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ISBN : 2843047269
Éditeur : Zulma (02/10/2014)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 59 notes)
Résumé :
New York. L’énorme escroquerie des subprimes a conduit à la ruine des millions de ménages modestes endettés à mort, comme les parents de Fannie, vieux couple d’ouvriers rêvant d’accéder à la propriété. Fannie, surnommée Minerve par ses collègues de bureau parce que son buste tout entier pivote quand on l’interpelle. Fannie, dont personne ne se doute que sa raideur masque une effrayante coquetterie pour dissimuler un œil de verre. Cachant l’âme d’un cyclope solitaire... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  08 octobre 2014
La première nouvelle, qui porte le nom donné au recueil, débute au sixième niveau d'un parking couvert situé 45, Wall Street pour se poursuivre à Bethlehem, ville de l'état de Pennsylvanie.
C'est Noël à Bethlehem. « Dans le vieux quartier historique on devine la flamme d'une chandelle derrière chaque fenêtre. (…) Bienvenue à « Christmas City » : depuis 1937 c'est le surnom officiel de la ville. Dans deux jours le sauveur renaîtra, ici plus qu'ailleurs » p 24
Oui, mais « en traversant le pont de la Lehigh River on bascule dans un autre monde, le monde où a grandi Fanny surnommée «Minerve », un quartier sinistré où « l'hiver est plus rude et plus long, l'obscurité plus profonde. », où «On se dit qu'un arc-en-ciel n'y mettrait pas les pieds »
Bethlehem, ville industrielle, est redevenue silencieuse après la fermeture des hauts fourneaux de la Bethlehem Steel Corporation où le père de Fanny comme des milliers d'autres, était un « dompteur de dragons », l'un de ses hommes qui ont forgé le fer et l'acier qui a servi à construire les plus grands ponts, les plus hauts gratte-ciel, « les hommes qui ont bâti l'Amérique » et que l'on a jeté quand on n'en a plus eu besoin, des hommes qui s'étaient endettés pour avoir un petit pavillon et se sont retrouvés ruinés.
Voilà ce que raconte à Freddie la veille de Noël, Fanny « la reine borgne, la déesse au cou raide »….
Le titre de la seconde nouvelle  « Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas » pourrait convenir à la première. Elle s'intitulait lors de sa parution en 2005 « Plage des sablettes, souvenirs d'épaves »
« On n'est pas à Cannes-La Croisette, ici. On n'est pas à Nice-Promenade des Anglais. On n'est pas à Saint-Trop ‘.
On est à La Seyne-sur-Mer. Un passé de ville ouvrière (…)
Un passé, ça oui. Mais quel présent ? Quel avenir ? »
Comme à Bethlehem, les ouvriers se sont retrouvés mis à pied, lors de la fermeture de la société des Forges et chantiers de la Méditerranée « pas loin de quatre mille types à la rue. Sans parler des dommages collatéraux. »
Comme à Bethlehem, où l'on n'entend plus le marteau de l'aciérie qui battait « comme un coeur. Un coeur énorme, monstrueux », ici l'on n'entend plus le « chant de la sirène, qui découpait nos jours, qui marquait notre temps. »
C'est là que va naître et grandir une étroite amitié entre deux enfants qu'a priori tout oppose (leur milieu, leurs goûts, leurs caractère), Ingmar Pehrsson et Paul Sastre. Un drame va se nouer au cours des quelques jours suivant Noël 1978, qui va pousser Ingmar à devenir flic, alors que rien ne l'y prédestinait, pour venger la mémoire de son ami…
J'ai une préférence pour la première nouvelle « Fanny et Freddie » plus aboutie et qui tient en haleine du début à la fin mais l'ensemble des deux mérite d'être découvert. Deux récits très noirs où, à la rage qui les animent, vient se mêler des moments de tendresse et de poésie. Marcus Malte fidèle à lui-même.
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sylvaine
  18 février 2017
Deux longues nouvelles composent ce recueil .
Fannie ou Freddie tout d'abord. Une femme s'apprête, elle se maquille avec soin , elle a rendez-vous. C'est le soir de Noël, elle se rend à Wall Street et attend dans le parking que l'heureux élu arrive ! Lui ne sait pas qu'il est attendu alors imaginez quand il se retrouve prisonnier dans une maison isolée à Bethlehem sous la menace d'un flingue . Joyeux Noël Freddie ....Comment Fannie peut elle pardonner à la finance d'avoir orchestrer l'escroquerie des subprimes et entraîner à la ruine des centaines de milliers de petites gens?...Colère, désespoir , vengeance....
