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EAN : 9782070241354
612 pages
Gallimard (18/09/1967)
3.63/5   79 notes
Résumé :
Un sous-officier me fit signe de sortir; la cour était pleine de soldats. Je pouvais faire quelques pas. Il me tourna vers le mur, les mains appuyées sur les pierres au-dessus de ma tête. J'entendis un commandement : " Achtung ", je me retournai j'étais en face d'un peloton d'exécution.

Source : Folio, Gallimard
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
NMTB
  18 juillet 2017
En 1965, Malraux se remémore des évènements de sa vie, sans suite chronologique ; le fil conducteur est la vie face à la mort. Il raconte quelques expériences personnelles, avec tout son talent de romancier et l'exaltation de son goût pour l'aventure : la traversée d'une tempête dans un vieux coucou des années 1930, une attaque au char d'assaut en 1940, un interrogatoire par la gestapo, un simulacre d'exécution, toujours des scènes où il se trouve en danger. Mais il ne raconte presque rien de sa vie intime. Dès les premières lignes il montre une forme de mépris pour le quotidien et l'intime : « Que m'importe ce qui n'importe qu'à moi ? » ; dans le dernier, et terrible, chapitre consacré aux camps nazis, il en exprime son dégoût : « A la grande dérision sinistre qu'apporte la mort s'est substituée la dérision quotidienne de la vie ». le quotidien c'est l'oubli de la mort et Malraux est obsédé par la mort. On apprend quasiment rien de sa vie personnelle à part le suicide de son grand-père et de son père.
La grande majorité de ce livre analyse les grands mouvements de la politique internationale avec un tropisme pour l'Asie (il s'attarde finalement peu sur le cas de la France, peut-être la réserve du ministre d'Etat). Au cours de ses voyages, il se remémore ce qu'était l'Inde, l'Indochine, la Chine, le Japon dans sa jeunesse et leurs métamorphoses. Il le fait sous la forme de conversations qu'il aurait eues avec diverses personnes : « Comme l'Asie retrouvée après trente ans dialoguait avec celle d'autrefois, tous mes souvenirs survivants dialoguent », évidemment ce sont des dialogues remodelés, sans trahir les idées de ses interlocuteurs, ils ne font que refléter ses propres préoccupations. Parmi les personnalités les plus célèbres : De Gaulle, Mao, Nehru. J'imagine que les gaullistes seront plus intéressés par sa conversation avec De Gaulle et les maoïstes avec Mao, mais à mon avis c'est avec Nehru que la discussion est la plus dense et la plus ample, toute sa visite en Inde contient la quintessence du livre qui mélange de graves réflexions sur le sens de la vie et de la mort, la religion, l'art, la culture.
Peut-être que Gandhi était la personnalité du vingtième siècle pour laquelle il avait le plus d'admiration. Malraux n'était pas un agnostique indifférent, la spiritualité était fondamentale pour lui ; si elle restait un mystère, elle donnait un sens. Il l'aborde de loin et par les voies obliques de l'art et de la culture, mais les relations qu'entretiennent les différentes civilisations avec la mort occupaient une grande part de sa réflexion et sur ce point l'hindouisme l'attirait particulièrement, plus que le christianisme ou le bouddhisme.
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vincentf
  18 octobre 2016
Malraux étourdit son lecteur de rencontres imposantes : de Gaule, Nehru, Mao. Il sillonne le monde pour y repenser la condition humaine. Il tisse des liens entres les musées égyptiens et les jardins japonais, il raconte les heures où il frôla la mort, la camaraderie des prisonniers et des tankistes, la fascination de l'Asie, l'héroïsme de la Résistance. Ses mémoires qui en refusent l'étiquette sont écrites comme des romans, comme un retour sur les thèmes d'une écriture, sur L'Espoir, sur La Condition humaine, sur le mythe gaulliste. A la fois analyse politique, réflexion artistique et dialogues métaphysiques, ce livre dévoile la complexité de son auteur à travers celle d'un monde multiple, foisonnant, dangereux et perdu. Chez Malraux, tout est toujours en mouvement. C'est sans doute cela qui nous étourdit.
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olivberne
  10 juin 2012
Le titre peut paraître intéressant pour une autobiographie mais il faut quand même être un amoureux de Malraux pour ne pas trop s'ennuyer...
