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ISBN : 2070360202
Éditeur : Gallimard (27/01/1972)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 287 notes)
Résumé :
Le pilote continuait son cercle, reprenait l'Alcazar à la tangente ; la bombe était tombée au milieu de la cour. Les obus de l'Alcazar suivaient l'avion, qui repassa, lança la seconde grosse bombe, repartit, s'approcha de nouveau. La main de nouveau dressée de Marcelino ne s'abaissa pas : dans la cour, des draps blancs venaient d'être étendus en toute hâte : l'Alcazar se rendait. Jaime et Pol boxaient de jubilation. Tout l'équipage trépignait dans la carlingue. Au r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  05 octobre 2016
Il m'a fallu lire L'Espoir de Malraux une bonne demi-douzaine de fois, pour l'agrégation de lettres d'abord (programme XX°s) et plus tard, par pure perversité. Mais inexplicablement, les lecteurs de Babelio ont échappé à l'exposé savant de mon avis sur ce roman.
D'abord, c'est un roman sans femmes. Même "La Condition Humaine" leur faisait une petite place : militantes, maîtresses, épouses, et même Chinoises opprimées. Ici, les hommes entre eux discutent, se battent, vivent la grande épopée antifasciste des années 36-38, date à laquelle le roman s'achève, un an avant la déroute finale, la victoire de Franco et ... le désespoir.
Ceci fait de L'Espoir une sorte de roman philosophique entrecoupé de magnifiques scènes épiques de guerre, ce qui n'était pas le cas de "La Condition Humaine", qui était une illustration romanesque du tragique pascalien et abondait non en scènes épiques, mais en moments d'angoisse cosmique. Pascal, vous dis-je.
De quoi parle-t-on ? de quoi philosophe-t-on ? de la question de la fin et des moyens : peut-on atteindre un but vertueux par des procédés immoraux ? Comme l'ennemi fasciste franquiste incarne le Mal sans visage, mécanique, aéroporté, bombardant depuis le ciel les Républicains, il est bien naturel qu'il soit mauvais, et emploie de mauvais moyens pour ses buts mauvais. Mais les Républicains, porteurs d'espoir, combattants de la gauche, donc du Bien (incarné par Staline ou Trotsky, au choix), s'ils veulent vaincre le Mal et être plus forts que lui, doivent utiliser les mêmes moyens que le Mal : des moyens guerriers, la violence, l'oppression, la terreur. Tout le roman va relater cette métamorphose des Bons en armée, en milice, en escadrons qui se serviront des armes du Mal pour lutter contre lui, au risque de perdre leur âme pure et leurs idéaux élevés.
Ce roman est un document irremplaçable pour l'histoire des relations entre la Gauche et la Vertu, et aide à comprendre à quoi conduit la confusion de la morale et de la politique. C'est un beau livre, daté certes, mais finalement très lisible encore par sa charge mythologique et ses qualités de style.
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colimasson
  05 octobre 2016
Après avoir vu le Potemkine, Malraux écrivait : « Il y a le cinéma avant et après Potemkine ». Est-ce qu'il aurait aimé qu'on écrive à propos de son bouquin : « Il y a une littérature de guerre avant et après l'Espoir » ? Franchement, on n'en sait rien, mais ça y ressemble.
Justement, c'est ce qui m'a emmerdé. Se taper presque 600 pages sur la guerre d'Espagne, ça ne permet pas de mieux comprendre ni la guerre, ni l'Espagne, ni leur jonction, ça fait juste comédie triste avec plein de personnages sans relief et des affrontements d'opinions qui ne permettent pas même de mieux se comprendre soi-même. J'aurais mieux fait de lire la page Wikipédia. LOL, je rigole, Malraux écrit bien quand même et ça se voit qu'il a vécu des trucs qu'il nous livre en larges tranches de gigot de vie :
« [La mort] a perdu pour moi toute… réalité métaphysique, si vous voulez. Voyez-vous, mon avion est tombé une fois. Entre l'instant où l'avant a touché le sol, et l'instant où j'ai été blessé, très légèrement –pendant le craquement, je ne pensais à rien, j'étais frénétiquement à l'affût, un affût vivant : comment sauter, où sauter ? »
Mais comme dans tout bon film hollywoodien, il se croit obligé de mettre les scènes au violon, avec les vieux poncifs sur les soi-disant grandes valeurs de l'homme (« L'amitié, dit-il, ce n'est pas d'être avec ses amis quand ils ont raison, c'est d'être avec eux même quand ils ont tort... ») ou les exposés de l'engagement politique aux relents vachement forts d'éducation judéo-chrétienne (« Il n'y a pas d'autre justice que la vérité. Et la vérité disait Sophocle, peut plus que la raison. de même que la vie peut plus que le plaisir et plus que la douleur. Vérité et vie est donc ma devise, et non raison et plaisir. Vivre dans la vérité, même si l'on doit souffrir, plutôt que raisonner dans le plaisir ou être heureux dans la raison ») –sans que cela ne lui semble jamais contradictoire au Malraux, lorsqu'il dit que les prêtres ça pue la bouse.