La seconde nouvelle Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas à pour cadre La Seyne-sur-mer, pays natal de l'auteur. Cette ville a été connue dans le monde entier pour la qualité des bâtiments qui sortaient de son chantier naval jusqu'en 1989 date de la fermeture officielle .....L'homme qui marche sur la plage des Sablettes se souvient. Depuis 30 ans il pense à Paul le copain d'enfance, l'ami de tous les jeux, retrouvé le crâne fracassé , défoncé par une balle .. Depuis le lieutenant Ingmar Perhsson n'arrive pas à oublier le visage de son pote,il s'est promis de retrouver son meurtrier c'est pour cela qu'il est devenu flic ....
Deux récits , deux univers différents mais toujours présents les ravages provoqués par l'industrialisation , l'exploitation des hommes qui travaillent dans des conditions infernales pour se retrouver sans rien , dans le silence quand le bruit cesse et que les usines ferment.
Marcus Malte crie , s'indigne, écrit avec ses tripes. Les univers décrits sont plus que noirs , glauques, désespérés, désespérants . C'est bien fait mais il m'a manqué un petit je ne sais quoi pour que je m'enthousiasme. Heureusement j'ai retrouvé dans la seconde nouvelle , Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas, ce que j'aime dans l'écriture de Marcus Malte , le rythme, les mots qui s'enchaînent comme un poème , après tout n'est qu'affaire de goût personnel !
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gruz
  02 novembre 2014
En matière de roman noir, Marcus Malte est une voix qui compte, une voix unique. Single malt(e) pourrait-on dire. Garden of love lui a apporté une reconnaissance méritée, confirmée par son magnifique roman, Les harmoniques.
Mais Marcus Malte n'a pas besoin d'un grand espace et est capable, en quelques phrases, d'instiller une atmosphère pesante à travers ses nouvelles.
Voici deux nouvelles (ou plutôt novellas), regroupées dans ce nouveau livre et ses 150 pages. Deux histoires, deux univers mais qui ont bien des points en commun.
Même si leurs traitements diffèrent et que le style de l'auteur se colle au plus près de l'atmosphère de l'histoire, on y retrouve des thématiques récurrentes chez lui.
Des histoires de vies qui basculent, d'un passé révolu, d'une classe ouvrière malmenée. Des histoires de désespoir et de folie, aussi.
Oui, Malte possède un talent rare pour faire passer des émotions fortes en si peu de pages, grâce à son style si expressif, une vraie poésie (noire) qui transpire de ses mots.
Ce sont deux textes à travers lesquels filtrent une vraie humanité, un vrai message engagé et une véritable tendresse malgré leurs propos difficiles. Deux manières de présenter les choses, glaçante pour la première novella, plus nostalgique pour la seconde.
Un premier texte, au rythme de Smells like teen spirit de Nirvana, empli d'ironie macabre. Un second, bercé par les vagues, davantage dans l'émotion. J'ai une vraie préférence pour la première novella donnant son nom au recueil, Fannie et Freddie (pour son coté sex drugs ans stock-options comme le dit lui même l'auteur, et pour sa chute), mais les deux récits en valent vraiment la peine.
Marcus Malte est définitivement un grand, qui se fait malheureusement trop rare.
Lien : http://gruznamur.wordpress.c..
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Ambages
  26 décembre 2016
Deux textes très courts qui mettent au premier plan les complexes industriels, fleuron d'une nation, d'une ville, qui, lorsqu'ils tombent en ruine laissent derrière eux des loques humaines. Que ce soient les chantiers navals de la Seyne-sur-Mer ou les forges de la Bethlehem Steel Corporation en Pennsylvanie, l'un des plus grand producteur d'acier aux États-Unis, que reste-t-il quand les machines ne tournent plus, que la lave bouillonnante ne surgit plus "des entrailles de l'enfer" pour se fondre dans les coques de bateaux ou dans le Golden gate bridge ? "C'est comme ça, le coeur : quand il cesse de battre, on meurt."