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JPB
  08 janvier 2021
.Honnêtement, je me suis bien ennuyé en lisant le premier tome et je ne passerai pas au deuxième. J'admire Malraux pour beaucoup de raisons, mais pas pour ce livre, que n'ai trouvé intéressant que par certains passages, comme celui sur son séjour à la prison d'Albi pendant la seconde guerre mondiale. Mais c'est peu.
Tout le reste consiste en des discussions (comment a-t-il pu se souvenir de tout ça…) qui ressemblent plus à des pensées, mais qui sont presque toutes relatives à 'Asie et, pour moi, sans grand intérêt.
Je suis déçu, c'est sans doute trop intellectuel.
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chboun
  02 décembre 2021
Autobiographie non chronologique d'un romancier devenu résistant puis ministre, qui rencontra dans le cadre de ses fonctions les plus grands hommes d'Etats. Passionné par l'Asie, il nous emmène dans des textes envoutants où son style fait merveille. Les reflexions philosophiques ne sont jamais loin de ses débats avec les autres, avec lui même...
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
JudithbouJudithbou   22 janvier 2016
- Vous confessez depuis combien de temps?
-Une quinzaine d'années...
-Qu'est-ce que la confession vous a enseigné des hommes ?
-Vous savez, la confession n'apprend rien, parce que dès que l'on confesse, on est un autre, il y a la Grâce. Et pourtant... D'abord, les gens sont beaucoup plus malheureux qu'on ne croit...et puis...
Il leva ses bras de bûcheron dans la nuit pleine d'étoiles :
"Et puis, le fond de tout, c'est qu'il n'y a pas de grandes personnes..."
Il est mort aux Glières.
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NMTBNMTB   18 juillet 2017
Or, il restait assez d’humanité, même aux prisonniers agonisants, pour deviner que la volonté de vivre n’était pas animale, mais obscurément sacré. Le mystère de la condition humaine apparaissait là, bien plus que dans la houle cosmique qui tôt ou tard roulerait dans la mort torturés et tortionnaires ; l’abjection des détenus qui dénonçaient, avec un sourire de bêtes si les bêtes souriaient, rejoignait celle du S.S. schlagueur à qui un prisonnier avait dit que Schnell (vite) se traduisait par « Vas-y mollo ! » et qui frappait à mort les détenus en leur criant d’aller doucement. Les fantômes misérables qui s’appelaient eux-mêmes des « troncs-à-jambes », parce qu’ils gardaient la tête rentrée entre les épaules devant les coups éternels, n’avaient pas perdu leur mépris. C’est-à-dire l’idée confuse et profonde de l’homme pour laquelle ils avaient combattu, et qui devenait claire : l’homme, c’était ce qu’on voulait leur arracher.
La condition humaine, c’est la condition de créature, qui impose le destin de l’homme comme la maladie mortelle impose le destin de l’individu. Détruire cette condition, c’est détruire la vie : tuer. Mais les camps d’extermination, en tentant de transformer l’homme en bête, ont fait pressentir qu’il n’est pas homme seulement par la vie.
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NMTBNMTB   15 juillet 2017
Et j'entends, une fois de plus : écoute la rumeur d'Ys qui s'engloutit, de Byzance qui s'écroule doucement ; écoute s'éteindre ce qui fut Singapour, en 1965 de l'ère chrétienne...
Je connais depuis longtemps ce sentiment solennel et sinistre. Il ne s'agit pas de la durée qui nous emporte, et que la pensée ou l'oeuvre d'art reconquiert ; il s'agit de l'aigle héraldique dont l'ombre passe sur moi comme le vent tiède de l'Océan ; du Temps meurtrier qui envoie au néant les histoires et l'Histoire. Le souvenir transfiguré reconquiert la jeunesse perdue ? La pensée reconquiert la durée ? J'entends la rumeur déjà lasse : écoute-moi, écoute-moi bien prier pour l'agonie de ce que tu appelais l'Europe ; bientôt, on ne se souviendra plus que de mon chuchotement...
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NMTBNMTB   14 juillet 2017
Peut-être l'angoisse est-elle toujours la plus forte ; peut-être est-elle empoisonnée dès l'origine, la joie qui fut donnée au seul animal qui sache qu'elle n'est pas éternelle. Mais, ce matin, je n'étais que naissance. Je portais encore en moi l'irruption de la nuit terrestre au sortir de la fosse, cette germination dans l'ombre tout approfondie de constellations dans les trous des nuages en dérive ; et, comme j'avais vu surgir de la fosse cette nuit grondante et pleine, voici que se levait de la nuit la miraculeuse révélation du jour.