J'ai noté pour finir quelques phrases marrantes qui font du bien et qui souligneraient presque –si la vie de Malraux ne le contredisait pas- l'inanité de toute action politique :
« Moi, ce qui me plaît, […] c'est qu'ils ne croient pas qu'ils sauvent la démocratie chaque fois qu'ils font tourner une hélice. »
« Si chacun appliquait à lui-même le tiers de l'effort qu'il fait aujourd'hui pour la forme du gouvernement, il deviendrait possible de vivre en Espagne. »
« Autrefois, les nôtres étaient disciplinés parce qu'ils étaient communistes. Maintenant, beaucoup deviennent communistes parce qu'ils sont disciplinés. »
« J'ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre les fascismes. »
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Nebulas
  17 mai 2018
Il y a longtemps que j'ai terminé « La condition humaine » d'André Malraux. Ce livre n'a pas fait une grande impression sur moi à l'époque. Je me souviens que l'histoire était un peu déroutante. Je le trouvais peu captivant, son sujet était ennuyeux, je n'aimais pas le style réservé et je pensais que les personnages étaient froids et sans intérêt.
C'est pour cette raison que j'ai hésité longtemps à aborder « L'espoir », le deuxième ouvrage du même auteur pour moi. le livre se trouvait déjà sur ma « liste à lire » pendant quelques années. Finalement, je n'ai pas pu remettre la lecture plus longtemps. J'ai emprunté le livre de nouveau et ce temps j'ai effectivement commencé la lecture.
L'histoire se déroule en Espagne pendant la guerre civile. En fait, on suit quelques histoires différentes dans lesquelles les personnages principaux luttent contre les forces fascistes. le lecteur assiste aux événements par les yeux de chaque personnage principal, il y a un aviateur, un commandant, et cetera. Ils sont surtout des étrangers.
L'auteur ne donne pas une vue d'ensemble sur le déroulement de la guerre civile. C'est alors que le lecteur fait un plongeon dans chacun de ces histoires diverses sans introduction. Il suit les événements et les combats dans lesquels le personnage principal est impliqué, ensuite on abandonne cette histoire et on plonge dans une autre pour revenir plus tard à la première, et ainsi de suite.
Malheureusement, l'auteur ne donne pas des informations sur les personnages principaux, sur leurs milieux et sur leurs motivations non plus. Par conséquent, on ne comprend pas toujours toutes les raisons pour lesquelles ils sont là, tous ces étrangers en Espagne, et pourquoi ils se battent contre les fascistes. le livre contient beaucoup des personnages. C'est aussi pour cette raison que je ne me suis pas identifié à quelqu'un de cette collection de personnages principaux. C'est dommage, avec plus des informations sur les personnages principaux, le livre aurait été probablement plus captivant.
Dans son ensemble, j'ai quand même bien aimé le livre. On perçoit l'ambiance de cette époque d'une façon authentique. le style de la narration est fluide et les conversations sont vives. Pour conclure, je trouve « L'espoir » intéressant et bien écrit. Il m'a aussi poussé à chercher plus des informations sur le contexte historique de cette guerre civile affreuse.
Après cette bonne expérience, devrais-je relire « La condition humaine » ? Peut-être je l'apprécierai plus …
Lien : http://nebulas-nl.blogspot.c..
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vincentf
  24 juin 2010
Livre cubiste lu sans attention, tombé dans les toilettes, commencé en plein soleil, terminé sous la pluie, avec cette impression que les personnages ne sont pas des personnages, qu'il est impossible de les distinguer les uns des autres, comme les événements, cette Guerre d'Espagne racontée à ceux qui l'avaient sous les yeux mais qui nous est devenue si étrangère, plus personne ne demeurant aujourd'hui fasciste, communiste ou anarchiste, tout ça ayant été cassé par la guerre elle-même, où l'action prend le dessus même si dès que l'action prend le dessus, dans le bouquin, je ne lis plus que d'un oeil, sans savoir si oui ou non les événements ont lieu dans un avion ou à terre. L'espoir, c'est le Guernica de Picasso, l'épique saucissonné, l'intranquillité d'une lecture qui désarçonne sans le crier sur les toits et qui déçoit par ce que le texte garde de classique, on ne sait trop quoi, tout. Tout à coup, une formule qui fait mouche, comme un coup de pistolet, une belle phrase, un bijou en son écrin au milieu des ordures, une définition de la guerre : « la guerre, c'est faire l'impossible pour que des morceaux de fer entrent dans la chair vivante ». Souvent, l'impression de passer à côté d'un texte dont l'indéniable originalité nécessiterait, pour être déchiffrée, une étude plus approfondie à laquelle je n'ai aucune envie de me m'atteler.