Alors que des générations d'ouvriers ont donné leur coeur pour faire fonctionner ce marteau-pilon à vapeur, quand les "bam bam bam" ne résonnent plus, que les banquiers, les patrons et certains nantis s'en sortent plutôt bien, on fait miroiter des lanternes aux chômeurs, aux retraités, histoire de leur redonner un peu de chaud au coeur, histoire qu'ils continuent à alimenter le système jusqu'au bout. Voulez-vous être propriétaire ?
"Comme Fannie Mae et Freddie Mac."
Ah oui... j'oubliais de préciser que ce sont de bons polars -très courts- dans le genre thriller psychologique qui forment ce recueil : "Fannie et Freddie" et "Ceux qui construisent les bateaux ne les prennent pas", et j'avoue que l'angoisse est bien maîtrisée. Une bonne lecture surtout pour un 25 décembre. N'est-ce pas Ingmar Perhsson ? tu l'as retrouvé ton vélo bleu ?
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Charybde7
  12 mai 2015
Destins noirs dans des villes sinistrées, des deux côtés de l'Atlantique.
Au moment de la crise des subprimes, Freddie Mac et Fannie Mae possédaient ou garantissaient près de la moitié d'un marché américain des hypothèques, évalué au total à environ 12 000 milliards de dollars : «too big to fail» contrairement aux petits qu'on a laissé choir.
Les deux nouvelles de «Fannie et Freddie», paru en 2014 aux éditions Zulma, montrent, à l'encre noire et sur deux continents, le destin d'anonymes broyés par les tourmentes de la désindustrialisation et de la crise des subprimes.
«Jusqu'à quelle échelle nos vies peuvent-elles se réduire ?»
Personnage central du récit éponyme, Fannie semble d'entrée de jeu légèrement inquiétante, sans doute à cause de cette raideur apparente du buste et du cou dont elle dissimule habilement la cause sous sa frange, un oeil de verre. Cette raideur lui vaut le surnom de Minerve. «Déesse de la sagesse et de la fureur guerrière», Fannie se fait le bras armé d'une vengeance démente et meurtrière en réponse à la folie économique, une implacable descente aux enfers depuis le parking d'un immeuble de bureaux cossu de New-York jusqu'à Bethlehem en Pennsylvanie, une ancienne ville sidérurgique doublement sinistrée par la fermeture des hauts-fourneaux et la crise de 2008, dont l'ambiance rappelle le Piombino du roman «D'acier» de Silvia Avallone.
«Elle longe à présent une rue où toutes les maisons se touchent et se ressemblent. Des murs en brique, un étage, un garage. La seule chose qui les distingue est un écriteau «À vendre» à l'angle de certaines d'entre elles. Elle en compte cinq avant de tourner dans une petite allée qui la mène jusqu'au portail blanc d'un garage devant lequel elle s'arrête. En descendant de la Toyota, son premier réflexe, comme à chaque fois, est de porter le regard vers l'est : à quelques centaines de mètres se dressent les carcasses des hauts-fourneaux morts. Les voilà, les dinosaures.»
Ces deux mondes totalement étanches, même si l'un se nourrit de l'exploitation de l'autre, entrent en collision brutale dans cette novella à l'écriture nerveuse, huis-clos éprouvant quoiqu'assez attendu.
«Elle dit : Ces hommes ont forgé le fer et l'acier. Pour vous. Pour construire les buildings au sommet desquels vous trônez, là-haut, dans vos bureaux. C'est sur leur os, c'est sur leurs squelettes que vous vous êtes élevés. Et c'est sur leur ruine que vous continuez à pousser.»
Empreinte de tristesse, plus touchante et moins folle, la deuxième nouvelle, «Ceux qui construisent des bateaux ne les prennent pas», se déroule dans l'ombre des grues rouillées des chantiers navals de la Seyne-sur-Mer, ville de résidence de Marcus Malte. Ingmar Perhsson, inspecteur de police rongé par les remords, cherche à élucider la mort de son ami d'enfance tué d'un coup de feu sur la plage vingt-sept ans plus tôt. Convaincu qu'il ne s'agissait pas d'un accident mais bien d'un meurtre, Ingmar rumine les passés envolés de la ville et de son meilleur ami, tout en arpentant la plage des Sablettes, le crâne vrillé par des migraines qui le ramènent à sa tentative de rédemption, toujours inachevée.
