne devait aboutir que beaucoup plus tard , sans qu'aucun changement n'eût lieu pour autant dans son humeur sombre et difficile , à cette constatation que dans un monde où personne ne répond à personne , personne cependant n'accepte qu'on refuse de lui répondre . "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111
SachenkaSachenka   17 mai 2015
La jeunesse ordonne souvent de ces rencontres : l'un est celui-ci, l'autre, celui-là ; même entre deux caractères semblables, le contact établit une polarisation, entraine une primauté, et la domination de l'un sur l'autre est inévitablement parachevée par les rapports mondains. Rusée, la société distingue ses meilleurs serviteurs et fait jouer tantôt la sagesse, tantôt le sens pratique, tantôt la malignité, tantôt l'intérêt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
SachenkaSachenka   16 mai 2015
Celui que nous avons quitté il y a trente ans, qui portait notre nom, qu'a-t-il à voir avec celui que nous sommes trente ans plus tard? C'est un autre être, d'une autre race - ou peut-être est-ce monstrueusement le même, sans solution de continuité, sans mutation, sans prodige.
Commenter  J’apprécie          100
SachenkaSachenka   17 mai 2015
- Il y a des vies qui sont comme des tunnels sombres et d'autres qui sont comme des étendues découvertes, disait-elle, contemplant en face d'elle la rue et le soir.
Commenter  J’apprécie          150
SachenkaSachenka   17 mai 2015
[...] en chaque homme il y a un Homère en puissance - avec ou, peut-être, sans sa lyre.
Commenter  J’apprécie          220
Video de Eduardo Mallea (1) Voir plusAjouter une vidéo

Eduardo Mallea : Les Rembrandt
Olivier BARROT, à Cabourg, présente le dernier roman de l'auteur argentin Eduardo MALLEA, "Les Rembrandt", publié aux éditions Autrement. BT page de couverture du livre et BT peintures de Rembrant.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
autres livres classés : littérature argentineVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
237 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre