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ISBN : 2070367312
Éditeur : Gallimard (02/04/1976)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Un sous-officier me fit signe de sortir; la cour était pleine de soldats. Je pouvais faire quelques pas. Il me tourna vers le mur, les mains appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête. J'entendis un commandement : " Achtung ", je me retournai j'étais en face d'un peloton d'exécution.

Source : Folio, Gallimard
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
NMTB
  25 juillet 2017
Ce deuxième tome du Miroir des Limbes est sous-titré La Corde et les Souris, d'après un petit conte, du genre zen, qu'on retrouve en exergue. le côté fictionnel est plus manifeste, et patent dans la dernière histoire intitulée Lazare. Lazare est encore une confrontation à la mort, écrite lors d'une hospitalisation de Malraux, mais il raconte aussi une histoire où le commandant Berger (son pseudonyme de résistant) se retrouve dans l'armée allemande sur le front russe pendant la première guerre mondiale, plus précisément pendant une attaque au gaz. Une attaque qui débouche sur une improbable fraternisation entre les soldats allemands et russes.
Je suis étonné qu'on accuse autant Malraux de mythomanie et de mensonges ; pourquoi lui et pas les autres ? Surtout les autres romanciers mais même les autres mémorialistes. Au contraire, il y a une forme de sincérité sur le travail d'écrivain dans ces Antimémoires : comment les images, vécues ou pas, se mêlent et comment on construit un récit avec tout ça ; en filigrane on comprend qu'écrire était loin d'être une activité anodine pour lui. Il s'en explique assez clairement dans Lazare, il me semble : « Des images ne composent pas une biographie, des évènements non plus. C'est l'illusion narrative, le travail biographique, qui créent la biographie. Qu'a fixé Stendhal, sinon des moments de la sienne ? Chacun articule son passé pour un interlocuteur insaisissable : Dieu, dans la confession ; la postérité dans la littérature. On a de biographie que pour les autres », « Et qu'est-ce qu'un passé qui n'est pas une biographie ? Une conscience d'exister, plus profonde que la connaissance, et même que toute autre conscience ? », « L'ultime conscience n'a rien de commun avec le souvenir de nos actes ni la découverte de nos secrets. On n'est pas son histoire pour soi-même ». Tout est le témoignage d'une conscience.
D'ailleurs il ne fait pas plus la biographie de Picasso et De Gaulle, à peine donne-t-il une image de leurs personnalités à travers des dialogues. Ce qui l'intéresse c'est ce qu'on fait ces hommes. Peut-être que Picasso, en tant qu'artiste, révèle quelque chose de notre civilisation, dans sa constante révolte, la métamorphose de son style, sa profusion. En ce qui concerne la raison de leur action, elle est la même pour tous les hommes, chacun avec sa réponse personnelle : « Pendant l'hiver de 1943, entre les Eyzies illustres et Lascaux inconnue où nos armes étaient cachées, je me suis demandé, en rêvant des troupeaux de rennes au loin dans la neige préhistorique, si l'homme est né lorsque pour la première fois, devant un cadavre, il a chuchoté : « Pourquoi ? » Il s'est beaucoup répété depuis. Inépuisable bête. »
Lazare est un excellent livre, écrit par un agnostique attentif, trop conscient de la mort et de l'importance des relations que chacun entretient avec elle pour finir en dogmatique agressif. le petit chapitre où il est question de Mai 68 est très bien fait aussi, assez amusant. Peut-être que Malraux, fumeur de haschich, qui adorait l'Inde et les voyages, aurait été un parfait hippie, s'il était né trente ans plus tard et s'il n'y avait pas eu le freudo-marxisme ?
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
NMTBNMTB   20 juillet 2017
Le général de Gaulle pense qu'à ma manière j'ai la foi, et il m'advient de penser qu'à sa manière il ne l'a pas. Il m'a dit : "Il y a une consolation religieuse, il n'y a pas de pensée religieuse." Même les hindous, pour qui la pensée humaine flotte dérisoirement à la surface du sacré, ne le diraient pas. Mais il veut dire que ce que dit l'Inde. La consolation, ce n'est pas la tombe de sa fille (qui n'est pas rien, puisqu'il m'a dit : "Je serai enterré avec Anne"), c'est sans doute ce qui s'accorde pour lui à la houle de l'âme que la pensée confond avec son pauvre frémissement... Il me dit :
- La mort, vous savez ce que c'est ?
- La déesse du sommeil. Le trépas ne m'a jamais intéressé ; vous non plus : nous faisons partie des gens auxquels il est indifférent d'être tués. Pourtant ma relation avec la mort est loin d'être claire. [...]
- Le pire malheur s'use. Mais bien entendu, ce que nous pensons de la mort... L'important est ce que la mort nous fait penser de la vie.
- Mon général, vous connaissez comme moi la phrase célèbre : la vie est l'ensemble des forces qui résistent à la mort. Ce qui revient à dire que la mort est l'âme du monde, et me paraît pur verbiage. Il y a bien un problème de notre mort, mais c'est parce que nous sommes vivants. Et ce n'est pas nécessairement le problème de la mort.
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NMTBNMTB   25 juillet 2017
« Qu’importe ce qui n’importe qu’à moi ? » ai-je écrit. L’égoïsme ne nous mène qu’à nous préférer, avec une véhémence confuse. Ai-je beaucoup pensé à moi ? L’auto-approbation n’en demande pas tant. Ni le contraire après tout : l’homme ne se juge guère. Je ne commencerai pas cette nuit. « Connaître les hommes pour agir sur eux » fait partie des balivernes. Se connaître soi-même ? Les décisions capitales sont des lapins qu’on tire au passage ; mieux vaut savoir tirer. Nous sommes habités par des monstres banals. Nous appelons méditation une pensée qui n’a pas l’action pour objet, et ce mot n’est pas loin d’oraison. Après quoi « philosopher, c’est apprendre à mourir ». Phrase ambitieuse, à la Salpêtrière. Sa résonance ne répond pas à « Qui suis-je ? » mais à « Qu’est-ce qu’une vie ? »
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NMTBNMTB   21 juillet 2017
[Picasso à Malraux, après une visite de son atelier :]

J'ai oublié de vous montrer mes assiettes. J'ai fait des assiettes, on vous a dit ? Elles sont très bien. (la voix devient grave) On peut manger dedans.
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E.Couly reçoit Bénédicte Vergez-Chaignon au Panthéon pour sa biographie de Jean Moulin: "Jean Moulin l'affranchi" aux Éditions Flammarion. Chez Jean Moulin, la grandeur allait de soi, écrit André Malraux vingt ans après sa disparition. Vingt-cinq jours clés, vingt-cinq journées particulières ont façonné le destin du grand résistant, dont la vie fut tragiquement écourtée à 44 ans. Une vie magnifiée par la passion et l?amour de la liberté. Mais aussi par le devoir. Né en 1899 à Béziers dans une famille unie et très attachée aux valeurs humanistes, Jean Moulin s?engage à servir la république à travers ses fonctions dans l?administration. Tour à tour sous-préfet, préfet, puis attaché ministériel, il agrémente ses loisirs de sa passion pour l?art, affûte son talent de dessinateur dans les colonnes des grands journaux. Il aime la vie parisienne ; les nuits des années folles au c?ur de la capitale font son enchantement. Est-ce auprès des artistes qu?il a appris à regarder le monde? Avant l?Espagne et le Front populaire, le 6 février 1934 lui ouvre les yeux sur l?histoire en marche. L?historienne Bénédicte Vergez-Chaignon éclaire les «grandes heures» de ce parcours où l?on découvre un homme pétri d?enthousiasme, amoureux, un grand sportif passionné de voitures, d?avions, de ski, que son goût certain pour le bonheur et une haute conception de ce que devait être la France ont encouragé à défendre ses valeurs, à résister ? naturellement.
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