«Je suis comme la ville : je n'oublie pas. J'ai perdu mon âme quelque part sur cette plage, il y a vingt-sept ans de cela. Depuis, je n'ai jamais cessé de chercher.»
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/05/11/note-de-lecture-fannie-et-freddie-marcus-malte/
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critiques presse (1)
Telerama   10 décembre 2014
La trajectoire du récit est parfaite, tendue à l'extrême. Implacable et fulgurante. Le travail d'écriture est superbement affûté, le texte d'une singulière puissance. En moins de cent pages, Marcus Malte, l'auteur du fameux Garden of love, met en scène l'histoire d'une folle vengeance dans une ville des Etats-Unis écrasée par les carcasses de hauts-fourneaux aujourd'hui éteints.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   08 octobre 2014
Si je pouvais, je viendrais marcher tous les jours sur le sable. Pieds nus, sinon le plaisir est moindre. J’adore cette sensation, le contact de la peau avec ce revêtement légèrement humide , légèrement moelleux et frais. Malléable. Les empreintes qui s’effacent sitôt qu’on a le dos tourné. Pour ça, il faut choisir sa voie avec soin. Son terrain. C’est une fine lisière, une portion congrue que les vagues ont léchée mais depuis un certain temps seulement — pas trop longtemps, ni trop peu. La plante du pied doit d’enfoncer d’un demi-centimètre, pas davantage. C’est souple et stable à la fois. Au-dessus de cette frontière, les petites dunes de sable sec se désagrège sous le pas, le sol se dérobe, on glisse, on dérape, on fatigue les mollets et se tord les chevilles. En dessous, plus près de l’eau, la progression se révèle pénible et l’on s’expose de surcroît au risque d’avoir très vite les pieds trempés et gelés.
Il n’y a donc, à mon sens, qu’un seul chemin. Toujours à la limite. Je sais que la marge de manoeuvre est étroite et qu’à première vue les nuances sont difficiles à saisir. Ce sont des choses que l’on acquiert avec la pratique.

Plage des Sablettes p 94
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yv1yv1   30 novembre 2014
Elle dit : Je te parle de ceux qui ont l'argent et le pouvoir. Les tout-puissants. Les tout-permis. Ceux qui ont atteint les sommets de ce qu'on appelle la réussite. Ceux qui sont au-dessus de tout. Mais comment. Comment ils ont fait pour arriver là-haut, si haut ?... En écrasant les autres. C’est comme ça qu'ils font. Ils les piétinent. Ils leur marchent sur la tête, ils leur passent sur le corps. Et les cadavres s'accumulent sous eux. Des tas et des tas, sur lesquels ils continuent de grimper. Grimper, grimper, grimper. Tu peux être sûr que plus ils s'approchent du ciel, plus ils ont de morts sous leurs godasses. (p.59/60)
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visagesvisages   28 septembre 2017
De son fief tropézien, Brigitte Bardot s'est battue bec et ongles pour sauver des centaines de bébés phoques.Formidable.De quoi regretter qu'elle n'ait pas fait preuve d'autant de détermination et de véhémence,à l'époque, pour défendre la cause des bébés des milliers d'ouvriers foutus à la porte après la liquidation des chantiers navals.
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AmbagesAmbages   25 décembre 2016
Le type hoche la tête, puis son visage retourne à la pénombre. La vitre remonte, la voiture s'éloigne.
Elle replonge. Ses joues sont brûlantes, mais ce n'est rien comparé au coup de chaud qui l'embrase aussitôt après lorsqu'elle prend conscience, cette fois, du léger clapotement de semelles sur le béton. Quelqu'un marche. Dans le silence revenu chaque pas se détache, net, mat, comme des gouttes de fin d'averse sur une feuille d'automne. Et son coeur les accompagne.
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MurielTMurielT   19 janvier 2015
Le hasard - le hasard ? - a placé le petit Paul Sastre et le petit Ingmar Pehrsson côte à côte sur le même banc du même cours préparatoire le premier jour de leur rentrée à l'école élémentaire. Ils avaient six ans. Ils ne se sont plus quittés jusqu'à ce que la bonne bouille de l'un d'eux explose sous l'impact d'une balle de calibre 9 mm Parabellum
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Videos de Marcus Malte (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marcus Malte
Marcus Malte interviewé par Luc Widmaier de la librairie Bisey. Il présente son roman le Garçon, qui a obtenu le prix Fémina 2016.
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