Le monde aurait pu être simple comme le ciel et la mer.
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NMTBNMTB   12 juillet 2017
Le Général savait que les Français avaient accepté la défaite. Ils savait qu'ils avaient accepté Pétain. Et je crois qu'il savait, depuis l'enthousiasme de la Libération, qu'il était l'alibi de millions d'hommes. Dans la Résistance, la France reconnaissait ce qu'elle avait voulu être, plus que ce qu'elle avait été . Et pourtant le vrai dialogue du Général était avec elle, qu'on l'appelât la République, le peuple ou la nation. "Un homme d'Etat est toujours seul d'un côté, avec le monde de l'autre", a dit Napoléon. "Seul avec la France", eût sans doute pensé le général de Gaulle. Les grands solitaires ont souvent une profonde relation avec la masse des vivants et des morts pour lesquels ils combattent.
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Plus d'informations sur https://www.lesbelleslettres.com/livre/4586-yi-jing.
Yi Jing. le Classique des Mutations Présentation, nouvelle traduction et commentaires de Pierre Faure.
Le Yi Jing est l'une des sources fondamentales de la culture chinoise. Il en a accompagné les soubresauts depuis ses origines jusqu'à devenir au XXème siècle un ouvrage de portée universelle. de ses premiers rudiments de l'âge du bronze à son intégration en tant que Classique au corpus littéraire chinois, le Yi Jing à condensé les aspects principaux de cette pensée pour devenir la véritable grammaire du Yin–Yang, le langage commun à toutes les disciplines auxquelles s'intéresse aujourd'hui l'Occident (médecine traditionnelle, arts martiaux, tai-chi chuan & qi gong, feng-shui, calligraphie, etc.).
Pour les personnes intéressées par les cultures orientales cependant, le Yi Jing demeure souvent une énigme. La traduction qui a fait référence pendant des années, celle de Richard Wilhelm (1924) est aujourd'hui dépassée. Après l'éphémère mode des années 60 à laquelle elle a donné lieu, et malgré les tentatives de restitution qui ont suivi, il restait d'actualité d'en donner une version claire, qui ne soit pas réservée aux seuls spécialistes, sans pour autant tomber dans les facilités de vulgarisations qui en abîment le texte et en édulcorent l'esprit.
Cet ouvrage propose une nouvelle traduction de l'original chinois, accompagnée de commentaires actuels, propres à faciliter l'entrée dans le monde des Mutations. le corps principal du livre est la traduction commentée des 450 paragraphes du texte original (les 64 hexagrammes) et de textes rattachés lors de sa canonisation sous les Han (Grandes et Petites Images, Dixième Aile). Il comprend également :
· des tableaux explicatifs placés à la fin de chacun des 64 chapitres (le déroulement en six temps de l'hexagramme, ses différents sens, les défis qu'il invite à relever), ainsi que des éclairages comparatifs avec d'autres figures · l'explication des deux méthodes permettant d'effectuer des tirages · une étude des 64 figures regroupées par familles nucléaires · un historique intitulé Les quatre temps du Yi Jing · la traduction de plusieurs des commentaires officiels rattachés au livre, les Dix Ailes.
Cet ouvrage se situe dans le prolongement de ce que l'on peut désormais appeler une tradition occidentale du Yi Jing, laquelle a commencé au XXème siècle sous l'impulsion de C.G. Jung. Il invite le lecteur à se positionner de manière juste en toute circonstance, ce qui a toujours été et reste l'objet de cet instrument, qui tient autant de la boussole que du livre. le lecteur pourra se rendre compte par lui-même que les descriptions fournies par le Yi Jing se révèlent toujours d'une étonnante pertinence. Ni retour à l'obscurantisme, ni démission de la raison, le Classique des Mutations est au contraire un moyen pour comprendre les dispositifs du présent et discerner, dans chaque situation particulière les germes du devenir.
Nous sommes la première civilisation qui assume l'héritage de toutes les autres. André Malraux
Ouvrage publié en co-édition avec La Compagnie du Livre Rouge.
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