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aouatef79
  03 mai 2015
L' espoir était le premier livre de l écrivain Malraux que j ai tenté de lire .Je savais
aussi qu ' il s ' agissait de l ' engagement de Malraux aux côtés des republicains
contre les faschistes durant la guerre civile en Espagne .Mais je n 'ai pas pu ou
voulu aller judqu 'au bout cad à la fin du récit . Je reconnais le talent de l auteur
en écriture et reconnait aussi l ' engagement de ce grand homme et son combat
pour les causes qu ' il estime juste .
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
dolly31dolly31   26 juin 2018
Ces mouvements musicaux qui se succèdaient, roulés dans son passé, parlaient comme eût pu parler cette ville qui jadis avait arrêté les Maures, et ce ciel et ces champs éternels; Manuel entendait pour la première fois la voix de ce qui est plu grave que le sang des hommes, plus inquiétant que leur présence sur la terre, - la possibilité infinie de leur destin; et il sentait en lui cette présence mêlée au bruit des ruisseaux et au pas des prisonniers, permanente et profonde comme le battement de son coeur.
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Lison67Lison67   29 mars 2017
[...]Il est mauvais de penser aux hommes en fonction de leur bassesse...
- Quand on contraint une foule à vivre bas, ça ne la porte pas à penser haut. Depuis quatre cents ans, qui a "la charge de ces âmes " , comme vous disiez ? Si on ne leur enseignait pas si bien la haine, ils apprendraient peut-être mieux l'amour, non ?
Ximénès regardait les flammes lointaines :
- Avez-vous regardé les portraits ou les visages des hommes qui ont défendu les plus belles causes ? Ils devraient être joyeux - ou sereins, au moins... Leur première expression, c'est toujours la tristesse...
- Les prêtres, c'est une chose, et le cœur c'en est une autre. Je ne peux pas m'expliquer là-dessus avec vous. J'ai l'habitude de parler, et je ne suis pas ignorant, je suis typographe. Mais il y a autre chose : j'ai parlé souvent avec des écrivains, à l'imprimerie, c'est comme avec vous : je vous parlerai de curés, vous me parlerez de sainte Thérèse. Je vous parlerai de catéchisme, vous me parlerez de... comment déjà ? Thomas d'Aquin.
- Le catéchisme a plus d'importance pour moi que saint Thomas.
- Votre catéchisme et le mien c'est pas le même : nos vies sont trop différentes. Je l'ai relu à vingt-cinq ans, le catéchisme : je l'avais trouvé ici dans un ruisseau (c'est une histoire morale). On n'enseigne pas à tendre l'autre joue à des gens qui depuis deux mille ans n'ont jamais reçu que des gifles.
Puig troublait Ximénès, parce qu'intelligence et bêtise étaient réparties, chez lui, autrement que chez les hommes dont le colonel avait l'habitude.
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liberligerliberliger   11 octobre 2012
Le grand intellectuel est l'homme de la nuance, du degré, de la qualité, de la vérité en soi, de la complexité. Il est par définition, par essence, antimanichéen. Or, les moyens de l'action sont manichéens parce que toute action est manichéenne. A l'état aigu dès qu'elle touche les masses ; mais même si elle ne les touche pas. Tout vrai révolutionnaire est un manichéen-né. Et tout politique.
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wiggybiswiggybis   28 mars 2014
La mort n'est pas une chose si sérieuse : la douleur, oui.
L'art est peu de chose en face de la douleur et, malheureusement, aucun tableau ne tient en face des taches de sang.
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colimassoncolimasson   27 octobre 2016
J’ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre les fascismes.
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Videos de André Malraux (184) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Malraux
"Les israéliens ne continuent pas les israélites; ils les métamorphosent.". Mati Ben-Avraham cite le perspicace André Malraux pour résumer le phénomène sioniste. Un extrait de la passionnante conférence donnée à la Librairie en compagnie de Jacques Bendelac . Retrouvez leurs ouvrages sur le site de Vice Versa Jérusalem : https://www.viceversalib.com/le-choix-des-libraires/
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